Après dix jours de visionnage intensif, voici un choix de séries à découvrir, parmi la foisonnante sélection proposée par la huitième saison du festival parisien Séries Mania, « Clique », « American Gods », « I love Dick »…
Présidé par Damon Lindelof (The Leftovers, Lost), le festival Séries Mania, s’est clôturé le 23 avril 2017 avec la remise des prix. Un festival dense avec 22 pays présentés, des tables rondes, des avant-premières mondiales, et pour la première fois en compétition des webséries. Plus de cinquante séries de tous genres, du drame, des comédies drôles, ou émouvantes, du polar Belge à la Seven, de nouvelles séries nordiques Monster, Bellow the Surface, un conte avec la mini-série Française Aurore réalisée par Laetitia Masson avec Élodie Bouchez, Lolita Chammah et un western contemporain avec Fatale-Station – tous deux diffusés sur Arte cet automne – de la science fiction avec Missions, un thriller judiciaire Apple Tree Yard adapté du roman de Louise Doughty avec Emily Watson et Ben Chaplin, de l’anticipation avec Better Than Us d’Alexander Kessel, un récit dystopique russe dans la lignée des séries comme Westworld ou encore Real Humans… Dans un festival embrassant une grande variété d’œuvre de tous horizons, notre sélection non exhaustive s’est portée sur les douze premières saisons des séries qui nous ont marquées ou intriguées et les premiers épisodes des deux séries immanquables Sense8 et The Leftovers.
Nos Coups de cœur
American Gods
« La nouvelle série signée Bryan Fuller, avec Michael Green ici, est un nouveau voyage dans les ténèbres de notre monde, et de notre humanité. Chair, sang, dieux assoiffés de pouvoir et humour noir sont au rendez-vous dans un formidable show maîtrisé et mystérieux. » – Benjamin
Sur Amazon Prime France le 1er mai.
Big Little Lies
« Après les jeunes femmes de la classe moyenne new-yorkaise dans Girls, ce sont les nouvelles riches de Monterey dans Big Little Lies qui démontent l’image de la femme parfaite. La série dépeint des portraits de femmes, faillibles et complexes, qui se libèrent de cette écrasante pression sociale dont elles sont victimes depuis toujours. Accompagnée d’un casting quatre étoiles, David E. Kelley signe une série jouissive et libératrice. » – Perrine
La minisérie d’HBO est diffusée depuis le lundi 20 février sur OCS.
4 Blocks
« Entre Pusher (Refn) et The Sopranos, 4 Blocks, avec sa mise en scène dynamique et nerveuse, nous plonge dans le côté sombre et brutal de Berlin. Un thriller réaliste et sous tension, porté par un casting impeccable. » – Perrine
4 Blocks sera diffusée en mai en Allemagne.
I Love Dick
« Dear Dick… C’est ainsi que démarre la nouvelle série signée Jill Holoway. Une pépite qui nous fait suivre une jeune quarantenaire paumée nommée Chris, alors passionnée par un certain artiste nommé Dick, pourtant loin d’être un prince charmant. La créatrice de Transparent livre un portrait hilarant et émouvant, à la forme rafraichissante et audacieuse. Porté par un casting formidable – de Kathryn Hahn à Kevin Bacon -, I Love Dick est un show qui va marquer les esprits, et peut-être l’univers des séries. » – Benjamin
https://www.youtube.com/watch?v=N7m8Xu2iwOk
Sur Amazon, à partir du 12 mai.
Fleabag
« Le Journal de Bridget Jones sans pommade romantique, et endeuillé. Qu’est-ce que cela donne ? Fleabag bien sûr, chronique hilarante d’une jeune londonienne instable émotionnellement et professionnellement, mais sexuellement très active. Attention, cette série fait mal aux machos. Un show à ne surtout pas rater. » – Benjamin
Fleabag, saison 1, sur Amazon Prime.
Atlanta
« Atlanta est un portrait honnête et sans filtre de l’Amérique urbaine contemporaine. La série dépeint avec humour et cynisme la communauté afro-américaine dans un pays où le racisme et la violence sont encore bien trop présents. Donald Glover, le créateur de la série, jongle avec brio entre rire et malaise, nous inventant à réfléchir sur les absurdités qu’on observe au quotidien. » – Perrine
https://youtu.be/MpEdJ-mmTlY
La série sera diffusée à partir du 5 mai en France sur le bouquet OCS.
