Inside n°9, une série de Reece Shearsmith et Steve Pemberton : Critique saison 1 et 2

Comment vous décrire ce duo monty pythonesque. Dignes successeurs de Laurel et Hardy, Reece Shearsmith et Steve Pemberton ont fait leurs armes auprès de Mark Gatiss (cocréateur de Sherlock, et interprète de Mycroft Holmes, ainsi que du professeur Lazarus dans Doctor Who) et Jeremy Dyson dans Le Club des Gentlemen diffusé entre 1999 et 2002 sur le réseau BBC Two.

Synopsis : Six histoires sans lien se déroulant à chaque fois dans un lieu différent se trouvant toujours au numéro 9. Ces habitations (maison / appartement / manoir) font face à des événements extraordinaires ou macabres, avec une bonne dose d’humour… 

Ladite série comique à sketchs était à la base un spectacle théâtral, récompensé en 1997, puis une émission de radio avant de finir sur les écrans pour trois saisons. Ils récidivent dans l’humour acerbe et noir avec Psychoville en 2009. Décrite comme étant un sombre thriller psychologique, leur deuxième création raconte le quotidien de 5 personnages des plus atypiques (une sage-femme façon Kathy Bates dans Misery, un clown à demi-manchot, un acteur nain télékinésiste, un milliardaire aveugle et un homme-enfant tueur en série) reliés par une lettre qui les fait chanter sur un meurtre qu’ils auraient tous commis. Les deux hommes sont prolifiques dans un genre qui fait la réputation de l’autre côté de la Manche, la fantaisie satirique teintée d’un macabre délirant. Le rédacteur de ces lignes, amateur (et c’est un euphémisme) de séries anglaises, s’est penché sur le sujet en dévorant les deux premières saisons et constate l’écart entre d’une part la maîtrise et l’efficacité relative des sketchs de Inside n°9, et d’autre part les caricatures poussées à l’extrême ainsi que la lourdeur soulignée du potentiel comique dans les deux précédentes séries citées. CSM vous décrypte leur dernière anthologie.

La plume des deux comédiens, aux noms qui sonnent comme un cliché anglais, a beaucoup mûri en 20 ans. Inside n°9 dresse actuellement 12 situations, presque toutes en huis clos, à la fois rocambolesques, dérangeantes et très drôles durant lesquelles l’être humain est pointé du doigt , qu’il soit affable, hypocrite ou égoïste… A la différence du Club des Gentlemen et de Psychoville, Inside n°9 est d’un réalisme indéniable, oscillant toujours adroitement entre froide conscience, fatalisme vain et satire habile au dénouement quasi toujours tragique et inattendu. Les anglais, en remettant au goût du jour La Quatrième dimension et Alfred Hitchcock Presents, font montre de suffisamment d’auto-dérision et de self control pour que l’ensemble des 12 épisodes paraisse enfin équilibré. 10 épisodes sont un régal, tandis que 2 autres amusent beaucoup moins. Revenons sur ces deux saisons, épisode par épisode.

>>> Le duo est reçu par la British Film Institute pour revenir sur leur parcours et la saison 2 <<<

Saison 1  ★★★☆ 

Réalisé par David Kerr – diffusé du 5 février au 12 mars 2014

1) Sardines  ★★★★★

Rebecca (Katherine Parkinson) et Jeremy (Ben Willbond) organisent leur fête de fiançailles au manoir familial. Les invités jouent aux Sardines (cache-cache inversé), partie durant laquelle les participants se cachent au fur et à mesure dans… une penderie, jusqu’au dernier qui perd la manche et devient le premier à se cacher dans la manche suivante. Les joueurs s’entassent progressivement et les langues se délient..

Le huis-clos n’a jamais été aussi bien utilisé: 2 à 3 m² ! Sartre (L’Enfer c’est les autres) aurait été plié en 4. Une famille bourgeoise qui a des secrets, rien d’original, mais les dialogues et les touches d’ironie font passer l’ensemble comme une excellente partie de cache-cache… Etre pris au piège au sens propre, même en tant que spectateur, plaisir coupable.

>>> Les deux scénaristes/acteurs s’expriment sur le fait de jouer les « sardines » <<<

2) A Quiet Night In ★★★☆☆

Gerald (Denis Lawson), riche propriétaire et sa jeune compagne Kim (Joyce Veheary) se font cambrioler par deux voleurs maladroits. Après avoir passé le système de sécurité, les ennuis ne font que commencer…

Episode quasi muet, le mime finit par agacer un peu, mais la description du riche d’un certain âge cherchant une seconde jeunesse au travers sa(es) conquête(s) est d’une subtilité zygomatique… En jouant au chat et à la souris, les deux acteurs/scénaristes se mettent presque à nu, sans fard ni perruque, pour se ridiculiser.

