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Séries Mania 2017 : Nos séries préférées, coups de cœur et curiosités

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Après dix jours de visionnage intensif, voici un choix de séries à découvrir, parmi la foisonnante sélection proposée par la huitième saison du festival parisien Séries Mania, « Clique », « American Gods », « I love Dick »…

Présidé par Damon Lindelof (The Leftovers, Lost), le festival Séries Mania, s’est clôturé le 23 avril 2017 avec la remise des prix. Un festival dense avec 22 pays présentés, des tables rondes, des avant-premières mondiales, et pour la première fois en compétition des webséries. Plus de cinquante séries de tous genres, du drame, des comédies drôles, ou émouvantes, du polar Belge à la Seven, de nouvelles séries nordiques Monster, Bellow the Surface, un conte avec la mini-série Française Aurore réalisée par Laetitia Masson avec Élodie Bouchez, Lolita Chammah et un western contemporain avec Fatale-Station – tous deux diffusés sur Arte cet automne – de la science fiction avec Missions, un thriller judiciaire Apple Tree Yard adapté du roman de Louise Doughty avec Emily Watson et Ben Chaplin, de l’anticipation avec Better Than Us d’Alexander Kessel, un récit dystopique russe dans la lignée des séries comme Westworld ou encore Real Humans Dans un festival embrassant une grande variété d’œuvre de tous horizons, notre sélection non exhaustive s’est portée sur les douze premières saisons des séries qui nous ont marquées ou intriguées et les premiers épisodes des deux séries immanquables Sense8 et The Leftovers.

Nos Coups de cœur

American Gods

« La nouvelle série signée Bryan Fuller, avec Michael Green ici, est un nouveau voyage dans les ténèbres de notre monde, et de notre humanité. Chair, sang, dieux assoiffés de pouvoir et humour noir sont au rendez-vous dans un formidable show maîtrisé et mystérieux. » – Benjamin

Sur Amazon Prime France le 1er mai.

Big Little Lies

« Après les jeunes femmes de la classe moyenne new-yorkaise dans Girls, ce sont les nouvelles riches de Monterey dans Big Little Lies qui démontent l’image de la femme parfaite. La série dépeint des portraits de femmes, faillibles et complexes, qui se libèrent de cette écrasante pression sociale dont elles sont victimes depuis toujours. Accompagnée d’un casting quatre étoiles, David E. Kelley signe une série jouissive et libératrice. » – Perrine

La minisérie d’HBO est diffusée depuis le lundi 20 février sur OCS.

4 Blocks

« Entre Pusher (Refn) et The Sopranos, 4 Blocks, avec sa mise en scène dynamique et nerveuse, nous plonge dans le côté sombre et brutal de Berlin. Un thriller réaliste et sous tension, porté par un casting impeccable. »  – Perrine

4 Blocks sera diffusée en mai en Allemagne.

I Love Dick

« Dear Dick… C’est ainsi que démarre la nouvelle série signée Jill Holoway. Une pépite qui nous fait suivre une jeune quarantenaire paumée nommée Chris, alors passionnée par un certain artiste nommé Dick, pourtant loin d’être un prince charmant. La créatrice de Transparent livre un portrait hilarant et émouvant, à la forme rafraichissante et audacieuse. Porté par un casting formidable – de Kathryn Hahn à Kevin Bacon -, I Love Dick est un show qui va marquer les esprits, et peut-être l’univers des séries. » – Benjamin

https://www.youtube.com/watch?v=N7m8Xu2iwOk

Sur Amazon, à partir du 12 mai.

Fleabag

« Le Journal de Bridget Jones sans pommade romantique, et endeuillé. Qu’est-ce que cela donne ? Fleabag bien sûr, chronique hilarante d’une jeune londonienne instable émotionnellement et professionnellement, mais sexuellement très active. Attention, cette série fait mal aux machos. Un show à ne surtout pas rater. » – Benjamin

Fleabag, saison 1, sur Amazon Prime.

Atlanta

« Atlanta est un portrait honnête et sans filtre de l’Amérique urbaine contemporaine. La série dépeint avec humour et cynisme la communauté afro-américaine dans un pays où le racisme et la violence sont encore bien trop présents. Donald Glover, le créateur de la série, jongle avec brio entre rire et malaise, nous inventant à réfléchir sur les absurdités qu’on observe au quotidien. » – Perrine

https://youtu.be/MpEdJ-mmTlY

La série sera diffusée à partir du 5 mai en France sur le bouquet OCS. 

When We Rise

« When We Rise suit la grande et belle quête de libertés et de reconnaissances de la communauté LGBT aux États-Unis. Des années 70 à aujourd’hui, la série vous fait suivre plusieurs parcours d’hommes, de femmes, de transgenres, luttant pour leurs droits. Une fresque humaniste, qui met en scène leur combat et présente, dans sa grandeur, leurs joies et souffrances ; mais parfois de façon très maladroite : on pense à la musique co-composée par Danny Elfman rappelant certains sons de Cinquante nuances de Gray par exemple. Une belle surprise. » – Benjamin

La mini série ABC en sept épisodes sur l’histoire de la lutte pour la reconnaissance des droits LGBT sera retransmise en France du 1er au 4 mars à 22h15 sur Canal + Séries.

Clique 

« Avec son ambiance électrisante façon Neon Demon, la série nous fait entrer dans la clique de filles cool et mystérieuses que toutes les jeunes femmes rêvent d’intégrer. Entre drame et teenage série, Clique parvient à nous captiver en réussissant à capter la complexité de l’amitié féminine. » – Perrine

https://www.youtube.com/watch?v=Yd2fyrPc6gE

Sur BBC Three, pour l’instant inédite en France.

Suite de l’article avec les séries qui nous ont titillées, intriguées et les immanquables …

Sortie DVD & BLU-RAY de Beauté Cachée : une ode à la vie

Ce mercredi 26  avril est sortie en DVD et BLU-RAY Beauté Cachée, le nouveau drame poignant signé David Frankel. Ce film choral met à l’honneur un Will Smith accablé suite à un événement tragique. Une œuvre qui explore avec émotions, la sombre thématique du deuil.

Synopsis : Alors qu’Howard Inlet (Will Smith), un publicitaire new-yorkais à la réussite exemplaire, peine à faire face à la mort de sa fille et sombre dans une profonde dépression, ses amis imaginent un stratagème de grande ampleur pour lui redonner goût à la vie avant qu’il ne soit trop tard. Ce drame inspirant explore comment même les pertes les plus tragiques peuvent révéler des instants de beauté cachée, et comment l’amour, le temps et la mort s’imbriquent au cours d’une vie pleinement vécue.

De la Mort à la Vie

Il y a de la beauté dans toute chose, même la plus horrible.

beaute-cachee-david-frankel-will-smithÀ la Recherche du Bonheur, Sept Vies ou encore Seul Contre Tous, ces films ont un point en commun : l’incroyable performance d’un acteur, désormais maître de la comédie dramatique. Beauté Cachée, le dernier rôle de Will Smith, en fait désormais partie.

Comment se reconstruire lorsque nous avons tout perdu ? Comment reprendre goût à la vie ? Comment pardonner ? Ces trois problématiques sont nées d’une seule et même thématique, celle du deuil. Détrompez-vous, Beauté Cachée n’est pas un drame larmoyant ressassant la souffrance sociale, au contraire, il est bien plus profond que cela. C’est un message plein d’espoir. En décidant de centrer son intrigue sur le désespoir d’un homme, le challenge de David Frankel semblait perdu d’avance : ce film allait sombrer dans le pathos. Et pourtant ! Dès les premières minutes, le scénario se dessine et promet 1h30 de beauté morale. Le générique, centré sur les dominos annonce de suite la couleur : Beauté Cachée est un drame emplie de métaphores. Cette thématique, bien que surprenante, a une double connotation. Loin du sens où nous l’entendons aujourd’hui, c’est une allusion métaphorique révélant que chaque personnage a une incidence sur les autres et leur histoire. Tout destin est, ainsi, lié.