When We Rise
« When We Rise suit la grande et belle quête de libertés et de reconnaissances de la communauté LGBT aux États-Unis. Des années 70 à aujourd’hui, la série vous fait suivre plusieurs parcours d’hommes, de femmes, de transgenres, luttant pour leurs droits. Une fresque humaniste, qui met en scène leur combat et présente, dans sa grandeur, leurs joies et souffrances ; mais parfois de façon très maladroite : on pense à la musique co-composée par Danny Elfman rappelant certains sons de Cinquante nuances de Gray par exemple. Une belle surprise. » – Benjamin
La mini série ABC en sept épisodes sur l’histoire de la lutte pour la reconnaissance des droits LGBT sera retransmise en France du 1er au 4 mars à 22h15 sur Canal + Séries.
Clique
« Avec son ambiance électrisante façon Neon Demon, la série nous fait entrer dans la clique de filles cool et mystérieuses que toutes les jeunes femmes rêvent d’intégrer. Entre drame et teenage série, Clique parvient à nous captiver en réussissant à capter la complexité de l’amitié féminine. » – Perrine
https://www.youtube.com/watch?v=Yd2fyrPc6gE
Sur BBC Three, pour l’instant inédite en France.
Suite de l’article avec les séries qui nous ont titillées, intriguées et les immanquables …
À la Recherche du Bonheur, Sept Vies ou encore 

Django commence comme il finit : par des prestations musicales d’une qualité irréprochable. Entre ces deux bornes, on retiendra tout particulièrement deux scènes de concert, deux passages obligés : la première servant à introduire le personnage principal, la seconde, près d’une heure et demi plus tard, en guise de climax. On est donc loin d’une comédie musicale qui donnerait envie de se lever pour danser dans la salle. L’ambiance est à l’inverse plutôt maussade puisqu’il apparait rapidement (dès la scène d’ouverture en fait) que le véritable sujet du film n’est pas le jazz manouche qui a rendu Django Reinhardt célèbre dans le monde entier, mais plutôt le génocide qu’a subi la communauté tzigane pendant l’Occupation. De quoi interroger sur le bien-fondé de consacrer un film à un musicien pour effectuer un tel devoir de mémoire.
cette réalisation est que le seul et unique enjeu est la fuite en avant de Django Reinhardt. Or, puisque quiconque connait un minimum l’artiste sait qu’il a survécu à la guerre, le parti-pris de concentrer le scénario sur lui devient parfaitement futile.
A ces côtés, la belle Cécile de France est dans le registre qui est le sien, à savoir un mélange de charme solaire et de froideur altière. Le problème est, là encore, à reprocher à l’écriture : son personnage fictif est une pure facilité de scénario, utilisée dans un premier temps pour ouvrir les yeux à Django (et au public) que les tziganes souffrent, puis servant de deus ex machina chaque fois qu’il en a besoin. Cet artifice qui se voudrait romanesque empêche de plus à d’autres personnages d’exister. C’est notamment le cas des deux autres femmes de Django, à savoir sa femme et sa mère, dont le sort a si peu d’impact dramatique que cela en devient indécent. Etienne Comar semble n’avoir en tête que sa volonté de nous amener à cette scène de fin, certes musicalement brillante, mais qui n’est en fait qu’une odieuse prise d’otage émotionnelle. Il faut savoir que clore sur un hommage aux victimes inévitablement tire-larmes ne fait pas un bon film, c’est même plus souvent un constat d’échec.
Voilà, on l’a dit. On pourrait le répéter, encore qu’on serait à nouveau surpris de l’écrire tant la maison à Idées n’a jamais vraiment brillé dans ce domaine, et ce depuis ses débuts. Douce ironie quand on y pense puisque c’est finalement à son artificier le moins enclin à participer au gigantesque multiverse, que Marvel doit d’enfin pouvoir compter sur un film à la densité folle. Et si on insiste autant la-dessus, ce n’est pas parce qu’on aime Marvel ou les pitreries de Gunn. C’est surtout parce que rien ne le laissait présager ; la promotion ayant su maximiser ses effets et bombarder les mêmes 15 minutes à chaque bande-annonce. La surprise est donc d’autant plus grande en ce qu’elle substitue l’action qu’on attendait à un versant humain, amer limite mélancolique qui n’a jamais été la priorité de la bande à Kevin Feige. Une révolution qui entraine tout son lot de surprises sur un film, bien aidé par un script, qui s’il perd beaucoup dans son intrigue, n’en demeure pas moins mieux loti dès lors qu’on parle sincérité, justesse & âme.
