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Musique The Neon Demon: l’électro robotique et enivrante de Cliff Martinez

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L’association électrisante entre le surréalisme de Refn et l’onirisme de Martinez

Musique The Neon Demon – la BO / Trame sonore / Soundtrack

Le cinéma de Nicolas Winding Refn est comme muet, impassible devant la monstruosité qui s’agite dans les soubresauts de son univers. Cliff Martinez, lui, intervient comme un antidote, un vaccin qui traduit l’atmosphère irrespirable qui se dégage de tout ce maelstrom cinématographique ponctué de turpitudes sanguinolentes voire même de sauvagerie nécrophile. Nicolas Winding Refn continue à explorer la radicalité de son cinéma et Cliff Martinez lui emboîte le pas. La communion qui abrite les deux hommes, depuis trois films (Drive, Only God Forgives et The Neon Demon), accouche d’une densité artistique assez rare : comme si l’un et l’autre étaient inséparables, deux artistes en osmose parfaite. Qu’on se le dise : c’est une qualité comme un défaut : deux jumeaux siamois qui se comprennent instinctivement. La parole n’est pas importante dans le climat anxiogène des œuvres du Danois : seule l’expression d’une émotion par le simple mélange d’un son et d’une image fait la beauté du geste et contextualise l’apparition d’une idée ou matérialise l’excentricité d’un regard. Mais toujours avec une élégance ambiguë qui scrute une vulgarité techno addictive.

La relation artistique qu’entretiennent Refn et Martinez s’apparente à celle menée de front entre Takeshi Kitano et Joe Hisaishi dans ce désir de traduire le subconscient de personnages en proie aux doutes ou de parachever l’évanescence même d’un sentiment (« Don’t Forget Me When You’re Famous »). Cliff Martinez interprète de façon musicale la fascination iconique de The Neon Demon : il la contemple puis s’inspire de l’esthétique pour faire immerger ses percussions mystérieuses (le très Giorgio Moroder « Take Her to Measurements »). Considéré comme artificielle par certaines, acclamée par d’autres, cette vision binaire du cinéma n’est en rien un procédé fallacieux dont les comparaisons inopportunes avec la mode du clip s’avèrent futiles. L’addition de l’image et du son chez Refn est vectrice d’émotion, de passion qui écorne la psyché taiseuse de son environnement ou qui adoucit la léthargie instantanée du montage : la musique est un personnage en tant que tel, une entité qui est le fruit d’un travail de caractérisation qui remplace les nombreux silences qui jalonnent les films de Nicolas Winding Refn, comme pour mieux déchiffrer la syntaxe organique et les codes du « giallo » de The Neon Demon.

Le titre éponyme est le symbole même de cette incantation sonore, de cette orchestration hypnotique avec ses sonorités luxuriantes et désenchantées qui chevauchent une cavalcade de synthétiseurs angoissants. Mais au lieu d’être un capharnaüm qui prend les allures de remplissage comme peut l’être la bande originale de l’infâme Suicide Squad, Cliff Martinez module ses effets en synchronisant ses mélodies électroniques saturées aux thèmes mêmes de l’exercice en question. Cliff Martinez travaille dans l’ombre de tous mais son travail parait crucial à bien des égards. Dans la conscience collective, quand on pense à un film comme Drive, la plupart des gens se souviennent de Kavinsky et de son tube « Night Call ». Sauf que le véritable chef d’orchestre musical des trois derniers films de Nicolas Winding Refn est Cliff Martinez : et ce sentiment est encore plus prédominant avec la bande originale de The Neon Demon. Le sujet du film, la combinaison maladive de la beauté et de la mort de mannequins dans le lieu putride enclin aux sorcelleries démoniaques qu’est Los Angeles, permet donc aux deux hommes d’amplifier dans leur collaboration indécente voire incandescente.

Nicolas Winding Refn accentue la rigidité de sa réalisation et fait éclater le monochromatisme de ses couleurs tandis que Cliff Martinez arrête d’arrondir les angles et se plie à la folie monstrueuse de ce monde robotique : avec ses basses lymphatiques, ses synthétiseurs qui crachent une électro caverneuse aussi moderne que référentielle à la pop des années 80. Dans The Neon Demon, les partitions se font plus tape à l’œil et décrit un monde plus effronté qui n’est pas sans rappeler les affres sonores de Skrillex et de ce même Cliff Martinez dans le tempétueux Spring Breakers. Cette nouvelle collaboration entre le musicien et le cinéaste semble être le point d’accroche adéquat entre la mise en scène mélancolique et surréaliste du réalisateur et les compositions électroniques et oniriques de Martinez. Nicolas Winding Refn adore se réapproprier le cinéma de genre et s’évader des lieux communs pour mieux l’éviscérer. Avec The Neon Demon, il mélange film d’ambiance et œuvre horrifique avec l’envie jouasse de repeindre les murs de Los Angeles par le sang matriciel (« Ruby at the Morgue »).

Et à l’image de la jalousie sanguinaire qui évapore les relations entre les différents mannequins et le remodelage corporel de ces femmes humanoïdes, Cliff Martinez joue aux petits chirurgiens avec une électro qui se dérobe sous nos yeux, agite la peur et attise la souffrance : par le souffle symphonique de ces nappes mélodiques aussi froides que chaleureuses, étouffantes que célestes qui s’avèrent être une divine alliance entre le « Suspiria » de Goblin et « Under The Skin » de Mica Levi. Mais dans cette aventure filmique qui oscille entre rêves et cauchemars, The Neon Demon se veut iconoclaste et diversifie la portée de ses effets sonores : avec des pistes plus rock et le sensuel « Mine » de Sweet Tempest, le tubesque « Waving Goodbye » de Sia ou le ténébreux « The Demon Dance » de Julian Winding avec ses faux airs techno à la Gesaffelstein. Avec The Neon Demon, Nicolas Winding Refn affiche encore plus son égo surdimensionné sur l’écran et s’approche plus près encore des limites de son propos dans une œuvre où le fond est la forme, et la forme est le fond : une description à l’acide des mœurs de la société moderne. Et malgré les références, Cliff Martinez évite de tomber les rouages d’une esthétique sonore codifiée.

Et de ce fait, Cliff Martinez s’accommode de cette vision éthérée de l’humanité et devient le maître d’une électro/pop racée hautement corrosive : comme par humilité, pour mieux démasquer des sentiments trop violents ou carnassiers. Tout comme le film, la bande originale de The Neon Demon est faite de moments planants, extatiques qui naviguent sur les routes nocturnes de Los Angeles mais est aussi remplie d’irruptions volcaniques. Les disques de Cliff Martinez sont pensés ainsi : l’expression des mouvements, le déploiement des émotions comme une œuvre mentale qui conçoit l’imagerie thématique d’une pensée. La musique est un refuge pour le réalisateur de Drive, une possibilité d’accéder à des chemins qui lui sont infranchissables mais dont seul Cliff Martinez a la clé : le déclic où l’opacité s’éclaircit pour devenir lumière (« Gold Paint Shoot »). Même si la bande son de The Neon Demon comporte une flopée de pistes à la longueur plus ou moins courte, Cliff Martinez superpose son mécanisme de création autour d’une aura homogène faisant de The Neon Demon une expérience enivrante où les sonorités cristallines se font l’écho des clubs et des podiums argentés de Los Angeles.

