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TCM Cinéma Programme : Nous avons gagné ce soir

Synopsis : Stoker, ancienne gloire de la boxe, se prépare à un combat contre un jeune homme soutenu par un gangster local. Il ne sait pas que le match est censé être truqué et qu’il doit « se coucher ».

Le chef d’œuvre du film noir est diffusé sur TCM Cinéma dimanche 26 juin à 00h30

Mondialement connu pour West Side Story, Robert Wise était avant tout un des très grands réalisateurs de séries B, abordant plusieurs genres différents, dont le film noir (Le Coup de l’escalier), le fantastique ou la science-fiction, domaines dans lesquels il signera des classiques (La Maison du diable, Le Jour où la Terre s’arrêta).

Nous avons gagné ce soir est une de ses plus grandes réussites. Film très court (à peine plus de 1h10), il est surtout réputé pour se dérouler « en temps réel », la durée de l’action étant égale à celle du film. Cependant, l’œuvre comporte des qualités bien plus impressionnantes encore.

D’abord par son incroyable intensité dramatique. Si le match livré par Stoker est au centre de l’histoire, c’est qu’il est le nœud de deux actions parallèles : d’un côté le coup monté (qui donne son titre original au film, The Set-up) entre le gangster, Little Boy, et le manager de Stoker, qui est tellement convaincu que son boxeur va perdre qu’il ne l’informe même pas de la triche. Cela instaure un suspense terrible pendant le match et crée une tension qui occupe toute la dernière partie du film, dans une incroyable montée en puissance.

D’un autre côté, il y a le drame que vit Julie, la femme de Stoker. Effrayée par ce sport violent et sans pitié, elle voudrait que son mari arrête de combattre. Elle rêve d’une autre vie, où l’homme qu’elle aime cesserait de se prendre des coups. Ses déambulations dans la ville vont donner une autre dimension au match, plus intime, plus dramatique et plus émouvante.

Nous avons gagné ce soir est construit sur l’alternance de ces deux actions, avec une science extraordinaire de la mise en scène et du montage. Tout est fait pour montrer que la boxe est le reflet d’un monde violent. Dès le début, les vendeurs de journaux à la criée se battent pour survivre. Et lorsque la caméra pénètre dans la salle, le spectateur est plongé dans un lieu dont la violence n’a rien à envier à celle des jeux du cirque de l’époque romaine. Le public est manifestement venu pour assouvir sa soif de violence. On crie « Tue-le ». Même les femmes réclament du sang. Dans cette arène, les boxeurs sont comme des gladiateurs devant se massacrer pour satisfaire l’envie de brutalité.

Cette violence glauque et poisseuse est encore renforcée par une utilisation remarquable des décors. Ainsi, Stoker a l’air d’être constamment enfermé, emprisonné. Robert Ryan, une fois de plus exceptionnel, plie son corps de géant trop à l’étroit dans le cadre. Dès les premiers plans, la mise en scène nous montre que son destin est joué. Cela confère au film une dimension tragique : Stoker tente de se rebeller contre la Fatalité mais, en une scène admirable, il se rend compte que les portes sont toutes fermées.

Sommet du film, le match de boxe, tant attendu avec un suspense qui va crescendo, est filmé et monté d’une façon extrêmement réfléchie et novatrice. Tourné simultanément par trois caméras, il est d’une violence rare, à la fois très réaliste et d’une grande beauté visuelle.

Film qui fait date dans le genre du film noir, Nous avons gagné ce soir a inspiré durablement le cinéma. La science du montage et du cadrage de Wise se retrouvera dans le travail qu’ont fait Scorsese et Thelma Schoonmaker pour Raging Bull, mais aussi dans Snake Eyes de Brian de Palma. Et l’errance de Julie dans la ville nocturne préfigure de façon évidente, parfaitement identique, celle de Jeanne Moreau dans Ascenseur pour l’échafaud.

Par son réalisme cru, son intensité dramatique et son suspense, Nous avons gagné ce soir est un des sommets du film de boxe et du film noir, et Robert Wise a ainsi élevé la série B au rang de chef d’œuvre.

Nous avons gagné ce soir : Fiche Technique

Titre original : The Set-up
Réalisateur : Robert Wise
Scénariste : Art Cohn
Interprètes : Robert Ryan (Stoker Thompson), Audrey Potter (Julie), George Tobias (Tiny), Alan Baxter (Little Boy).
Photographie : Milton Krasner
Montage : Roland Gross
Décors : James Altwies, Darrell Silvera
Producteur : Richard Goldstone
Société de production : RKO Radio Pictures
Société de distribution : RKO Radio Pictures
Date de sortie en France : 14 octobre 1949
Genre : boxe, film noir, drame
Durée : 73 minutes
Etats-Unis- 1949

Ash vs Evil Dead : des nouvelles de la saison 2

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Ash vs Evil Dead saison 2 : L’entourage de Ash au cœur des premiers épisodes.

La nouvelle saison de Ash vs Evil Dead fera son grand retour à l’automne aux Etats-Unis sur la chaîne Starz pour 10 épisodes de 30 minutes chacun.

De nombreuses surprises et des révélations sur le personnage de Ash Williams seront réservées aux téléspectateurs pour cette deuxième saison. Il sera possible de  découvrir une nouvelle facette, plus intime et secrète, de la personnalité du personnage incarné par Bruce Campbell grâce à la présentation de son entourage et de son environnement familial. Après les affrontements mouvementés de la saison 1, Ash et ses acolytes devront quitter le soleil de la Floride pour retourner sur les terres natales de Ash, dans le Michigan, afin de faire face à une menace terrifiante ! Les spectateurs découvriront à cette occasion l’entourage de Ash. 

La production a ainsi révélé que trois nouveaux personnages feraient leur apparition pour la saison 2 de Ash Vs Evil Dead: Brock, le père de Ash, sera interprété par Lee Majors (L’homme qui valait trois milliards, L’homme qui tombe à pic), la comédienne Michelle Hurd (The Glades, Daredevil, I Spit on Your Grave 3) incarnera l’ex-petite amie de Ash et Ted Raimi (le frère du réalisateur Sam Raimi) jouera le rôle de Chet Kaminski, l’ami d’enfance de Ash. La présence de Lucy Lawless, avec le retour de son personnage Ruby, a également été confirmée  pour cette nouvelle saison.

Après un remake réussi de Evil Dead, par le réalisateur Fede Alvarez en 2013, les fans de la saga ont été comblés par l’adaptation en série télévisée en 2015 sur les chaînes du câble aux USA. Bruce Campbell avait fait son grand retour, en reprenant le rôle-titre de Ash Williams, avec à ses côtés Sam Raimi, à la production et à la réalisation (gage de qualité pour le fan service).

Ash a eu fort à faire au cours de la saison 1 en affrontant une horde de Deadites (des démons et des personnes possédées), libérés par sa faute après une soirée trop arrosée et en charmante compagnie, après une lecture coupable et à voix haute, sous l’emprise de l’alcool du livre des morts, le Necronomicon, cher à H.P. Lovecraft.

