One of us, une mini-série construite comme un whodunit
Synopsis: Dans un petit village écossais, deux personnes issues de deux familles différentes sont assassinées. Dans une recherche effrénée de la vérité, des secrets longtemps enfouis seront dévoilés, menaçant le quotidien des personnes impliquées de ces deux familles.
Les frères Harry et Jack Williams sont connus pour avoir créés The Missing en 2015, nommée aux Golden Globes, Baftas et Emmy pour meilleure réalisation (Tom Shankland) de mini-série. Diffusée sur France 3 en avril dernier, la série est attendue par les sériephiles pour la saison 2. Avec leur boîte de production, Two Brothers, les deux scénaristes sont passés du côté obscur en signant One of us, un drame rural aux allures de thriller familial, dont le nom sonne déjà comme un whodunnit christinien faisandé. En effet, ils ont commencé leur carrière avec la comédie et la romance (Roman’s Empire, Fried, Tripped et maintenant Fleabag) pour se tourner brillamment vers un univers de polar aux conflits familiaux bouleversants. La mini-série en 4 épisodes One of us, entièrement tournée à Edimbourg et les Highlands et attendue depuis plus d’un an, est diffusée sur BBC Scotland depuis le 23 août 2016. Nous emportera-t-elle dans ses mailles du filet? Début de réponse.
Patience et longueur de temps Font plus que force ni que rage
Morale qui conclut la fable de La Fontaine intitulée Le Lion et le Rat.
Aux confins d’une Ecosse champêtre, une des scènes liminaire, copié probablement à contre gré de Funny Games (l’original) d’Haneke, nous invite à rejoindre le pré-établi, le déjà vécu en contre balançant avec le bonheur certain d’un mariage tourné en found footage, et la violence provoquée par la mort, immobile, des deux époux. Dès à présent, les intentions sont criardes et les rouages très peu originaux. L’assassin, schizophrène pour tendre de manière malsaine vers le pathos et la gratuité de son acte inexpliqué, court toujours et finira les 4 roues en l’air chez la famille du couple défunt, un soir d’orage, comme pour ajouter une plus-value scénaristique. Mais le ridicule ajouté à l’amère impression de déjà-vu achève de nous faire rire jaune, tant l’ensemble est trop commun. Inspiré grossièrement de Mais qui a tué Harry? du maître ventripotent sans l’humour noir et les bons acteurs que sont Shirley MacLaine, John Forsythe ou Edmund Gwenn, One of us cumule des clichés qui auraient tout à fait leur place sur les planches d’un théâtre, mais qui, agglomérés sur 60 minutes, finissent par tirer sur le tendon d’Achille créant une sensation de fourmillement dans les jambes. On s’impatiente, on soupire de déception devant ces coquilles vides que sont ces pantins articulés, ces personnages soit-disant torturés par un dilemme moral, vus mille fois dans de bien meilleurs fictions britanniques. L’unique plaisir semblerait être de retrouver des têtes familières, Joe Dempsie (Skins, Game of Thrones) en mari et frère impassible, Laura Fraser (Breaking Bad) en détective « résolument savante » et Juliet Stevenson (The Hour, Accused, The Einfeld Haunting) en mère déterminée ou John Lynch (The Fall*) en père timide… Les adjectifs sont peu équivoques et les caractères superficiels, bien que le noyau familial soit crédible et sommes toutes attendrissant. Mais il s’avérerait que le quatrième épisode de conclusion soit riche en bouleversements. Armez donc vous de beaucoup de courage pour survivre 4 heures durant et de nous dire si la mini-série valait les jambes lourdes et quelques bâillements ! Les frères Williams resteront-ils maîtres en secrets de famille ?
* la série britannique à succès sera adaptée sur TF1 avec Emmanuelle Seigner et Melvil Poupaud dans les rôles de Gillian Anderson et Jaimie Dornan
One Of Us: Trailer – BBC One
Créée par Jack Williams (II), Harry Williams (2016)
Avec Steve Evets, Laura Fraser, Gary Lewis, John Lynch, Joe Dempsie, Adrian Edmondson, Georgina Campbell, Kate Dickie, Juliet Stevenson, Joanna Vanderham
Nationalité : Britannique
Genre : Drame, Thriller
Premier jour de compétition au FEFFS avec au menu des serials killers, des sorcières et un film bien répugnant.
Après avoir démarrer sur de grandes pompes avec la présentation de Swiss Army Manen ouverture, il est temps pour le FEFFS d’entrer dans le vif du sujet avec le début de la compétition. Au programme, un film crossovers, deux films en compétition internationale et bien sûr le premier des très attendus Midnight Movies.
[Compétition Crossovers] Detour
Réalisé par Christopher Smith (UK, 2016) Date de sortie inconnue.
Synopsis : Harper, jeune étudiant en droit dont la mère est dans le coma, voue une certaine haine pour son beau-père. Après avoir fait la rencontre dans un bar d’une petite frappe local du nom de Johnny et d’une stripteaseuse nommée Cherry, le voilà embarqué dans un road-trip vengeur vers Las Vegas.
Pour la première fois les films de la section Crossovers (section dédiée aux films se trouvant au croisement de plusieurs genres) se voient en compétition pour un prix. Le premier film à ouvrir la compétition est le nouveau film du réalisateur britannique Christopher Smith (réalisateur entre autres de Black Death ). Déjà présenté à l’Etrange Festival quelques jours auparavant, le film écrit au même moment que Triangle sorti en 2009 est selon les dires du réalisateur un hommage aux films noirs et aux films des années 90″ qu’on ne fait plus ».
Disons le tout de suite, le scénario de Detour n’est pas foncièrement original. On retrouve de nombreux clichés de ce genre de polar nerveux, et certains personnages sont un peu trop stéréotypés. Ce qui au contraire fait la particularité de ce Detour c’est sa construction. En effet par un usage très astucieux du split-screen, Christopher Smith va offrir plusieurs versions d’un même événement, se jouant même de la perception du temps par le spectateur. Malheureusement si le procédé s’avère très efficace au début, le film peine vers la fin et fait preuve d’une certaine fainéantise, à un tel point qu’on se demande si Smith ne mise pas tout sur son idée originale. En dehors de cela, le film est très soigné, offrant une réalisation léchée et des plans très intéressant. Tye Sheridan découvert dans Mud de Jeff Nichols trouve ici un premier rôle très convaincant avec ce personnage partagé entre la moralité de ses actions et un amour maternelle vengeur.
[Compétition internationale] I am not a serial killer
Réalisé par Billy O’Brien ( UK/Irelande, 2016) Date de sortie inconnue.
Synopsis : Une petite ville du Minnesota est la proie depuis quelques temps de meurtres sauvages. A côté de ça, John Cleaver est un jeune lycéen qui possède un attrait très particulier pour les serials killers. Obsession qui va le mettre sur le chemin du tueur en série sévissant près de chez lui.
Le réalisateur irlandais Billy O’Brien ouvre donc la compétition internationale avec cette adaptation du premier tome de la série de romans John Wayne Cleaver racontant l’histoire d’une jeune garçon luttant avec ses pulsions meurtrières. L’une des premières choses qui frappe c’est le grain de l’image, opérant une sorte de retour à la fin des années 90 ou début des années 2000. A tel point que lors de l’une des premières séquences du film où l’on voit John faire du vélo sur une musique rock, on se croirait face à un film de Gus Van Sant ou de Larry Clark. Il faut dire que Billy O’Brien a préféré tourner le film sur pellicule. La comparaison avec les films sur l’adolescence des réalisateurs cités précédemment peut encore se faire au début du film quand on est témoin de la vie du jeune John Cleaver au sein de son lycée. Entre mal-être et harcèlement, on retrouve tout les ingrédients de ce genre de film.