Fini en effet de balancer du David Bowie par pur effet de manche ou volonté de se faire remarquer. Ici, les musiques ont un but : amener l’émotion, distiller l’esprit d’équipe, le spleen (encore lui) ou même faire couler les larmes. Car oui, on s’en doutait un peu mais le dernier acte le confirme : le deuxième opus des Gardiens n’a plus rien à voir avec Marvel. Plus du tout. Même l’humour, pourtant caution historique de la firme, est ici dosé à merveille. Entre la condition humaine d’Ego (Kurt Russell) à l’aune de plusieurs blagues où les capacités de Mantis (Pom Klementieff) qui la font s’ouvrir au monde, le rire est partout et paradoxalement nulle part, constamment buté en touche par la gravité et le drame. Une ambivalence qui s’en ressent surtout à l’approche du grand bouquet final. Montant crescendo, le film se paie en effet le luxe de s’offrir une fin faisant cohabiter dans un joyeux bordel psychédélique, les affres et les questionnements inhérents à ce que représente la famille, les difficultés à la maintenir, Freud, Pac-Man, du fun et de la folie. Tout ça pour qu’au final, Gunn propose un plan final dont l’émotion n’a d’égal que sa pureté : celle d’une famille, un peu comme celle de




Aurore, portrait réalisé par Blandine Lenoir (assistée par de nombreux co-scénaristes ou consultants dont Jean-Luc Caget qui formait autrefois un duo avec Solveig Anspach), est le récit d’émancipation d’une femme de 50 ans. L’objectif majeur du film est de la rendre visible et la plus proche possible des femmes de son âge, quitte à revenir un peu trop souvent sur cette question d’âge. Aurore va donc voir ses enfants quitter le nid, la ménopause pointer le bout de son nez (à grands coups de bouffées de chaleur) et la reconversion professionnelle lui retirer son statut de serveuse au profit de celui de femme de ménage. Le récit est très souvent militant, on peut ainsi croiser l’amie de la fondatrice d’une maison de retraite collaborative dans un rôle parfait pour elle ou encore le discours de Françoise Héritier. On y voit aussi des conseillères Pôle Emploi revendicatrices. Tous ces propos sont fort bienvenus sauf qu’ils donnent l’impression d’un discours un poil revanchard et pas toujours justifié ou du moins bien amené. La faute à un personnage certes impeccablement interprété par Agnès Jaoui, mais bien trop lisse. Blandine Lenoir s’amuse pourtant à la mettre dans des situations burlesques qui font comprendre qu’elle vit comme une seconde adolescence, voyant son corps changer et les portes ne plus s’ouvrir devant elle (image utilisée à plusieurs reprises) aussi métaphoriquement que réellement (les portes automatiques ne s’ouvrent pas quand elle les approche). Les acteurs qui entourent Jaoui sont eux aussi formidables, ils font partie de la « troupe » de Blandine Lenoir selon ses propres mots et les rôles ont été écrits sur-mesure pour eux, ça se sent, d’où les rires qui fusent dans la salle. Hommes ou femmes sont ici des êtres un peu gauches, qui refusent de subir, veulent agir ou en tout cas essayent de s’en sortir comme ils peuvent. Plusieurs femmes sont présentées, et à travers elles plusieurs générations qui font l’expérience de la vie et des choix qu’elles devront faire pour se sentir aussi libres qu’aimées, entourées.
Le ton volontairement léger ne cache qu’en surface la volonté militante du projet, très soulignée dans les discours des personnages, parfois très programmatiques. La revanche se distille et quand Aurore explique à une conseillère pôle emploi qu’elle a travaillé pour son mari pendant 15 ans, sans être véritablement déclarée, l’indignation reçue en retour tombe presque à l’eau tant cela ne semble pas avoir été subie par Aurore elle-même. Quand elle le reproche ensuite à son mari incrédule (en plus joué par l’inoffensif et génial Philippe Rebbot) qui, lui, pense « on » a fait une connerie, Aurore n’est presque pas convaincante tant ce sont les mots d’une autre qui entrent dans sa bouche. Ajouter à cela, le côté comédie romantique qui consistera pour Aurore à reconquérir son amour de jeunesse qu’elle avait quitté pour son meilleur ami, le propos fini par se perdre dans mille pérégrinations. On manque en plus parfois de recul ou d’approfondissement. Ainsi, quand Aurore séduit, elle se pare de vêtements (que sa fille l’aide à choisir), se maquille, joue donc de son corps (qui d’ailleurs est sifflé par un homme qu’elle rembare, scène assez jouissive comme quelques autres). Or, ce rapport au corps, à la séduction, n’est que survolé alors qu’il est pourtant central. Blandine Lenoir dit elle-même « on a choisi