Les acolytes de Ash, Pablo (Ray Santiago), Kelly (Dana DeLorenzo) et Amanda (Jill Marie Jones) étaient assez attachants. Ils apportaient une bonne dose d’humour et pimentaient les affrontements avec les démons et les forces des ténèbres. La présence de Lucy Lawless (Xena la guerrière) au casting a permis de faire la jonction avec la saga d’origine. Cette femme énigmatique, qui traque Ash tout au long de la saison 1, a un lien de parenté avec l’une des malheureuses victimes de la tragédie de la cabane dans les bois (Evil Dead I – II). La série a été une vraie réussite même si l’utilisation du numérique pour les effets spéciaux avait déçu de nombreux critiques.

Il ne reste donc plus que quelques semaines à attendre pour découvrir la suite des aventures de Ash Williams et de ses acolytes pour un cocktail d’humour déjanté et d’horreur.

L’acteur Bruce Campbell a enregistré au début du mois de juin des clips humoristiques pour sa candidature dans la catégorie meilleur acteur dans une série comique pour son rôle dans Ash Vs Evil Dead pour la prochaine cérémonie des Emmy Awards qui se déroulera en Septembre prochain.

Groovy ! Hail to the king, Baby !

 

Penny Dreadful saison 3, une série de John Logan : critique

Penny dreadful continue sa route à travers une saison 3 aussi bien construite que les deux précédentes. Après avoir vaincu les sorcières de Lucifer, son frère, le Maître des vampires annonce son retour dès le premier épisode, dans le but de séduire Vanessa pour accomplir son destin.

Synopsis : De retour aux Etats-Unis, Ethan Chandler s’apprête à affronter son père, alors que Malcolm Murray est retourné en Afrique enterrer Sembene, Vanessa Ives vit recluse dans le manoir depuis leur départ. Pendant ce temps, Frankenstein retrouve un vieil ami dans l’espoir de ramener Lily à la raison, qui espère créer son armée d’immortels accompagnée de Dorian Gray…

Retour des vampires, et nouveaux horizons

Par conséquent, les showrunners ont choisi d’amener pleinement le mythe de Dracula en intégrant officiellement son personnage dans la série, alors qu’il n’était mentionné que sous l’appellation du « maître » jusqu’à présent. Le suspense ne dure pas plus de deux épisodes avant que le spectateur ne découvre l’identité du vampire sous les traits du docteur Alexander Sweet, interprété par le mystérieux Christian Camargo. Vanessa cherchera à mieux comprendre les démons qui l’habitent en faisant une thérapie avec le docteur Seward, descendante de Joan Clayton, jouée par la même actrice Patti LuPone. Toute l’intrigue de la saison nous montrera Vanessa, seule et vulnérable, tombant peu à peu amoureuse de l’homme qu’elle espère détruire.

La photographie reste toujours impeccable et représente parfaitement l’ambiance sombre et gothique de l’Angleterre Victorienne. Mais les déserts d’Amérique où se trouve Ethan apportent une nouvelle atmosphère. Ainsi, nous découvrons d’autres lieux et cultures, ajoutant une tonalité différente mais qui approfondit l’univers déjà bien fourni de la série.

Par son histoire, cette saison 3 a séparé nos héros, d’un côté Vanessa se rapprochant dangereusement des ténèbres, et de l’autre Ethan affrontant son paternel qu’il a fuit depuis plusieurs années. Nous en apprenons davantage sur ses origines et comprenons pourquoi il hait tant son père tyrannique qui le force à devenir le digne fils de son père. Le rôle (très secondaire) d’Hécate constitue la part obscure du loup garou, elle espère l’amener dans les ténèbres, au même titre que Dracula qui séduit à sa manière Eva Green. Nous avons un effet miroir sur ces deux personnages principaux à la différence que Vanessa succombe aux forces maléfiques contrairement à Ethan qui accepte le monstre qui est en lui.
Malcolm voit en eux les deux enfants qu’il a perdu. Après avoir protégé sa fille de substitution, il part à la recherche d’Ethan avec l’apache Kaetenay, qu’ils considèrent tout les deux comme leur « fils ». L’apparition de ce nouveau protagoniste dans cet environnement désertique donne une touche de spiritualité supplémentaire qui contrebalance à la sorcellerie que l’on connait suffisamment depuis le pilote.

En parallèle à cette storyline principale, nous continuons de suivre les aventures propres au reste de la distribution.

John Clare, la première créature de Frankenstein, finit par récupérer quelques souvenirs de son ancienne vie et cherchera par tous les moyens à retrouver sa femme et son enfant. De plus nous avons eu la bonne surprise à ce que les scénaristes développent encore plus la relation entre John et Vanessa, qui est la seule à l’accepter tel qu’il est. Le traditionnel épisode flash-back de Vanessa (que l’on retrouve chaque saison) nous surprend quand on constate que ces deux personnages ont un passé commun antérieur à la série, et se connaissaient avant la mort de John, prouvant qu’ils sont tous liés d’une manière ou d’une autre.

De ce fait, Frankenstein connait le docteur Jekyll, un nouveau venu, dont on abordera trop discrètement son histoire de double personnalité. Ce mythe réadapté dans Penny Dreadful présente un très fort potentiel en choisissant de donner des origines indiennes au personnage, subissant constamment des injures racistes. Ensemble ils font le pacte de ramener Lily en occultant le mal qui la ronge.

Dorian Gray, toujours aussi charismatique, sera malheureusement le maillon faible de la saison. Peu présent, Billie Piper, lui vole la vedette en ralliant à sa cause une armée de prostitués. Alors que Dorian rêvait de conquérir cette terre avec des semblables, il se perd dans une quête vengeresse menée par Lily, ne supportant plus le souvenir de sa vie passée. Son discours féministe à l’extrême lors de l’épisode 7 nous attrape et nous montre tous le talent de son interprète. Dorian réalise perdre son influence et choisira finalement de s’allier à son rival Frankenstein pour stopper la femme qu’ils aiment.

Le créateur, John Logan, a toujours su replacer, intelligemment, le contexte et les activités londoniennes dans sa série, et nous pouvons voir d’une certaine manière, à travers Billie Piper, les prémices des suffragettes qui s’organiseront au tout début du 20ème siècle. De même, la mise en scène de l’asile psychiatrique renvoie aux peurs de cette époque, des malades mentaux illuminés par les voix qu’ils entendaient. Toutes ces questions de possessions, du malin dans un corps humain, sont toujours aussi bien traitées et expliquées depuis la première saison.

« The End » vraiment ???

Ce double épisode final nous laisse sans voix. Il rattrape la déception de l’année dernière, dont la résolution était beaucoup trop simple. Cette fois, il nous faut deux épisodes pour clore proprement tout le récit de Vanessa, Ethan et Dracula. Le créateur et son équipe artistique ont vraiment fait les choses en grand pour cette ultime bataille.

L’Apocalypse est en marche, et nos héros sont les seuls à pouvoir arrêter la Bête. La série a toujours joué sur la suggestion en apportant beaucoup de nuances. La mise en scène équilibre parfaitement l’ambiance pour donner une énergie particulière aux « enfants de la nuit » qui s’éveillent. Par conséquent, nous effleurons tout le long les dangers du chaos, à travers un brouillard qui emprisonne tous les habitants londoniens et des animaux en alertes face au pouvoir du démon.
Nous sommes satisfait de voir autant de détail sur la fin des temps, on ressent toute la détresse des personnages, et nous gardons toujours espoir de voir nos héros sauver Miss Ives.