Mais très vite, le film va prendre une nouvelle dimension. La particularité de John Cleaver est qu’il a été diagnostiqué sociopathe et ressent divers pulsions qu’il doit réprimer. D’autant plus qu’un serial killer particulièrement violent rôde dans les alentours, ce qui va déclencher une sorte d’obsession chez John. A partir de ce moment, le film de Billy O’Brien possède un petit côté Cronenberg avec cette réflexion sur les pulsions qui anime le jeune garçon, d’autant plus que la famille de ce dernier possède une entreprise de pompes funèbres. Un côté Cronenberg qui s’accentue également avec le côté organique du tueur volant des organes à ses victimes afin de rester en vie. A la frontière entre réalisme de par le grain de l’image et sa représentation de l’environnement dans lequel évolue John, et du fantastique avec ce tueur aux aspects surnaturels,I am not a serial killer est une œuvre singulière et soignée. Une véritable petite surprise permettant d’ailleurs à ce cher Doc Brown de revenir sur le devant de la scène dans un rôle plutôt inquiétant. Un film dont le réalisateur ne serait pas contre faire une suite, si bien sûr celui-ci marche bien.
[Compétition internationale] The Love Witch
Réalisé par Anne Biller (USA, 2016) Date de sortie inconnue.
Synopsis : Elaine est une sorcière, mais avant toute chose, Elaine cherche l’amour. Malheureusement pour elle tout les hommes qui tombent sous son charme semble mourir de façon étrange. Un détective va alors enquêter sur ces mystérieuses affaires et croiser la route d’Elaine.
Premier gros coup de cœur de la compétition, le film écrit, produit et réalisé par Anne Biller (qui a d’ailleurs également contribué à la musique, aux costumes et aux décors) est un véritable petit bonbon à l’atmosphère kitchissime. La grande particularité de The Love Witch réside dans son esthétique nous renvoyant directement dans les années 50-60, les années du technicolor et de l’émergence du cinéma bis italien avec notamment Mario Bava comme figure de proue. Couleurs vives, décor criard, et bien évidemment la mise en scène, nous donnent l’impression d’un retour dans le passé. Film délicieusement anachronique où l’on côtoie à la fois téléphone portable et style vestimentaire typiquement 60s, The Love Witch suit les aventures d’Elaine, jeune sorcière à mi-chemin entre la princesse fascinée par le prince charmant et une veuve noire croqueuse d’hommes.
Qui dit années 60, dit également mœurs très différentes. La vision de la femme est en effet peu flatteuse dans ce film, mais cela ne l’empêche pas d’avoir un aspect féministe au travers de son personnage principal cherchant à prendre l’ascendant sur le sexe opposé, et à faire de ces hommes ses objets à l’aide de philtre d’amour ou de danse suggestive. Mêlant érotisme et ésotérisme, offrant des séquences complètements hallucinées que n’aurait pas renié un Jodorowsky sous LSD, The Love Witch est un petit joyau particulièrement drôle, parfois peu subtil mais à la démarche intéressante. On regrettera cependant sa longue durée, près de 2h et un film qui peine à conclure pouvant donc faire poindre un ennui poli sur la fin. Il en restera un film très original à l’ambiance rétro bien cultivée.
[Midnight Movies] The Greasy Strangler
Réalisé par Jim Hosking (USA,2016) Date de sortie inconnue
Synopsis : Brayden vit avec son père Ronnie. Ensemble ils gagnent leur vie en offrant une visite de LA sur le thème du disco. Un jour, Brayden rencontre Janet dont il tombe amoureux, ce qui va provoquer un conflit entre père et fils. Au même moment un tueur dénommé le Greasly Strangler débarque en ville.
Les Midnight Movies font partie des films les plus attendus par les festivaliers car ils sont souvent synonyme de bonne tranche de rire. The Greasy Strangler ne sera pas en reste. Présenté comme un véritable archétype du midnight movie et transgressif à souhait, The Greasy Strangler se pose certainement comme l’un des films les plus dégoûtants de l’histoire du cinéma. Digne héritier des œuvres de John Waters et Divine dans les années 70, The Greasy Strangler est un véritable déluge de séquences très très grasses (au sens propre comme au figuré). Avalanche de pénis, de nudité frontale, de nourriture répugnantes, le film érige le mauvais goût en art, au point qu’il en devient plutôt drôle.
Nous offrant des séquences complètement absurdes (comme celle du distributeur de chips), une esthétique, une bande originale et un jeu d’acteur rappelant à certains moments les films de Quentin Dupieux, The Greasy Strangler cultive cependant le trash à outrance. Pas subtil pour un sou, le film pourra très vite énerver certaines personnes, en dégoûter d’autres et sera certainement un long calvaire pour les personnes peu réceptives à cet humour, car les répétitions dans ce long-métrage de 1h40 sont assez nombreuses. The Greasy Strangler n’a cependant pas volé son étiquette de midnight movies et vient clôturer de façon très spéciale cette deuxième journée du FEFFS.
Synopsis : Félix, dix ans, enfant imaginatif et sensible, termine son année scolaire dans une banlieue d’apparence paisible. Félix a peur de tout : du possible divorce de ses parents, des maniaques qui s’en prennent aux petits garçons, des voisins louches, et même du sida. Peu à peu, les démons imaginaires de l’enfant côtoient les démons d’un monde réellement inquiétant…
The devil inside
Le canadien Philippe Lesage surprend avec les Démons, son premier film de fiction montré en France. L’affiche française du film montre un jeune garçon recroquevillé sur lui-même, les yeux presque dans le vide : la menace d’un film triste et déprimant se profile aux yeux du spectateur.
Il n’en sera rien. Félix (Edouard Tremblay-Grenier, épatant), le petit protagoniste du récit, un pré-adolescent de dix ans que des indices épars situent dans les années 80 (le décor, la référence au sida), sans doute à l’époque même de l’enfance du réalisateur, Félix est un personnage à la croisée des chemins, pile dans le moment où la vie dessille les yeux des enfants pour les mettre face à la réalité des adultes.
