Séries Mania : Salaam, Moscou !, une série de Pavel Bardine

Découverte ce mardi 18 avril 2017 au festival Séries Mania de Salaam, Moscou !, qui suit la lutte d’agents russes presque secrets face à la criminalité des migrants : deux premiers épisodes en dent de scie entre travail documentaire, comédie absurde, et bouffonnerie.

Synopsis : Les agents Sania et Roustam travaillent dans un département spécial de la police de Moscou dédié à la criminalité des migrants, que les moscovites appellent « les arrivants ».

Salaam, Moscou ! s’est dévoilée au festival Séries Mania avec la projection de ses deux premiers épisodes. Deux volets en dent-de-scie pour la série russe créée et réalisée par Pavel Bardine. En effet, le premier épisode s’est révélé être intéressant dans son jeu des tons – de l’aspect documentaire à la comédie absurde et loufoque. Mais il est tiré vers le bas par le manque de clarté dans le déroulement du récit et la mise en place des personnages et de leurs actions dans celui-ci. Toutefois, le résultat était plutôt positif. Drôle, étrange, et réaliste, Salaam, Moscou ! n’est pas sans rappeler les séries Fargo et Au Service de la France. Aussi le rapport de Moscou à l’immigration était justement traité, et cela de manière à la fois grave et légère.

Le deuxième épisode vire toutefois à la bouffonnerie complète, perdant le charme de la rencontre de la violence saisissante et de l’« image documentaire » mêlées à une loufoquerie absurde. Il semble que la bouffonnerie a permis au créateur de se décharger de la construction de son récit, dans lequel les rencontres entre les différents personnages – différents milieux et groupes – ne sont plus amenées par leurs intrigues respectives. Ainsi retrouve-t-on des personnages dans un même plan sans justification de cette rencontre. Pire, un événement important à la fin du premier épisode lie puis devrait délier le duo d’agents – digne d’un buddy, où l’un et l’autre doivent dépasser leurs différences –, mais il n’y aura aucun écho de cela dans le deuxième épisode. Ça n’est pas fini : alors que le bad guy de la série est présenté comme un tueur sans pitié dans l’épisode un – dans lequel il est traqué par le déterminé et détraqué agent Sania –, l’agent Roustam accepte ici une partie de lutte avec le criminel. Pourquoi ? Parce qu’il est armé, et que son ennemi ne l’est, proposant d’ailleurs ce duel « plus équitable ».

Le criminel propose à l’agent Roustam une partie de lutte pour décider ou non de son arrestation.

La victoire ou la défaite de Roustam déterminera l’arrestation du criminel ou non. Bien sûr, il perd, et il laisse le bad guy s’en aller tranquillement comme si rien n’était. Sania le rejoindra rapidement, et ne se lancera pas à la poursuite de l’individu en fuite, qui devrait être à une vingtaine de mètres de sa position. La situation est bouffonne, mais le gag, lui, est de trop, et expose à quel point la cohérence de la série a été mise de côté pour favoriser le rire à tout va. D’ailleurs, la musique accompagne ce mouvement vers la bouffonnerie en étant légère et drolatique pendant une grande partie de ce deuxième épisode.

Ainsi, on regrettera le clair manque de tenue entre les deux premiers épisodes, où la cohérence (que ce soit au niveau du récit ou de l’univers) et les partis pris sont très vite mis à mal. On espère toutefois que les quatorze autres épisodes sauront retrouver et véritablement établir un cap pour le show, loin d’être une mauvaise surprise.

Fiche Technique : Salaam, Moscou !

Créateur et réalisateur : Pavel Bardine
Scénaristes : Pavel Bardine, Maria Sarpikina, Alexandre Moltchanov
Interprètes : Alexander Golubklov, Ali Aliyev, Maria Belyaeva, Alexander Polyaev
Composition : Vassia Oblomov
Production : Red Square Group, Konstantin Ernst, Denis Yevstigneyev
Distribution : IZYM, LLC (international)
Diffusion : Channel One (Russie)

Russie – 2016

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Festival

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