Mais Beauté Cachée, c’est aussi l’émotion, à sa juste valeur.beaute-cachee-helen-mirren-keira-knightley-jacob-latimore C’est la preuve qu’avec de simples choses du quotidien, une vie peut retrouver son sens, sa voie. L’Amour, le Temps et la Mort sont les trois principales thématiques de ce drame. En se retrouvant personnifiées, elles révèlent une à une leurs failles, mais également leur force. Chaque personnification entretien un rôle strictement défini, et dans lequel le dialogue occupe une place centrale. Les mots ont, dans ce film, bien plus d’importance que les actes.

En centrant son discours autour de la mort, Beauté Cachée délivre un message subliminal : il révèle que, quelque soit la tournure que prend notre vie, elle finit par toujours avoir un sens.

Beauté Cachée : Bande Annonce

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DU DVD

Titre original: Collateral Beauty
Date de sortie: 26 avril 2017 (en DVD)
Durée : 1h36
Musique: Theodore Shapiro
Costumes: Leah Katznelson
Montage: Andrew Marcus
Décor : Kara Zeigon
Directeur de la photographie: Scott Dougan
Produit par: Anthony Bregman, Bard Dorros, Kevin Scott Frakes, Allan Loeb, Michael Sugar
Production: Warner Bros.
Sortie : 21 décembre 2016

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BONUS

  •  UNE FABLE MODERNE : Découvrir Beauté Cachée
  •  L’équipe du film révèle comment Beauté Cachée a changé leur vision de la vie.

Prix de vente conseillé en DVD : 14.99€

Prix de vente conseillé en coffret BLU-RAY : 19.99€

 

XX : L’horreur 100 % girl power !

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Les amateurs de films d’horreur à sketches risquent bien de se laisser séduire par XX. Ce long-métrage est le fruit du travail conjoint de cinq réalisatrices talentueuses à Hollywood.

Les Américains ont pu célébrer la semaine de la Saint-Valentin cette année avec une séance assez terrifiante ! XX a conquis le marché U.S. avec une sortie limitée en salles le 17 février dernier. Le long-métrage, découpé en quatre segments, était disponible le même jour à la demande sur les plateformes d’Amazon ou d’Apple. XX a également bénéficié d’une projection au Festival de Sundance. Les fans d’horreur, dépités par V/H/S ou The ABC’s of Death mais qui attendent avec impatience le grand retour des Contes de la crypte et qui ont été marqués par le cultissime Creepshow, pourraient donc bien patienter sagement et profiter avec bonheur de la sortie française de XX. Une commercialisation directement en vidéo risque d’être programmée dans le courant de l’année 2017 dans l’Hexagone.   

Ce film est composé de quatre histoires horrifiques, toutes réalisées par des femmes. Les réalisatrices ont bénéficié de beaucoup de liberté pour ce projet. Les quatre différents sketchs d’une vingtaine de minutes ont tous été écrits par des femmes, confiés à des réalisatrices et proposent un rôle principal féminin. Ce signal fort envoyé par l’équipe du film XX est à saluer. Après les polémiques sur le manque de diversité, la faible parité et le manque de reconnaissance envers les réalisatrices à Hollywood lors des récentes cérémonies des Oscars, ce film de genre pourrait donc s’avérer comme un projet féministe prometteur qui tente de saluer et de rendre hommage au talent des femmes dans l’industrie cinématographique. D’ailleurs, d’autres cinéastes comme Jennifer Lynch (Surveillance), Mary Harron (American Psycho), les sœurs Wachowski ou bien encore Antonia Bird (à qui le film est dédié suite à sa disparition en 2013) ont bien failli participer à ce projet d’après des sources proches de la production. La multiplication de projets de ce type pourrait peu à peu changer la donne et faire bouger les lignes à Hollywood. De plus en plus de vocations pourraient ainsi émerger grâce à des projets comme XX. Le faible taux de nominations de femmes pour l’Oscar du meilleur réalisateur et de la meilleure réalisatrice est vivement critiqué et dénoncé par de nombreuses actrices engagées.

Jovanka Vuckovic, productrice et réalisatrice sur XX, s’est récemment confiée à la rédaction de L’Ecran Fantastique sur les motivations de ce projet fascinant avec Todd Brown, producteur pour XYZ Films :

J’ai eu l’idée en même temps que Todd Brown d’essayer de parvenir à offrir la chance à des femmes de faire quelque chose de bien, plutôt que de me contenter de me lamenter face au fait qu’on ne propose pas de postes à des femmes. Nous en avons donc créé, et les avons offerts à des réalisatrices. Même au sein des divers sketches, nous avons incité les réalisatrices à s’entourer autant que possible de techniciennes. Et j’en suis fière. Les femmes n’ont pas les mêmes possibilités que les hommes dans le monde du cinéma… Tout est parti de ce constat.

Les cinéastes Roxanne Benjamin (Southbound), Annie Clark (la pop star surnommée St. Vincent), Karyn Kusama (Girlfight, The Invitation, Jennifer’s Body) et Jovanka Vuckovic (The Captured Bird) ont travaillé sur cette œuvre singulière. Les quatre histoires sont reliées par une séquence animée en stop motion confiée à la réalisatrice Sofia Carrillo. Ce film de genre, segmenté en quatre sketches horrifiques, va bénéficier d’une sortie en Blu-Ray sur le sol américain le 23 mai prochain selon des informations de Bloody Disgusting.

XX – bande-annonce et présentation du film par les réalisatrices :

One Kiss, un film d’Ivan Controneo : critique

Entre le bouleversant Le monde de Charlie et le poignant Elephant, One Kiss relate une histoire bien trop proche de la réalité pour n’être qu’une fiction. Et pourtant, ce film bénéficie d’une certaine fantaisie à tous les niveaux. Ivon Cotroneo ferait-il du néoréalisme « contemporain » avec son nouveau récit ?

Synopsis : Blu, Antonio, et Lorenzo sont trois adolescents doté d’une singularité qui les éloigne de la population générale de leur lycée. Libérés, renfermés, et extravertis, ces trois jeunes italiens vont s’unir autour d’une amitié peu commune pour affronter les moqueries et l’intolérance de leurs camarades et de certains professeurs. Jusqu’au jours où les sentiments et les envies personnels viennent tout compliquer…

Ivon Cotroneo n’en est pas a sa première tentative de réalisation mais pourtant, il serait plus juste de le considérer en tant qu’écrivain dans un premier lieu. Il a publié plus de 5 romans depuis 1999 notamment Un bacio, l’œuvre sur laquelle est basé One Kiss. Comme Stephen Chbosky, l’auteur et réalisateur de The Perks of Being a Wallflower (Le Monde de Charlie), Cotroneo porte son projet d’un art à un autre en faisant honneur à son propos et sa manière de raconter ses protagonistes.

Blu est vue comme une paria de la société car elle vit ouvertement sa sexualité et n’a pas peur de faire face à ses assaillants. Si elle se fait violemment lynchée en public, les autorités ne semblent pas très alertées, ni même les parents qui sont très absents de sa vie quotidienne. Antonio, jeune homme affligé d’un grand manque de confiance en lui, qui lutte par ses propres moyens pour pouvoir exister dans l’ombre de ses parents surprotecteurs, ne semble pas pouvoir affronter ses tourments de la même manière que la combative Blu.

Le lien qui vient unir ses deux âmes perdues n’est autre que Lorenzo, l’éternel optimiste qui refuse d’abdiquer face aux cruelles insultes de ses camarades de classe face à son homosexualité. Il tempère la volcanique Blu et éveille Antonio, et à trois ils représentent une jeunesse actuelle, trop expérimentée pour être enfantine mais pas assez mature pour tout comprendre toute seule.