Ouvrant sur une chorégraphie enfantine sur fond de Passion selon Saint-Mathieu de J.S. Bach, Les Démons présente Félix parmi ses petits camarades, comme perdu, hors de l’espace, hors du temps, semblant à la fois peu concerné par ce qui l’entoure, et pourtant en permanence aux aguets : quand il dort chez Mathieu, son meilleur copain, la visite très tardive de Marc, son propre père (Laurent Lucas), seul, à la mère de Matthieu, seule, le tient éveillé et inquiet toute la nuit. Les rires, le vin, et la nudité de la jeune femme dont il a été le témoin le matin même en arrivant chez Mathieu, le laissent perplexe. Et voir ces deux personnes faire comme si de rien n’était le lendemain, à l’anniversaire de son grand frère François (Vassili Schneider, le frère prometteur de Niels), conforte ses craintes filiales. Ses terreurs sont par la suite confirmées par une dispute conjugale, mémorable aussi bien pour les trois enfants du couple, Félix et ses grands frère et sœur, que pour le spectateur, saisi par la violence de la séquence : le passé de documentariste de Philippe Lesage est sans doute pour beaucoup dans l’élaboration de cette impressionnante et terrible séquence plus vraie que nature…
Mais souvent, le réalisateur des Démons se contente de scènes en apparence beaucoup plus ordinaires, notamment ces scènes aquatiques à la piscine municipale de cette banlieue de Montréal, lieu porteur d’émois juvéniles s’il en est. Avec son chef opérateur, Nicolas Canniccioni, Philippe Lesage réussit ce défi intéressant qui consiste à adopter le point de vue de Félix, son regard sur le monde des adultes, en même temps qu’il nous le donne à voir, avec de très longs et lents travellings avant au fil de l’eau et sous un soleil écrasant, qui viennent se focaliser sur le jeune garçon, accompagnant ainsi le regard du spectateur qui s’était déjà mis à scruter l’image à sa recherche. Un vrai beau geste de cinéma, qui peut toutefois dérouter par moments quand il se termine un peu abruptement, sans véritable chute. Des scènes assez froides qui montrent qu’à l’image d’un disque dur, le jeune garçon emmagasine des tranches de vie comme des data qui vont le façonner, couche après couche. C’est ainsi que le cinéaste va saisir joliment les peurs nocturnes de Félix, après le visionnage d’un film d’horreur, ou encore après les récits de François et de ses amis, relatifs à un kidnappeur violeur meurtrier qui s’en prendrait aux enfants de son âge. C’est ainsi également qu’il va le filmer en gros plans de plus en plus rapprochés, dans sa touchante sidération lorsqu’il se trouve à proximité de sa prof de gym Rebecca (Victoria Diamond) dont il est éperdument amoureux…
En arrière-plan de ces apprentissages plus ou moins douloureux, le cinéaste déroule un drame plutôt éprouvant sur fond de pédophilie qui va occuper largement la deuxième partie du film, sans qu’il ne perde le jeune Félix de vue. La victime est un enfant, le bourreau est à peine plus vieux, et le dispositif s’insère dans un schéma global qui montre que les enfants, grands et moins grands, ont leurs propres démons intérieurs (Félix y compris d’ailleurs, quand il se surprend à enfermer un petit camarade dans une cabine du vestiaire de la piscine). Ces démonstrations ne sont pas simplistes : dans le cadre de l’omniprésence des enfants à l’image, de leur proche côtoiement d’un monde perverti sans qu’ils n’aient vraiment conscience des dangers, sans qu’ils ne se départissent de leur innocence enfantine et joyeuse, elles rendent les intentions du réalisateur limpides et percutantes.
Les Démons est une fable presque onirique réussie, aucunement misérabiliste. Malgré une habile mise en scène qui lui donne par moments le relief d’un enfant « différent », mystérieux, Félix est un enfant tout ce qu’il y a de plus ordinaire, entouré d’une famille aimante (il faut voir la fratrie se déhancher en chœur sur le Pata Pata de Miriam Makeba) ; la force de la démonstration de Philippe Lesage réside dans cette perpétuelle cohabitation entre un monde d’apparence normale (l’hypocrisie sociale des adultes, la naïveté apparente des enfants, l’inoffensivité supposée des uns et des autres) et le tumulte d’un monde caché dans les caves des maisons et les citernes abandonnées, ou encore et surtout dans la tête et le cœur des enfants, des adultes en devenir.
Les Démons : Bande annonce
Les Démons : Fiche technique
Réalisateur : Philippe Lesage
Scénario : Philippe Lesage
Interprétation : Édouard Tremblay-Grenier (Félix), Pier-Luc Funk (Ben),Vassili Schneider (François), Sarah Mottet (Emmanuelle), Laurent Lucas (Marc), Pascale Bussières (Claire), Victoria Diamond (Rébecca), Yannick Gobeil-Dugas (Mathieu), Alfred Poirier (Alexandre), Mathis Thomas(Patrick)…
Photographie : Nicolas Canniccioni
Montage : Mathieu Bouchard-Malo
Producteurs : Philippe Lesage, Galilé Marion-Gauvin
Maison de production : Les films de l’Autre
Distribution (France) : Paname Distribution
Récompenses : New director’s Prize pour Philippe Lesage au Festival International de San Francisco
Durée : 118 min.
Genre : Drame
Date de sortie : 14 Septembre 2016 Canada – 2015
Alors que la clôture du festival, et le palmarès qui va avec, approchent à grands pas, la compétition nous a dévoilé deux de ses films les plus prometteurs, tandis que la sélection Nouveaux Talents nous a proposé l’avant-première du film d’horreur le plus attendu de cette fin d’année:
La vengeresse, The Tenants Downstairs et Blair Witch
Que l’on adhère ou pas à son trait si particulier, il est impossible de nier la place importante de Bill Plympton dans l’industrie de l’animation, puisqu’il tient lieu depuis des années de référence à tous ceux qui désirent faire des dessins animés un tant soit peu borderline, voire subversifs. Il semblait même jusque-là que personne n’ait osé copier son style, mais c’est en la personne de Jim Lujan que Plympton a lui-même trouvé son digne héritier. Auteur du scénario, du design des personnages mais aussi de leur voix (ce qui a souvent manqué à Plympton), Lujan a reçu l’aide de son modèle pour signer l’animation. Le résultat de cette collaboration est des plus probantes car La Vengeresse est probablement le film le plus cinglant de l’artiste à l’égard de son pays: Bikers surarmés, fanatiques religieux, politicards corrompus, trafiquants de drogue, chasseurs de prime, rednecks alcooliques, manipulation médiatique… il semble que tout soit là pour faire de cette farce grotesque une peinture au vitriol de l’Amérique d’aujourd’hui. Sur un scénario mêlant thriller et road-movie, digne des plus belles heures des frères Coen, l’humour carnassier et déluré de ce cartoon hors normes fait mouche à tous les coups.
Après avoir fait son trou dans la musique, Adam Tsuei se lance dans le cinéma avec son premier long métrage, The Tenants Downstairs. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a surpris pas mal de monde. Très influencé par le cinéma de David Fincher, il brosse un portrait peu flatteur mais très juste de la nature humaine, enfermant ses personnages, tous d’apparence banale, pour les pousser dans leurs retranchements et montrer ce dont l’Homme est vraiment capable. Parfois burlesque mais souvent traumatisant, le film devient malaisant par son approche très second degré de l’horreur absolu, nous poussant à rire jaune et à vraiment faire ressentir au spectateur tout l’abject des pulsions humaines. Le film évoque dans ses moments les plus gores et angoissants Audition de Takashi Miike, mais arrive souvent à dépasser ses références pour faire quelque chose d’assez original. Sa mise en scène peut se targuer d’être dynamique et très rythmée grâce à un montage habile qui évoque parfois une chorégraphie. Mais The Tenants Downstairs, malgré sa réussite, n’échappe pas à quelques défauts. Comme par exemple la narration beaucoup trop didactique et qui appuie bien trop le propos de l’oeuvre, où encore un twist final qui sort de nulle part, qui est mal amené et qui en plus n’était pas nécessaire. Le film ratant malheureusement sa dernière note.