Néanmoins, cet épilogue laisse une profonde frustration. Le sacrifice de Vanessa, tuée par son grand amour pour sauver le monde, est assez logique, presque nécessaire. De cette façon, l’intrigue principale portée par Eva Green, Josh Hartnett et Timothy Dalton nous offre un dénouement royal, compréhensible et réussi.
Mais le problème reste l’antagoniste de Penny Dreadful qui finit par s’échapper, tout comme Lucifer qui n’a probablement pas été réellement vaincu en saison 2, les forces du mal sont donc toujours présentes.
De plus, les autres protagonistes montre une résolution incomplète en ce qui les concerne. On se demande ce que va devenir Lily maintenant qu’elle s’est libérée de Dorian Gray et Frankenstein (on aurait aimé voir au moins une fois Ethan face à son ancien amour après sa résurrection). Le destin des deux hommes reste, par ailleurs, mystérieux à la fin de la saison. Enfin, John Clare espère retrouver Vanessa après la mort de son fils, mais trop tard vu qu’il assiste démuni à l’enterrement de la jeune femme.

Le montage de la seconde partie du final, entre un nouveau générique et un « The End » sur fond noir, nous fait comprendre que la série ne reviendra pas pour une saison 4, ce qui est fort regrettable.

John Logan a toujours misé sur ses personnages bien écrits, luttant contre leurs propres démons (au sens propre comme au figuré). Ils vivaient et luttaient autour de trois mythes horrifiques : Dracula, Le Monstre de Frankenstein, et Le portrait de Dorian Gray. Le show a réussi a modernisé ces personnalités, et les faire cohabiter dans le même univers, chaque saison a toujours su se renouveler.

Après trois saisons fantastiques, nous avons dit adieu à ce merveilleux casting.
Peut-être que Penny Dreadful saison 3 devait s’arrêter ainsi, mais on ne peut s’empêcher de penser ces événements précipités et inachevés pour certains personnages…

Penny Dreadful a commencé le 11 mai 2014 sur Showtime, et s’est achevé ce 19 juin 2016, avec une moyenne de 600 000 téléspectateurs et un taux de 0,19 sur les 18/49 ans pour sa troisième saison.

Penny Dreadful saison 3 : Bande-annonce

Penny Dreadful saison 3 : Fiche Technique

Créateur : John Logan
Réalisation : J.A. Bayona, Coky Giedroyc, James Hawes, Dearbhla Walsh
Scénario : John Logan
Interprétation : Eva Green (Vanessa Ives), Josh Hartnett (Ethan Chandler), Timothy Dalton (Malcolm Murray), Rory Kinnear (John Clare), Billie Piper (Lily), Harry Treadaway (Victor Frankenstein), Reeve Carney (Dorian Gray), Patti LuPone (Docteur Seward), Wes Studi (Kaetenay)
Direction artistique : Jonathan McKinstry, Colman Corish, Conor Dennison, John King, Adam O’Neill
Décors : Philip Murphy
Costumes : Gabriella Pescucci
Photographie : Owen McPolin, P. J. Dillon, Xavi Giménez
Montage : Michele Conroy, Jaume Martí, Bernat Vilaplana
Musique : Abel Korzeniowski
Casting : Karen Lindsay-Stewart, Frank Moiselle, Nuala Moiselle
Producteurs : James Flynn, Chris W. King, Morgan O’Sullivan, Nicholas Brown, Sheila Hockin, Pippa Harris, Sam Mendes, John Logan, Karen Richards, Belén Atienza
Société de production : Desert Wolf Productions, Neal Street Productions
Diffusion : Showtime
Genre : dramatique, horreur, fantastique
Format : 9 épisodes de 55 minutes
Etats-Unis – 2014

Happy End : Le nouveau film de Michael Haneke

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Happy End : un casting prestigieux et un tournage en France pour Michael Haneke

Le tournage de Happy End, le nouveau long métrage du cinéaste autrichien Michael Haneke, va débuter à la fin du mois de juin et se poursuivre jusqu’au mois d’août dans la ville de Calais. 

Les spectateurs seront plongés dans la vie et le quotidien d’une famille bourgeoise du Nord de la France dans ce drame avec un titre ironique. La question des réfugiés pourrait être abordée dans le film.

Le casting prestigieux du long métrage réunit Jean-Louis Trintignant, Isabelle Huppert et Mathieu Kassovitz. Des rumeurs récentes ont même évoqué une éventuelle participation de la comédienne Loubna Abidar, révélée dans Much Loved de Nabil Ayouch. Michael Haneke avait indiqué vouloir travailler avec cette comédienne mais le projet Happy End pourrait finalement se faire sans elle aux dernières nouvelles.

Le réalisateur Autrichien de 74 ans avait obtenu deux Palmes d’Or au Festival de Cannes : une en 2009 pour le film Le Ruban blanc et une en 2012 pour Amour. Il est ainsi entré dans le club très fermé des réalisateurs ayant eu la chance et le bonheur d’être doublement palmés, aux côtés de Ken Loach, Francis Ford Coppola, Emir Kusturica, Bille August, Shohei Imamura et les frères Dardenne.

Happy End risque d’être un nouveau candidat sérieux pour les prochaines Palme d’Or à Cannes et les futurs prix de la Mostra de Venise. Le réalisateur Jacques Audiard est dorénavant prévenu !

Disparition tragique du jeune acteur Anton Yelchin

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Anton Yelchin est décédé le 19 Juin 2016 dans un accident de la route aux USA. Il avait 27 ans.

 

Anton Yelchin, vu récemment sur les écrans français dans le film Green Room de Jeremy Saulnier, a trouvé la mort, ce dimanche 19 Juin 2016, aux USA, dans un effroyable accident de la route, devant son domicile.

Le rôle majeur d’Anton Yelchin restera indéniablement aux yeux du grand public son interprétation de Pavel Chekov dans les reboots de la saga Star Trek, dont le troisième opus Star Trek Sans limites sortira sur nos écrans le 17 août prochain.

Anton Yelchin avait participé à de nombreux projets cinématographiques ces derniers mois en plus de ces blockbusters de science-fiction : Thoroughbred de Cory Finley, Rememory de Mark Palansky, Porto de Gabe Klinger et We Don’t Belong Here de Peer Pedersen. Ces films actuellement en postproduction risquent d’émouvoir le public lors de leur sortie. On imagine le choc et l’effroi de ses proches et de toutes les personnes ayant travaillé à ses côtés à Hollywood suite à l’annonce d’une telle tragédie.

Il avait effectué des apparitions remarquées dans de nombreux films dans sa jeune carrière : Burying the Ex sous la direction de Joe Dante, Green Room de Jeremy Saulnier, Only Lovers Left Alive de Jim Jarmusch, Le masque de l’Araignée de Lee Tamahori, Delivering Milo de Nick Castle, le rôle de Kyle Reese dans Terminator Renaissance ou bien encore dans Fright Night de Craig Gillespie.     