Le réalisateur n’hésite pas à nous montrer l’entièreté des éléments sollicités pour raconter cette histoire réaliste. Sa réalisation reste assez claire et n’est pas engagée dans un parti pris quelconque. Si le thème est d’actualité et que la bande son et les fantaisies habitent le film, les paysages et les décors restent très organiques et froids. On est dans une ville ouvrière de l’Italie populaire et les habitants y apparaissent sans filtre ou effets de style incongrus. On y retrouve cette volonté du temps du néoréalisme des années 50 où il fallait montrer pour dénoncer et assumer pour convaincre.

Ce qui éloigne ce film de ce genre, respecté mais longtemps perdu, serait ces moments « clip vidéo » où Lorenzo s’invente une réalité pour mieux vivre la violence de son quotidien. Dans ses moments là, Cotroneo nous laisse apercevoir une autre facette de son récit où il nous convainc qu’il ne suffit que d’un simple geste fait différemment ou d’une écoute bien placée pour éviter un moment de souffrance inutile. Si cela s’approche plus d’un genre fantaisiste, il serait tout de même bon d’envisager une volonté du réalisateur de dépeindre un réalisme alternatif où il montre pour dénoncer et assume pour convaincre.

En conclusion, One Kiss n’est pas aussi onirique et lumineux que Le monde de Charlie et il n’est pas aussi pessimiste et symbolique qu’Elephant. Cependant One Kiss s’inspire de ses prédécesseurs pour se faire une place dans ce qui serait le top 10 des meilleurs « coming of age movies » internationaux ( films d’apprentissages ). Des œuvres importantes pour une génération qui grandit trop vite et avec un milieu très peu sécurisant.

One Kiss : bande annonce

One Kiss : Fiche technique

Réalisation : Ivan Controneo
Scénario : Ivan Controneo, Monica Rametta
Interprétation : Rimau Grillo, Ritzberger, Valentina Romani, Leonardo Pazzagli
Photographie : Luca Bigazzi
Montage : Ilaria Fraioli
Musique : Mika, Stag
Producteurs : Francesca Cima
Société de production : Indigo Film, Titanus, Lucky Red, Rai Cinema, Friuli Venezia Giulia Film Commission
Distribution : TLA Releasing ( France ), Lucky Red ( Italy )
Genre : comédie dramatique
Durée : 101 minutes
Date de sortie : 26 avril 2017

Italy – 2016

Auteur : Pascal J-H.C Topige

Django, un film d’Etienne Comar : Critique

Le titre laissait présager un biopic hagiographique de Django Reinhardt. Il n’en est rien. Le premier film d’Etienne Colmar nous raconte un épisode peu connu de la vie du célèbre guitariste tzigane en pleine seconde guerre mondiale.

Synopsis : Paris, 1943. Django Reinhardt est au sommet de sa gloire. Les occupants allemands lui proposent alors de faire un concert évènement à Berlin. Ne désirant pas s’acoquiner avec ceux qui massacrent son peuple, il demande à une de ses anciennes maitresses de le faire fuir en Suisse. Leur escapade s’arrête à la frontière où il n’a d’autre choix que de se cacher dans un camp tzigane dans la crainte d’être repéré par les nazis.

Une mélodie bien mal accordée

django-reda-kateb-a-la-guitareDjango commence comme il finit : par des prestations musicales d’une qualité irréprochable. Entre ces deux bornes, on retiendra tout particulièrement deux scènes de concert, deux passages obligés : la première servant à introduire le personnage principal, la seconde, près d’une heure et demi plus tard, en guise de climax. On est donc loin d’une comédie musicale qui donnerait envie de se lever pour danser dans la salle. L’ambiance est à l’inverse plutôt maussade puisqu’il apparait rapidement (dès la scène d’ouverture en fait) que le véritable sujet du film n’est pas le jazz manouche qui a rendu Django Reinhardt célèbre dans le monde entier, mais plutôt le génocide qu’a subi la communauté tzigane pendant l’Occupation. De quoi interroger sur le bien-fondé de consacrer un film à un musicien pour effectuer un tel devoir de mémoire.

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Bien qu’il s’agisse de sa première réalisation, Etienne Comar n’est pas un inconnu dans le milieu. Il a commencé sa carrière en tant que producteur au début des années 2000, avant de signer les scénarios de notamment, deux films qui connurent un certain succès : Des hommes et des dieux en 2010 et Mon Roi en 2015. A-t-il tenu à réaliser personnellement Django ou l’a-t-il fait par défaut ? La question reste en suspens, mais toujours est-il que le manque flagrant de fulgurance de sa mise en scène éloigne le résultat final de ce qu’aurait pu en faire des cinéaste de la trempe de, pour reprendre les exemples susnommés, Maïwenn ou Xavier Beauvois (par ailleurs présent dans le film, comme quoi le copinage a la dent dure). Son dispositif scénaristique est un avatar évident de Le Pianiste, consistant à voir les exactions nazies par les yeux d’un musicien qui n’est sauvé de l’Holocauste que par sa musique. Du coup, le fruit du manque de suspense qui émane de ce récit et de django-reda-kateb-dans-la-neigecette réalisation est que le seul et unique enjeu est la fuite en avant de Django Reinhardt. Or, puisque quiconque connait un minimum l’artiste sait qu’il a survécu à la guerre, le parti-pris de concentrer le scénario sur lui devient parfaitement futile.

Au-delà du jeu incarné de Reda Kateb, le premier film d’Etienne Comar n’a pas grand-chose à offrir. Il ne faut surtout pas compter sur lui pour rendre compte de ce que Django Reinhardt a su apporter à son art. A défaut d’un biopic musical, le résultat s’apparente davantage à une fresque historique convenue et inaboutie.

De ce parcours à la finalité connue d’avance et dont la réalisation plate peine à dégager la moindre émotion, on se plait toutefois à observer ce guitariste de légende. Cet intérêt on le doit évidemment à l’interprétation de Reda Kateb. Celui que l’on a découvert dans la peau de Jordi le Gitan dans Un Prophète, livre là une prestation remarquable, jouant au diapason sur les contradictions d’un homme lunatique et passionné. Et pourtant, ces tourments psychologiques, dont on ressent que l’acteur les a intégrés, seront constamment étouffés sous le poids d’une mise en scène désincarnée et démonstrative (quand il est triste, couleurs froides ; quand il est content, couleurs chaudes… c’est réglé !). Sa justesse de jeu ne se mesure finalement qu’à la sensibilité, par défaut très intériorisé, de la transformation qu’effectue son personnage au cours de cette année 1943, passant de l’état de star antisociale à celui de porte-étendard de son peuple. Une métamorphose que le scénario voudrait, encore une fois, mettre au profit d’un grand discours universaliste et larmoyant digne d’un film aussi putassier que La Rafle.

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django-cecile-de-franceA ces côtés, la belle Cécile de France est dans le registre qui est le sien, à savoir un mélange de charme solaire et de froideur altière. Le problème est, là encore, à reprocher à l’écriture : son personnage fictif est une pure facilité de scénario, utilisée dans un premier temps pour ouvrir les yeux à Django (et au public) que les tziganes souffrent, puis servant de deus ex machina chaque fois qu’il en a besoin. Cet artifice qui se voudrait romanesque empêche de plus à d’autres personnages d’exister. C’est notamment le cas des deux autres femmes de Django, à savoir sa femme et sa mère, dont le sort a si peu d’impact dramatique que cela en devient indécent. Etienne Comar semble n’avoir en tête que sa volonté de nous amener à cette scène de fin, certes musicalement brillante, mais qui n’est en fait qu’une odieuse prise d’otage émotionnelle. Il faut savoir que clore sur un hommage aux victimes inévitablement tire-larmes ne fait pas un bon film, c’est même plus souvent un constat d’échec.

Le génie musical du « king of swing », les tourments d’une communauté oppressée, la création artistique, la résistance… Django voudrait exploiter de nombreux sujets mais n’en traite finalement aucun. Son scénario et sa réalisation sont loin d’être aussi inspirés que les partitions de Django Reinhardt, et le film s’effondre littéralement sous sa propre ambition. On reste dans l’attente d’un film qui sache rendre un meilleur hommage à cette légende du jazz.