En 1999, Le Projet Blair Witch révolutionnait le genre horrifique en relançant la mode du found-footage : des tournages rentables et des films symptomatiques de l’ère numérique où chacun se promène constamment avec une caméra dans la poche. Depuis, le processus a connu le meilleur comme le pire. Et même de plus en plus souvent le pire. Alors que l’on sait tous que le système n’a plus rien à offrir, les décideurs de la Lionsgate ont toutefois voulu relancer la machine à fric avec une suite, sobrement intitulé Blair Witch (qui fait d’ailleurs l’impasse sur Blair Witch 2 réalisé en 2000), et en faisant appel à un artisan de l’épouvante, Adam Wingard. Malgré son talent pour jouer du pouvoir de suggestion du hors-champ, il semble ne jamais réussir à s’affranchir du lourd cahier des charges qui fait de cette suite une simple redite du premier film. Impossible alors de ne ressentir comme une impression de déjà-vu devant ses hurlements nocturnes en forêt.
En attendant le 23 octobre et le verdict de TWD, retour sur les confessions d’Andrew Lincoln et Robert Kirkman :
Alors que la date de TWD saison 7 approche et qu’on attend tous de connaître le sort de nos héros, les plus concernés nous mettent l’eau à la bouche avec des révélations troublantes. Il y a trois jours, Andrew Lincoln (Rick) nous vendait un premier épisode « hystérique, avec beaucoup de rigolades ». Attendez… On parle bien deThe Walking Deadlà ?
A priori, on peut déjà compter sur le sourire sadique et l’humour grinçant dont Negan nous a gratifié lors du final de la saison 6 mais de là à s’étouffer de rire… Lincoln ajoutait quand même que l’émotion était sous-jacente : « Quelqu’un va perdre son boulot dans l’histoire (…) après tout, nous sommes une famille ». L’acteur a conclu sur ces bonnes paroles : « Il faut s’attendre à quelque chose de plus grand. (…) C’est juste la continuité d’une histoire encore plus énorme ! »
Hier, Robert Kirkman faisait échos aux affirmations d’Andrew Lincoln en nous vantant les mérites d’une saison grandiose. Kirkman a déclaré dans son interview à Entertainment Weekly que la saison tenait en un mot :
« Le mot est : épique ! Le show est en pleine expansion. Nous introduisons le Royaume comme nous l’avons déjà fait avec Hilltop. Nous allons en savoir plus au sujet des Sauveurs et du Sanctuaire dans lequel ils vivent et, plus encore à propos de Negan, de sa vie quotidienne et ses habitudes, ce qui est extrêmement intéressant. Nous découvrirons qu’il y a beaucoup de civilisations là-bas. Il y a des petits groupes ici et là qui ont su prospérer et ça va être relativement palpitant d’apprendre comment ils ont survécu alors que beaucoup d’entre eux ont évolué d’une manière très différente de celle Rick et son groupe. (…) Certains d’entre eux se sont développés comme le groupe de Negan, d’autres évoluent comme celui d’Ezekiel, et d’autres encore comme le groupe de Gregory au Hilltop. Les différences entre ces groupes et leurs modes de vie, c’est ce qui va rendre cette saison excitante à découvrir. (…) La réalité des choses est en train de changer. Ce n’est pas juste une mort mais un changement fondamental sur leur perception du monde et ceci va tout remettre en question. »
Si nous ne savons jamais sur quel pied danser avec cette série, c’est parce que Robert Kirkman fait vraiment bien les choses. Le créateur de The Walking Dead admet franchement qu’il tient « absolument à ce que les fans vivent une expérience différente selon qu’ils lisent le comic ou visionnent la série. »Pari réussi puisque le doute subsiste quant à l’identité de la victime de Lucille – bien que nombre de sites suggèrent qu’il s’agit de Glenn (Encore lui !!!) pendant que d’autres diffusent des photos du tournage de la saison 7…
Nous, en vrai fans, on ne vous dira rien !
La semaine dernière, la FOX diffusait un second trailer qui faisait suite à la promo rendue publique lors du Comic Con. On y découvrait de nouveaux personnages, le roi Ezekiel, la tigresse Shiva (pour info, la bêbête est faite entièrement en images de synthèse)… Evidemment, la vidéo n’en dit pas davantage au sujet des survivants et se concentre sur les membres de la Hilltop Colony et sur un Negan Tout-Puissant qui déclare en fin de film-annonce : « I am everywhere ! « (Je suis partout). Une belle promesse de terreur qui justifie ces derniers propos de Robert Kirkman :
« Tout cela va introduire un nouveau niveau de frayeur pour les personnages (…). Cette peur va les affecter de plusieurs façons mais ça va aussi les séparer et les projeter dans des directions opposées. Il y aura donc beaucoup de divisions à l’intérieur du groupe et de nombreux conflits. »
Le film culte de James Cameron, Terminator 2 : Le Jugement Dernier, qui a marqué des générations entières de cinéphiles grâce à des effets spéciaux à couper le souffle et des séquences inoubliables (la poursuite avec le camion, l’opération du bras ou bien encore la scène de l’hélicoptère) va ressortir au cinéma l’année prochaine dans une toute nouvelle copie. Les spectateurs devront se munir de leurs paires de lunettes 3D pour revivre les aventures de John et Sarah Connor face aux plans terrifiants d’extermination de la race humaine par l’intelligence artificielle Skynet, censée protéger la population en cas d’attaque nucléaire.
Terminator 2 fête ses 25 ans en 2016. Le film était sorti sur nos écrans le 16 Octobre 1991 en France. Ce long-métrage avait mis la barre très haute et redéfinit les codes du cinéma d’action. Terminator 2 reste encore aujourd’hui presque indépassable. Les nombreuses suites n’ont d’ailleurs pas été à la hauteur des qualités des deux premiers films de la saga. Terminator 2 : Le Jugement Dernier a engrangé à l’époque près de 205 millions de dollars de recette aux USA et plus de 6 millions d’entrées en France.
Terminator 2 a fait entrer Arnold Schwarzenegger au panthéon d’Hollywood avec ce personnage du T-800 au grand cœur après sa partition inoubliable du robot exterminateur glaçant dans le premier film de la saga (les scènes au Tech Noir, chez l’armurier et ses rencontres avec les femmes portant le même nom que Sarah Connor).
Les autres acteurs du film ont laissé une empreinte quasi-indélébile aux spectateurs : Robert Patrick (l’effroyable T-1000), Linda Hamilton (Sarah Connor) et Edward Furlong (John Connor adolescent).
James Cameron a annoncé que le film allait ressortir pour une exploitation en salles, dans une version 3D, en relief, en 2017.
Cette nouvelle, communiquée à la fin du mois d’août, de la ressortie du long-métrage dans un nouveau format, va enchanter les fans purs et durs de la saga alors que d’autres considéreront que Cameron se repose sur ses lauriers, avant de s’atteler à la lourde tâche du tournage des suites tant attendues d’Avatar, avec cette vile exploitation commerciale de Terminator 2.
« 29 Août 1997 : le jour où Skynet a été mis en route.
29 Août 2016 : Le jour où vous avez vu le nouveau poster de Terminator II 3D pour la première fois. Arrivée au cinéma en 2017. »
En cas de succès, cette reprise du film d’action en 3D pourrait permettre de financer habilement le lourd chantier du marathon de la saga Avatar que James Cameron s’apprête à tourner.
La date exacte de la nouvelle sortie deTerminator 2n’a pas encore été communiquée. La liste complète des pays concernés est encore inconnue également.
Les scènes d’action et de poursuites avec le T-1000 risquent de donner des sueurs froides aux spectateurs avec cette nouvelle copie 3D et cette sensation du relief.
