Gravity, un film d’Alfonso Cuaron : Critique

Gravity, un survival hors du commun. Un moment de cinéma spatial magnifiquement chorégraphié, sensoriel, sidérant et immersif.

Pour sa première expédition à bord d’une navette spatiale, le docteur Ryan Stone, brillante experte en ingénierie médicale, accompagne l’astronaute chevronné Matt Kowalsky. Mais alors qu’il s’agit apparemment d’une banale sortie dans l’espace, une catastrophe se produit. Lorsque la navette est pulvérisée, Stone et Kowalsky se retrouvent totalement seuls, livrés à eux-mêmes dans l’univers. Le silence assourdissant autour d’eux leur indique qu’ils ont perdu tout contact avec la Terre – et la moindre chance d’être sauvés. Peu à peu, ils cèdent à la panique, d’autant plus qu’à chaque respiration, ils consomment un peu plus les quelques réserves d’oxygène qu’il leur reste. Mais c’est peut-être en s’enfonçant plus loin encore dans l’immensité terrifiante de l’espace qu’ils trouveront le moyen de rentrer sur Terre…

Le réalisateur Alfonso Cuarón (Les Fils de l’homme) revient cinq ans après avec le film Gravity, un film dont il a écrit le scénario avec son film Jonas. Ce récit met en scène l’espace, l’infini, une attraction pour l’homme depuis l’aube des temps, un rêve que l’être humain s’est mis à explorer depuis le milieu du 20ème siècle.

Gravity : Qu’en disent les autres réalisateurs ?

Présenté en ouverture de la 70ème Mostra de Venise, Gravity a été l’objet de critiques élogieuses de la part de réalisateurs comme James Cameron qui explique à Variety : «Gravity est une révolution. C’est le meilleur film sur l’espace jamais réalisé. J’ai été abasourdi, absolument terrassé par le film. Je pense que c’est la meilleure photo de l’espace jamais vue, le meilleur film sur l’espace jamais réalisé. J’avais très envie de voir Gravity, depuis longtemps. Ce qui est intéressant dans le film, c’est la dimension humaine. Alfonso et Sandra ont travaillé ensemble pour créer un portrait absolument homogène d’une femme se battant pour sa vie dans un milieu sans gravité.»

Sur Twitter ses éloges pleuvent aussi. Edgar Wright (@edgarwright), le réalisateur de la Cornetto Trilogy (Shaun of the Dead, Hot Fuzz et The World’s End) s’extasie : «Gravity, c’est le meilleur film de l’année. Allez le voir sur le plus grand écran possible. C’est du pur cinéma ». Le réalisateur de Jack Reacher, Christopher McQuarrie (@chrismcquarrie) écrit : « Allez voir Gravity #jecroisquejevaisprendremaretraite »

Cette pluie d’étoiles admiratrices, de la part de réalisateurs comme Guillermo Del Toro est tout à fait justifiée :  Gravity s’inscrit dans un genre très rare. Assis sur son fauteuil, on ne peut que se demander :

« Mais comment ont-ils fait pour faire un aussi beau Space Opéra» ?

Danse avec les Étoiles

Les 15 premières minutes du film sont grandioses, à couper le souffle, une immersion dans l’espace démontrant la virtuosité du réalisateur. Lors de cette longue séquence vertigineuse, l’ingénieure Ryan Stone (Sandra Bullock) et un astronaute Matt Kowalsky (George Clooney) effectue une réparation somme toute banale de la station orbitale. Le film tourne à la catastrophe quand les débris d’un satellite russe touchent la navette de plein fouet expulsant le duo dans l’espace. Livrés à eux-mêmes, perdu dans l’espace, sans aucun moyen de rejoindre la Terre, avec des bouteilles d’oxygène qui se vident inexorablement, ils devront survivre dans l’un des environnements les plus hostiles que l’on puisse s’imaginer.

