One of us, une série de Harry et Jack Williams : critique du pilote

One of us, une mini-série construite comme un whodunit

Synopsis: Dans un petit village écossais, deux personnes issues de deux familles différentes sont assassinées. Dans une recherche effrénée de la vérité, des secrets longtemps enfouis seront dévoilés, menaçant le quotidien des personnes impliquées de ces deux familles.

Les frères Harry et Jack Williams sont connus pour avoir créés The Missing en 2015, nommée aux Golden Globes, Baftas et Emmy pour meilleure réalisation (Tom Shankland) de mini-série. Diffusée sur France 3 en avril dernier, la série est attendue par les sériephiles pour la saison 2. Avec leur boîte de production, Two Brothers, les deux scénaristes sont passés du côté obscur en signant One of us, un drame rural aux allures de thriller familial, dont le nom sonne déjà comme un whodunnit christinien faisandé. En effet, ils ont commencé leur carrière avec la comédie et la romance (Roman’s Empire, Fried, Tripped et maintenant Fleabag) pour se tourner brillamment vers un univers de polar aux conflits familiaux bouleversants. La mini-série en 4 épisodes One of us, entièrement tournée à Edimbourg et les Highlands et attendue depuis plus d’un an, est diffusée sur BBC Scotland depuis le 23 août 2016. Nous emportera-t-elle dans ses mailles du filet? Début de réponse.

Patience et longueur de temps Font plus que force ni que rage

Morale qui conclut la fable de La Fontaine intitulée Le Lion et le Rat.

Aux confins d’une Ecosse champêtre, une des scènes liminaire, copié probablement à contre gré de Funny Games (l’original) d’Haneke, nous invite à rejoindre le pré-établi, le déjà vécu en contre balançant avec le bonheur certain d’un mariage tourné en found footage, et la violence provoquée par la mort, immobile, des deux époux. Dès à présent, les intentions sont criardes et les rouages très peu originaux. L’assassin, schizophrène pour tendre de manière malsaine vers le pathos et la gratuité de son acte inexpliqué, court toujours et finira les 4 roues en l’air chez la famille du couple défunt, un soir d’orage, comme pour ajouter une plus-value scénaristique. Mais le ridicule ajouté à l’amère impression de déjà-vu achève de nous faire rire jaune, tant l’ensemble est trop commun. Inspiré grossièrement de Mais qui a tué Harry? du maître ventripotent sans l’humour noir et les bons acteurs que sont Shirley MacLaine, John Forsythe ou Edmund Gwenn, One of us cumule des clichés qui auraient tout à fait leur place sur les planches d’un théâtre, mais qui, agglomérés sur 60 minutes, finissent par tirer sur le tendon d’Achille créant une sensation de fourmillement dans les jambes. On s’impatiente, on soupire de déception devant ces coquilles vides que sont ces pantins articulés, ces personnages soit-disant torturés par un dilemme moral, vus mille fois dans de bien meilleurs fictions britanniques. L’unique plaisir semblerait être de retrouver des têtes familières, Joe Dempsie (Skins, Game of Thrones) en mari et frère impassible, Laura Fraser (Breaking Bad) en détective « résolument savante » et Juliet Stevenson (The Hour, Accused, The Einfeld Haunting) en mère déterminée ou John Lynch (The Fall*) en père timide… Les adjectifs sont peu équivoques et les caractères superficiels, bien que le noyau familial soit crédible et sommes toutes attendrissant. Mais il s’avérerait que le quatrième épisode de conclusion soit riche en bouleversements. Armez donc vous de beaucoup de courage pour survivre 4 heures durant et de nous dire si la mini-série valait les jambes lourdes et quelques bâillements ! Les frères Williams resteront-ils maîtres en secrets de famille ?

* la série britannique à succès sera adaptée sur TF1 avec Emmanuelle Seigner et Melvil Poupaud dans les rôles de Gillian Anderson et Jaimie Dornan

One Of Us: Trailer – BBC One

Créée par Jack Williams (II), Harry Williams (2016)
Avec Steve Evets, Laura Fraser, Gary Lewis, John Lynch, Joe Dempsie, Adrian Edmondson, Georgina Campbell, Kate Dickie, Juliet Stevenson, Joanna Vanderham
Nationalité : Britannique
Genre : Drame, Thriller

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Antoine Mournes
Antoine Mourneshttps://www.lemagducine.fr/
Mes premières ambitions, à l'âge d'une dizaine d'années, était d'écrire des histoires à la manière des J'aime Lire que je dévorais jusqu'en CM2. J'en dessinais la couverture et les reliais pour faire comme les vrais. Puis la passion du théâtre pour m'oublier, être un autre. Durant ses 7 années de pratique dans diverses troupes amateurs, je commence des études d'Arts du Spectacle qui débouche sur une passion pour le cinéma, et un master, en poche. Puis, la nécessité d'écrire se décline sur les séries que je dévore. Depuis Dawson et L’Hôpital et ses fantômes de Lars Von Trier sur Arte avec qui j'ai découvert un de mes genres ciné préférés, l'horreur, le bilan est lourd, très lourd au point d'avoir du mal à établir un TOP 3 fixe. Aujourd'hui, c'est Brooklyn Nine Nine, Master of Sex et Vikings, demain ? Mais une chose est sûre, je vénère Hitchcock et fuis GoT, True Detective et Star Wars. L'effet de masse m'est assez répulsif en général. Les histoires se sont multipliées, diversifiées, imaginées ou sur papier. Des courts métrages, un projet de série télévisée, des nouvelles, un roman, d'autres longs métrages et toujours plus de critiques..?

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