James Cameron avait popularisé le retour de la 3D au cinéma déjà avec Avatar en 2009, l’un des plus gros succès au box-office de tous les temps, et le retour du port de lunettes pour les spectateurs dans les salles obscures. Le réalisateur d’Aliens, le retour a également déjà adapté cette méthode en relief pour l’un de ses films déjà sortis avec Titanic, à l’occasion des 100 ans du naufrage. Cette nouvelle exploitation avait permis de récolter à travers le monde un milliard de dollars de recettes supplémentaires.
Le réalisateur Canadien semble partir à la chasse aux records avec de nouvelles entrées faramineuses en perspective avec cette version inédite et ce lifting 3D de Terminator 2 : Le Jugement Dernier qui risque d’être proposé dans de nombreux pays à travers le monde.
Pour cette conversion 3D, James Cameron et Studiocanal se sont engagés aux côtés de DMG Entertainment, une société chinoise. Avec cette collaboration, James Cameron souhaite donc conquérir le marché chinois. Terminator 2 n’était pas sorti en Chine à l’époque, en 1991. Le tout dernier épisode de la saga, Terminator Genisys, a très bien fonctionné en Asie et a même permis au film de rentrer dans ses frais et d’atteindre les objectifs prévus.
Cette ressortie rappellera à de nombreux fans l’excellente attraction, réalisée également en 3D pour les besoins d’un parc à thèmes dans les années 1990, qui mettait en scène le T-800, le T-1000 et John Connor dans le futur.
Laissons les derniers mots au maître en personne, James Cameron :
« Si vous ne l’avez jamais vu, ce sera la version à ne pas rater et dont vous vous rappellerez. »
Terminator 2 3D – Battle Across Time (VO) – attraction du parc Universal Studios :
Ash vs Evil Dead Saison 2 : OCS à l’heure américaine.
Après une première saison réussie, avec le retour de Bruce Campbell et Sam Raimi sur un projet de série horrifique et comique aussi ambitieux, la deuxième salve d’épisodes débarque très bientôt. Les téléspectateurs français pourront retrouver très prochainement la suite des aventures de Ash Williams et sa bande de chasseurs de créatures diaboliques sur les antennes de la chaîne OCS Choc.
Les démons peuvent trembler ! Ash sera de retour dès le Lundi 03 Octobre 2016 sur la chaîne OCS Choc, en prime time, pour la diffusion de la saison 2 de la sérieAsh vs Evil Dead. Ces nouveaux épisodes seront programmés en France seulement 24 heures après leur diffusion aux USA sur Starz ! Une excellente nouvelle et une très belle initiative à saluer de la part de la chaîne française câblée OCS.
Comme nous vous l’annoncions il y a quelques mois, le pilote de la série devrait nous permettre de retrouver Ash qui se la coule douce et passe du bon temps auprès des siens à Jacksonville, en,Floride, après avoir envoyé en Enfer de nombreux démons lors de la saison 1. De nouveaux personnages, tous issus de l’entourage de Ash, feront leur apparition dans ces nouveaux épisodes: son père (incarné par Lee Majors), son ex-petite amie (interprété par la comédienne Michelle Hurd) et son ami d’enfance (rôle occupé par le propre frère de Sam Raimi, Ted Raimi) ! Mais Ash va vite devoir quitter ce paradis, le soleil et les petites pépées de la Floride pour retourner sur ses terres natales, à Elk Grove, dans le Michigan, avec ses acolytes. Une menace terrible plane en effet sur ses proches !
La saison 2 de Ash vs Evil Deadcomporte 10 épisodes de 30 minutes environ. Seul l’épisode pilote devrait être un peu plus long que le reste de la série. Sam Raimi, Rob Tapert, Bruce Campbell et Ivan Raimi sont les producteurs délégués de ce programme aux côtés de Aaron Lam et Moira Grant.
D’après les premières images diffusées par les équipes de production et avec les différentes bandes-annonces mises en ligne, cette nouvelle saison semble être à la hauteur de la première. Les évolutions du scénario promettent de belles surprises aux fans de la saga Evil Dead. La mythologie et l’histoire du personnage de Ash Williams (incarné à merveille par Bruce Campbell sur l’ensemble des films) risque de passionner les fans et d’être assez croustillante et bourrée d’humour avec tous les fantômes du passé qui risquent de resurgir suite à ses retrouvailles familiales, sentimentales et amicales dans le Michigan. Reste à savoir si les amateurs du genre seront un peu moins irrités par les effets spéciaux numériques et la durée assez brève des épisodes (25 à 30 minutes) par rapport au format moyen des séries US (45 à 50 minutes). La concision est un gage de qualité et devrait garantir une densité incroyable, des rebondissements démoniaques et des affrontements gores et cartoonesques bien punchy !
Rendez-vous donc le Lundi 03 Octobre 2016 et jusqu’au début du mois de décembre à 20h40 pour découvrir en exclusivité sur OCS Choc la saison 2 deAsh Vs Evil Dead. Les épisodes seront disponibles à la demande également pour les abonnés au bouquet OCS.
Les coffrets DVD et Blu-Ray de l’intégrale de la saison 1 de la sérieAsh vs Evil Dead arriveront dans les bacs en France dès le 07 Décembre ! Une belle idée cadeau à mettre sous le sapin pour les Fêtes de Noël !
Pour ouvrir sa 9ème édition, le Festival européen du film fantastique de Strasbourg nous offre un véritable OVNI cinématographique.
Rendez-vous incontournable pour tout cinéphile, le Festival européen du film fantastique de Strasbourg ou plus simplement FEFFS, fait son grand retour avec une programmation pour le moins alléchante. Pour sa cérémonie d’ouverture, Daniel Cohen le directeur artistique du FEFFS a décidé de frapper très fort d’entrée en nous offrant la petite pépite qui avait déjà fait un sacré effet lors de sa présentation à Sundance : Swiss Army Man.
[Film d’ouverture] Swiss Army Man
Réalisé par Daniel Kwan et Daniel Scheinert (USA, 2016) Date de sortie française inconnue.
Synopsis : Hank Thompson, naufragé au bord du suicide, voit sa vie basculer quand il tombe sur Manny, un cadavre pétomane cachant plus d’un tour dans son sac. C’est le début pour les deux « hommes » d’une véritable aventure humaine en pleine nature.
Si le film des Daniels, comme ils sont présentés lors du générique, a fait sensation, c’est bien évidemment à cause de son idée complètement surréaliste. Il faut dire que la première séquence donne directement le ton. Hank Thompson, jeune naufragé complètement désespéré s’apprête à en finir avec sa vie, quand soudain il voit apparaître sur la plage un cadavre. Il remarque alors très vite que le cadavre a la fâcheuse tendance à émettre des gaz. Après plus amples observations, le voilà en train de chevaucher le cadavre qui se déplace à la façon d’un jet-ski sous l’effet de ses flatulences. Le film des Daniels va cultiver tout du long un certain humour potache, beaucoup de blagues scatophiles seront donc au rendez-vous, mais dans une ambiance légère qui ne va pas se traduire par une certaine lourdeur qui découle souvent de ce genre de blagues ( il faut dire que le problème « pétomane » sera vite réglé, cela évitant de nous infliger des bruits de fonds pendant toute la durée du long-métrage). En plus de sa fonction jet-ski, Hank va découvrir que Manny le cadavre lui offre plein d’autres avantages dans son long périple pour retrouver sa maison. En effet comme le titre du film l’indique, Manny est un véritable homme couteau-suisse qui va servir tour à tour de fontaine à eau, de fusil, ou encore d’allumette. La création est certainement le maître-mot de la mise en scène des Daniels. De part son personnage de Hank arrivant à l’aide de son cadavre à tout faire a recrée des véritables séquences de la vie quotidienne, mais également de part l’utilisation de l’environnement par les deux cinéastes pour nous offrir un film au champ de possibilités quasi-illimitées.
