Jeudi 20 avril au festival Séries Mania 2017 nous avons pu découvrir les trois premiers épisodes d’Atlanta, une série qui, selon Charlotte Blum (qui présentait la séance), s’apparente à The Wire, une œuvre qui dit la vérité sur les travers de l’Amérique.
Synopsis : Earn, trentenaire paumé et père de famille fauché, tente de survivre à Atlanta. Il propose à son cousin Alfred, star montante du rap, de devenir son manager.
Charlotte Blum (journaliste OCS) nous a présenté Donald Glover, créateur d’Atlanta, en commençant par nous lire un de ses nombreux tweets existentiels et torturés. Ce jeune trentenaire surdoué, déjà scénariste à 22 ans, joue aussi la comédie (Community, Girls), rappe sous le nom de Childish Gambino et a d’ailleurs obtenu deux Emmys pour sa musique. Aujourd’hui il produit, écrit, réalise et interprète sa série, Atlanta.
La série dépeint le quotidien des quartiers populaires d’Atlanta, que le rêve américain semble avoir oublié, délaissé. Atlanta surprend par son originalité, tout d’abord parce que les personnages ne sont pas ce qu’on imaginait d’eux. Paper Boi, qui dégaine son flingue sur un type qui a cassé son rétroviseur est en fait très loin du stéréotype du rappeur violent et impétueux, au contraire, il a peur de toute la violence qui l’entoure et veut s’en éloigner. Il partage une profonde amitié avec l’illuminé Darius, qui, un couteau dans une main, une assiette de cookies fait maison dans l’autre, sort des phrases existentielles entre deux trips hallucinés. Avec Earn, ils forment un trio de losers magnifiques, un peu paumés, rêvant en grand mais restant assis sur leur canapé à fumer, voulant réussir financièrement mais en gardant néanmoins leur intégrité et leur vision du monde. Et Earn, malgré une jeune enfant à charge et des responsabilités, ne veut pas s’enfermer dans un boulot qui ne lui ressemble pas et continue d’essayer de trouver sa voie. Ce que sa petite-amie lui reproche, déplorant sa rêverie et ses discours philosophiques fumeux.
Atlanta semble en dehors du temps, couverte d’un voile onirique, ne tombant cependant jamais dans le loufoque à outrance : Donald Glover réussit à doser l’absurdité du show avec justesse. Dans ce rythme lent, les personnages semblent totalement déconnectés de la réalité, ne réagissant jamais comme on l’attend. Et pourtant, lorsqu’ils parlent c’est pour dire tout haut ce qu’on pense tout bas, touchant dans le mille à chaque parole. Dans cette ambiance âpre et mélancolique règne un malaise ambiant omniprésent. Une gêne qui fait basculer la série entre rire et malaise, lui conférant un côté controversé et subversif. Car la série traite des travers de l’Amérique sans filtre, sans pour autant tomber dans la critique facile et agressive. Que ce soit l’ami blanc d’Earn qui n’ose plus répéter le mot “negro” lorsqu’Earnest est accompagné de son cousin rappeur, ou le serveur qui félicite Paper Boi pour avoir tiré sur quelqu’un (“you’re a real rapper”), Atlanta réussit à mettre le doigt sur le racisme et la banalisation de la violence aux États-Unis, le tout avec beaucoup de subtilité. Nous poussant alors à la réflexion, nous laissant tirer nos propres conclusions, la série ne nous dit jamais quoi penser des évènements se déroulant sous nos yeux. Usant de beaucoup d’humour et appuyée par les expressions de malaise d’Earn qui semble toujours extrêmement mal à l’aise face aux absurdités et à la violence qu’il observe, Atlanta livre une critique intelligente et subtile de l’Amérique urbaine et de sa communauté afro-américaine avec une poésie touchante et un trio auquel on s’identifie immédiatement.
Atlanta : Bande-annonce
https://www.youtube.com/watch?v=MpEdJ-mmTlY
Atlanta : Fiche Technique
Créateur : Donald Glover
Scénaristes : Donald Glover, Stephen Glover, Jamal Olori, Stefani Robinson, Fam Udeorji
Interprétation : Donald Glover, Brian Tyree Henry, Lakeith Stanfield, Zazie Beetz
Réalisateurs : Hiro Murai, Donald Glover, Janicza Bravo
Producteur : FX Productions
Vendeur international : FNG (Fox Network Group)
Diffuseurs : FX (É.-U.), OCS (France)
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J’ai découvert les séries avec Supernatural pour ensuite me tourner vers The Walking Dead, Misfits et continuer avec The Office, Hannibal, True Detective pour ne jamais m’arrêter, à tel point que je ne peux plus me passer de ma dose quotidienne. Néanmoins, j’ai la fâcheuse tendance à dire que les premières saisons sont les meilleures.
Je n’ai pas de préférence entre le cinéma et les séries, tout comme je n’en ai pas concernant les genres, les seuls films/séries qui ne me plaisent pas sont ceux qui me laissent indifférente.
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