3) Tom & Gerri ★★★★★

Tom (Reece Shearsmith) est un enseignant frustré par son travail et qui rêve d’écrire un roman. Un soir, un clochard nommé Migg (Steve Pemberton) retrouve son portefeuille, et Tom se sent obligé de l’héberger pour la nuit. Mais Migg prend progressivement ses quartiers dans l’appartement de Tom et transforme sa vie, au grand désarroi de Gerri, sa petite amie (Gemma Arterton).

La meilleure façon de marcher (pour ne pas citer que Claude Miller) n’est-elle pas la nôtre ? Le chat et la souris sont devenus la cigale et la fourmi, mais les apparences ne sont pas toujours trompeuses. La précarité, sur le pas de notre porte…

4) Last Gap ★★★★☆

Frankie J. Parsons (David Bedella), un célèbre chanteur, vient rendre visite à une petite fille gravement malade en compagnie de son assistant (Adam Deacon) et de la représentante de l’organisation caritative organisatrice (Tamsin Greig). Lorsque Frankie succombe à une attaque cardiaque en gonflant un ballon, le père de la petite fille (Steve Pemberton), l’assistant et la représentante se rendent compte que son dernier souffle contenu dans le ballon pourrait valoir une fortune.

L’absurdité de l’avarice par le biais du handicap enfantin. Peut-on rire de tout? Pousser les vices à leur paroxysmes dans le seul but de moraliser ce qui serait amoral. L’écriture, un peu lourde, finit toujours remporter l’adhésion du spectateur, qui doit laisser sa conscience de la censure au placard…

5) The Understudy ★★★★★

Tony, un acteur de théâtre, tient le rôle-titre d’une adaptation de Macbeth. Jim, sa doublure, attend patiemment sa chance, et celle-ci survient lorsque Tony est victime d’un accident sur scène.

L’épisode a mis plus de temps que tous les autres à s’écrire et est malheureusement le moins regardé de toute la série. En 5 actes et dans la loge du comédien, nous suivons le parcours fulgurant d’une ambition prêt à tout pour grimper toujours plus haut. Un des meilleurs épisodes des deux saisons !

6) The Harrowing ★★☆☆☆

Katy (Aimee-Ffion Edwards (Skins, Luther)) est engagée par Hector et Tabitha (Helen McCrory (Harry Potter, Peaky Blinders)), deux frère et sœur excentriques qui vivent dans un manoir gothique, pour qu’elle garde Andras, leur frère handicapé qui est constamment alité. Elle ne doit pas entrer dans sa chambre, sauf s’il sonne de sa clochette, ce qu’il ne fait jamais d’après Hector et Tabitha.

Gothique jusqu’à l’excès, qui rappelle le personnage Oscar Lomax dans Psychoville et son manoir poussiéreux, le fond (message ou morale) est moins évident, masqué entièrement par la forme (l’univers gothique et l’horreur qui s’en dégage). Autre cas de handicap, hors cadre et personnage qui n’ont rien de « si » terrifiant pour souligner les liens familiaux et les torts secrètement cachés.

7) The Inventors (épisode online)

[Trailer] Inside n°9 saison 1


Saison 2 ★★★★☆

diffusée entre le 26 mars et le 29 avril 2015

1) La Couchette  ★★★★★ (réalisé par Guillem Morales)

inside-n-9-la-couchetteAlors que le docteur Maxwell, qui a un important rendez-vous professionnel le lendemain, essaie de dormir dans un wagon-lits, il est constamment dérangé par les autres occupants du compartiment, un Allemand affligé de flatulences, un couple britannique venu assister au mariage de leur fille, et une routarde australienne et son petit ami d’un soir. Pendant la nuit, les voyageurs font une macabre découverte.

On se demande s’ils n’auraient pas vu « Train d’Enfer » de Titeuf en écrivant l’épisode tant les corrélations humoristiques sont évidentes, ou bien The Lady Vanishes d’Hitchcock, tant l’écriture est intelligente. Mélissa McCarthy dans le même wagon que l’oncle Vernon et Pétunia Dursley, gentils, tandis que Reece Schearsmith incarne un savant pincé et pressé, et Steve Pemberton un allemand « décoincé ». Certes, ils usent de beaucoup de clichés, mais on ne peut au final que les admirer. Plus hitchcockien, tu meurs…

2) The 12 Days of Christine ★★★★★ (réalisé par Guillem Morales)

sheridan-smith-inside-9Christine (Sheridan Smith (Dates, Galavant)) rencontre Adam à une fête du nouvel an. Les téléspectateurs assistent par la suite à plusieurs épisodes importants de sa vie se déroulant à intervalles réguliers.

Les répercussions d’un choix sur une vie en 12 jours importants. Très bien écrit et mis en scène sans prétention, efficacement. Les périodes sont reliées par des connexions habiles et ingénieuses. Passer de la joie d’une aventure sans lendemain, à une vie de couple, un mariage, un enfant, un divorce avec certaines thématiques de l’épouvante, le tout porté par la talentueuse Sheridan Smith. Seul regret, trop court !