Mais derrière ces visages de cire où les sourires dissimulent le cannibalisme, les textures se font plus âpres, les beats plus féroces où l’empathie d’un destin électrisent les hantises (« Are We Having a Party »). Inutile de chercher, il n’y en a pas au-dessus d’eux : leurs gesticulations provoquent des moments d’un rare génie. Nicolas Winding Refn est l’Alpha et Cliff Martinez est l’Omega : un alliage qui fait souffler le chaud et le froid et qui dépasse de loin la concurrence. Le travail de Cliff Martinez n’est plus à démontrer et se fait même l’influence des grandes séries en devenir (la bande originale de Stranger Things qui ressemble trait pour trait à celle d’Only God Forgives). Les deux hommes s’inspirent mutuellement pour le plus grand plaisir de spectateurs qui assistent hébétés et fascinés à la production d’un film magistral, entre horreur et humour noir, dont la bande sonore l’est tout autant.

Musique The Neon Demon Tracklist

1. Neon Demon
2. Mine – Sweet Tempest
3. The Demon Dance – Julian Winding
4. What Are You?
5. Don’t Forget Me When You’re Famous
6. Gold Paint Shoot
7. Take Off Your Shoes
8. Ruby At The Morgue
9. Jesse Sneaks Into Her Room
10. Real Lolita Rides Again
11. Messenger Walks Among Us
12. Runway
13. Take Her To Measurements
14. Who Wants Sour Milk
15. I Would Never Say You’re Fat
16. Thank God You’re Awake Remix
17. Kinky
18. Ruby’s Close Up
19. Lipstick Drawing
20. Something’s In My Room
21. Are We Having A Party
22. Get Her Out Of Me
23. Waving Goodbye – Sia

Deauville 2016 : The Fits, d’Anna Rose Holmer (Compétition)

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En filmant les émois de la jeunesse comme une chorégraphie sonore, la réalisatrice Anna Rose Halmer donne pour son premier tour sur le ring, un véritable uppercut à la profession. Attention OVNI en vue !

Synopsis : Toni, 11 ans, s’entraîne dans la salle de boxe de son grand frère. Elle découvre qu’à l’étage au-dessus, un groupe de filles apprennent une variante très physique du hip hop, le drill. Attirée par leur énergie, leur force, leur assurance, Toni abandonne peu à peu la boxe pour la danse…

Deuxième femme à concourir au sein de la Compétition (après Kelly Reichardt et son film Certain Women, présenté samedi dernier), Anna Rose Holmer entendait bien faire taire les mauvaises langues et surtout rehausser le niveau, précédemment ternie par sa consoeur, responsable d’un des films les plus dispensables présentés sur les plages normandes. Une gageure qu’elle comptait réussir en proposant un film (subventionné par la Biennale de Venise) se faisant l’écho des premiers émois de jeunesse et du parcours initiatique d’une jeune fille dans l’univers du hip-hop. Bien que l’on pourra regretter un montage assez court (1h12) qu’on pressent directement hérité de son passé de documentaliste, le film n’en demeure pas moins solide, autant par la prestation sans faille du personnage principale, que la dimension technique de l’ensemble, flirtant parfois à la limite du clip. 

Sound of Silence

Cela dit, on aurait tort de voir dans cette qualification de clip, une ressentiment péjoratif. La réalisatrice est en effet en pleine possession de ses moyens, et ça se sent. Que ça soit la photographie, soignée et lumineuse ; l’utilisation des focales, jouant tour à tour sur l’étouffement et le bouleversement, ou la direction d’acteurs, calibrée au millimètre dès lors qu’il est question de la jeune Royalty Hightower, on sent bien que c’est l’expérience qui anime la réalisatrice. Un peu d’ailleurs comme son héroïne. La jeune Toni est ainsi dépeinte comme une dure à cuire. Acharnée, solide et doté d’un regard de pierre, ce petit être chétif est toutefois suffisamment taillé pour enchainer danse et boxe à un tel degré de maitrise qu’on croirait à un mix non avoué entre Mike Tyson et une danseuse du Bolshoi. Mais grand dieu, ce n’est pas ce portrait relativement atypique qui donne tout son sel au long-métrage mais bien sa dimension sonore. Sans doute raison majeure de sa sélection au sein de la Compétition, la maitrise sonore de l’ensemble est ainsi d’une rare justesse, tout en étant aussi d’une importance capitale. Car, lorsque interviewée en conférence de presse, la réalisatrice a admis que que le scénario était né de l’impulsion de faire un film rythmé par des effusions sonores. Une manière capable de justifier à elle seule, l’utilisation nombreuse de ces sons, servant ici à schématiser la bulle (sociale) de la jeune femme. Que ça soit celui émis par un coup de poing sur un punching-ball, celui d’un cri ou d’une respiration saccadée, le bruit revêt ici une importance telle qu’il éclipse rapidement les dialogues devenus presque figuratifs. A ce titre, on sera ravi de voir que la réalisatrice n’utilise pas cette spécificité en gimmick, tant le tout accuse d’un remarquable effort sur la notion de gestuelle et de mouvement. Mais derrière ce concert de louanges, on ne pourra pas passer sous silence le scénario. Obscur, pour ne pas dire mystique, il essaie de dresser l’histoire d’une convulsion (?) qui se répand au sein de l’équipe de danseuse. Comment ? Pourquoi ? Autant de questions qui resteront en suspens et dont les réponses auraient pu nous aider à y voir plus clair dans cet exercice de style, brillant, mais cultivant l’art de la dissimulation comme personne.

Aussi sublime qu’il n’est déroutant, The Fits restera de par cette contradiction, une œuvre forte de cette 42ème édition du Festival. A charge désormais pour Anne Rose Holmer de continuer sur sa lancée et réaliser un film plus dense et tendant moins à l’aspect documentaliste. 

The Fits : Bande-annonce

The Fits, réalisé par Anna Rose Holmer, avec Royalty Hightower, Makyla Burnam, Inayah Rodgers, Alexis Neblett, Da’Sean Minor, Antonio A.B. Grant Jr … sort au cinéma en janvier 2017.

Braquo : la saison 4 diffusée sur Canal + dès le Lundi 12 Septembre 2016

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Braquo : l’ultime saison va pimenter la grille de rentrée de Canal +

L’inspecteur Eddy Caplan et sa brigade du SDPJ92 aux méthodes peu orthodoxes reviennent pour une quatrième saison dès le 12 Septembre 2016. La série, lancée en 2009 par Olivier Marchal, ancien policier reconverti en réalisateur de polars chocs, fait partie des nombreux succès des créations originales de la chaîne cryptée au même titre que Baron Noir, Engrenages, Le Bureau des Légendes ou bien encore Les Revenants.

L’ultime saison de Braquo s’annonce explosive, infernale et riche en rebondissements. Eddy Caplan (Jean-Hugues Anglade) va devoir faire face au terrible Vogel (performance saisissante de Geoffroy Thiebaut). Walter Morlighem (Joseph Malerba) vit dorénavant avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. La quête de vengeance de « Baba » Aroudj (Gérald Papasian) à son encontre hante ses nuits. Caplan et ses hommes vont devoir employer les grands moyens face à la menace de Baba  Aroudj. L’IGPN veille toujours sur le groupe d’enquêteurs. Au moindre faux pas, Caplan et son équipe pourraient à nouveau tout perdre. La planque de Vogel a finalement été débusquée par les enquêteurs et le temps presse malheureusement… Chaque minute compte. Caplan va devoir faire avouer au perfide Vogel l’endroit tenu secret où il a enterré la policière Roxane Delgado (Karole Rocher) vivante !

