Gotham Saison 1, épisode 1 : Critique

Gotham, saison 1, épisode 1

Synopsis: Tout le monde connaît le Commissaire Gordon, valeureux adversaire des plus dangereux criminels, un homme dont la réputation rime avec « loi » et « ordre ». Mais que sait-on de son histoire ? De son ascension  dans une  institution corrompue, qui gangrène une ville comme Gotham, terrain fertile des méchants les plus emblématiques ? Comment sont nées ces figures du crime, ces personnages hors du commun que sont Catwoman, le Pingouin, l’Homme-mystère, Double-Face et le Joker ?

Casting quatre étoiles pour le pilote

Attendue comme le messie par une poignée de fans de l’univers de Batman, Gotham se situe dans la ville du même nom, à une époque où le chevalier noir n’est encore qu’un jeune orphelin éploré, déchiré par le meurtre de ses parents. C’est d’ailleurs par cet événement dramatique que débute le premier épisode de la série, qui prend comme personnage principal un jeune détective tout juste arrivé au Gotham City Police Department, un certain James Gordon…

Gotham, ville d’ombre

Le policier aura fort à faire pour résoudre cette première enquête, qui ne s’annonce pas de tout repos. D’autant qu’il devra en même temps lutter contre la corruption qui gangrène le commissariat, à commencer par son collègue Harvey Bullock, mais aussi contre toute une armée de criminels bien connus des fans du comic book. Tout ce beau monde se dispute avec un seul et même objectif : être le maître de Gotham. La ville est d’ailleurs un peu le personnage principal de la série. Et, côté visuel, c’est une vraie réussite. On retrouve l’architecture si particulière de New-York dont s’inspira Bob Kane, le créateur de Batman, mais avec une esthétique gothique et sombre du plus bel effet. On est un peu à mi-chemin entre la version Burton et celle de Nolan.

Un effort particulier a d’ailleurs été mis dans la mise en scène. Si l’on est loin des meilleures réussites du genre comme Fargo ou True Detective, la réalisation est d’excellente facture, avec quelques belles idées dans certaines scènes. La photographie est tout simplement superbe, faisant la part belle au côté sombre de Gotham. Et les scènes intermédiaires permettent de découvrir un peu plus la ville à travers des effets spéciaux léchés. Ce Gotham-là a belle allure.

Ça se bouscule au portillon

Le casting est également à la hauteur de l’événement. Constitué en majorité d’inconnus, à l’exception de Jada Pinkett Smith, il se montre convaincant dans des rôles pourtant déjà mis en valeur par le passé. Mention spéciale à Ben McKenzie, qui porte la série sur ses épaules et se montre le digne descendant de Gary Oldman. Et le pauvre Gordon est bien entouré. Que ce soit Selyna Kyle, Oswald Cobblepot, Edward Nygma ou Ivy Pepper (future Poison Ivy), chaque personnage offre une prestation différente de ce que l’on avait pu voir jusque là dans les films ou séries télé dédiées à Batman et son univers. C’est d’ailleurs dans cette abondance de rôles que se trouve le principal reproche que l’on peut adresser à ce pilote. Le fan service est assuré, certes, mais on se demande un peu ce que les scénaristes ont pu garder sous le coude pour la suite.

Car, si le scénario de base offre de belles promesses, il faudra également les tenir par la suite. L’enquête autour de la mort du couple Wayne servira de fil rouge à cette première saison (au moins), reste maintenant à offrir aux fans quelques histoires qui enrichissent la mythologie du chevalier noir, tout en imprimant à la série sa propre identité. Une belle surprise, donc, mais qui demande confirmation.