Django : Bande annonce

Django : Fiche technique

Réalisation : Etienne Comar
Scénario : Etienne Comar et Alexis Salatko d’après son roman « Folles de Django »
Interprétation : Reda Kateb (Django Reinhardt), Cécile de France (Louise de Klerk), Beata Palya (Naguine Reinhardt), Bimbam Merstein (Négros Reinhardt), Patrick Mille (Charles Delaunay)…
Image : Christophe Beaucarne
Montage : Monica Coleman
Décors : Olivier Radot
Costumes : Pascaline Chavanne
Productions : Olivier Delbosc, Marc Missonnier, Roamin Le Grand, Étienne Comar…
Sociétés de production : Arches Films, Curiosa Films, Moana Films, Pathé, France 2 Cinéma
Distribution : Pathé
Durée : 115 minutes
Genre : Biopic, drame historique
Date de sortie : 26 avril 2017
France – 2017

Jeff Goldblum rejoint le casting de Jurassic World 2

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Surprise : Jeff Goldblum rempile dans le rôle du séduisant Ian Malcolm dans Jurassic World 2, 20 ans après sa dernière apparition dans la peau du personnage.

« La vie trouve toujours un chemin » si cette réplique vous dit quelque chose, vous allez être ravis. Jeff Goldblum, icône de l’univers Jurassic Park, rejoint le casting de Jurassic World 2. Son personnage Ian Malcolm a fait sa première apparition dans Jurassic Park en 1993.  Il a tout de suite séduit les spectateurs à travers sa nonchalance et son humour impertinent. Goldblum avait réitéré l’expérience dans Le Monde perdu : Jurassic Park, où il était le protagoniste. Néanmoins le film reçoit à l’époque, en 1997, un accueil critique mitigé. Ainsi, l’acteur reprendra le rôle plus de 20 ans après. Il rejoindra B.D.Wong (Dr. Henry Wu) seul acteur de la trilogie originale à avoir repris son rôle, Sam Neil ayant refusé de remettre sa tenue d’archéologue. Jeff Goldblum rejoint le duo Chris Pratt (Les Gardiens de la Galaxie 2, Passengers…) et Bryce Dallas Howard (Peter et Elliott le dragon), déjà présent dans Jurassic World. Dans ce second opus, on retrouvera également Toby Jones (Captain America), Rafe Spall (Prometheus), James Cromwell (American Horror Story) et Ted Levine (Monk).

Si on ne connait pas encore l’importance du personnage de Ian Malcolm, on en sait déjà un peu sur l’intrigue du film. Réalisé par Juan Antonio Bayona, Jurassic World 2 devrait aborder la militarisation des dinosaures au sein du parc d’attraction. Ce concept est déjà introduit dans le premier volet. Deux noms de domaines ont été déposés allant dans ce sens : IslaNublarRescueMission.com et AllCreaturesHaveRights.com. De plus, Chris Pratt, interprète du dresseur de raptors Owen Gardy, a parlé d’une suite « plus sombre et plus effrayante » et qu’il « continuera à développer et à porter l’histoire d’une manière vraiment inattendue et que vous n’auriez pas imaginé ». Jurassic World 2 pourrait emmener la saga cinématographique de Spielberg dans une direction surprenante, inscrivant le film dans des enjeux contemporains. Avant même la sortie du premier Jurassic World, le réalisateur Colin Trevorrow annonçait le ton de cette nouvelle trilogie « Nous avons effectivement beaucoup discuté des épisodes ultérieurs. Nous voulions créer quelque chose qui serait un peu moins arbitraire et épisodique, un arc qui pourrait s’étendre sur plusieurs volets afin de former une histoire complète. »

Le long-métrage est prévu pour une sortie en juin 2018. Quant à Jeff Goldblum, on le retrouve dans la peau du Grand Maître dans Thor : Ragnarok en automne 2017.

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Les Gardiens de la Galaxie Vol.2, un film de James Gunn : Critique

Non content il y a 3 ans d’avoir fait de ses losers de l’espace la bouffée d’air du Marvel Cinematic Universe, James Gunn persiste et signe dans son délire avec Les Gardiens de la Galaxie Vol.2 ! Une suite redoutée qui à l’arrivée est (heureusement) bien plus que ça : plus profonde, plus déjantée & plus fun. Bref, la suite hollywoodienne dans ce qu’elle a de mieux et accessoirement l’un des meilleurs opus du M.C.U.

Autant dire une surprise qui n’a d’ailleurs d’égal que les deux scènes jalonnant l’ouverture du film. Si la première semble faire écho au professionnalisme de Gunn qui, en substance, dit avoir su garder les pieds sur terre malgré le succès du premier volet ; c’est bien la seconde qui a son importance. La faisant se nicher en plein milieu d’une baston entre nos misfits et un poulpe crachant des gerbes multicolores, Gunn fait le pari de se focaliser sur un élément n’ayant en soit aucun rapport avec la scène qui se déroule sous nos yeux. Ce qui ne manquera pas de nous faire rire, car là où certains pourraient y voir de la frustration que d’être écartés de la scène et nourris seulement de ces bribes, d’autres (dont nous) y voient de l’audace :  l’audace de réussir à coucher dans une scène, qu’on se le dise obligée dans le tout venant du blockbuster, la véritable note d’intention du projet…

Better, Faster, Deeper

Puisque en mettant l’accent sur ses personnages et ce au détriment de l’action, James Gunn ne feint même plus de cacher son jeu. Pas question pour lui de sombrer dans la suite clinquante qui appelle de tout son être le grand spectacle ou la surenchère (typique lorsqu’on parle de suite) ; ni d’incarner une énième œuvre intercalaire glissée entre deux briques (Marvel appelle ça film) du MCU. Non, son truc à lui, ce n’est pas l’action et le gigantisme ; c’est l’émotion et l’intime. En clair, toucher du doigt l’éternelle bête noire des films où Stan Lee touche son 13ème mois : la profondeur. Voilà, on l’a dit. On pourrait le répéter, encore qu’on serait à nouveau surpris de l’écrire tant la maison à Idées n’a jamais vraiment brillé dans ce domaine, et ce depuis ses débuts. Douce ironie quand on y pense puisque c’est finalement à son artificier le moins enclin à participer au gigantesque multiverse, que Marvel doit d’enfin pouvoir compter sur un film à la densité folle. Et si on insiste autant la-dessus, ce n’est pas parce qu’on aime Marvel ou les pitreries de Gunn. C’est surtout parce que rien ne le laissait présager ; la promotion ayant su maximiser ses effets et bombarder les mêmes 15 minutes à chaque bande-annonce. La surprise est donc d’autant plus grande en ce qu’elle substitue l’action qu’on attendait à un versant humain, amer limite mélancolique qui n’a jamais été la priorité de la bande à Kevin Feige. Une révolution qui entraine tout son lot de surprises sur un film, bien aidé par un script, qui s’il perd beaucoup dans son intrigue, n’en demeure pas moins mieux loti dès lors qu’on parle sincérité, justesse & âme.