Les frontières entre le respect des lois et l’utilisation de méthodes musclées voire illégales  seront de plus en plus poreuses pour notre bande d’enquêteurs du SDPJ92 dans cette dernière saison de Braquo.

Cette série policière, créée à l’origine par Olivier Marchal, est produite par CAPA DRAMA. Xavier Palud et Frédéric Jardin sont les deux réalisateurs à avoir travaillé sur cette nouvelle saison. Cette saison 4, véritable chant du cygne pour la brigade de Caplan et ultime voyage vers l’enfer, a été écrite par le scénariste Abdel Raouf Dafri.

Un nouveau personnage fera son apparition pour cette quatrième saison. Les sériesphiles auront en mémoire, en le découvrant dans Braquo, le programme télévisé du géant américain Netflix, Marseille, avec Gérard Depardieu et Benoît Magimel. L’acteur Michel Subor, nouveau visage de la saison 4 de Braquo, interprète en effet le rôle de Joseph-Marie Pietri, une figure importante du grand banditisme de la cité phocéenne. Ce criminel notoire a plus de 40 ans d’activités criminelles au compteur. Il a toujours réussi à échapper à la justice et n’a pas fait un seul séjour en prison.

Espérons que les critiques très virulentes sur la série Marseille ne se répètent pas et ne s’appliquent pas à Braquo qui utiliserait le même cadre et des thèmes similaires.

Le climax final des derniers épisodes risque d’être à couper le souffle !

Huit épisodes de 52 minutes seront diffusés sur les antennes de Canal +. La série Braquo sera disponible en intégralité et à la demande pour tous les abonnés Canal + avec l’application et l’interface gratuite My Canal, sans frais supplémentaires de location. Les trois saisons de Braquo sont déjà disponibles pour un visionnage de rattrapage.

Braquo Saison 4 – bande-annonce :

https://www.youtube.com/watch?v=3j4aG19a140

Braquo – rappel des faits des saisons 1 à 3 (Attention risque de spoils) :

https://www.youtube.com/watch?v=KqRTFxg3n-4

 

L’Étrange Festival, du sadisme à l’émerveillement

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Pour ce troisième jour de l’Étrange Festival, le sadisme et l’humour noir fait légèrement place à un émerveillement jovial :

Christophe Deroo, jeune cinéaste français, signe avec Sam Was Here (renommé Nemesis en VF) un premier long métrage qui s’avère être une très bonne surprise. Plongée anxiogène dans une Amérique isolée et hostile où toute échappatoire semble impossible, où l’homme est désœuvré face à sa propre ignorance et sa solitude. Le récit prend vite les contours d’un mystère lovecraftien qui aurait pu être évadé d’un épisode de La Quatrième dimension et qui serait servi par une mise en scène posée et sèche que ne renierait pas un Quentin Dupieux. Un homme se perd dans une zone où il n’y a pas âme qui vive et se retrouve à être pris dans une situation pour le moins étrange. Au début, le cinéaste pose les ficelles de son intrigue avec beaucoup de lourdeurs avant que le tout décolle dans une deuxième partie tendue, au sadisme malaisant et au mystère insondable. L’oeuvre est une réflexion fascinante sur la désinformation des gens et sur le besoin de se faire justice, trouvant parfaitement écho avec la société actuelle, surtout pour les Etats-Unis, évoquant ici la peur et la haine envers l’étranger. Parfois autiste dans l’utilisation de ses symboles, certains sont assez compliqués à déchiffrer, le film n’en reste pas moins un divertissement qui nous prend à la gorge et qui offre de bonnes montées d’adrénaline. Tourné en à peine 12 jours, Sam Was Here apparaît comme un tour de force impressionnant, parfois un peu attendu mais toujours fascinant, dont la fin n’est pas prête de laisser le spectateur tranquille. Sans parler de la musique du groupe Christine qui est un vrai régal.

Avec Interchange, Dain Iskandar Said s’essaye au polar surnaturel mais le fait sans grand talent. Même si le film n’est pas mauvais, grâce à une mythologie intéressante qui parvient à avoir de jolis moments de poésie sur sa fin, il peine à trouver son rythme et à embarquer son spectateur. On est dans une approche assez similaire avec ce que l’on a pu voir dans The Strangers cette année, mais de manière beaucoup plus molle et moins audacieuse. Dain Iskandar Said ne prend que très peu de risques avec son oeuvre qui reste dans les clichés du genre que ce soit dans l’écriture ou dans le visuel. On regarde le long métrage défiler devant nos yeux sans trop s’y impliquer et avec un ennui poli, le tout étant au final assez insignifiant.

Alejandro Jodorowsky signe la deuxième partie de sa trilogie autobiographique avec Poesía Sin Fin, et offre un opus enjoué et merveilleux qui pousse à l’émerveillement. C’est une oeuvre qui a pour vocation de faire du bien à l’âme, et elle le fait à la perfection. Que cela passe par la mise en scène, libre et virtuose, la sincérité avec laquelle Jodorowsky aborde sa propre vie ou la manière dont ses enfants reprennent son rôle ou celui de son père avec beaucoup de justesse, tout est d’une beauté et d’une poésie qui bouleversent. Surtout que Alejandro Jodorowsky ne tombe pas dans l’auto-suffisance ou l’élitisme à travers son portrait, il impose un façon de penser libre mais ne prend pas son public de haut, au contraire il lui parle comme à un confident pour lui transmettre son expérience et sa joie de vivre, le besoin de faire le point sur son existence après toutes ces années de vécu. Un très beau film dont voici une critique plus complète.

Baby Bump est un film qui ose beaucoup mais qui ne réussi que très peu. Le film de Kuba Czekaj à la bonne idée de traiter le malaise adolescent comme un chaos incessant mais il ne possède pas assez de maîtrise pour arriver à en faire quelque chose d’universel et qui parlera à son public. L’oeuvre est trop précieuse, trop ancrée dans son délire pour arriver à être vraiment drôle ou à être pertinente avec son sujet. Même si l’envie de déconstruire le complexe d’œdipe est plus qu’intéressante, la répétition des scènes et l’aspect très brouillon dans la construction empêche de pleinement s’y impliquer  et plonge dans un ennui profond. Le casting travaille dur pour nous faire croire à ce récit, et il se montre particulièrement convaincant mais malheureusement il n’arrive pas à être plus fort que la vision bien trop excentrique du cinéaste sur son sujet. Même si cela permet d’avoir au final une originalité constante, on a aussi un film qui déborde de maladresses et qui est incapable d’être précis dans ce qu’il touche, voulant trop être intello alors qu’il devrait être plus sensitif. En plus, il tombe dans des artifices de narration bancals avec cette voix-off omniprésente et bien trop lourde quand a son utilitée. Baby Bump à donc tous les défauts d’un premier film avec sa volonté de trop s’éparpiller et couplé avec la vision très excentrique de Kuba Czekaj, il en devient trop perché et indigeste.

L’Étrange Festival: des films de toutes les époques et des 4 coins du monde

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A l’occasion de son troisième jour, l’Étrange Festival continue sa compétition et a débuté trois de ses cycles, chacun consacré à des réalisateurs aux univers en tous points différents : Shôhei Imamura, Andrzej Zulawski et Frank Henenlotter.