Fiche technique : Gotham

USA-Drame, policier
Première saison : 2014
Créateur : Bruno Heller
Casting : Ben McKenzie (James Gordon), Donal Logue (Harvey Bullock), Jada Pinkett Smith (Fish Mooney), Robin Lord Taylor (Oswald Cobblepot), Sean Pertwee (Alfred Pennyworth), David Mazouz (Bruce Wayne), Erin Richard (Barbara Kean)
Réalisateur : Danny Cannon (épisode 1)
Scénariste : Bruno Heller
Production : Fox Broadcasting, DC Comics, Warner Bros Télévision, Primrose Hill Productions

Auteur de l’article Mikael Yung

Festival

Festival Lumière 2026 : Ray Gunn, le miracle de Brad Bird

Avec "Ray Gunn", Brad Bird ressuscite un projet vieux de trente ans dans un polar animé rétro-futuriste où l’héritage du film noir rencontre une société rongée par le racisme, la corruption et les faux-semblants. Entre virtuosité visuelle, richesse thématique et grand spectacle, le réalisateur des Indestructibles signe un bonbon à l’amertume néo-noir, aussi foisonnant que réjouissant.

Festival Lumière 2026 : Peking Opera Blues, Tsui Hark en maestro

Quarante ans après sa sortie hongkongaise, "Peking Opera Blues" arrive enfin dans les salles françaises le 21 octobre, restauré en 4K. Dans le Pékin chaotique de 1913, trois femmes que tout oppose se retrouvent à l’opéra pour une aventure où le vaudeville bouscule le pouvoir. Un classique survolté, tendre et irrésistible, (re)découvert au Festival Lumière 2026, dont Tsui Hark était l'un des grands invités.

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Newsletter

À ne pas manquer

Clayface : le visage de l’autre

"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.

Héros (2007) : Une séquestration sur les nerfs

Et c'est peut-être là que le film trouve sa plus belle idée : faire de la solitude un personnage à part entière, invisible mais omniprésent, qui hante chaque recoin de l'appartement. Pierre Forêt ne cherche pas tant à être aimé qu'à être enfin entendu, et c'est cette nuance qui donne au personnage sa fragilité touchante. On en sort avec l'impression étrange d'avoir ri à des choses qui ne font pas rire, et d'avoir pleuré à des choses qui ne font pas pleurer non plus. Tout le paradoxe de ce Héros, et sans doute sa plus grande force.

L’Île des souvenirs : jamais deux sans toi

Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.

Minotaure : nourrir l’ogre

Exilé en France, Andreï Zviaguintsev est de retour, neuf ans après le mémorable Faute d'amour. Reprise de La Femme infidèle de Chabrol, cette chronique d'un adultère virant au drame fait écho à la Russie de 2022 qui entamait alors son "opération spéciale". Analyse d'un film aussi riche que stimulant.

Les Misérables (2026) : Victor Hugo sous anesthésie

Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.

Off Campus : les hockeyeurs mis à nu

Après le succès de "L'été où je suis devenue jolie", Prime Video offre avec "Off Campus" une nouvelle romance destinée aux jeunes adultes. La série relate les histoires d'amour de quatre amis hockeyeurs, partageant leur temps entre les études, les matchs et les conquêtes féminines. Malgré son déroulé très convenu, "Off Campus" compose une romance agréable à condition de l'accepter pour ce qu'elle reste : une série ado qui mise sur le sex-appeal de ses acteurs pour attirer ouvertement le public féminin. Oubliable, mais pas déplaisant.

Spider-Noir : dans les toiles de la Grande Dépression

Après des années de flops et de faux espoirs, Sony surprend tout le monde avec "Spider-Noir", disponible sur Prime Video. Nicolas Cage incarne un Spider-Man vieillissant et désabusé dans le New York de la Grande Dépression. Un polar élégant, une esthétique soignée, et une belle réussite qu'on n'attendait plus vraiment.

Harry Hole : Le Prince d’Oslo

Oslo, caniculaire et putride, sert d’écrin à la nouvelle série événement de Netflix : Harry Hole (L'Etoile du Diable). Cette plongée vertigineuse dans l’univers du maître du nordic noir Jo Nesbø tient toutes ses promesses. Scénarisée par l’auteur lui-même, la série emprunte à son œuvre son tempo punk rock, son écriture torturée, sa mise en scène à l'esthétique graphique et ses personnages hantés.