Des amis qui devaient le rencontrer pour des répétitions se sont alarmés de ne pas le voir arriver à l’heure et ont donné l’alerte. Son corps a été retrouvé devant son domicile. Les circonstances exactes de l’accident sont encore à déterminer. La caméra de surveillance de la résidence de l’acteur pourrait apporter des réponses sur ce tragique accident qui a coûté la vie à un jeune espoir masculin du cinéma américain à l’âge de 27 ans seulement.

Les drames de la route n’ont pas épargné ces dernières années les personnalités évoluant dans le milieu du cinéma. On se souvient de l’émoi créé après la disparition de Paul Walker, héros de la saga Fast and Furious  en Novembre 2013, à l’âge de 40 ans, ou bien encore l’acteur français Jocelyn Quivrin en novembre 2009, au volant d’un roadster, à l’âge de 30 ans. Il était le compagnon, à l’époque, d’Alice Taglioni.

 

Kaamelott va être adapté au cinéma par Alexandre Astier

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Kaamelott : le Graal devient réalité avec une adaptation de la série télévisée au cinéma pour 2017

 

La société de production Regular, dirigée par Alexandre Astier et Agathe Sofer, a confirmé la nouvelle d’un tournage, prévu pour la fin de l’année 2016 ou le début de l’année 2017, d’une adaptation sur grand écran de la série Kaamelott, qui avait fait le grand bonheur de la chaîne M6 dans les années 2000.

La série avait connu six saisons, pour un total de près de 450 épisodes. Ce programme déjanté et décalé, réécriture de la légende du Roi Arthur et des chevaliers de la table ronde, qui rappelait le programme télévisé humoristique La Vipère noire avec Rowan Atkinson, avait été créé par Alexandre Astier, Alain Kappauf et Jean-Yves Robin.

L’intrigue du film Kaamelott devrait se situer après les événements de la série culte et proposer ainsi une suite directe. Les sériesphiles qui pouvaient craindre un reboot complet dans cette adaptation et ce passage au format long métrage seront donc rassurés. L’opposition entre Arthur, Lancelot, Perceval, Merlin et les chevaliers pour la reconquête de la Bretagne sera féroce. La plupart des actrices et des acteurs de l’époque devraient faire leur grand retour pour ce projet.

Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, ce n’est pas un mais trois films qui seraient envisagés par l’équipe de production pour ce grand retour de Kaamelott prévu pour 2017. Les fans vont donc pouvoir découvrir une trilogie au cinéma, qui s’annonce d’ores et déjà culte, à l’horizon 2017.

Avant toi, un film de Thea Sharrock : Critique

Dès la mise en ligne du teaser, début février, Avant Toi a aussitôt suscité une forte attente du public, devenant même l’une des bandes-annonces les plus commentées de ce début d’année.

Synopsis : Louisa Clark est une jeune femme de 26 ans pleine de joie de vivre qui habite avec sa famille dans un petit village anglais où elle enchaine maladroitement les petits boulots, sans véritable ambition à long terme. Elle accepte sans y croire une offre d’aide à domicile dans une famille d’aristocrates locaux dont le fils, William, est tétraplégique. Ce jeune homme qui était promis à un bel avenir avant son accident deux ans plus tôt, est à présent désenchanté et cynique. Ses relations avec Lou mettront donc du temps avant de se réchauffer… et de se transformer en une magnifique histoire d’amour.

Une romance qui marche comme sur des roulettes

Il faut dire qu’il profite d’un casting qui a de quoi attirer des spectateurs peu enclins aux comédies romantiques à l’eau-de-rose : l’idée de voir le couple formé par la star de Game of Thrones et une des grandes figures de Hunger Games, tous deux opérant là leurs premiers pas dans un registre dans lequel ils n’ont pas encore fait leurs preuves, est en effet un argument qui était sûr de fédérer les nombreux fans des deux sagas. Ajoutez à cela la présence de Matthew Lewis, qui n’a quasiment plus été vu depuis la fin de la franchise Harry Potter il y a cinq ans, et vous vous assurez la curiosité d’un public estampillé « geek » toujours plus large et international. Mais, ici en France, le public semble condamné à répéter le même reproche que celui fait au roman dont le film est tiré, celui de voir dans son point de départ, la relation entre un tétraplégique millionnaire et son aide à domicile issu d’un milieu social plus précaire, ni plus ni moins que de la variation hétéro de Intouchables. Fort heureusement, le roman de Jojo Moyes n’est pas devenu un best-seller pour rien; l’auteure y a injecté une touche d’humour et une sensibilité qu’elle a brillamment su réexploiter en l’adaptant pour le cinéma.

Dans la version papier, la narration était faite à la première personne, adoptant le point du personnage de Luisa -une précision qui répond d’ailleurs à l’ambiguïté du titre, à savoir qui parle de ce qu’il était avant sa rencontre avec l’autre. Normal, donc, que le récit du long-métrage se focalise sur elle, et que, par voie de conséquence, son interprète porte le film sur ses frêles épaules. D’où la question : Emilia Clarke est-elle convaincante dans la peau de cette jeune amoureuse aussi maladroite qu’ingénue ? Autant le reconnaitre, au vu des premières minutes, le pari n’était pas gagné : on la sent mal à l’aise dans ses costumes de mauvais goût, et son sourire forcé participe à donner à son personnage une aura artificiel qui n’augure rien de bon pour la suite. Mais peut-être cette gêne est-elle volontaire ? N’oublions pas, maintenant que le sens du titre est clair, que l’enjeu du film est sa transformation au contact du beau William, et justement, on observe une véritable rupture entre le jeu faussement enjoué et celui, beaucoup plus décontracté, de l’actrice dès l’instant où sa relation entre les deux personnages va évoluer vers la romance. On peut sans doute alors parler de maladresse maitrisée.

Coté qualité de jeu, Sam Claflin n’es pas en reste, tant son interprétation uniquement faciale (une limite que l’on sait difficile) est superbement expressive. Mais la véritable réussite qui permet à Avant Toi de se démarquer du lot de drames romantiques pour midinettes, à commencer par Nos Etoiles Contraires, qui reste depuis deux ans le plus gros succès de ce sous-genre, c’est qu’il dispose de personnages attachants qui ne semblent pas pensés comme de simples artifices scénaristiques à des fins pathos. La façon dont sont caractérisés Lou, Will mais aussi leurs proches (leurs parents respectifs, Patrick le petit-ami monomaniaque ou encore Nathan, le kiné au grand cœur) relève davantage de la comédie que du drame pur. Et c’est justement de l’humour qui va apparaitre dans leurs dialogues (les échanges sur le cinéma sont savoureux) que va naitre l’émoi et au final, la tristesse, voire les grosses larmes pour les plus sensibles d’entre vous. Un schéma émotionnel riche, qui sonne juste et nous fait profiter de moments véritablement attendrissants. Pour ce qui est du reste du scénario, en revanche, impossible de nier que tous les dispositifs propres aux histoires d’amour  sont réunis sans vergogne.