Le Pornographe (1966) lance le bal de la rétrospective dédiée au japonais double-palmé Shôhei Imamura. Il s’agit de son premier film réalisé hors des studios Nikkatsu (qui restent tout de même coproducteurs), mais surtout d’un scénario qui profite d’un excellent point de départ pour offrir un regard aiguisé sur l’état du Japon d’après-guerre : L’industrie balbutiante du cinéma érotique étant une nouvelle forme de capitalisme, il aurait pu être vu comme l’une des conséquences néfastes de l’influence américaine sur l’archipel, et la mainmise des yakuzas dans cette nouvelle économie aurait elle aussi méritée d’être soulignée. Il n’en sera rien. Au mieux, la place ambiguë que tient la pornographie dans la culture traditionnaliste nipponne aurait pu être sujet à une satire sociétale acerbe. Là encore, il ne faudra pas compter dessus. Imamura se limitera à la vie privée de son rôle-titre, qui certes relèvera d’une certaine hypocrisie quant au regard porté sur ses activités professionnelles, mais qui est traité avec un tel manque de rythme, une difficulté à faire ressentir la moindre émotion et une narration si mal construite que le résultat s’apparente finalement à une soupe sans queue ni tête et affreusement soporifique. En somme, un échec qui avait de quoi laisser craindre le pire pour la suite de la carrière du cinéaste.

7 mois après le décès d’Andrzej Żuławski, et alors que l’Etrange Festival avait décidé de l’inviter à l’occasion d’une rétrospective qui lui serait consacrée, celle-ci s’est fatalement muée en hommage, en présence de plusieurs de ses collaborateurs dont le compositeur Andrzej Korzyński. Le cycle débute logiquement par son premier film, La Troisième Partie de la nuit, réalisé en 1971. Sa façon de dépeindre la Seconde Guerre Mondiale pour en faire un récit biblique est propice à un récit ésotérique et psychologiquement éreintant. Mais son scénario est également teinté d’inspirations personnelles puisque le personnage principal de scientifique devenant, par la force des choses, résistant est directement tiré d’un ami de son père. Ses innombrables aller-retours entre le présent et le passé, qui vont jusqu’à faire s’entrecroiser les divers axes temporels, rend la narration difficile à suivre, et parfois même impossible à décrypter. Un parti-pris qui prendra sens dans une conclusion apocalyptique dans laquelle on comprend que cette première réalisation est, sur le fond comme sur la forme, la matrice de toute la filmographie qui suivra.

La rétrospective consacrée à Frank Henenlotter débute elle aussi par son tout premier film, qui le fit aussitôt connaitre des amateurs de cinéma bis : Frères de Sang, réalisé en 1982. En présence de celui que l’on nomme « le pape de la 42ème rue », ce retour sur le succès inattendu d’un projet qui aurait dû rester un délire personnel au budget dérisoire (35 000 $) en dit long sur la forte demande du public des années 80 en termes de cinéma d’exploitation. Avec son pitch fantastique résolument absurde et ses effets spéciaux en carton-pâte, cette comédie cradingue n’aurait de toute façon pas pu se prétendre commerciale mais rentrait parfaitement dans les critères des midnight movies à la mode à l’époque et ouvrait la voie au succès international d’Evil Dead l’année suivante. Et même si le réalisateur prétend que son film n’a aucun sens, qu’il serait vain d’y chercher la moindre signification, il serait dommage de ne pas remarquer qu’il dresse une peinture de sa ville (New-York) où rien ne semble avoir échappé à une forme de décadence morale, rapprochant ainsi son long-métrage d’un Taxi Driver, mais avec un panier en osier à la place du taxi. Encore une fois, cette vision du monde désenchantée ainsi que ce gout pour le trash et l’organique loufoque deviendront les leitmotivs du réalisateur et la clef de sa réputation.

A coté des rétrospectives, les avant-premières continuent puisque nous vient d’Argentine une exclusivité mondiale:

A chaque année son lot de films horrifiques à sketchs. Cette année, Terror 5 nous vient d’un collectif de jeunes réalisateurs argentins qui se sont mis d’accord sur un point de départ à priori prometteur : Faire se concrétiser durant une même nuit et dans une même ville plusieurs légendes urbaines et ne pas chapitrer le scénario en faisant se succéder les histoires les unes après les autres mais au contraire adopter une construction de film choral pour assurer la cohésion de l’ensemble. Pas de chance, les quelques pistes suivies par chacun des récits se révèlent toutes être vaguement tirés de classiques plus ou moins récents du genre, mais sans jamais rien y apporter ni même réussir à tirer le moindre effet efficace de leurs références respectives. On ne peut que regarder avec dédain comment chaque réalisateur est parti de son côté, allant signer son lamentable segment, jamais effrayant mais avec lequel il espère tenir un minimum de place dans le montage final (car la réparation est loin d’être égalitaire). Seul point commun entre le résultat de leur réalisation respectives : ils se sont tous fourvoyés, nous laissant dans l’espoir que leurs récits iraient converger vers une conclusion en guise d’apothéose explosive. Au contraire, le moment où se rencontrent enfin les amorces de scénario encore en cours (certains étant morts dans l’œuf bien avant) n’est en fait qu’une excuse pour ne pas donner de réelle fin à celles-ci, et tout tombe pitoyablement à plat.

Brooklyn Village, un film d’Ira Sachs en compétition à Deauville

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Avant-dernier film de la compétition Deauvillaise, Brooklyn Village est le 8ème long métrage d’Ira Sachs, déjà présent sur la côte normande en 2014 pour Love is Strange. Avec l’ambition de capturer tous les maux d’une famille New Yorkaise, le réalisateur balaye bien trop de sujets et finit par nous ennuyer. Malgré une photographie plaisante et deux, trois bonnes séquences, Brooklyn Village s’avère bien trop fébrile vis-à-vis de ses prétentions.

Une famille de Manhattan hérite d’une maison à Brooklyn, dont le rez de chaussée est occupé par la boutique de Leonor, une couturière latino-américaine. Les rapports entre voisins sont d’abord très agréables, notamment grâce à l’insouciante amitié qui se noue entre Tony et Jake, les enfants des deux foyers. Jusqu’à ce que les nouveaux arrivants réalisent que le loyer que Leonor leur verse est bien en dessous de ce qu’il conviendrait…

La trame du film est donc axée sur un contentieux qui naît d’un changement de propriétaire ; la locataire se voit dans l’obligation de payer plus ou de déguerpir. Avec un pitch a priori façonné pour un cinéma social des plus moralisateurs, Ira Sachs a le mérite de traiter l’affaire avec un regard compatissant pour les deux camps. Pas de diatribe contre ceux qui possèdent, et pas d’empathie débordante pour les autres. On peut éventuellement y voir une légère critique de la gentrification de Brooklyn, mais le sujet n’est pas vraiment politique. En réunissant ces deux familles autours d’une amitié adolescente, et en les éloignant avec un conflit entre adultes, le film est censé dépeindre le fossé qui sépare les petits des grands. Le père (Greg Kinnear, Little Miss Sunshine), modeste comédien financièrement dépendant de sa femme, se voit dans l’obligation de ruiner l’amitié de son fils pour récupérer son bien. Cela va déboussoler ce gamin à la fibre artistique prometteuse, mais qui peinait déjà à se sociabiliser.