3) The Trial of Elizabeth Gadge ★☆☆☆☆ (réalisé par Dan Zeff)

Au XVIIe siècle, Elizabeth Gadge (Ruth Sheen), une villageoise d’un certain âge, est accusée de sorcellerie par sa fille et son beau-fils. Le magistrat local fait appel à deux chasseurs de sorcières pour qu’ils déterminent si Elizabeth est coupable ou innocente.

L’humour est beaucoup plus monthy pythonesque : le huis-clos dans un tribunal qui ressemble à une cabane en paille et le public serait des figurants en cartons-pâte. L’effet de masse de villageois sans véritables opinions. La ruralité à l’épreuve de l’inconnu. Sur cet épisode, la rédaction peine à s’en faire une, d’opinion.

4) Cold Comfort ★★★★★  (réalisé par Steve Pemberton et Reece Shearsmith)

inside-n-9-cold-comfortAndy commence à faire du bénévolat dans un service d’écoute téléphonique. Il reçoit un appel d’une jeune femme suicidaire qui va avoir d’importantes répercussions.

Entièrement en found footage, caméras de surveillance ou webcams, sur les conditions de travail en open space, l’épisode est d’une incroyable ingéniosité. L’un des meilleurs de la série ! Il donne envie de revoir Timecode de Mike Figgis…

5) Nana’s Party ★★★★★ (réalisé par Steve Pemberton et Reece Shearsmith)

steve-pemberton-inside-9-nana-s-partyAngela (Claire Skinner) et Jim (Steve Pemberton) invitent Carol (Lorraine Ashbourne), la sœur d’Angela, et son mari Pat (Reece Shearsmith) à venir fêter les 79 ans de Maggie (Elsie Kelly), la mère d’Angela. Cette fête familiale réunissant des personnalités très différentes va connaître un déroulement inattendu.

On revient sur la famille pour des non-dits encore plus jouissifs. L’épisode représente la quintessence du duo : faire de l’événement heureux, un vernis qui craque jusqu’à révéler la surface salie de l’être humain. Ne les traitons jamais de pessimistes, ni fatalistes !

6) Seance Time ★★★★☆ (réalisé par Dan Zeff)

Une jeune femme rend visite à Madame Talbot (Alison Steadman), une médium, et son assistant pour une séance de spiritisme. Après une séance particulièrement spectaculaire, il s’avère que Talbot et son assistant sont des acteurs travaillant pour une émission de caméra cachée. Toute l’équipe se met en place pour recevoir un nouveau client. 

Se jouer de la téléréalité pour mieux se recentrer sur la peur primaire du revenant à la vie, très belle mise en abyme du jeu dans le jeu…

>>> Et si nous vous avons pas encore convaincu, Buzzfeed peut éventuellement le faire en 10 raisons <<<

[Trailer] Inside n°9 saison 2

[Fiche Technique] Inside n°9

Créée et écrite par Reece Shearsmith et Steve Pemberton
Casting : Reece Shearsmith et Steve Pemberton, Oona Chaplin, Tamsin Greig, Julia Davis…
Musique : Christian Henson
Chaine de diffusion : BBC Two
Photographie: Stephan Pehrsson
Maquillage : Lisa Cavalli-Green, Roxana Habibi, Lara Prentice, Sophie Harmon, Cecilia Herlin
Coiffure : Helen Speyer …
Nb d’épisodes : 12 (+1 online)
Durée: 30 minutes
Produit par Adam Tandy et Jon Plowman
Pays : Royaume-Uni

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Antoine Mournes
Antoine Mourneshttps://www.lemagducine.fr/
Mes premières ambitions, à l'âge d'une dizaine d'années, était d'écrire des histoires à la manière des J'aime Lire que je dévorais jusqu'en CM2. J'en dessinais la couverture et les reliais pour faire comme les vrais. Puis la passion du théâtre pour m'oublier, être un autre. Durant ses 7 années de pratique dans diverses troupes amateurs, je commence des études d'Arts du Spectacle qui débouche sur une passion pour le cinéma, et un master, en poche. Puis, la nécessité d'écrire se décline sur les séries que je dévore. Depuis Dawson et L’Hôpital et ses fantômes de Lars Von Trier sur Arte avec qui j'ai découvert un de mes genres ciné préférés, l'horreur, le bilan est lourd, très lourd au point d'avoir du mal à établir un TOP 3 fixe. Aujourd'hui, c'est Brooklyn Nine Nine, Master of Sex et Vikings, demain ? Mais une chose est sûre, je vénère Hitchcock et fuis GoT, True Detective et Star Wars. L'effet de masse m'est assez répulsif en général. Les histoires se sont multipliées, diversifiées, imaginées ou sur papier. Des courts métrages, un projet de série télévisée, des nouvelles, un roman, d'autres longs métrages et toujours plus de critiques..?

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