Fort heureusement, les choses prennent leur temps à s’installer, instillant dans cette passion une certaine subtilité. Le ton pop qui caractérise l’excellente bande-originale s’éloigne lui-aussi de l’ambiance tire-larme lourdaude que l’on pouvait en craindre. Et même la consensualité d’un récit aussi convenu est à son tour contrebalancée par le discours polémique sur l’euthanasie vers lequel il va peu à peu basculer. C’est peut-être dans ce registre que l’on sent la réalisatrice la moins à l’aise, car, autant elle réussit à faire du sujet la source d’un drame familial déchirant, autant il ne sera jamais exploité comme la base d’un débat philosophique plus profond. Mais, après tout, ce qui compte c’est que tel Louisa dans cette conclusion au décor de carte postale, on se sente bouleversée par le souvenir de ce prince charmant sur son trône de fer qui aura fait flamboyer la jeune fille en fleur pleine d’idéaux romantiques qui repose en chacun de nous.

Avant toi : Bande-annonce

Avant toi : Fiche technique

Titre original : Me before you
Réalisation : Thea Sharrock
Scénario : Jojo Moyes, d’après son propre roman
Interprétation : Emilia Clarke (Louisa Clark), Sam Claflin (William Traynor), Matthew Lewis (Patrick), Stephen Peacocke (Nathan), Janet McTeer (Camilla Traynor), Charles Dance (Steven Traynor)…
Photographie : Remi Adefarasin
Montage : John Wilson
Direction artistique : Nick Dent
Musique : Craig Armstrong
Production : Karen Rosenfelt, Alison Owen
Sociétés de production : MGM, New Line Cinema
Sociétés de distribution : Warner Bros.
Durée : 110 minutes
Genre : Drame, romance
Dates de sortie : 22 Juin 2016
Grande-Bretagne – 2016

 

Pendant ce temps sur Outbuster… Healing, Being Good, El Infernio et Rigor Mortis

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A peine quelques jours que le site Outbuster est lancé, et voilà qu’on peut déjà y trouver une bonne douzaine de longs-métrages inédits et venus de pays divers et variés (pour le montant dérisoire de 3€ pièce, rappelons-le). Ceux-ci y sont séparés en quatre catégories révélatrices cette sélection cinématographique qui a fait le pari de miser sur la qualité plutôt que la quantité:

  • « Entre potes » : Des films chargés en testostérone et en adrénaline
  • « Cœur à vif » : Des réalisations désireuses à vous faire monter les larmes aux yeux
  • « Complétement à l’est » : Une opportunité en or de découvrir la culture asiatique via son cinéma
  • « J’me la pête » : Du cinéma d’auteur qui vous permettra de briller en société

Voici quatre films, choisis au hasard, qui illustrent parfaitement cet éclectisme  sans commune mesure sur la Toile :

  • Rigor Mortis (Juno Mak, Hong-Kong 2013) Il est rare qu’un film primé au Festival du Film Fantastique de Gérardmer ne profite pas d’une distribution, ne serait-ce que dans des réseaux d’amateurs du genre. Si Rigor Mortis n’a pas eu ce privilège c’est qu’il n’est clairement pas destiné au grand public occidental. Avec ces nombreuses références à la mythologie chinoise et autant d’hommages aux Ghost kung fu comedy (à la mode dans les 80’ mais à présent tellement kitsch !), il faut dire que cet improbable film d’horreur mêle allégrement tout un bestiaire grand-guignolesque qui a de quoi déconcerter. Mais le jeune réalisateur aux commandes se révèle très doué dans l’art d’installer une ambiance cauchemardesque. Les fans des modèles du genre seront ravis de ce retour aux sources, alors que ceux qui ne sont « que » curieux découvriront un univers visuel qui n’aura de cesse de hanter leurs nuits.

 El Infernio (Luis Estrada, Mexique, 2010) Parce que la thématique de la lutte contre les narcotrafiquants fait la fierté du cinéma américain, au sud de la frontière, le problème est tout autre. Sur une trame narrative tout ce qu’il y a de plus banal, celui d’un homme revenant sur la terre de ses racines et se retrouvant embrigadé dans une spirale de violence, ce long-métrage mexicain nous livre une image terrible de ce pays où tout semble autour de la sainte trinité : religion – pouvoir de l’argent – grand banditisme. Dans cette variation épicée des Affranchis, le réalisateur n’hésite pas à dénoncer la corruption et l’hypocrisie de son gouvernement, sans oublier de nous livrer au passage un film de gangsters, non dépourvu d’émotions, rythmé par des musiques de mariachis et teinté d’une brutalité sanglante et d’un fatalisme qui font froid dans le dos.

 Being Good (Mipo O, Japon, 2015) La question est universelle, mais il semblerait qu’au Japon le rapport de l’adulte vers l’enfant, et par voie de conséquence l’éducation de ce dernier, soit particulièrement problématique. C’est en tout cas cette ambivalence que développe Mippo O dans son scénario ingénieusement pensé à la façon d’un film choral. Bâti autour d’une pléthore de personnages dont les traits auraient aisément pu être durcis, faisant alors dans une veine misérabiliste, c’est au contraire vers une légèreté bienvenue que le film va se diriger. Chacun d’entre eux apprendra à sortir de ses carcans et à avancer vers l’autre, dans un souci de transmettre son expérience et de ne pas faire vivre aux générations à venir ses propres traumatismes. Une belle leçon d’humilité qui s’accorde à la mise en scène tout en finesse dont faut preuve la réalisatrice, qui s’inscrit ainsi, au côté de Kore-Eda, parmi les dignes héritiers d’Yasujiro Ozu.

Healing (Craig Monahan, Australie, 2014) On en viendrait presque à envier les détenus de ces centres de réinsertion australiens, aux doux airs de Center Park. C’est dans ce cadre à la fois carcéral et bucolique que nous plonge ce film, mais il ne faut pas se fier au charme du décor : les rapports de force entre prisonniers et gardiens restent très durs. L’un de ces chefs de camp, interprété par l’inénarrable Hugo Weaving, propose aux taulards en quête de rédemption de l’assister dans son activité de maitre oiseleur et d’apprendre à apprivoiser de magnifiques aigles. De là va naitre une relation presque fusionnelle entre ces hommes au passé trouble et ces rapaces majestueux. Alors que le scénario ira creuser la psychologie des premiers, la mise en scène n’aura de cesse de magnifier les seconds, aboutissant à un film littéralement libératoire.

 

Un traître idéal, un film de Susanna White : Critique

Synopsis : Perry et Gail (Ewan McGregor et Naomie Harris) sont en vacances en amoureux à Marrakech. Un soir, Perry rencontre un certain Dima (Stellan Skarsgård), alors que Gail doit s’absenter pour son travail. Perry se lie rapidement avec ce mystérieux homme russe nommé Dima. Perry va rapidement découvrir qu’il blanchit de l’argent pour la mafia russe. Contre toute attente, Dima demande à Perry de remettre une clef USB au MI6 lors de son retour à Londres. Dima souhaite livrer des informations explosives aux services secrets britanniques en échange de la protection de sa famille. Perry et Gail sont alors embarqués dans cette affaire, qui les mène entre Paris et Berne.

Un film d’honneur 

Les adaptations cinématographiques ou télévisuelles des romans de John le Carré ont toujours émergées à intervalles plus ou moins régulières, même si l’on constate que c’est une tendance qui s’est accentuée depuis le début des années 2000. Par manque d’inventivité de la part d’Hollywood peut être, qui se sent obligé d’aller piocher dans les succès de la littérature pour faire son beurre. Trouvant dans les récits d’espionnage de le Carré, une base solide pour des thrillers sophistiqués qui attireront le public. Cette année, on a déjà eu droit à une adaptation de le Carré sur petit écran avec la minisérie The Night Manager, qui s’est révélée efficace mais un peu lisse et qui valait surtout pour son casting prestigieux. Des qualités et des défauts que l’on retrouvera aussi dans Un traître idéal, adapté du roman Un traître à notre goût (Our Kind of Traitor en version originale).