Ira Sachs nous gratifie de deux scènes réussies, l’une entre un jeune acteur et son professeur de théâtre, l’autre dans une boite de nuit pour adolescents ; le reste étant assez insipide. Prétendument inspiré par Ozu et Bresson, le film ne laisse guère transparaître une quelconque filiation avec ces illustres réalisateurs, du moins dans sa qualité. Même si l’on admet que son évocation de l’enfance n’est pas incompatible avec le génial Bonjour (1949) qu’il cite après la séance. Plastiquement séduisant, Brooklyn village n’est qu’un objet filmique assez conventionnel qui sort d’un moule Indie déjà vu. De la bande originale à la crise familiale, rien n’est vraiment novateur dans cette énième exploration sociétale ; ni bon ni mauvais, le film restera caché (on l’espère) dans le ventre mou du festival.

Réalisé par Ira Sachs avec Greg Kinnear, Jennifer Ehle, Paulina Garcia, Michael Barbieri, Theo Taplitz, Talia Balsam, Maliq Johnson, Anthony Angelo Flamminio, Maddison Wright, Mauricio Bustamante, John Proccacino, Alfred Molina…

Free Fire : Ben Wheatley zigouille à tout va dans la bande-annonce !

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Alors que son récent High-Rise a profondément divisé les foules, Ben Wheatley revient à la charge avec Free Fire. L’occasion pour lui de convoquer un casting de très haute volée (Brie Larson, Cilian Murphy, Armie Hammer, Sharlto Copley) autour d’une vente d’arme qui tourne mal. Eclats de rire garantis !

Cinéaste versatile, imprévisible, barré, controversé mais en définitive génial, Ben Wheatley est un électron libre dans le cinéma britannique. Pas étonnant de voir donc chacun de ses projets épiés à la loupe. Et Free Fire n’est pas différent des autres. Niché dans ce qui pourrait s’apparenter comme étant les années 1970, le film s’intéresse cette fois-ci à la réunion de divers sociopathes et petites frappes dans un hangar ; la joyeuse troupe étant sur le point de conclure un gros deal portant sur des armes. Mais la pression guette. Un coup de feu arrive. Et puis un autre. Et un autre. Jusqu’à ce que les deux bandes rivales ne souhaitent plus qu’une chose : éliminer celle d’en face. Montage rythmé, accent imprononçable mais surtout casting de rêve : Cilian Murphy (Inception, Dunkirk), Sharlto Copley (Chappie, District 9), Armie Hammer (Agents Très Spéciaux : Code UNCLE), Brie Larson (Room), Jack Reynor (Transformers 4, Macbeth) ; c’est bien simple, Ben Wheatley a l’air de s’être fait plaisir. Et quand on connait les films dont il nous as gratifiés par le passé, on se dit que le plaisir qu’il a eu à tourner cette échauffourée très rétro dans l’âme, devrait très certainement dégouliner de l’écran. Quitte à transformer ce film au script déroutant en l’un des prochains trips comique de l’année 2017. En tout cas, on l’espère fortement.

Aucune information n’a cela dit été donné quant à la date de sortie. Mais au vu de son contenu décomplexé et très débridé, nul doute que ce Free Fire devrait faire parler de lui d’ici là.

Bande-Annonce Free Fire : 

Gold: Matthew McConaughey en chercheur d’or allumé dans la bande-annonce

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Bientôt sur nos écrans dans Free State of Jones, l’acteur américain à l’accent fuyant va remettre le couvert pour Gold, qui raconte l’histoire d’un self made-man américain ayant découvert un énorme gisement aurifère dans l’Indonésie des années 1980. 

Plus le temps passe et plus on a l’impression que Matthew McConaughey veut prouver quelque chose. A lui-même ou à son public, difficile à dire. Dans tous les cas, c’est bien la seule option qui nous vient en tête dès lors qu’on jette un regard sur sa carrière, l’ayant vu récemment bourlinguer autant dans les habits d’un redneck homophobe (Dallas Buyers Club) que dans le costard d’un courtier en bourse porté sur la cocaïne (Le Loup de Wall Street). Et ce constat est peut-être nécessaire à assimiler si l’on ne veut pas tomber pantois de délire face à sa nouvelle prestation qui s’annonce encore une fois particulièrement barrée. Car dans Gold, pas question de voir le beau gosse texan assumer sa virilité ou son corps d’Apollon, mais plus le soumettre à l’une des chimères de notre société : l’argent. Le bel acteur joue en effet le rôle de Kenny Wellis, un homme d’affaire bedonnant et au triple menton, qui à l’aune des 1990’s, se réveille d’un rêve l’ayant fait découvrir un gisement d’or en pleine Indonésie. Une fois sur place, il se rend compte que non seulement son rêve est vrai, mais que la jalousie et l’avidité sont légion dans le domaine de la prospection aurifère. Coursé par le FBI, et d’autres ennemis en ayant après son or, inutile de dire que l’acteur sera dans de beau draps.

Retour aux sources de Stephen Gaghan (Syriana), le film verra McCo graviter autour d’un casting particulièrement alléchant, puisque en plus de Bryce Dallas Howard (Jurassic World) qui jouera son épouse, on pourra compter sur Edgar Ramirez (Joy), Corey Stoll (Café Society) ou encore Toby Kebell (le futur Ben-Hur).  Pas de date de sortie française encore annoncé, mais l’on sait déjà que le film se frayera un chemin dans les salles US à partir du 25 Décembre prochain. De quoi le voir concourir pour la prochaine cérémonie des Oscars.

Découvrez la bande-Annonce de Gold qu’on pressent déjà comme étant très ORiginale !

 

Frantz, un film de François Ozon : Critique

On ne peut pas enlever à François Ozon d’avoir de l’inventivité et l’audace de constamment tout remettre en question. Depuis son premier film, Sitcom, jusqu’à son dernier, Frantz, seizième de la lignée, il n’a pas fait deux films identiques.

Synopsis : Au lendemain de la guerre 14-18, dans une petite ville allemande, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front en France. Mais ce jour-là, un jeune Français, Adrien, est venu se recueillir sur la tombe de son ami allemand. Cette présence à la suite de la défaite allemande va provoquer des réactions passionnelles dans la ville…

Faux-semblants

Ni dans la thématique, ni surtout dans la forme. Et pourtant, la patte Ozon est toujours là, entre l’exaltation de son ou ses personnages féminins (ou occasionnellement masculin, comme dans  le Temps qui reste porté brillamment par Melvil Poupaud), ou le trouble entourant les inclinations sexuelles des unes et des autres. Frantz est un film construit en creux autour de l’absence du personnage éponyme; éponyme si l’on veut, car Frantz (Anton von Lucke), un soldat allemand tué en 1918, n’est qu’un McGuffin apparaissant dans des flash-backs fantomatiques et qui ne sert que de support aux divers précipités de sentiments glanés dans le film.

Les vrais protagonistes de l’histoire sont ses proches : Anna (Paula Béer), sa quasi-veuve, une jeune orpheline qui se retrouve du coup sous la garde des parents de son fiancé défunt et Adrien Rivoire (Pierre Niney), un français qu’Anna croise sur la tombe de son fiancé qu’elle vient fleurir tous les matins, et qui se présente comme un ami proche de Frantz d’avant-guerre. Ils sont complétés desdits parents, Herr Hans Hoffmeister (Ernst Stötzner, confondant de rectitude et de rigueur allemande) et Frau Magda son épouse (Maria Gruber), désarmante dans son déni de la mort et sa volonté de faire revivre Frantz au travers d’Adrien. Amenant dans le même élan lecture sociale et européenne de la guerre et ses séquelles sur les individus touchés personnellement dans leur chair par la perte d’un être cher, un descendant qui plus est, François Ozon structure son film par petites touches concentriques qui se focaliseront de plus en plus sur le personnage d’Anna, la vraie héroïne du film.