Gravity d’Alfonso Cuaron n’est pas un film de science-fiction classique avec des aliens et des vaisseaux de combats, mais une expérience unique, la survie de l’infiniment petit dans un univers sans limite. Car Gravity est d’abord un thriller d’une beauté effrayante, terriblement efficace… Chaque séquence laisse transparaître l’isolement, l’effroi que ressent Sandra Bullock face à cet univers hostile où les seules armes sont l’intelligence et l’instinct de survie. A cette terreur qu’elle nous fait vivre à travers ses propres yeux, se greffe un ballet d’images magnifiques de la Terre vue à des centaines de kilomètres d’altitude, renforçant ainsi la dichotomie beauté/épouvante face au néant.

Le sentiment de plonger dans cet univers d’une sombre beauté est renforcé par l’usage de la 3D, pour une fois justifiée, puisqu’elle donne cette impression d’être dans l’espace et proche des acteurs. Cette réalisation brillante permet ainsi aux spectateurs de vivre une expérience sensorielle déroutante. Aider en cela par Steven Price, à l’origine d’une partition musicale aussi inquiétante que riche prolongeant ainsi l’ambiance évoquant de par sa chorégraphie spatiale 2001, l’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick.

Au-delà de la richesse narrative et du symbole métaphorique aisément compréhensible par le spectateur, il y a également celle de la lutte pour la survie allant du stade de la naissance vers la renaissance finale. La dernière séquence est d’ailleurs une idée de génie. Elle évoque également parfaitement la manière dont l’homme a évolué depuis la préhistoire. Gravity est avant tout une histoire humaine palpitante, un survival spatial à la technique époustouflante que ni Stanley Kubrick ni Max Ophuls ne renierait. Magnifié par un casting irréprochable, surtout, le personnage féminin, représentant cette humanité avec sa soif de survie, incarné par une Sandra Bullock étonnante livrant une performance incroyable puisqu’elle arrive à faire passer toute une gamme d’émotion et physique (on ressent comme elle, cette sensation d’étouffement, cette absence d’air autour de nous) alors qu’elle est en majorité filmée à travers un casque. Quant à George Clooney (toujours aussi charmant), il joue un astronaute expérimenté dont c’est le dernier vol dans l’espace.

Gravity est une collection d’images et d’émotions incroyablement bien réalisé, une odyssée cinématographique à voir en 3D et en IMAX, parfaitement maîtrisée par un réalisateur qui dès les premières minutes projette le spectateur en apesanteur dans une vertigineuse danse avec les étoiles aux accents de voyages intérieurs.

Synopsis : Pour sa première expédition à bord d’une navette spatiale, le docteur Ryan Stone, brillante experte en ingénierie médicale, accompagne l’astronaute chevronné Matt Kowalsky. Mais alors qu’il s’agit apparemment d’une banale sortie dans l’espace, une catastrophe se produit. Lorsque la navette est pulvérisée, Stone et Kowalsky se retrouvent totalement seuls, livrés à eux-mêmes dans l’univers. Le silence assourdissant autour d’eux leur indique qu’ils ont perdu tout contact avec la Terre – et la moindre chance d’être sauvés. Peu à peu, ils cèdent à la panique, d’autant plus qu’à chaque respiration, ils consomment un peu plus les quelques réserves d’oxygène qu’il leur reste. Mais c’est peut-être en s’enfonçant plus loin encore dans l’immensité terrifiante de l’espace qu’ils trouveront le moyen de rentrer sur Terre…

Gravity – Bande Annonce

Gravity – Fiche Technique

Réalisation : Alfonso Cuaron
Montage : Alfonso Cuaron, Mark Sanger
Scénario : Alfonso Cuaron,Jonas Cuaron
Casting : George Clooney, Sandra Bullock, Ed Harris
Date de sortie : 23 octobre 2013
Pays : États-Unis
Distributeur : Warner Bros.
Genre : Thriller
Durée : 91 min.
Montage : Alfonso Cuaron, Mark Sanger
Photographie : Emmanuel Lubezki
Musique : Steven Price

 

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