Le scénario est confié à Hossein Amini, qui à notamment scénarisé le culte Drive, et on constate que la trame principale du roman de Le Carré a été assez respecté, même si quelques rajouts ont été fait pour moderniser l’intrigue mais globalement les ressorts narratifs sont similaires. C’est donc une adaptation plutôt correcte mais qui manque de prise de risque, et c’est un peu ce qui sera le principal défaut de l’ensemble. Que ce soit dans le traitement des personnages ou du fil narratif, on restera en surface des choses, rien ne sera plus complexe que ce qu’il semble être. Les personnages resteront donc dans leurs stéréotypes et ne connaîtront aucune évolution psychologique, imposant le tout comme très manichéen, les méchants sont très méchants et les gentils sont nobles et honorables. Pourtant il y a quelques tentatives pour nuancer le personnage principal, notamment quand il est question de sa vie de couple et de ses adultères mais elles sont très vite reléguées au second plan. On regrette surtout que le récit cède aux facilités scénaristiques pour créer des enjeux dramatiques, surtout lors du dernier acte où il force une scène de tension grâce à un élément qui sort de nulle part et qui est très artificiel. L’écriture manque parfois de rigueur et mise un peu trop sur l’indulgence de son spectateur pour faire passer certains développements mais par manque d’enjeux vraiment conséquents, ce sont des maladresses que l’on repère vite. Après il faut reconnaître que l’on arrive malgré tout à se prendre au jeu, que même si c’est une intrigue de surface, elle parvient à nous divertir pendant près de deux heures, sans qu’on se laisse endormir par sa prévisibilité ou son aspect ronflant.

L’intérêt viendra en grande partie du casting irréprochable du film. Les acteurs se donnent à fond pour éviter de tomber dans trop de caricatures et pour maintenir éveillé l’intérêt du spectateur. Même si on peut regretter le manque d’alchimie entre Ewan McGregor et Naomie Harris, les deux acteurs s’en sortent plutôt bien dans la manière de composer leurs personnages. Naomie Harris est légèrement plus effacée au sein de l’histoire mais Ewan McGregor est très convaincant en « héros » du film. On restera cependant plus impressionné par la performance tout en finesse et en émotion de Stellan Skarsgård, qui excelle dans chaque scène et qui vole vraiment la vedette. Damian Lewis n’est pas en reste non plus et prouve que c’est un acteur sur qui on pourra compter. Peu importe ses rôles, il arrive toujours à trouver le moyen de briller et ça fait plaisir de le voir dans un rôle aussi important au cinéma.

La réalisation est techniquement impeccable. La photographie est très élégante dans le traitement de la couleur et des effets de lumières apportant quelque chose de doux et de très agréable à l’œil qui va de paire avec une mise en scène sophistiquée de Susanna White. Elle abuse parfois d’effets de flou qui ont un côté très tape-à-l’œil pour pas grand chose mais qui souligne une véritable envie de dynamiser le récit. C’est très maîtrisé, propre et carré, mais ça reste un peu lisse car on constate un manque de prises de risque et de fulgurances qui pénalisent le tout. On a un peu un sentiment de pilotage automatique qui trahit une approche impersonnelle et fonctionnelle plus qu’une véritable envie de faire un thriller stylisé. Néanmoins, l’ensemble est énergique grâce à un rythme géré à la perfection par un montage habile et accompagné à merveille par un score musical entraînant et plus inspiré qu’on pourrait le croire. Donc à défaut d’être mémorable, le film est visuellement accrocheur et montre que Susanna White est une faiseuse d’images assez habile. Et que si elle arrivait à calmer certains effets stylistiques trop appuyés, elle pourrait vraiment s’imposer comme une valeur sûre.

Un traître idéal est un thriller sympathique et parfait pour un dimanche soir. Il n’est pas très ambitieux ni même fulgurant mais suffisamment maîtrisé et efficace pour pleinement divertir On regrettera des facilités scénaristiques trop évidentes, un traitement de surface qui n’implique pas totalement le spectateur ou encore certains effets visuels qui ne sont là que pour l’esbroufe. Mais dans l’ensemble cela fonctionne car une élégance se détache de l’oeuvre et flatte le spectateur. Le tout est mis en image avec soin, respecte l’œuvre de John Le Carré et dispose d’un casting qui vaut le coup d’œil. Et même si Un traître idéal est voué à être oublié assez vite, il aura su nous faire passer un moment agréable, ce qui n’est pas si mal en fin de compte.

Un traître idéal : Bande annonce

Un traître idéal : Fiche technique

Titre original : Our Kind of Traitor
Réalisation : Susanna White
Scénario : Hossein Amini, d’après Un traître à notre goût de John le Carré
Interprétation: Ewan McGregor (Peregrine « Perry » Makepeace), Naomie Harris (Gail Perkins), Stellan Skarsgård (Dima), Damian Lewis (Hector), …
Image : Anthony Dod Mantle
Montage: Tariq Anwar et Lucia Zucchetti
Musique: Marcelo Zarvos
Costumes : Julian Day
Décor : James Foster
Producteur : Andrea Calderwood, Simon Cornwell, Stephen Cornwell et Gail Egan
Société de production : The Ink Factory et Potboiler Productions
Distributeur : Studiocanal
Durée : 108 minutes
Genre: Espionnage
Date de sortie : 15 juin 2016

Royaume-Uni – 2016

La Loi de la jungle, un film d’Antonin Peretjatko : critique

Synopsis : Marc Châtaigne, stagiaire au Ministère de la Norme, est envoyé en Guyane pour la mise aux normes européennes du chantier GUYANEIGE : première piste de ski indoor d’Amazonie destinée à relancer le tourisme en Guyane.

Vous avez dit absurde ?

Une Marianne marmoréenne, fier symbole de la république française, est arrimée à un hélicoptère et plane au-dessus de la forêt guyanaise. Le titre, la Loi de la jungle, s’affiche subséquemment sur cette image triomphale, jusqu’à ce que la statue se détache et disparaisse sous l’épaisse frondaison ; c’est littéralement la république qui se casse la gueule. Antonin Peretjatko donne le ton dès le générique, on sait qu’on aura affaire à un film critique, on ne sait simplement pas exactement à cet instant quels ressorts il utilisera pour arriver à ses fins. Dans l’image suivante, sous sommes à Paris, face aux Invalides, le cadre est large et nous permet d’apprécier l’exagération de la scène consécutive : un homme court le long du chemin balisé passant au milieu de grandes pelouses publiques. Son empressement le pousse à couper à travers l’herbe, il est immédiatement réprimandé par le coup de sifflet d’un gendarme auquel il obéit derechef, avant même que ledit policier n’entre dans l’image. Le dernier plan avant la première scène de dialogue se termine sur un détail : une plaque gravée au nom de la fonction « ministre de la norme ». Cette première séquence sans parole associée au discours dégoulinant d’un patriotisme teinté de colonialisme qui précédait la courte envolée de Marianne ne laisse aucun doute sur le propos satirique qui va suivre. La Loi de la jungle, c’est tout à la fois une comédie, un film d’aventures et une œuvre contestataire.