Adrien, un mystérieux français qui vient s’incliner, voire pleurer sur la tombe de Frantz, est l’objet de tous les rejets des villageois, en même temps que celui de tous les fantasmes et de toutes les projections, comme une sorte de continuation de Frantz aux yeux et dans le cœur de ses parents aussi bien qu’à ceux d’Anna. Avec son physique émacié et un jeu sobre et sombre, Pierre Niney donne au rôle un caractère romantique et exalté qui favorise l’engouement collectif des proches de Frantz. Porteur d’un lourd secret dont la teneur est habilement brouillée par le réalisateur, Adrien déclenche à son tour tout un jeu de faux-semblants et de mensonges perpétrés notamment par Anna, encouragés par les personnages les plus insoupçonnables, à commencer par le curé du village auprès duquel elle vient se confier. Le propos principal du film tourne en effet autour du thème des mensonges et des tromperies, conscientes ou inconscientes, infligées à l’autre ou à soi-même…

Frantz est filmé dans un noir et blanc pointu et lumineux mais mélancolique à la fois (on pense dans une certaine mesure aux « tableaux » du Crosswind de l’estonien Martti Helde), sauf dans les phases oniriques ou de flash-backs (Frantz et Adrien à Paris, par exemple), où la couleur est utilisée de manière plutôt vive (comme ce rouge qui monte progressivement aux lèvres d’Anna dans un moment d’intense émotion). Un mélange réussi dans les deux parties du film : la partie allemande où Adrien vient faire ses « aveux », et celle, française, où c’est Anna qui arpente les rues à la recherche d’Adrien, mais surtout à la recherche d’elle-même…

Même si de manière fugace, on lève d’incrédulité un sourcil face à cette jeune allemande aux ressources incertaines, quitter les montagnes d’une Allemagne vaincue et qui panse ses plaies, pour venir seule en territoire encore ennemi, on se laisse globalement emporter par la fougue du personnage que l’actrice Paula Beer, une révélation lumineuse, emmène graduellement depuis la jeune femme taciturne et terne vers une véritable passionaria de l’Amour. Les vraies motivations des personnages restent floues, ce qui rend chacun de leurs mouvements presque cruciaux, décisifs. La mise en scène de François Ozon permet totalement l’adhésion du spectateur, avec une mise en place douce, austère comme il le dit lui-même, qui atteint son acmé mélodramatique au bout des presque deux heures que dure le film.

Cette mise en scène est également intelligente, faisant une part quasi-égale aux allemands et aux français, également responsables et victimes de la guerre, sans manichéisme ni compromission. A l’image de ce prénom Frantz, la forme francisée d’un prénom allemand, comme symbole d’une union européenne cinématographique…

François Ozon n’a  donc pas fini de nous surprendre. La facilité apparente avec laquelle il déroule son œuvre, avec certes du bon et du moins bon, montre combien il en a encore sous la pédale, avec sa sensibilité d’homme qui connaît pourtant si bien les femmes et les sublime film après film.

Frantz – Bande annonce

Frantz – Fiche technique

Titre original : –
Réalisateur : François Ozon
Scénario : François Ozon, avec la collaboration de Philippe Piazzo
Interprétation : Pierre Niney (Adrien Rivoire), Paula Beer (Anna Hoffmeister), Ernst Stötzner (Doktor Hoffmeister), Marie Gruber (Magda Hoffmeister), Johann von Bülow (Kreutz), Anton von Lucke (Frantz Hoffmeister), Cyrielle Clair (La mère d’Adrien), Alice de Lencquesaing (Fanny)
Musique : Philippe Rombi
Photographie : Pascal Marti
Montage : Laure Gardette
Producteurs : Eric Altmayer, Nicolas Altmayer, Stefan Arndt, Uwe Schott
Maisons de production : Mandarin Cinema,  X Filme Creative Pool
Distribution (France) : Mars Film
Récompenses: César 2017 de la meilleure photographie
Durée : 113 min.
Genre : Drame
Date de sortie : 07 Septembre 2016
France, Allemagne – 2016

Victoria, un film de Justine Triet : Critique

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Victoria est le portrait drôle, contemporain et sensible d’une névrosée bordélique, facilement rattachable à toute une génération d’actifs dépassés par le bordel de la vie. Sans doute le plus beau rôle de Virginie Efira. 

Synopsis : Victoria Spick, avocate pénaliste en plein néant sentimental, débarque à un mariage où elle y retrouve son ami Vincent et Sam, un ex-dealer qu’elle a sorti d’affaire. Le lendemain, Vincent est accusé de tentative de meurtre par sa compagne. Seul témoin de la scène, le chien de la victime. Victoria accepte à contrecœur de défendre Vincent tandis qu’elle embauche Sam comme jeune homme au pair. Le début d’une série de cataclysmes pour Victoria.

Film d’ouverture de la Semaine de la Critique, Victoria est le second long métrage de Justine Triet. On se souvient bien évidemment du premier film de la réalisatrice, La Bataille de Solférino, présenté à l’ACID au Festival de Cannes en 2013 soit à la même période que d’autres productions françaises minimalistes mais intéressantes comme La Fille du 14 Juillet de Antonin Peretjatko, 2 Automnes 3 Hivers de Sébastien Betbeder ou même Les Garçons et Guillaume, à table ! de Guillaume Gallienne. Un cinéma français de l’audace donc, avec un humour aux antipodes de la potacherie grand public et aux accents délicieusement godardiens. Les critiques les plus enthousiastes parlaient un peu trop vite d’une Nouvelle Nouvelle Vague Française portée par ces jeunes réalisateurs qui osent et ne tombent pas dans la facilité. Si la vague n’a finalement pas déferlé sur le cinéma français, Justine Triet était tout de même attendue au tournant. Pour Victoria, elle décide d’abandonner la forme semi-documentaire de son premier film pour aborder une mise en scène plus classique mais tout aussi élégante et assurément plus maîtrisée. A n’en pas douter que la réalisatrice ait dû bénéficier d’une augmentation du budget de production tant la critique française avait apprécié son premier film et attendait impatiemment son retour derrière la caméra, sans compter qu’elle a pu se reposer sur une éblouissante tête d’affiche. Si dans son premier film, le bordel était général, il est autrement plus personnel ici et ne s’attarde que sur le personnage de Victoria, influencée par les gens qui gravitent autour d’elle avec tout ce que cela peut comporter d’absurde, de dramatique et de romantique. Une manière pour la réalisatrice de remanier un genre apprécié, loin des poncifs rabattus dans l’hexagone.