Cependant Swiss Army Man est bien plus qu’une simple comédie potache au pitch WTF et à l’aspect créatif démesuré. Il s’agit également d’une très belle aventure humaine, et traitant d’un thème cher au film de naufragés, la solitude. Car Hank, même avant sa mésaventure, était un jeune homme très seul, et sa rencontre avec Manny va le bouleverser sur le point émotionnel. L’une des idées particulièrement géniales du film est sa façon de « rendre la vie » au cadavre. Après avoir découvert que celui-ci pouvait parler, Hank va lui offrir une sorte d’initiation à la vie et surtout à l’amour, permettant même à Hank de revivre certains moments de sa propre vie par procuration au travers de Manny. Le film devient alors particulièrement touchant et offre une magnifique complicité entre les deux protagonistes, flirtant avec la bromance. Les deux acteurs sont très bons, la performance très sincère de Paul Dano s’allie à la perfection avec la prestation surréelle de Daniel Radcliffe.
Il est à première vue difficile de trouver de réel défaut à ce petit OVNI. On peut regretter certains gimmicks de mise en scène typique des films indépendants américains au niveau des ralentis ou de l’utilisation de la musique. Globalement, le premier film des Daniels est une franche réussite, offrant un bol d’air frais et ne se résumant pas à son idée folle. Le film s’avère être au final une sorte de conte moderne sur le mal-être et la solitude, rempli d’humour et très juste dans sa démarche.
Swiss Army Man
Un film de Daniel Kwan et Daniel Scheinert
Avec Daniel Radcliffe, Mary Elizabeth Winstead, Paul Dano
Distribution : /
Durée : 97 minutes
Genre : Drame
Date de sortie : indéterminée
Parce que l’Étrange Festival est aussi un lieu pour faire de belles rencontres, nous y avons rencontrer Stéphane Blanquet. L’équipe du Festival a accordé à cet artistique protéiforme une carte blanche, une occasion pour nous de discuter cinéma.
Alors Stéphane, commençons par la raison de ta présence ici : ta carte blanche. Parle-nous un peu de ta sélection.
C’est une sélection qui est assez ouverte, puisqu’il y a d’abord Keiichi Tanaami qui fait des court-métrages d’animation depuis un bout de temps et que j’édite à présent. Il a fait du cinéma assez psychédélique avec toutes formes d’animation, dans l’esprit des années 70, donc avec sûrement pas mal de retours d’acide. C’était quelqu’un que je tenais à présenter parce qu’on connait ses images mais très peu ses films.
Après, il y a L’Ange(1), qui est un film qui me suit beaucoup, parce qu’il est expérimental mais dans quelque chose de plus minimaliste, plus proche de la musique concrète, avec un vrai rapprochement entre la musique et les images. C’est une autre atmosphère beaucoup lointaine où l’on ne sait pas bien ce qui se passe, c’est un peu flou comme ambiance et ça me plait assez puisque ça me rappelle les travaux de photographie qu’il a fait, et comme moi aussi je suis assez nébuleux ça me parle beaucoup. Et puis il y a des trouvailles visuelles qui me font penser à des gravures avec par dessus des prismes de lumières.
Ensuite, il y a TG: Psychic Rallye in Heaven(2) qui est un travail de film expérimental en Super-8 qui m’intéresse et que je tenais à montrer ne serait-ce que pour le grain du film. Je l’ai choisi pour ses recherches visuelles et de patine, proches de la peinture, sur la pellicule qui se rapprochent du polaroid un peu brûlé.
Et enfin, il y a Le Baron de Crac(3) que je voulais aussi montrer parce que c’est un peu comme Le Baron de Münchhausen de Terry Gilliam que j’aime beaucoup, mais finalement avec beaucoup plus de trouvailles et, je pense, d’inventivité. Je trouve qu’il y a une vraie magie qui est faite avec peu de choses et beaucoup d’astuces, un peu à la Méliès, des trouvailles optiques et des artifices pour créer des effets visuels. J’aime être inspiré par les choses comme ça parce que ça se rapproche plus du théâtre et de la magie justement et je trouve que, même si ça fait carton-pâte, il y a dans tous ces effets une vraie richesse pour peu de moyens.
Tous ces films sont finalement assez proches de ton propre univers visuel, d’une certaine manière tu as voulu montrer certaines de tes sources d’inspiration.
C’est assez proche oui, mais c’est inconscient tout ça. On ne peut pas savoir à moins d’être très marqué. Moi, c’est plutôt des atmosphères ou un plan… j’ai voulu montrer des choses qui m’inspirent sous une grande palette.
Dans le cinéma, qu’est ce que tu as d’autre comme inspiration qui te viendrais à l’esprit?
David Lynch évidemment (4)! Il y en a beaucoup après, comme Chris Marker (5) dans un autre genre. C’est très difficile comme ça… il y a évidemment les films de Russ Meyer (6) qui m’inspirent. J’aime assez les gens qui essaient de trouver leur propre patine, leur propre trait dans les images et même dans la façon de raconter une histoire.
J’ai lu que tu avais été marqué par L’Étrange Créature du lac noir (7).
Ça m’a marqué parce que je m’aperçoit qu’il y a une espèce de sensibilité que je n’avais pas trouvé avant… mais il faut dire que je l’ai vu très jeune. Il y a une espèce de sensualité, par exemple quand il nage, et finalement la créature je la dessine assez souvent, sous différentes formes. Elle est vraiment assez présente, ça m’a vraiment marqué dans l’esthétisme du monstre.
Et dans tes propres travaux, les films d’animation que tu as réalisé, vers quelles formes narratives et cinématographiques est-ce qu’ils tendent exactement ?
Je pense que ça se rapproche de petits sketchs. J’ai fait que des petits courts-métrages finalement, du coup je ne les voyais comme des films mais plutôt des objets comme des « images Malabar », parce qu’ils faisaient toujours environ une minute. J’ai aimé que ça ait pu être très impulsif. Il n’y avait vraiment de recherches du point de vue cinématographique mais plutôt de l’instant, qu’il soit ce qu’il est.
C’était aussi une volonté de donner vie à tes dessins, non?
Ah oui, et c’est tombé vraiment par hasard en fait. J’ai un fait un film qui m’a donné envie d’en faire d’autres, et ainsi de suite. En fait, faire du cinéma en papier découpé fait qu’on n’est pas trahi par son dessin parce que c’est vraiment mon dessin qui est découpé et animé. C’est pas comme dans un dessin animé classique, où mon dessin serait animé, là c’est vraiment du pantin. C’était vraiment l’envie de voir le mouvement, c’est ce qui à la base du cinéma et du coup c’est ce qui m’a vraiment fasciné : Faire des tout petits dessins animés sans prétention et voir qu’on pouvait être ému et faire passer des petites histoires courtes… ou plus longues parce qu’après j’ai attaquer d’autres films qui font jusqu’à 10 minutes. C’est vraiment l’idée du mouvement qui me parait fabuleux à coté du coté du dessin.
