Ce jeudi 20 avril au festival Séries Mania nous avons eu l’occasion de voir Below The Surface, une nouvelle série danoise produite par Adam Price (Borgen) et Søren Sveistrup (The Killing). Kasper Barfoed, le créateur (co-scénariste et réalisateur des deux premiers épisodes) de la série est venu nous présenter son œuvre.
Synopsis : Copenhague, octobre 2016. La vie de 15 personnes est mise en péril lorsqu’une rame de métro est prise d’assaut par un groupe terroriste. Ils réclament une rançon conséquente en échange de leur libération. Philip Nørgaard, ancien otage de guerre, est chargé des opérations des forces spéciales.
L’idée de départ vient d’Adam Price et de Søren Sveistrup, venu la soumettre à Kasper Barfoed. Ce dernier a tout de suite été attiré par cette idée, conscient que depuis ces dernières années le terrorisme est dans les esprits de chacun et que tous ont conscience que cela peut arriver à n’importe quel moment. Partant de ce constat là, Barfoed trouvait important de ne pas ignorer la question et alors d’oser faire une série sur le sujet. Après des recherches approfondies avec des négociateurs et agents des forces spéciales, l’équipe choisit de se centrer sur l’aspect psychologique, s’interrogeant sur les comportements que nous pourrions avoir dans une telle situation, se focalisant alors sur la psychologie des personnages mais aussi sur le travail des forces spéciales.
Kasper Barfoed nous précise que la relation entre le preneur d’otage et Philip, en charge des forces spéciales, va s’approfondir et se dévoiler au fil des épisodes. Il était important pour lui de ne pas avoir une vision manichéenne des choses, le bien contre le mal, mais plutôt d’aborder cela de manière nuancée. Nous montrant alors le côté sombre des “good guys” et, sans pour autant justifier les actes des criminels, essayer de comprendre comment une personne peut arriver à la conclusion qu’un tel acte est nécessaire.
Peut-on alors parler de série politique ? Kasper Barfoed répond que oui et non. Oui, parce que la série pose des questions sensibles, difficiles à répondre. Notamment la question au centre de ces deux premiers épisodes : “doit-on payer la rançon ?” (Il faut savoir que le Danemark ne paie pas de rançons dans ce genre de situations). Dans la série, ce sont alors les proches des victimes et une journaliste qui vont tenter de mobiliser le peuple danois pour lever des fonds et payer la rançon que le gouvernement se refuse à donner.
Lorsqu’on aborde la question de l’auto-censure, et qu’on lui demande s’il s’est interdit de dire certaines choses de peur de froisser ou choquer le public, Kasper Barfoed déclare ne pas s’être réellement posé la question, cela n’a jamais été véritablement un problème puisqu’il a surtout privilégié l’aspect psychologique en dépit de l’aspect politique et religieux. En tentant tout de même d’amener le sujet de manière sobre, en évitant les clichés du genre d’action et surtout en essayant de raconter les choses avec véracité puisque le créateur s’intéresse avant tout aux mécanismes qui se cachent derrière d’un tel évènement.
Below The Surface est un thriller réussi, qui sait efficacement créer une atmosphère sous tension. Kasper Barfoed, qui a “voulu inverser les attentes des spectateurs” assume ce côté plus thriller psychologique que série politique mais dans un pays où l’on a connu, et continue de connaitre, des attaques terroristes, cette approche a dérangé plus d’un spectateur. Certains s’attendaient à une réflexion plus poussée sur la religion et à une série bien plus politique. Difficile pour certains de s’identifier à cette prise d’otage lorsqu’on a connu dernièrement des attaques d’un autre type. Mais Kasper Barfoed insiste en disant que se pencher sur ces thématiques aurait empiété sur ses intentions de départ et n’aurait alors pas donné la série qu’il désirait.
Below The Surface : Bande-annonce
Below The Surface : Fiche Technique
Créateur : Kasper Barfoed
Scénaristes : Kasper Barfoed, Astrid Øye, Per Daumiller, Michael W.Horsten, Lars K. Andersen
Interprétation : Johannes Lassen, Paprika Steen, Sara Hjort Ditlevsen, Dar Salim, Henning Jensen
Réalisateurs : Kasper Barfoed, Christian E. Christiansen, Roni Ezra
Producteurs : Morten Kjems Hytten Juhl, Sam Productions, zdf_neo
Producteurs exécutifs : Adam Price, Søren Sveistrup & Meta Louise Foldager Sørensen
Vendeur international : STUDIOCANAL
Diffuseurs : Kanal 5 (Danemark), Discovery Networks Denmark (Danemark)
Format : 8×44 min
Danemark – 2017
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Si la trame de l’histoire reste assez banale – un jeune serial killer en devenir dont on comprend rapidement que le père partage les mêmes pulsions – le personnage de Sam est assez complexe pour piquer notre curiosité. Ayant un charme indéniable, Sam est beau, poli et un petit peu maladroit dans les interactions sociales. Faisant partie de l’équipe de natation, Sam n’a pourtant pas beaucoup d’amis selon la principale du lycée, l’adolescent préférant passer son temps libre à l’hôpital, où sa mère travaille, et faire la lecture aux patients. Dans sa chambre, il se filme en train de réciter les histoires qu’il invente sur la mort de son père puis analyse ses propres expressions. Dès lors, on ne sait plus quand est-ce que Sam joue ou non la comédie. A-t-il des sentiments sincères pour Chrissy, la nouvelle venue en ville ? Ressent-il une quelconque empathie ou est-il un pur psychopathe ? Lors de sa rencontre avec Oscar, (un garçon qu’il a défendu contre des élèves qui le brutalisaient), il lui demande ce qu’il a ressenti lorsqu’il se faisait humilier et malmener en public. Lorsqu’Oscar lui avoue avoir été terrifié et qu’il lui décrit sa peur, “d’abord tout était noir, puis tout est devenu blanc”, Sam semble fasciné par ces émotions qu’il ne parait pas pleinement comprendre.