Ça fonctionne chimiquement entre nous

On se prend vite d’affection pour Victoria, ce joli personnage qui tente de se démener dans la vie comme elle peut. Elle qui tente de combler maladroitement ses ardeurs sexuelles avec des rencontres d’un soir, de gérer sa carrière d’avocate, de faire face à un ex-mari qui dévoile sa vie sur un blog, de gérer le procès de son meilleur ami, de s’occuper de ses deux filles et de l’arrivée impromptue d’un de ses anciens clients dans son foyer. Tout ce bordel existentiel donne à Victoria une profondeur remarquable qui en fait un personnage féminin incontestablement moderne. Et quand on regarde comment ce protagoniste est traité avec finesse, on se dit qu’il n’y a rien de plus beau qu’une réalisatrice qui donne enfin les moyens à Virginie Efira de se libérer -mais pas trop quand même- de ses rôles de comédies romantiques un peu trop formatées. Il est incontestable de noter la remarquable tournure de carrière que prend Virginie Efira, après avoir notamment été vue dans Caprice d’Emmanuelle Mouret ou chez Paul Verhoeven cette année dans Elle. Mais c’est véritablement avec Victoria que l’actrice exprime tout son art et une subtilité qu’on ne lui connaissait que trop peu et qui en fait le plus beau personnage de sa carrière. A ce petit jeu, Virginie Efira passe par tous les états, de l’insouciante femme moderne à la névrosée au bord du burn-out en passant par l’amoureuse refoulée qui tente de remettre de l’ordre dans sa vie. C’est ça Victoria, une femme qui s’amuse, bois, baise, tombe, dépérit et déborde de vie. Virginie Efira n’hésite pas à donner de son corps pour apporter une sensualité suave bienvenue, et contrebalance tout en nuance avec ce personnage affolé. A côté d’elle, Vincent Lacoste trouve également un rôle à sa mesure et peut voir ce film comme un passage de flambeau entre l’adolescent un peu gauche et le jeune homme à fière allure, dont la ressemblance avec Louis Garrel devient de plus en plus troublante. Melvil Poupaud est également parfait en victime dépressif et autodestructeur.

Même si elle est maîtrisée, la mise en scène souffre d’un académisme qui exclut toute folie visuelle et empêche certaines séquences de tenir le rythme, suscitant quelques longueurs. Le film n’atteint pas son potentiel, ne lorgnant finalement jamais avec la grande oeuvre que Victoria aurait pu être. Il n’empêche que le scénario uniquement rédigé par Justine Triet (tout comme ses dialogues) permet au film de prendre son envol et d’être au dessus de la mêlée. Tout comme son précédent long métrage, Justine Triet use du comique de situation pour apporter une fraîcheur et une dimension absurde bienvenue. On s’amuse de ce procès où tout repose sur les témoignages d’un chien diagnostiqué possessif ou d’un chimpanzé photographe. Mais derrière la comédie se cachent des personnages pathétiques, tristes dans leur vie et dont l’angoisse existentielle en font des héros auxquels on peut facilement s’identifier. Une identité dramatique qui apporte vraiment de belles nuances à ce récit désopilant mais très contemporain. De ce parcours chaotique d’une jeune quadra, on rit, on s’émeut, on déprime et on applaudit. Justine Triet maîtrise comme personne ces écarts émotionnels et fait de Victoria un film drôle et inattendu. Parmi toutes les rom-coms qui inondent les écrans français, Justine Triet offre un film presque OVNI tant il s’avère ni plus ni moins être l’une des comédies romantico-dramatiques les plus audacieuses et borderlines de ces dernières années.

Victoria : Bande-annonce

Victoria : Fiche Technique

Réalisation : Justine Triet
Scénario : Justine Triet
Interprétation : Virginie Efira (Victoria), Vincent Lacoste (Sam), Melvil Poupaud (Vincent), Laurent Poitrenaux (David),  Laure Calamy (Christelle)
Photographie : Simon Beaufils
Costume : Charlotte Vaysse
Décors : Olivier Meidinger
Montage : Laurent Sénéchal
Musique : Thibault Deboaisne
Producteurs : Emmanuel Chaumet
Sociétés de Production : Ecce Films
Distributeur : Le Pacte
Festival et Récompenses : Sélection La Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes 2016
Genre : Comédie dramatique
Durée : 96 minutes
Sortie en salles : 14 septembre 2016

France – 2016

Camping 4 – Info ou intox ? : Franck Dubosc et Fabien Onteniente penseraient déjà à une nouvelle suite

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Camping 4 : Le troisième âge de retour aux Flots Bleus

Freddy Krueger, Jason Voorhees et Michael Myers n’ont qu’à bien se tenir avec leurs innombrables suites de films. La comédie Camping, qui a popularisée les Flots Bleus, est en passe de devenir une saga tout aussi prolifique.

C’est officiel ! La comédie Camping pourrait bien connaître un quatrième film. Le comédien Franck Dubosc et le réalisateur Fabien Onteniente tentent de capitaliser sur le succès en salles de Camping 2 et 3. Ils ont l’intention de créer un ultime opus pour cette comédie familiale. Malgré de nombreuses critiques négatives d’épisodes en épisodes, le filon sera donc exploité une nouvelle fois à l’écran.

La saga Camping a connu un véritable succès populaire et un plébiscite auprès du public français dans les salles obscures : Camping 1 (5 491 412 tickets vendus), Camping 2 (3 978 284 entrées) et Camping 3 (3 176 299 spectateurs).

Fabien Onteniente reviendra également sur sa passion pour le football, après Trois zéros, avec un nouveau film intitulé Mozart. Matt Pokora tiendra le rôle principal d’un jeune prodige du football dont la carrière a été brisée suite à un accident de voiture.

Vous reprendrez bien un peu de Benco ?

Selon la radio Europe 1, l’acteur Franck Dubosc, qui a popularisé le port du micro-slip de bain et distillé de nombreuses répliques cultes avec son rôle emblématique de Patrick Chirac, et le cinéaste Fabien Onteniente (Turf, Disco, 3 Zéros) se sont retrouvés début Septembre pour des sessions de travail et d’écriture pour le nouveau scénario de Camping 4.

La société Pathé produira ce nouveau long-métrage. La temporalité de la saga Camping subirait une évolution importante pour cette suite avec un bond dans le temps impressionnant entre Camping 3 et 4. Franck Dubosc – Patrick Chirac serait même devenu grand-père ! Bon nombre de campeurs risquent en effet d’avoir pris un sacré coup de vieux et de revenir en vacances avec quelques kilos en trop avec le poids des années ! Le casting et les dates éventuelles de tournage n’ont pas encore été dévoilés.

Espérons que ce nouvel opus soit plus percutant, mieux écrit et plus audacieux que les deux derniers films et qu’il ne connaisse pas le même sort que le dernier film de la saga Les Visiteurs, un véritable accident industriel. Cette grosse production avec Christian Clavier et Jean Reno avait été étrillé par les critiques, les projections de presse retardées pour éviter des papiers négatifs pouvant décourager les spectateurs, sans oublier les polémiques sur l’absence du nom du comédien Pascal N’Zonzi sur l’affiche.  Le carton au box-office ne fut pas aussi impressionnant que lors des premiers films : Les Visteurs 3 : la révolution (2 188 217 entrées), Les Visiteurs (13 782 991 spectateurs), Les Visiteurs 2 : Les couloirs du temps (8 043 129 curieux). Le seul mérite des Visiteurs 3 fut de battre le nombre d’entrées du remake tourné aux USA, Les Visiteurs en Amérique (1 217 623).

Reste donc à espérer pour les cinéphiles  hostiles à la saga Camping, qui en ont ras la casquette des aventures de Patrick Chirac et qui ne peuvent plus voir une paire de tongs en peinture, qu’ils soient en congés à l’étranger au moment de la sortie de Camping 4 et que ce nouveau blockbuster comique français ne viennent pas gâcher leurs vacances.

Une mauvaise blague ?