Freud, LSD et David Hasselhoff

Mais la surprise n’est pas qu’à créditer à cette veine très portée sur le spleen et la mélancolie. Non, les gardiens de la galaxie, avant le plaisir jubilatoire qu’ils sèment dans leur sillage, c’est une recette. Une formule. Prenez des gentils crétins au sourire Colgate, une palette de couleurs infusées au LSD, de l’humour & une playlist de musiques censée taper au cœur du chaland. Parlons en de la playlist d’ailleurs. On se gardera d’en révéler les titres mais là ou Gunn fait fort, c’est de toujours les inscrire dans une finalité logique. Fini en effet de balancer du David Bowie par pur effet de manche ou volonté de se faire remarquer. Ici, les musiques ont un but : amener l’émotion, distiller l’esprit d’équipe, le spleen (encore lui) ou même faire couler les larmes. Car oui, on s’en doutait un peu mais le dernier acte le confirme : le deuxième opus des Gardiens n’a plus rien à voir avec Marvel. Plus du tout. Même l’humour, pourtant caution historique de la firme, est ici dosé à merveille. Entre la condition humaine d’Ego (Kurt Russell) à l’aune de plusieurs blagues où les capacités de Mantis (Pom Klementieff) qui la font s’ouvrir au monde, le rire est partout et paradoxalement nulle part, constamment buté en touche par la gravité et le drame. Une ambivalence qui s’en ressent surtout à l’approche du grand bouquet final. Montant crescendo, le film se paie en effet le luxe de s’offrir une fin faisant cohabiter dans un joyeux bordel psychédélique, les affres et les questionnements inhérents à ce que représente la famille, les difficultés à la maintenir, Freud, Pac-Man, du fun et de la folie. Tout ça pour qu’au final, Gunn propose un plan final dont l’émotion n’a d’égal que sa pureté : celle d’une famille, un peu comme celle de Fast and Furious, qui nous a touché en plein cœur et dont le capital sympathie est désormais gravé dans le marbre du MCU.

Jouissif, fun et étonnamment sombre, Les Gardiens de la Galaxie Vol.2 est bien la suite tant espérée aux aventures de Star-Lord, Gamora et consorts. Mieux encore, elle sait faire fi de son statut de suite et prendre le temps de s’intéresser à ses personnages, ce qui dans le tout venant marvelien suffit pour l’imposer comme l’œuvre la plus ambitieuse et fatalement sincère de Marvel.

Les Gardiens de la Galaxie Vol.2 : Bande-Annonce

Synopsis : Musicalement accompagné de la « Awesome Mixtape n°2 » (la musique qu’écoute Star-Lord dans le film), Les Gardiens de la galaxie 2 poursuit les aventures de l’équipe alors qu’elle traverse les confins du cosmos. Les gardiens doivent combattre pour rester unis alors qu’ils découvrent les mystères de la filiation de Peter Quill. Les vieux ennemis vont devenir de nouveaux alliés et des personnages bien connus des fans de comics vont venir aider nos héros et continuer à étendre l’univers Marvel.

Les Gardiens de la Galaxie Vol.2 : Fiche Technique

Titre original : Guardians of the Galaxy Vol. 21
Titre français : Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2
Réalisation : James Gunn
Scénario : James Gunn, d’après la série de comics Gardiens de la Galaxie
Interprétation : Chris Pratt  (Peter Jason Quill / Star-Lord) ; Zoe Saldana (Gamora) ; David Bautista  (Drax le Destructeur) ; Vin Diesel (Groot) ; Bradley Cooper (Rocket) ; Sean Gunn (Kraglin Obfonteri) ; Michael Rooker (Yondu Udonta) ; Karen Gillan (Nébula) ; Pom Klementieff (Mantis) ; Elizabeth Debicki (Ayesha) ; Kurt Russell (Ego) ; Nathan Fillion (Simon Williams) ; Sylvester Stallone (Stakar Vaughn / Starhawk)
Musique : Tyler Bates
Société de production : Marvel Studios
Société de distribution : The Walt Disney Company France
Genre : super-héros, action, science-fiction, space opera
Dates de sortie : 26 avril 2017

États-Unis – 2017

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Bates Motel, une série de Anthony Cipriano : critique

La série Bates Motel vient de s’achever lundi aux États-Unis après cinq saisons riches en rebondissements et meurtres divers. Que vaut-elle en comparaison de l’illustre Psychose d’Hitchcock lui ayant servi de modèle ?

Synopsis : Après la mort de son mari (qui n’a de mystère que pour le téléspectateur), Norma Bates décide de refaire sa vie loin de l’Arizona, dans la petite ville de White Pine Bay dans l’Oregon. Elle emmène avec elle son fils Norman, âgé de 17 ans, avec qui elle partage une relation fusionnelle compliquée, presque incestueuse.

En 1960, la sortie de Psychose, si elle essuie quelques critiques lui reprochant sa violence et sa noirceur, est un réel succès public. Comme toujours, succès rimant avec suites, l’original de Sir Alfred Hitchcock finira, plus de vingt ans après, par voir trois suites sortir (en 1983, 1986 et 1990) avec le toujours excellent Anthony Perkins dans le rôle de Norman Bates. Un remake plan pour plan de Gus Van Sant, où Vince Vaughn reprend le rôle du célèbre tueur, voit le jour en 1998. Le succès n’étant pas au rendez-vous, c’est à la télévision que reviendra Norman dans la série Bates Motel de 2012 à 2017. La série choisit non pas d’étendre l’histoire vue dans les films, mais de développer les relations d’un Norman Bates jeune et de sa mère. Si cette tentative de décrire la naissance d’un monstre populaire est louable, qu’en est-il réellement après cinq ans ?

La première saison pose l’essentiel : l’historique des Bates mère et fils et leurs relations fusionnelles mais houleuses. L’interprétation de Vera Farmiga, en mère au lourd passé et au tempérament de feu, est parfaitement contrebalancée par celle de Freddie Highmore dans la défroque de Norman. Malgré cela, il faudra attendre la deuxième saison pour voir le récit décoller réellement et se laisser prendre au jeu. Car autour de ces deux acteurs gravitent une pléiade de personnages plus ou moins bien croqués. Si le personnage du frère de Norman est plutôt bon, difficile d’accrocher, en revanche, au côté gravure de mode teen du reste du casting. C’est en cela que Bates Motel pêche un peu. Les rôles secondaires ne sont pas tous excellents, la pauvre Emma qui éprouve des sentiments forts pour Norman pour céder ensuite à son bellâtre de frère ne sert clairement à rien si ce n’est à ajouter une couche de pathos plus que dispensable. La pauvre se trimbale quand même, trois saisons durant une bonbonne d’air et un masque à oxygène dus à sa maladie, un look ringard et une mère alcoolique l’ayant abandonnée à un père strict. Tout ça pour au final ne voir que la pauvre mère apparaître furtivement lors d’un épisode de la saison quatre pour être liquidée par notre Norma/Norman préféré.

Tout au long de ces cinq saisons se greffent donc des axes narratifs, ni très intéressants, ni très utiles qui, sans nuire totalement à l’ensemble, l’allongent de façon artificielle. Heureusement malgré ces scories, la plongée dans la folie de Norman est, elle, lentement et intelligemment amenée. Grâce à la description minutieuse de l’étouffement de sa mère, le duel qui se joue à l’écran est souvent intense. Cette mère possessive, capable de passer d’une douceur angélique à une froideur ou une violence glaçante, va pousser petit à petit, saisons après saisons, le jeune Norman à la folie la plus totale. Les scènes de meurtres basées sur la possession du corps de Norman par sa mère, qui devient une des deux personnalités de notre jeune assassin, sont brèves, mais renforcent l’ensemble sans verser dans la violence gratuite. Aucun rapprochement avec une autre femme ne sera dès lors possible pour Bates sans voir Norma prendre le dessus et laisser, après chaque crime, un trou noir dans sa tête. En cela la série réussit à expliquer la perte d’identité (accentuée par la performance impeccable de Highmore dans un rôle difficile surtout après l’immense Perkins dans le rôle) de Bates.

Après quatre premières saisons culminant par le meurtre de Norma par son fils, le film rejoint la série dans cette cinquième et ultime saison via quelques clins d’œil habilement détournés. La fameuse scène de douche, si elle n’atteint pas le génie de celle d’Hitchcock en termes de mise en scène, permet toutefois un changement majeur, Bates étant, pour cette seule et unique fois, en pleine possession de ses moyens au moment du meurtre et non guidé par son autre personnalité. C’est d’ailleurs ce nouveau trauma qui va le faire dérailler, non plus vers la psychose, mais dans la folie totale.

La censure et les mœurs de l’époque ayant changé, la tendance étant à une ambiance sombre, le final de Bates Motel s’éloigne de ceux du film et du livre sur lesquels la série est basée.