Une Histoire Muette, un des épisodes de la série des courts-métrage d’1 minute de Stéphane Blanquet :
Et justement, il y aussi un travail statique que tu fais quand tu travailles sur les décors, ce que tu fais pour des scènes de théâtre mais aussi pour des films.
Ça, c’est vraiment un travail intéressant parce qu’il y a toute la mise en espace qui est complètement différente par rapport à du dessin « plat » et on travaille avec des comédiens, du coup les gens peuvent se retrouver dans une échelle. C’est assez passionnant de voir la confrontation entre un humain et son décor qui va être disproportionné. C’est pour que ça rejoint un peu Le Baron de Crac où les décors étaient peints ou ressemblaient à des gravures et où les personnages évoluaient dans ces sets. Par exemple, pour la pièce Richard III, j’ai fait un grand décor et c’était amusant d’y voir les personnages y évoluer parce qu’il y avait un côté carton-pâte volontaire. Pour que ça marche, il faut aussi beaucoup travailler le costume pour que tout ça se réponde, sinon l’acteur devient plat, et mon décor aussi.
Et dans tes travaux plastiques, vers quelles performances tu désires encore te diriger? La dernière interview que j’ai lu de toi, tu te mettais à la tapisserie…
Je continue toujours, c’est quelque chose qui prend de plus en plus de temps et d’importance dans mon travail parce que j’ai la chance de travailler sur une grande série, ce sera 40 tapisseries de 2 mètres chacune. Mais ce qui me ferai plaisir ce serait de continuer à faire des films. Là, je prépare un projet de court-métrage plus expérimental et pornographique. Ça ressemblerait aux installations que j’ai pu faire, avec des jeux de miroirs, des choses comme ça. Ce sera une coréalisation avec Jessica Rispal, un travail uniquement visuel et, je l’espère, le plus troublant possible.
Puisque l’organique a toujours été au cœur de ton travail, c’est finalement logique que tu recherches de l’animation. Jusqu’où es-tu prêt à aller dans cette direction?
Ça devient difficile: il faudrait que je fasse des installations avec de la vraie chair mais c’est compliqué. Et les tatouages c’est quelque chose qui me parle de moins en moins parce que je trouve qu’il y a quelque chose de la décoration, et justement j’essaie de m’éloigner de la beauté de la décoration. A la limite, je préfère les cicatrices brutes! C’est difficile ce sujet de la chair… Ça me rapprocherait d’auteurs comme Cronenberg qui cherchent quelque chose de plus palpable. C’est aussi ce que je recherche dans ce film pornographique parce que je travaille directement avec le corps et des choses qui se mélangent. On aboutit sur vraiment quelque chose de complexe sans être de la décoration, sans oublier la partie organique justement. Il faudrait trouver de nouvelles façons de filmer les corps et pour ça j’essaie de tirer profit de mes propres facilités, parce que c’est sûr que mes dessins peuvent faire penser à ce qu’on voit parfois en tatouage mais j’essaie de m’en éloigner. Je veux que ça reste facile d’accès mais trop dur pour le porter sur la peau, c’est surtout ça.
Et pour en revenir au cinéma, il y a-t-il des œuvres qui, récemment, t’aient marqué, que ce soit par leur audace ou au contraire par leur mauvais goût?
Je n’ai plus trop le temps d’aller aussi souvent que j’aimerai au cinéma mais ça fait longtemps que je n’ai pas été retourné par le mauvais goût, c’est même très rare quand ça arrive. Quand on s’intéresse à des artistes comme John Waters par exemple, qui est allé très loin, je trouve que ça devient, pour moi, très populaire, c’est-à-dire que mes yeux ont changé. Même ces vieux films (8), je les trouve maintenant plus accessibles. Je ne vois plus de films qui me dérange.
Et j’imagine que le cinéma mainstream, ce n’est pas quelque chose qui t’attire, que tu préfères l’expérimental, ce qui est plus rare.
Le côté mainstream me plait aussi parfois parce que j’aime assez le divertissement. Ça dépend vraiment parce que je ne me fixe pas de barrière, et puis je n’ai pas l’habitude de parler de cinéma. Je regarde les films comme ça, surtout en ce moment où je me suis investi à fond dans mes travaux, plus encore que d’habitude.
Et enfin, pour donner rendez-vous aux lecteurs, ta prochaine exposition, c’est pour quand?
Là, comme je travaille essentiellement sur mes tapisseries, j’en ai encore pour quelques mois, et j’ai un projet en Allemagne qui sera à la mi-2017.
Le mélange des couleurs, un autre court-métrage de Stéphane Blanquet :
(1) de Patrick Bukanowski, réalisé entre 1976 et 1982
(2) un court-métrage de Derek Jarman réalisé en 1981
(3) de Karel Zeiman, réalisé en 1962
(4) me dit-il en pointant mon T-shirt Elephant Man
4 jours en bord de mer pour le festival de la fiction tv édition 2016
En cette rentrée 2016 et comme chaque année depuis 1999, le petit écran français est à l’honneur. 17 prix sont décernés au terme de ces 4 jours de festival. L’actrice Isabelle Carrée, présidente du jury, décernera dimanche 18 septembre, soirée de clôture animée par l’humoriste Mathieu Madénian, les prix de la meilleure série, meilleur programme court en série, meilleur téléfilm, meilleur téléfilm de comédie, meilleure fiction Web, meilleure réalisation, meilleur interprétation masculine, meilleure interprétation féminine, le prix du jeune espoir masculin, jeune espoir féminin, meilleure direction artistique, meilleur scénario, meilleure musique, le prix des collégiens de Charente-Maritime, le label Poitou-Charentes, la meilleure fiction européenne et le prix du public de la meilleure nouvelle série.
Le festival, sur 3 spots (le dragon, le village, la coursive) et malgré la démission de Quentin Raspail, tient à réunir tous les acteurs de la fiction, de la production à la distribution en passant par la composition musicale et les scénaristes au cours de focus, table ronde, dédicaces, ateliers et projections. Cette année, l’adaptation française avec Frank Dubosc, sur M6 le 4 octobre prochain, de la comédie québécoise Les Beaux Malaisesde Martin Matte à ouvert le bal. Le Quebec est d’ailleurs à l’honneur avec 3 coups de projecteur : Mon Ex à moi de Miryam Bouchard (2×22′), Boomerang de Charles-Olivier Michaud (2×30′) et Pour Sarah d’Éric Tessier (60′). Des programmes hors compétition seront également présentés tels que Carole Matthieu sur Arte, La Main du mal (TF1), Fais pas ci fais pas ça (France 2), Jour Polaire (Canal +) ou encore Marion, 13 ans pour toujours sur France 3…
On y découvre ou reconnait des séries telles que la déjantée et hors-norme Chewing-gumde Michaela Coel pour la Grande-Bretagne, la politique et glamour The Embassy pour l’Espagne, la cruel et sans concession The White Rabbit pour l’Allemagne … Mais également Au-Delà des murs du duo français Hervé Hadmar, Marc Herpoux (Pigalle la nuit, Les Témoins) qui sera diffusé sur Arte le 22 septembre prochain. En compétition, Glaçé (6×52′) sur M6, un thriller adapté du best-seller de Bernard Minier, tourné dans les Pyrénées avec Charles Berling et Julia Piaton. Les Petits Meurtres d’Agatha Christie : Albert Major parlait trop (90′) sur France 2 avec Samuel Labarthe et Blandine Bellavoir toujours. Ou encore Les Grands (10×26′) sur OCS découvert au showeb en janvier dernier. (CSM est d’ailleurs convié à un petit déjeuner avec l’équipe le 26 septembre!!! On vous tiendra au courant).