L’intrigue nous place face au monde contemporain, assorti de ce léger décalage propre aux films qui cherchent à amener leur public à réfléchir. Le choix du réalisateur est plus subtil qu’une simple exagération des faits – si l’idée d’un ministère de la norme peut faire sourire dans son intitulé, ce qu’il met en application ressemble peu ou prou à certaines règles absurdes que le gouvernement français administre bel et bien, et par ailleurs, le projet fou d’une station de ski sous cloche en Guyane n’est que le descendant de l’entreprise folle et bien réelle bâtie en plein désert à Dubaï. Peretjatko joue également sur la révélation du sous-texte, en invitant son public à entendre les propos plein de cynisme proférés par les dirigeants de ce monde qui ne sont habituellement audibles qu’en aparté, et en distillant au gré de l’histoire des répliques explicatives, bien plus à l’usage du public que des personnages. Ces petites phrases cinglantes émaillent tout le film, telle celle prononcée par Marc Châtaigne/Vincent Macaigne à sa compagne d’infortune Tarzan/Vimala Pons « En France, ce n’est pas parce que tu ne possèdes pas les compétences dans un domaine d’expertise que tu n’as pas le poste. ». Tout est dit. En rendant compte à la fois du grotesque d’une situation et de l’obscénité de ceux qui la créent, la Loi de la jungle réussit à nous faire rire et à éveiller notre indignation quant à l’absurdité si familière qui nous est rapportée. Cette œuvre est résolument ancrée dans son époque, elle fait des références directes à l’état actuel du pays à bout de souffle politiquement et draguant dans son sillage une population blasée. De nombreux films français récents ont eux aussi évoqué cet état de fait mais bien souvent, la mise en scène se voulait d’un réalisme cru, une atmosphère glauque et des personnages désespérés mais dignes. Face à ces drames modernes, Antonin Peretjatko oppose ici une vision qui n’est pas moins contestataire. Sous couvert d’une intrigue à rebondissements, de personnages gagesques (l’huissier de justice plus borné qu’un limier en est un bon exemple) et d’une romance toujours vue avec un certain second degré, la Loi de la jungle est un film intelligent qui à ce titre associe les spectateurs à une réflexion aux enjeux de ce qu’ils viennent de voir. Cette prise de distance permettant la critique, le public peut se permettre de la réaliser, son empathie n’est pas mise à rude épreuve dans le cas d’une œuvre comme celle-ci, les personnages ne traînent pas de lourd bagage psychologique qui rend la distanciation difficile. On peut donc aisément apprécier l’ironie de la situation et réfléchir à ses tenants et aboutissants en visionnant le film. Antonin Peretjatko élabore avec la Loi de la jungle un film qui rappelle les contes moraux des Lumières ; Tarzan et Châtaigne en Candide des temps modernes.

Bande annonce : La Loi de la jungle

La Loi de la jungle : fiche technique

Réalisateur : Antonin Peretjatko
Scénario : Frédéric Ciriez, Antonin Peretjatko
Interprétation : Marc Châtaigne (Vincent Macaigne), Tarzan (Vimala Pons), Christian Duplex (Pascal Légitimus), Galgaric (Mathieu Amalric), Maître Friquelin (Fred Tousch), Damien (Rodolphe Pauly), Rosio (Jean-Luc Bideau)…
Musique : Steve Bouyer, Pascal Mayer
Photographie : Simon Roca
Montage : Antonin Peretjatko, Xavier Sirven
Son : Julien Chabbert, Maxence Dussère, Stéphane Gessat, Laurence Morel
Producteurs : Alice Girard, Serge Hayat, Murielle Thierrin
Distribution : Haut et court
Récompenses : NR
Durée : 99 minutes
Genre: Comédie satirique
Date de sortie : 15 juin 2016

Tous les chats sont gris, un film de Savina Dellicour : Critique

Tous les chats sont gris. Le titre choisi par la belge Savina Dellicour n’est peut-être pas le plus heureux, en plus de n’être pas le plus explicite. Introduire cette idée de grisaille conduit à faire des associations d’idées avec la tonalité générale de son film, un peu grise en effet, pour ne pas dire terne.

Synopsis : Paul a 46 ans. Il est détective privé. Dorothy a presque 16 ans. Elle est en pleine crise identitaire. Il vit en marge de la société bien-pensante bruxelloise, elle a grandi en plein dedans. La seule chose qui les lie est le fait que Paul sait qu’il est le père biologique de Dorothy. Récemment de retour au pays, Paul revoit Dorothy. Troublé, il l’observe, sans oser s’approcher. Mais tout bascule le jour où Dorothy vient lui demander de chercher son père biologique…

Mon père, ce héros

Après un long exil en Angleterre, où la cinéaste a œuvré à son échelle en tant que réalisatrice sur Hollyoaks, la quatrième série TV la plus populaire du pays, elle revient en Belgique pour ce premier long-métrage de cinéma. Le sachant, on détecte ici et là ce passé britannique, la très bonne bande-son très rock, voire très punk-rock, intra-diégétique le plus souvent, les costumes idoines des adolescentes ou encore le décor de l’intérieur grand-bourgeois des grands-parents qui pourraient évoquer la porcelaine de Royal Doulton. Il semble même que la première version du film a été écrite en anglais par la cinéaste et Mathieu de Braconier son coscénariste…

Tous les chats sont gris, c’est l’histoire de Dorothy (Manon Capelle), une adolescente de 15 ans qui a tout pour vivre heureuse : une famille unie, protectrice, et cerise sur le gâteau, vivant dans le confort ; une amie, Claires (Aisleen McLafferty, une actrice toute en gouailles qu’il faudra suivre), qui n’a pas froid aux yeux et qui lui permet de s’échapper de son milieu bourgeois et de s’encanailler avec les bad boys du centre-ville… Sauf que Dorothy ne l’est pas, heureuse : sans que l’on sache si la chose lui a été révélée ou si c’est une pure hypothèse instinctive de sa part, il apparaît que son père n’est pas son père, et l’envie de connaître le « vrai » la ronge. Sa mère est loin d’être coopérative, et refuse d’évoquer le sujet.

Tout le problème du film est là, dans ce scénario mal travaillé qui fait ressortir quelques lacunes et incohérences. Il ressemble davantage à une carte géopolitique découpée en dépit du bon sens, qu’à un puzzle dont tous les morceaux s’emboîteraient de manière parfaitement logique. Certaines scènes semblent accouchées au forceps pour se raccorder avec les autres. Paul (Bouli Lanners), le père biologique de Dorothy, (lui aussi) fraîchement débarqué d’Angleterre après un divorce, se met à suivre Dorothy partout. Fatalement, il finit par se faire repérer, et prétexte de son job de détective privé pour expliquer sa présence, canon à gros zoom à la main. C’est l’occasion pour Dorothy et son amie Claires de l’embaucher afin de retrouver le père biologique de cette dernière (un mensonge dont on ne comprend pas le sens et qui, comme d’autres idées du film, n’apportera rien au déroulement du récit).