Si le génie de l’œuvre d’Hitchcock reste indemne, saluons tout de même une série qui aura su atteindre son objectif, à savoir dépeindre la naissance d’un psychopathe, pour, au final, nous laisser avec un spectacle télévisuel de bonne facture à défaut d’égaler son chef d’œuvre de modèle.

Bates Motel : Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=bMWyYtz0AaA

Bates Motel : Fiche Technique

Créée par Anthony Cipriano (2013)
Casting : Vera Farmiga, Freddie Highmore, Max Thieriot, Olivia Cooke, Kenny Johnson, Brooke Smith…
Genre : Drame, Policier, Thriller
Format  : 42 minutes
Premier épisode : 18 mars 2013
Épisode final : 24 avril 2017
Chaîne d’origine : A&E
Nb. de saisons : 5
Nb. d’épisodes : 50
Nationalité : Américaine

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Portrait : Kim Jee-Woon, le coréen fou et violent

Kim Jee-Woon : portrait d’un des plus grands auteurs de la nouvelle vague coréenne sans concession qui brasse les genres avec maestria et ambition depuis près de vingt ans.

A l’heure où les États-Unis nous servent la même formule à tour de bras et où notre vieille France ne voit que peu de films ambitieux sortir, la Corée du Sud est en plein essor. Parmi les très nombreux cinéastes intéressants à être arrivé ces dernières années, deux tiennent particulièrement le haut du podium : d’un côté Park Chan-Wook, dont la réputation depuis son Old Boy n’est plus à faire, renforcé l’année dernière par son magnifique Mademoiselle, et de l’autre, un électron libre passant avec aisance d’un genre à l’autre, mais marquant de son style chacune de ses claques filmiques, j’ai nommé, le bon, le brutal et cinglé Kim Jee-Woon.

A Quiet Family

Kim Jee-Woon débute sa carrière en 1998  avec la comédie déjantée The Quiet Family. Il enchaîne en variant les genres et en jouant de ses influences dans le drôle et touchant The Foul King racontant l’itinéraire d’un employé de banque malmené par son directeur désirant devenir catcheur. Changeant ensuite pour le film d’épouvante avec Deux sœurs, ce n’est vraiment que pour A bittersweet life en 2005 que notre ami KJW prend vraiment son envol.

« J’ai toujours aimé voir des films. J’ai commencé à en réaliser après avoir rompu avec ma copine. J’ai causé un accident de voiture, j’avais besoin d’argent. J’ai alors écrit un scénario. On l’a jugé tellement bizarre qu’on m’a proposé ensuite de le filmer moi-même. Aujourd’hui, le cinéma est aussi important pour moi que l’air que je respire. C’est comme un bouclier contre mon envie de me suicider. »

Débutant comme un drame tout ce qu’il y a de plus classique, A bittersweet life bifurque en cours de route vers le thriller dopé aux amphétamines avec punch-lines et coups de lattes dans tous les coins de l’écran. Le coréen affine sa maîtrise visuelle en enchaînant les cadrages soignés dans un montage rapide et lisible n’ayant rien à envier aux meilleurs films de Scorsese et de De Palma dont KJW est clairement l’héritier. L’élève se montre à la hauteur de ses ambitions folles et de ses références n’ayant pas à rougir non plus devant l’habileté du nouveau venu british Matthew Vaughn jouant sur le même terrain.

« Pour moi, un bon réalisateur cherche toujours les problèmes. C’est une façon de stimuler la créativité. »

De là, KJW s’essaye au western spaghetti (Qui a dit western-nem ?) façon Leone dans Le bon la brute et le cinglé. Si le métrage n’est pas exempt de quelques lourdeurs ou maladresses, le spectacle, lui, est complet.

Brassant aventures, actions, humour et rebondissements à gogo, Kim en fait des tonnes dans un pop-corn trépidant et délirant. Ce n’est pourtant que dans son film suivant qu’il devient célèbre un peu partout. En montrant le jeu du chat et de la souris entre un tueur en série en tout point monstrueux et le mari d’une de ses victimes, KJW repousse les limites de la violence sur grand écran. Refusant de prendre parti pour l’un ou pour l’autre, il préfère montrer la descente aux enfers d’un jeune veuf rendu obsédé par la vengeance de celle qu’il a perdue. Duel au sommet entre Lee Byung-Hun (déjà présent dans les deux précédents films du cinéaste) et Choi Min-Sik (vu également dans A quiet Family) au meilleur de leur forme et hommage au personnage de forçat incarné par Robert De Niro dans Les nerfs à vifs via une chemise de bûcheron rouge à carreaux témoignant encore une fois, s’il en était, de l’amour du réalisateur pour le cinéma de Scorsese.

« J’ai rencontré le Diable existe en réaction aux films de vengeance qui, à mes yeux, ne vont pas jusqu’au bout de leur propos, freinés par la morale. Ici il n’y a aucun salut de l’âme, jusqu’à ce que le héros devienne lui-même un monstre. Sur J’ai rencontré le Diable, j’ai pensé aux propos de William Friedkin au sujet de L’Exorciste, sur sa volonté de faire un film où il serait impossible pour le spectateur de détourner les yeux de l’écran. »

Le film est un électrochoc et confirme KJW sur la scène mondiale. Repéré par l’ex-gouvernator Schwarzenegger himself, le coréen fou débarque aux States pour shooter le retour d’Arnold dans la peau d’un shérif vieillissant ayant à faire face à un taulard évadé devant passer la frontière mexicaine en traversant son bled paumé. Si le script de The Last Stand n’est pas des plus originaux, la mise en scène de Kim Jee-Woon fait une nouvelle fois fureur en enchaînant les plans séquences et les scènes d’action violentes et décomplexées. Pourtant public et critique boudent le film et KJW de repartir dans sa Corée natale.

Il faut attendre 2016 pour le voir revenir avec cette fois un film d’époque sur l’occupation japonaise face à la résistance coréenne dans The Age of Shadows. Kim Jee-Woon brouille encore les pistes avec ses personnages, multiplie les plans et montages rigoureux pour mieux nous perdre dans une toile fascinante. Le grand oublié de 2016, c’est bien lui, car entre le choc cannois mérité de Park Chan-Wook, les errements zombiesque rythmés, mais bien trop surestimés de Yeon Sang-ho (Dernier Train pour Busan) et l’ambitieux, beau, mais un peu brouillon The Strangers, le nouveau Kim Jee-Woon est passé presque inaperçu en  France squattant rapidement le Festival du Film Coréen à la fin octobre. Aux États-Unis, le film produit par la Warner Bros (premier film en coréen à être produit par la vieille enseigne) est nominé dans la catégorie du meilleur film étranger. Espérons que la sortie Blu-ray française ne se fera pas attendre comme les premiers films du réalisateur et prions que son prochain film ait enfin les honneurs d’une sortie en salles digne de ce nom.

« La Nouvelle Vague a débuté en 1998 et j’ai débuté au même moment. Je pense que ce qui se passe en ce moment dans le cinéma coréen est véritablement important pour le futur de cet art dans notre pays… Tout ceci n’est pas vraiment mon opinion personnelle, mais plutôt ce que je retrouve régulièrement dans la critique… C’est bien plus poli de le présenter comme ça que de dire que je suis effectivement l’un des réalisateurs les plus important de la nouvelles vague (rires). »

Filmographie Kim Jee-Woon

1998 : The Quiet Family (조용한 가족)
2000 : The Foul King (반칙왕)
2003 : Deux sœurs (장화, 홍련)
2005 : A Bittersweet Life (달콤한인생)
2008 : Le Bon, la Brute et le Cinglé (좋은 놈, 나쁜 놈, 이상한 놈)
2010 : J’ai rencontré le Diable (악마를 보았다)
2013 : Le Dernier Rempart (The Last Stand) (également directeur de la photographie)
2016 : The Age of Shadows (밀정)

La série Taboo est enfin diffusée en France sur Canal + Séries !