figure du serial killer autre que celle d’un trentenaire habitant dans un sous-sol. Sam n’est qu’un enfant (même si cela l’irrite terriblement qu’on le lui rappelle), ici la présence des parents est primordiale et on peut observer les interactions entre adolescents et géniteurs aussi bien pour Oscar, Chrissy que Sam. La mère de Sam, qui refuse de lui parler de son père, est souvent filmée en contre-plongée ; ne faisant que rappeler à Sam son manque de contrôle. On se rappelle alors sa discussion avec Oscar qui lui demandait s’il avait peur de plonger, Sam lui confiait que lorsqu’il était tout en haut, au-dessus de tous ces gens, personne ne pouvait l’atteindre. Lorsque, plus tard, il s’apprête à tuer sa deuxième victime, la trainant jusque dans la salle de bain, la caméra tombe et se renverse : Sam contrôle désormais la situation, personne à ce moment-là ne le regarde de haut. Le réalisateur Bruce Goodison exile parfois ses personnages sur les côtés du cadre, les isolant et accentuant d’autant plus la distance entre les deux interlocuteurs, comme lorsque la mère de Sam peine à comprendre le comportement de son fils, pensant qu’il vole des objets par simple esprit provocateur adolescent alors que ce dernier commence en fait sa collection d’effets personnels de ses victimes.
ce petit film où Ryan Reynolds parle comme un charretier et se sape en rouge pour dézinguer du pourri sur fond de Wham, les deux comparses se sont forgés une petite réputation de trublions infusés à la pop-culture et à l’impertinence. Les voir donc reprendre le film d’horreur spatial le plus emblématique du 7ème art, et le coupler avec l’atmosphère très « réaliste » de
Car bien que le budget soit faible pour le tout-venant des blockbusters (59 millions de $), Life jouit de deux éléments, qui une fois combinés, rendent appréciable cette série B qui mène sa barque sans prétention : la mise en scène et le scénario. Si la première, fonctionnelle et, qu’on se le dise, efficace permet de maintenir la tension, surtout grâce à la photographie ouatée de Seamus McGarvey (Avengers), c’est bien le deuxième, noir en diable qui est à l’aune de tout le succès de l’ensemble. Une noirceur inhabituelle pour ce genre de production, d’autant plus surprenante qu’elle n’hésite pas à sacrifier ses stars sous les coups d’une bête diablement habile et dont l’acharnement à vouloir éliminer les membres d’équipages relève de l’exploit. A l’arrivée, on retiendra un divertissement horrifique de bonne tenue qui se conclut par une fin pessimiste en diable, mais totalement cohérente, tant à l’instar de deux compères qui l’ont écrite, elle incarne l’amère ironie propre aux films ou des scientifiques jouent à Dieu.

11 Minutes se présentait pourtant comme un drame alarmant. En construisant son scénario autour de la thématique de l’irréversibilité du temps, Jerzy Skolimowski semblait ancrer son œuvre dans le présent. En effet, nous vivons actuellement dans une société en éternel mouvement. Métro-boulot-dodo, cela est schématique mais pourtant notre quotidien se résume à ce cycle, parfaitement défini de manière innocente et futile. À travers son scénario démantelé, Jerzy Skolimowski souhaite nous faire prendre conscience de l’irrévocable sort de la vie… 11 minutes, 11 moments, 11 vies que tout oppose, ou presque


Depuis
compte étouffés par la mise en scène bien trop démonstrative de Gaghan. Tel qu’il les filme, il ne parvient ni à faire vivre l’émotion qui anime cette variation, pourtant dramatique, du rêve américain ni à insuffler un souffle épique à la partie consacrée aux voyages en Indonésie ni moins encore à rendre cinglant son discours sur le cynisme des marchés financiers.
Dès la première scène, le dialogue et la voix-off, tous deux lourdement explicatifs, posent les bases de ce qui sera l’un des plus gros défauts de l’écriture : une tendance à se montrer bien trop expansif. Les effets de montage iront d’ailleurs dans le même sens, appuyant bien davantage sur cette volonté d’étaler le déroulement des évènements que sur l’installation d’un tant soit peu de tension. Même le rebondissement, à une demi-heure de la fin, n’arrive pas à générer l’intensité que l’on peut attendre d’un tel retournement de situation. Le parcours de ce prospecteur exubérant et antipathique se retrouve à se dérouler sous nos yeux, sans que jamais ni le thriller financier ni la fresque historique qu’il voudrait être ne parviennent à exister. N’en reste que le portrait d’un homme haut en couleur, un résultat certes honorable mais bien plus anecdotique. Définitivement, son seul atout reste la transformation de son acteur principal, de quoi en venir à espérer que McConaughey pourra retrouver le succès sans avoir systématiquement recours à de tels artifices.