Séries Mania : Born To Kill, une série de Tracey Malone et Kate Ashfield

Nous avons découvert en avant-première mondiale Born To Kill, la mini-série noire venue de Grande-Bretagne, faisant partie de la compétition officielle du festival Séries Mania 2017.

Born To Kill est une troublante exploration de la psyché d’un adolescent en proie à des pulsions meurtrières. Si la trame de l’histoire reste assez banale – un jeune serial killer en devenir dont on comprend rapidement que le père partage les mêmes pulsions – le personnage de Sam est assez complexe pour piquer notre curiosité. Ayant un charme indéniable, Sam est beau, poli et un petit peu maladroit dans les interactions sociales. Faisant partie de l’équipe de natation, Sam n’a pourtant pas beaucoup d’amis selon la principale du lycée, l’adolescent préférant passer son temps libre à l’hôpital, où sa mère travaille, et faire la lecture aux patients. Dans sa chambre, il se filme en train de réciter les histoires qu’il invente sur la mort de son père puis analyse ses propres expressions. Dès lors, on ne sait plus quand est-ce que Sam joue ou non la comédie. A-t-il des sentiments sincères pour Chrissy, la nouvelle venue en ville ? Ressent-il une quelconque empathie ou est-il un pur psychopathe ? Lors de sa rencontre avec Oscar, (un garçon qu’il a défendu contre des élèves qui le brutalisaient), il lui demande ce qu’il a ressenti lorsqu’il se faisait humilier et malmener en public. Lorsqu’Oscar lui avoue avoir été terrifié et qu’il lui décrit sa peur, “d’abord tout était noir, puis tout est devenu blanc”, Sam semble fasciné par ces émotions qu’il ne parait pas pleinement comprendre.

Si Born To Kill arrive à nous captiver, c’est aussi grâce à sa photographie : l’image à dominante verte nous plonge dans l’esprit sinistre et glauque d’un adolescent en proie à de sombres et violentes pulsions. Les couleurs primaires s’additionnent dans les mêmes plans, un mélange de teintes agressives qui nous donne une impression d’enfermement, l’impression d’être à l’intérieur d’un esprit à la fois beau et fascinant mais aussi malsain et extrême qui nous met mal à l’aise. Sam balance entre le froid et la distance du bleu de son manteau à une violente rage représentée par exemple par les néons rouges flamboyants des vestiaires dans lesquels il finit par se déchainer sur Oscar. L’adolescent est clairement traumatisé par l’absence de son père (et ce qu’il se rappelle de lui dans de vagues souvenirs). Il est d’ailleurs intéressant de voir une figure du serial killer autre que celle d’un trentenaire habitant dans un sous-sol. Sam n’est qu’un enfant (même si cela l’irrite terriblement qu’on le lui rappelle), ici la présence des parents est primordiale et on peut observer les interactions entre adolescents et géniteurs aussi bien pour Oscar, Chrissy que Sam. La mère de Sam, qui refuse de lui parler de son père, est souvent filmée en contre-plongée ; ne faisant que rappeler à Sam son manque de contrôle. On se rappelle alors sa discussion avec Oscar qui lui demandait s’il avait peur de plonger, Sam lui confiait que lorsqu’il était tout en haut, au-dessus de tous ces gens, personne ne pouvait l’atteindre. Lorsque, plus tard, il s’apprête à tuer sa deuxième victime, la trainant jusque dans la salle de bain, la caméra tombe et se renverse : Sam contrôle désormais la situation, personne à ce moment-là ne le regarde de haut. Le réalisateur Bruce Goodison exile parfois ses personnages sur les côtés du cadre, les isolant et accentuant d’autant plus la distance entre les deux interlocuteurs, comme lorsque la mère de Sam peine à comprendre le comportement de son fils, pensant qu’il vole des objets par simple esprit provocateur adolescent alors que ce dernier commence en fait sa collection d’effets personnels de ses victimes.

La série comptera en tout 4 épisodes qui seront diffusés à partir du 20 avril au Royaume-Uni sur Channel 4.

Born To Kill : Bande-annonce

Synopsis : Sam, adolescent à la personnalité complexe, vit avec sa mère infirmière, et pense que son père est mort dans un accident. Il passe son temps entre le lycée et l’hôpital où il tient compagnie à des personnes âgées. « Born to kill » explore la psyché d’un ado en proie aux pulsions meurtrières qui l’habitent. Une radioscopie dérangeante et élégante d’un serial-killer en devenir.

Born To Kill : Fiche Technique

Créateurs : Tracey Malone, Kate Ashfield
Scénaristes : Tracey Malone, Kate Ashfield
Interprétation : Romola Garai, Danny Mays, Lara Peake, Elizabeth Counsell, Jack Rowan
Réalisateur : Bruce Goodison
Producteur : World Productions
Vendeur international : BBC Worldwide
Diffuseur : Channel 4

Royaume-Uni – 2017

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Perrine Mallardhttps://www.lemagducine.fr/
J’ai grandi avec Luke Skywalker, Korben Dallas et la bande de Friends. Rêvé de devenir un gangster comme dans les films de Scorsese. Me suis prise pour une cinéphile après avoir vu Pulp Fiction et découvert mon amour pour le cinéma avec les films des frères Coen. J’aime la poésie de Sofia Coppola et l’imaginaire de Wes Anderson. Je préfère presque toujours les méchants. Et mes films préférés sont entre autres : Bronson, Un Tramway nommé Désir, Donnie Darko, The Dark Knight, Thelma & Louise, Somewhere, Mad Max : Fury Road, The Voices, Snatch et la plupart des Coen. J’ai découvert les séries avec Supernatural pour ensuite me tourner vers The Walking Dead, Misfits et continuer avec The Office, Hannibal, True Detective pour ne jamais m’arrêter, à tel point que je ne peux plus me passer de ma dose quotidienne. Néanmoins, j’ai la fâcheuse tendance à dire que les premières saisons sont les meilleures. Je n’ai pas de préférence entre le cinéma et les séries, tout comme je n’en ai pas concernant les genres, les seuls films/séries qui ne me plaisent pas sont ceux qui me laissent indifférente.

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