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La série événement Taboo, avec le comédien britannique Tom Hardy dans le rôle-titre, est diffusée chaque samedi depuis le 15 avril sur les antennes de Canal + Séries. Les huit épisodes de la série sont également accessibles à la demande et sans aucun frais supplémentaires sur la plateforme et l’application My Canal pour tous les abonnés.

L’une des séries les plus attendues de 2017 est enfin accessible en France grâce au groupe Canal + ! Taboo est une œuvre totalement hors norme. Le scénario est basé sur une idée originale de Steven Knight, du comédien Tom Hardy et de son père, le romancier Edward John « Chips » Hardy. Ce programme mêle habilement reconstitution historique et l’étrange. Les passionnés de la filmographie de Tom Hardy vont être aux anges avec cette série exigeante. Le pitch prometteur entraîne les téléspectateurs dans un voyage vers l’occulte et le mystère au cœur de la vie londonienne du début du XIXème siècle.

1814. L’aventurier James Keziah Delaney revient à Londres, diamants volés en poche, afin d’assister à l’enterrement de son père décédé de maladie mentale. Alors que tout le monde le croyait mort depuis plus de dix ans, James réapparaît, fidèle à sa légende sulfureuse d’homme violent que son exil africain a nourri de sorcellerie. Les intentions de cet aventurier énigmatique, violent et détenteur de pouvoirs occultes, restent obscures. Pourquoi est-il revenu ? Quelle est l’odeur de soufre qu’il traîne derrière lui ? Homme tourmenté et changé, il constate que son pays, l’Angleterre, est en guerre avec la France et les États-Unis. Le retour de James menace de perturber les aspirations de sa demi-sœur Zilpha et de son époux Throne, ainsi que les ambitions de la Compagnie des Indes orientales, présidée par Sir Stuart Strange. Suite au décès de son père, James hérite d’un lopin de terre stérile du nom de Nootka, situé entre les États-Unis et le Canada. James mettra sa vie en danger face aux plans de la Compagnie des Indes Orientales et de la Couronne d’Angleterre pour défendre cet héritage.

Taboo dispose d’une distribution des rôles exceptionnelle. Le casting regroupe notamment Tom Hardy, Jonathan Pryce, Marina Hands, Oona Chaplin, Jessie Buckley, David Hayman et Stephen Graham. Ce programme est coproduit par Ridley Scott. Les quatre premiers épisodes ont été réalisés par Kristoffer Nyholm. La seconde partie de la saison (les épisodes 5 à 8) ont été tournés par Anders Engström.

La série événement Taboo est diffusée en France chaque samedi, depuis le 15 avril dernier, en prime time sur les antennes de Canal + Séries. La chaîne cryptée diffuse deux épisodes à chaque fois. L’intégralité de la première saison de Taboo est accessible sans frais supplémentaires via l’interface et l’application My Canal et Canal + à la demande.

La noirceur de la série, la qualité de la bande-son, la performance de Tom Hardy, le soin apporté à la reconstitution historique et la richesse des images font partie des atouts indéniables du programme diffusé en exclusivité par le groupe Canal + en ce mois d’avril en France.

En mars dernier, la confirmation d’une saison 2 a été officialisée. Cette série phare de la BBC dispose de plans ambitieux comme le dévoilait la rédaction de Première il y a quelques mois déjà. Le showrunner Steven Knight (Les Promesses de l’ombre, Peaky Blinders) table sur une base solide de trois saisons pour Taboo.

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24 City, un film de Jia Zhang-ke : critique

Après Still Life et avant A Touch of Sin, 24 City démontre à la fois la maîtrise technique et l’inventivité d’un des grands cinéastes actuels, Jia Zhang-ke.

Synopsis : Dans la ville de Chengdu, l’usine d’armement 420 va fermer et son site sera employé pour construire un complexe de luxe. D’anciens ouvriers se souviennent et témoignent de leur vie à l’ombre de cette usine monumentale.

Après trois films qui, en Occident, n’ont connu que des sorties confidentielles, Jia Zhang-ke s’est fait connaître d’un public plus large avec The World, puis Still Life, qui obtiendra le Lion d’or à Venise en 2006. Le film imposait un « style Jia Zhang-ke », fait d’un équilibre entre ultra-réalisme documentaire et contemplation poétique.

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C’est après cette grande réussite que le cinéaste réalise 24 City, film dans lequel il pousse encore plus loin cet équilibre perturbant. En effet, là où Still Life restait une oeuvre de fiction inspirée de la réalité sociale, 24 City abolit complètement la frontière entre fiction et documentaire. L’usine 420 existe bel et bien et Jia filme son inexorable démantèlement. Et parmi les personnes qui sont interrogées, certaines sont vraiment d’anciens ouvriers qui racontent ce qu’ils ont vécu, et d’autres sont des acteurs qui jouent des rôles. Mais ces rôles sont eux-mêmes inspirés de faits réels.

24 City s’impose donc, d’abord, comme une œuvre hybride, qui cherche à transcender les genres classiques du cinéma. La réalité est sublimée par l’impressionnante maîtrise technique et les splendides plans contemplatifs qui émaillent le film et, d’un autre côté, l’art se met au service de la vie quotidienne la plus triviale. Jia Zhang-ke a une capacité unique à mêler les deux pour transformer la vie banale en une œuvre poétique intense.

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Le spectateur pourrait être en droit de se demander pourquoi le cinéaste choisit un tel procédé. Jia ne se contente pas d’en faire une coquille vide. Son but est double.

Il s’agit d’abord de faire la description de personnages attachants et de leur rapport à l’usine en particulier et au travail en général. L’immense manufacture ne se contentait pas de donner du travail à des milliers d’employés, elle assurait aussi une certaine protection sociale. Travailler là-bas, c’était bénéficier d’avantages sur de la nourriture, par exemple. Et l’usine assurait une vie confortable à des familles entières ; des ouvriers venant des campagnes pouvaient se permettre d’envoyer de l’argent à leurs proches.

En fait, lorsque l’on recoupe les différents témoignages, on se rend compte que l’usine recouvrait tous les aspects de la vie de ses employés : espaces culturels, terrains de sports, dortoirs, cantines, écoles… Les ouvriers pouvaient passer toute leur vie dans l’ombre bienveillante de la manufacture.

Il y a un autre aspect au projet de Jia Zhang-ke. Les premières scènes du film nous montrent une foule immense qui passe les porte de l’usine. Une chorale chante un hymne à la gloire de l’État chinois. Les ouvriers sont tous assis dans une immense salle alors que, sur la scène, se tient le comité directeur. Les images ne sont pas choisies au hasard : on se croirait en plein congrès du Parti Communiste Chinois. Et Jia va filer sa métaphore durant tout le film : l’usine 420 est à l’image de la Chine elle-même.

critique-film-24-city-jia-zhang-ke

Le réalisateur reprend alors le thème qui traverse toute son œuvre, de The World à A Touch of Sin : la description de la Chine contemporaine. Une Chine en pleine transformation, faisant table rase de son passé sans un regard en arrière et sans s’inquiéter un seul instant du sort de ceux qu’elle laisse sur le bord de la route. Le cadavre de l’usine en ruines offre une image saisissante du pays ; les bâtiments s’effondrent alors que résonne l’Internationale : le symbole est fort.

La stabilité sociale représentée par l’usine fait place à la précarité liée à l’ultra-libéralisme. Une nouvelle génération est au pouvoir, plus ambitieuse. La Chine est un immense chantier à ciel ouvert où, comme dans l’usine 420, on récupère tout ce que l’on peut recycler du passé avant de le raser. Et la fumée issue de l’effondrement des bâtiments se confond avec le nuage de pollution qui inonde la ville en permanence.

Jia Zhang-ke ne se contente pas de chercher vainement à transcender les genres, il emploie les moyens du cinéma, qu’il maîtrise à la perfection, au profit d’un portrait de la Chine contemporaine loin des images officielles données par les dirigeants. Ce mélange unique de documentaire nostalgique et émouvant et de cinéma poétique, servi par des images splendides, donne un résultat surprenant mais remarquable.