Le film se concentre sur la relation entre Paul et Dorothy. Bouli Lanners insuffle à son personnage ce même caractère de tendre bourru qu’il a déjà exploité dans Le récent Lulu, femme nue de la regrettée Solveig Anspach. Une fois de plus, il démontre que la sobriété lui réussit, et on peut avancer que c’est lui qui porte ce film. La plupart des autres personnages ne sont pas suffisamment exploités, et les deux autres personnages principaux, ceux de Dorothy et de sa mère (Anne Coesens), sans être mauvais, manquent beaucoup de nuance. Manon Capelle, dont c’est le début au cinéma dégage pourtant une sorte de mélancolie magnétique, mais elle est affublée d’un rôle aux contours mal définis, par manque de conviction dans la mise en scène de la cinéaste, et que la jeune fille défend un peu à tort et à travers à grand renfort de cris et de manières. Même si les enjeux du film sont assez clairs, à savoir, traiter de ce qu’est la parentalité, de ce qui la compose, de ce qui fait sa « réussite », de ce qui pourrait engendrer l’attachement ou au contraire le détachement, on ne ressent hélas pas grand chose de tout cela. Le rythme est mou, rendu faussement énergique par la bande-son, et le traitement trop superficiel, trop premier degré comme son titre dont on ne comprendra le sens qu’à la toute fin du film.

Il est dommage que l’on soit ainsi déçu par le résultat, car les intentions étaient bonnes. Du coup, l’émotion arrive à peine à affleurer, et malgré Bouli Lanners et quelques réussites visuelles, ce film ne réussit pas tout à fait à transpercer la grisaille qui l’entoure.

Tous les chats sont gris : Bande annonce

Tous les chats sont gris : Fiche technique

Titre original : –
Réalisateur : Savina Dellicour
Scénario : Savina Dellicour, Mathieu de Braconier
Interprétation : Bouli Lanners (Paul), Manon Capelle (Dorothy), Anne Coesens (Christine), Dune de Braconier (Marie-Anne), Aisleen McLafferty (Claires), Danièle Denie (Mère de Christine), Alain Eloy (Michel),
Musique : –
Photographie : Thomas Buelens
Montage : Ewyn Ryckaert
Producteurs : Valérie Bournonville, Jospeh Rouschop
Maisons de production : Tarentula Belgique
Distribution (France) : Zootrope Films
Récompenses : Prix du Public au Festival international du premier film d’Annonay 2015 et Magrittes 2016 de la meilleure actrice dans un second rôle pour Anne Coesens et du premier long métrage
Budget : 1 400 000€
Durée : 87 min.
Genre : Drame
Date de sortie : 15 Juin 2016
Belgique – 2014

TCM Cinéma Programme : Un Silencieux au bout du canon, un film de John Sturges : Critique

[Critique] Un silencieux au bout du canon

Un film disponible sur TCM Cinéma et TCM à la demande à partir du mois de juin 2016

Synopsis : McQ (John Wayne), un vieux policier aux méthodes un peu brutales, enquête à sa façon sur une série de meurtres de flics.

Un Silencieux au bout du canon, c’est le film qui réunit deux légendes du vieil Hollywood. D’un côté John Sturges, immense réalisateur des mythiques Un Homme est passé, Les Sept Mercenaires ou La Grande Evasion. De l’autre, John Wayne, acteur si iconique qu’il semble représenter le western classique par excellence, et dont la filmographie est alors impressionnante. Les deux hommes n’ont jamais tourné le moindre film ensemble : autant dire que ce long métrage était attendu par ceux qui s’accrochaient encore à ce vieux cinéma complètement chamboulé par le débarquement du Nouvel Hollywood.

La déception n’en est que plus grande. Un Silencieux au bout du canon n’est pas un mauvais film, mais c’est un film insignifiant.

La scène d’ouverture laissait pourtant quelque espoir. Un homme parcourt les rues de Seattle en tuant des flics en uniforme, puis il entre dans un café où l’on apprend qu’il est lui-même policier. Finalement, il se fera lui-même abattre, ce qui est le véritable déclenchement du film. Un début assez brutal et intriguant, qui laissait espérer un film d’action tendu comme Sturges savait très bien les faire.

Mais tout retombe très vite. D’abord par son problème de rythme : Un Silencieux au bout du canon est un film lent, plombé par de nombreux dialogues qui n’ont pas grand intérêt pour l’action. Certes, il y a une certaine quantité de scènes d’action distillées dans l’œuvre, mais elles sont filmées platement.

Non seulement ces dialogues sont envahissants, mais ils sont chargés de toute une idéologie réactionnaire qui irrite franchement. Quelque chose va mal en ville ? « Encore un coup des anarchistes », forcément chevelus et barbus. Les femmes ? « Le MLF leur monte la tête » et elles ne veulent plus rester à la maison faire le ménage ! Les lois ? Elles sont faites pour protéger les truands, et si on veut faire respecter la justice, il faut le faire à sa façon.

A voir McQ s’opposer frontalement à ses supérieurs, à le voir employer des méthodes brutales en totale contradiction avec la loi, à le voir confondre enquête et auto-justice, on comprend facilement que Un Silencieux au bout du canon lorgne du côté de L’Inspecteur Harry. On y retrouve des thèmes et des méthodes identiques, mais la force subversive et la brutalité du film de Don Siegel est ici diluée et caricaturée.

L’un des buts flagrants du film était de redorer le blason de John Wayne, de montrer qu’en plus de 65 ans l’acteur n’était toujours pas dépassé par cette jeune garde qui déferlait depuis le milieu des années 60. Et, dans ces années 70, John Wayne a, effectivement, tourné quelques bons films. Mais ici, vouloir le faire paraître dans la fleur de l’âge, vouloir le faire rivaliser avec Eastwood frise le ridicule le plus complet.

Le film n’est pas complètement mauvais cependant. Quelques scènes sont franchement sympathiques. Il y a une assez belle course-poursuite et la scène finale est assez réussie. Par ses décors, ses costumes, sa photographie et sa très belle musique signée Elmer Bernstein, le film baigne totalement dans une ambiance typique des années 70 qui ravira les nostalgiques. Et il reste le charisme de John Wayne, acteur qui habitait l’écran comme peu savaient le faire.

En conclusion, Un Silencieux au bout du canon n’est pas un film mauvais, mais c’est un film maladroit, trop lent, un peu ridicule sur certains aspects. Un film cependant qui peut satisfaire les inconditionnels de John Wayne.

 Un Silencieux au bout du canon : Bande-annonce

Un Silencieux au bout du canon : Fiche Technique

Titre original : McQ
Réalisateur : John Sturges.
Scénariste : Lawrence Roman.
Interprètes : John Wayne (McQ), Eddie Albert (Kosterman), Diana Muldaur (Lois), Julian Christopher (J.C.), Al Lettieri (Santiago).
Photographie : Harry Stradling Jr.
Musique : Elmer Bernstein.
Montage : William H. Ziegler
Producteurs : Arthur Gardner, Jules Levy.
Société de production : Batjac Productions, Levy-Gardner, Warner Bros.
Société de distribution : Warner Bros.
Genre : policier.
Date de sortie en France : 10 avril 1974
Durée : 1h50

Etats-Unis-1974