Parmi les évènements à ne pas manquer : l’atelier BBC: « Au-delà du linéaire – la narration dans le numérique » et la table ronde de l’ACS – « Fini de rire? La série comique française en questions. »
On ne présente plus Alexandre Desplat. Compositeur émérite ayant tenté sa chance en Amérique (The Grand Budapest Hotel, Le Discours d’un Roi, Godzilla), il est la preuve que la french-touch et les compositions symphoniques font encore des ravages dans le domaine de l’art musical. Manque de pot, voilà qu’elle a justement été évincée du projet le plus attendu (comprenez redouté) du français : Rogue One – A Star Wars Story.
Quelle n’avait pas été notre joie quand, en plus de compter Gareth Edwards dans ses rangs, l’audacieux projet Rogue One – A Star Wars Story s’était arrogé l’un des meilleurs compositeurs du monde, Alexandre Desplat. Il faut dire qu’au vu de l’alchimie déployé par les deux sur Godzilla, on était enthousiaste si ce n’est extatique à l’idée de les voir écrire ensemble une nouvelle page de l’histoire de Star Wars. Malheureusement, voilà bien une situation à laquelle on ne pourra désormais que rêver puisque selon The Hollywood Reporter, le compositeur français a été remplacé par le non moins réputé Michael Giacchino (Star Trek, Ratatouille, Doctor Strange,Vice-Versa), devenu en très peu de temps le compositeur attitré de la maison Disney. Mais, pourquoi un tel revirement, qui plus est à 3 mois de la sortie du film ? Les nombreux reshoots survenus au mois de juillet, qui auraient selon certains exécutifs du studio profondément modifié l’agenda de production du film, quitte à menacer et par conclusion rendre impossible la présence du français dans l’équipe, du fait de son agenda surchargé.
Cela laisse donc moins de 3 mois à l’artiste américain pour emballer la musique de ce qui sera sans nul doute l’un des films les plus attendus de cette fin d’année et accessoirement l’un des cartons au box-office de Disney. Puisse donc la force être de son coté pour l’aider à accomplir pareille entreprise !
Pour rappel, Rogue One – A Star Wars Story sortira dans les salles le 14 Décembre prochain. Bande-Annonce :
Une nouvelle comédie romantique américaine de plus. Sorti en 2014 aux Etats-Unis, Ainsi va la vie a mis deux ans à nous parvenir. Un peu comme pourrait l’être un chef d’oeuvre qui, après une rude bataille contre les censeurs, réussissait à se faire sortir. Ce n’est évidemment pas le cas du film de Rob Reiner, loin de là.
Synopsis : Oren Little est un agent immobilier aigri et égoïste, à qui son fils vient confier la garde de sa petite-fille, dont il ignorait l’existence. Incapable de s’en occuper, il est contraint de demander de l’aide à sa voisin Léah, avec qui il va apprendre à se sociabiliser.
On en vient presque à regretter que le film ait finalement pu sortir. Il empêche à un autre film potentiellement meilleur de rencontrer son public. Pourquoi diable avoir attendu pour l’exporter ? Habituellement, les producteurs sortent un film d’abord aux Etats-Unis, et ensuite l’exporte, plus ou moins rapidement selon le succès au box-office. Parfois, le distributeur ne le sort qu’en DVD. Seulement, on remarque d’ailleurs que Ainsi va la vie est sorti dans le monde entier en 2014, sauf dans l’hexagone. Du coup, nos théories ne marchent plus, et on est en droit de se demander pourquoi le producteur a attendu si longtemps pour nous montrer ce film extraordinaire. Si vous avez une réponse, merci de commenter, parce qu’ici nous sommes dans la perplexité la plus totale.
C’est l’histoire d’un vieux papy ronchon (Michael Douglas) qui a perdu sa femme et qui déteste tout le monde qui rencontre une vieille mamie gentille (Diane Keaton) qui a perdu son mari. Voilà, rien que comme ça vous avez déjà vu tout le film, compris toutes les péripéties et comment ça allait se terminer. Le scénario, pour rapprocher ces deux êtres que tout oppose, décide de flanquer dans les pattes de Oren Little sa petite-fille. Car le père de la petite-fille (le fils de Douglas, si vous avez bien suivi) est toxico, il va en prison, la mère aussi est toxico. Ça c’est le prétexte pour rapprocher les deux. Il faut admettre que l’histoire est inintéressante au possible, ce qui n’aide pas pour accrocher à l’histoire. Oren Little vend des maisons à 8 millions de dollars, c’est donc un monsieur aisé. Rob Reiner filme donc une Amérique toute lisse, bien propre sur elle. Une représentation inintéressante, à la limite de l’écœurement.
Mais que peut-on bien trouver dans ce film ? Il paraît que Michael Douglas a réécrit son personnage : c’est donc un film basé sur la construction des protagonistes ! Que nenni. Tout est surappuyé, surjoué. Michael Douglas et Diane Keaton ne sont pas bons dans ce film, il n’y a vraiment rien à sauver c’est une catastrophe. Rob Reiner ne réussit pas à dresser des personnages suffisamment intéressants pour nous faire rester dans la salle. En guise de construction des personnages, un exemple de dialogue : le fils de Oren Little lui dit qu’il a appelé sa fille Sarah, et Little lui répond « Comme ta mère ». Horreur et dépression, ce dialogue là sonne terriblement faux, pourquoi ? Parce qu’il n’est pas du tout crédible un seul instant, et qu’il résonne dans notre tête comme une « information clé à donner au spectateur », et là encore on peut se demander : en quoi c’est important ? Pour montrer que le vieux est aigri à cause de sa femme et qu’il va s’attacher à la gamine pour cette raison-là, mais ça on l’a deviné dès le moment où Michael Douglas prononce cette phrase que personne ne dirait à son propre fils…
Ainsi va la vie est déplorable, tout simplement. Il y a quelques mois, nous avions été plutôt indulgents avec une comédie du même ressort, Joyeuses Fêtes des Mères. A regrets, car cette indulgence permet comme dit plus haut à ce genre de comédie sans consistance de persister, d’arriver sur nos écrans, d’entretenir le système, d’empêcher un potentiel bon film de se faire connaître, et fait perdre du temps au spectateur alors qu’il aurait pu être surpris, émerveillé. C’est à priori à cela que sert le cinéma.
Ainsi va la vie : Bande-annonce
https://www.youtube.com/watch?v=cLNCzyht-2w
Ainsi va la vie : Fiche technique
Titre original : And So It Goes
Réalisation : Rob Reiner
Scénario : Mark Andrus
Interprétation : Michael Douglas (Oren Little), Diane Keaton (Leah), Sterling Jerins (Sarah)…
Photographie : Reed Morano
Montage : Dorian Harris
Direction artistique : Matteo De Cosmo et Jan Jericho
Musique : Mark Sheiman
Production : Mark Damon, Alan Greisman et Rob Reiner
Sociétés de production : Castle Rock Entertainment, Foresight Unlimited et Envision Entertainment
Budget : 30 000 000 $
Genre : comédie romantique
Durée : 94 minutes
Dates de sortie : 14 septembre 2016