24 City : Bande annonce

24 City : fiche technique

Titre original : Er shi si cheng ji
Réalisateur : Jia Zhang-ke
Scénario : Jia Zhang-ke, Zhai Yongming
Interprètes : Joan Chen (Gu Minhua), Zhao Tao (Su Na), Liping Lu (Da-li).
Photographie : Yu Likwai, Wang Yu
Musique : Yoshihiro Hanno, Lim Giong
Montage : Lin Xudong, Kong Jinlei
Production : Jia Zhang-ke, Shozo Ichiyama, Wang Hong
Sociétés de production : bandai Visual Company, Bitters End, China Resources, Office Kitano, Shanghai Film Group, Xstream Pictures.
Sociétés de distribution : Ad Vitam Distribution, MK2 Diffusion.
Date de sortie en France : 17 mai 2008
Genre : documentaire, drame
Durée : 112 minutes

Chine-2008

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Aurore, un film de Blandine Lenoir : critique

Aurore est un film léger qui se veut cependant militant. Il représente une femme de 50 ans qui prouve à la société qu’elle est encore bien vivante. Porté par Agnès Jaoui, le film s’en sort grâce à son humour, malgré un côté très théorique sur le féminisme et ses combats d’aujourd’hui.

Invisible, mais pas résignée

Aurore, portrait réalisé par Blandine Lenoir (assistée par de nombreux co-scénaristes ou consultants dont Jean-Luc Caget qui formait autrefois un duo avec Solveig Anspach), est le récit d’émancipation d’une femme de 50 ans. L’objectif majeur du film est de la rendre visible et la plus proche possible des femmes de son âge, quitte à revenir un peu trop souvent sur cette question d’âge. Aurore va donc voir ses enfants quitter le nid, la ménopause pointer le bout de son nez (à grands coups de bouffées de chaleur) et la reconversion professionnelle lui retirer son statut de serveuse au profit de celui de femme de ménage. Le récit est très souvent militant, on peut ainsi croiser l’amie de la fondatrice d’une maison de retraite collaborative dans un rôle parfait pour elle ou encore le discours de Françoise Héritier. On y voit aussi des conseillères Pôle Emploi revendicatrices. Tous ces propos sont fort bienvenus sauf qu’ils donnent l’impression d’un discours un poil revanchard et pas toujours justifié ou du moins bien amené. La faute à un personnage certes impeccablement interprété par Agnès Jaoui, mais bien trop lisse. Blandine Lenoir s’amuse pourtant à la mettre dans des situations burlesques qui font comprendre qu’elle vit comme une seconde adolescence, voyant son corps changer et les portes ne plus s’ouvrir devant elle (image utilisée à plusieurs reprises) aussi métaphoriquement que réellement (les portes automatiques ne s’ouvrent pas quand elle les approche). Les acteurs qui entourent Jaoui sont eux aussi formidables, ils font partie de la « troupe » de Blandine Lenoir selon ses propres mots et les rôles ont été écrits sur-mesure pour eux, ça se sent, d’où les rires qui fusent dans la salle. Hommes ou femmes sont ici des êtres un peu gauches, qui refusent de subir, veulent agir ou en tout cas essayent de s’en sortir comme ils peuvent. Plusieurs femmes sont présentées, et à travers elles plusieurs générations qui font l’expérience de la vie et des choix qu’elles devront faire pour se sentir aussi libres qu’aimées, entourées.

Une question de représentation

Le ton volontairement léger ne cache qu’en surface la volonté militante du projet, très soulignée dans les discours des personnages, parfois très programmatiques. La revanche se distille et quand Aurore explique à une conseillère pôle emploi qu’elle a travaillé pour son mari pendant 15 ans, sans être véritablement déclarée, l’indignation reçue en retour tombe presque à l’eau tant cela ne semble pas avoir été subie par Aurore elle-même. Quand elle le reproche ensuite à son mari incrédule (en plus joué par l’inoffensif et génial Philippe Rebbot) qui, lui, pense « on » a fait une connerie, Aurore n’est presque pas convaincante tant ce sont les mots d’une autre qui entrent dans sa bouche. Ajouter à cela, le côté comédie romantique qui consistera pour Aurore à reconquérir son amour de jeunesse qu’elle avait quitté pour son meilleur ami, le propos fini par se perdre dans mille pérégrinations. On manque en plus parfois de recul ou d’approfondissement. Ainsi, quand Aurore séduit, elle se pare de vêtements (que sa fille l’aide à choisir), se maquille, joue donc de son corps (qui d’ailleurs est sifflé par un homme qu’elle rembare, scène assez jouissive comme quelques autres). Or, ce rapport au corps, à la séduction, n’est que survolé alors qu’il est pourtant central. Blandine Lenoir dit elle-même « on a choisi les vêtements d’Aurore avec Agnès, je les voulais colorés, près du corps, qu’on voit tout, les formes, sans fard ». Le plus embêtant est surtout que Blandine Lenoir (rencontrée à l’occasion d’une projection du film) semble vouloir défendre une vision unique du cinéma par lequel la représentation des femmes à l’écran devrait répondre à un certain canevas, comprenez ressembler à tout le monde et à personne à la fois. La question qui se pose est donc la suivante : qu’est-ce que le cinéma doit-être finalement : un vecteur de rêve, une usine à millions (représentée par les blockbusters, peu inquiétés par les questions de représentativité qui se règlent avec deux-trois règles de parité vite digérées et détournées) ou encore une image de nous, une représentation fidèle au pourcentage près (à savoir que les femmes de plus de 50 ans représentent 51% de la population des majeurs en France) ? Le cinéma est en effet un formidable outil de représentation (depuis ses origines devant les usines Lumières), de lutte et permet de véhiculer des messages, mais pas seulement. Les femmes au cinéma ne sont pas toujours assez présentes ou souvent cantonnées à des rôles de mères surtout après 50 ans (le dernier Telle mère telle fille qui voit s’embourber Juliette Binoche ne dira pas le contraire). La véritable question, que le film aborde finalement assez peu, à part peut-être à travers les personnages dans leur maison de retraite collaborative, est celle de la place que nous sommes prêts à accorder à ces femmes-là, à leurs liens aux hommes, au travail, au monde et à leur élan de vie, de vivacité qui devrait être possible à tout âge. Aurore est donc un film qui se veut nécessaire mais qui risque par sa forme et son fond de ne prêcher finalement que pour sa propre paroisse, au risque de perdre en chemin ceux qu’il voudrait ou devrait convaincre d’une nécessaire solidarité humaine et cela en menant une lutte commune contre les discriminations subies (la question de l’intersectionnalité est ainsi rapidement abordée par le film).


Focus : la place des femmes dans les films français sortis entre janvier et avril en 2017 

Depuis janvier, 74 films français sont sortis en salles dont 25 réalisés par des femmes. 24 de ces 74 films mettent en avant un personnage féminin (ici on parle de personnage principal) dont trois ont 50 ans ou plus avec Paris la blanche, Sage femme et Aurore.


Aurore : Bande annonce

Synopsis : Aurore est séparée, elle vient de perdre son emploi et apprend qu’elle va être grand-mère. La société la pousse doucement vers la sortie, mais quand Aurore retrouve par hasard son amour de jeunesse, elle entre en résistance, refusant la casse à laquelle elle semble être destinée. Et si c’était maintenant qu’une nouvelle vie pouvait commencer ?

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Aurore : Fiche technique

Réalisation : Blandine Lenoir
Scénario : Blandine Lenoir, Jean-Luc Gaget
Interprétation : Agnès Jaoui, Thibaut de Montalembert, Pascale Arbillot, Sarah Suco, Lou Roy Lecollinet!
Photographie : Pierre Milon
Montage : Stéphanie Araud
Musique : Bertrand Belin
Producteurs : Antoine Rein,Fabrice Goldstein
Société de production : Karé production
Distribution : Diaphana Distribution
Genre : comédie
Durée : 89 minutes
Date de sortie : 26 avril 2017

France – 2017

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