Mais malheureusement pour les fans de la saga, Franck Dubosc vient de révéler Jeudi sur Twitter que ce projet et ces informations sur un éventuel Camping 4 étaient en réalité le fruit d’un emballement médiatique. Le film pourrait ne pas voir le jour tout de suite. Les deux hommes, occupés sur d’autres projets, n’ont effectué que quelques sessions de travail et d’écriture. Le projet est dans les cartons mais n’est pas du tout encore signé.

 « Je lis partout que l’on prépare Camping 4, c’est une fausse info ! Après son succès, Patrick se repose et laisse Franck à d’autres gros projets. »

Un cas similaire et récent d’annonce d’une mise en chantier d’un long-métrage avant un rétropédalage pour cause d’emballement médiatique concernait les frères Dardenne pour leur film avec une intrigue sur la montée du terrorisme en Europe mais qui n’est plus à l’ordre du jour selon leur société de production, les Films du Fleuve.

Affaire à suivre donc pour le tournage de Camping 4, une fois que Franck Dubosc et Fabien Onteniente seront totalement dégagés de leurs obligations professionnelles qui les attendent dans les mois à venir !

Death House : la bande-annonce est enfin disponible !

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Death House : verdict pour les amateurs d’horreur avec le trailer enfin dévoilé !

Après un teaser trailer mis en ligne cet été, le réalisateur Harrison Smith vient de dévoiler la bande-annonce de Death House, un film d’horreur indépendant et ambitieux à l’occasion de sa participation à la convention Days of the Dead à Louisville dans le Kentucky, le 03 Septembre dernier.

Harrison Smith était accompagné lors du panel à ce festival des acteurs Cody Longo, Felissa Rose, Sid Haig et Bill Moseley. Le producteur Rick Finkelstein était également présent. Cette conférence exceptionnelle était diffusée en direct sur Facebook live sur la page officielle du film. La bande-annonce a été publiée en ligne quelques heures plus tard sur les sites de partages de vidéos.

Ce trailer permet de découvrir la prison fédérale qui est au coeur de l’intrigue et avec les méthodes peu orthodoxes qui y règnent pour tenter de calmer les prisonniers les plus dangereux (injections de puissants médicaments ou bien encore l’utilisation de casques de réalité virtuelle). Les deux agents fédéraux venus pour une visite d’inspection de routine vont être confrontés à une panne géante et devoir affronter les pires individus, libérés de leurs cellules. Les enquêteurs vont découvrir que la prison abrite une porte vers l’Enfer !

Cette bande-annonce n’est pourtant pas très rassurante avec les fonds verts et les effets pour simuler la réalité virtuelle dans laquelle sont plongés les prisonniers, la sensation d’être devant un énième film de prison, le jeu d’acteur ne semble pas être totalement irréprochable et l’absence des monstres légendaires (Jason Voorhees, CandyMan, Freddy Krueger) mis à part Leathface font craindre le pire.

Death House peut donc être apparenté à une version horrifique et gore de la série Prison Break. Le film a été présenté dans les médias comme le Expendables de l’horreur suite aux révélations sur le casting impressionnant qui regroupe un nombre colossal d’acteurs et de légendes du cinéma de genre des années 1980 et 1990 : Kane Hodder, Tony Todd, Dee Wallace, Barbara Crampton, Debbie Rochon, Adrienne Barbeau, Bill Moseley, Michael Berryman, Lloyd Kaufman ou bien encore Sid Haig.

Harrison Smith a tenu à clarifier la situation sur ces nombreuses anciennes gloires du cinéma d’horreur qui sont toutes réunies dans Death House. Le projet n’était pas de leur faire tourner des caméos et de les faire passer quelques secondes à peine. Ce dispositif plutôt courant à Hollywood pour effectuer le fan service discrètement a pu être observé dans le récent remake 100 % féminin de S.O.S Fantômes (Ghostbusters). Les fans ont pu verser une petite larme en revoyant Bill Murray, Dan Aykroyd, Sigourney Weaver, Annie Potts et Ernie Hudson l’espace d’un court instant dans ce nouveau film.

Harrison Smith a d’ailleurs indiqué que le rôle tenu par Lloyd Kaufman était plus important qu’une simple apparition de quelques minutes. Le réalisateur de Death House a tenu à saluer à cette occasion, le courage et la carrière de Lloyd Kaufman pour sa créativité et son studio indépendant  Troma, à qui l’on doit des perles bis comme The Toxic Avenger ou qui a permis de révéler de jeunes réalisateurs talentueux comme Trey Parker avec Cannibal The Musical chez Troma, créateur de South Park quelques années plus tard, ou bien encore James Gunn, qui a écrit le scénario de Tromeo and Juliet et qui a récemment adapté le comics Les Gardiens de la Galaxie.

Harrison Smith a précisé lors de son intervention, samedi dernier à Louisville, que le surnom (le Expendables de l’horreur) ne convenait pas vraiment à son film. Il considère son projet plutôt comme le Jurassic World de l’horreur, sans les dinosaures, remplacés par de dangereux prisonniers psychopathes et des forces démoniaques.

Le réalisateur a souhaité mener ce projet jusqu’au bout par respect pour le genre et par respect pour les fans. C’est ce que Gunnar Hansen aurait souhaité, avant sa disparition tragique fin 2015, lui qui incarnait Leatherface dans Massacre à la Tronçonneuse de Tobe Hooper et qui était très impliqué dans l’écriture de Death House.

Les ambitions du cinéaste Harrison Smith et de ses équipes sont importantes : Death House serait le premier volet d’une nouvelle franchise horrifique qui s’étalerait sur six films. Le long-métrage est annoncé par ses créateurs comme redéfinissant le genre ! Les fans d’horreur espèrent donc que ce film soit une véritable claque horrifique avec toutes ces légendes du cinéma d’horreur, enfin réunies dans un même film.

Death House est actuellement en post-production. L’équipe du film souhaite pouvoir sortir  ce film en salles. La classification du film risque d’être celle d’un authentique film d’horreur (Rated-R, interdiction aux moins de 16 ans) et non celle des dernières tendances des productions horrifiques à Hollywood (PG-13, interdiction aux moins de 12 ans pour des films avec très peu de sang et aucune nudité, mais qui permet une rentabilité plus importante grâce à un public potentiel plus large).

Harrison Smith a confirmé, lors de son intervention au festival Days of the Dead, qu’il y  aurait très peu d’effets spéciaux numériques, en CGI. La plupart des trucages seront réalisés avec des méthodes ancestrales. Le réalisateur a même confié, lors de sa prise de parole, que près de 75 litres de faux sang auraient été utilisés sur le tournage de Death House pour de nombreuses scènes gore. Il a également révélé que l’un des spécialistes des effets spéciaux impliqué sur le tournage pour ce faux sang avait travaillé sur la confection de la bave des spectres sur le tout premier opus  de S.O.S Fantômes.

L’équipe du film a indiqué lors du panel que de nombreuses surprises attendaient les spectateurs et que des clins d’œil à d’autres long-métrages étaient présents dans Death House.

La date de sortie n’a pas encore été dévoilée mais l’équipe du film et la société de production Entertainment Factory mettent tout en œuvre pour une sortie à la fin de l’année 2016, malheureusement sans doute après Halloween, à moins d’un miracle en post-production et pour la signature des droits d’exploitation dans les salles obscures américaines.

Plus que quelques mois d’attente donc pour frissonner d’angoisse et de terreur en pleine séance de Death House !  Seul Blair Witch pourrait faire de l’ombre au film d’Harrison Smith, en cette fin d’année 2016.

 Death House – Bande-Annonce (VO – Âmes sensibles s’abstenir) :