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Festival Cannes 2017 : Tous les films à voir sur la croisette

À quelques jours de l’ouverture du 70ème Festival de Cannes, voici le tour d’horizon des nombreux films qui y seront diffusés, toutes sélections confondues. Qui succèdera à Moi, Daniel Blake de Ken Loach comme Palme d’Or 2017 ?

Cette année, avec 19 films en compétition officielle, le jury aura l’embarras du choix. Le festival met à l’honneur le cinéma mondial en invitant entre autres le Japon (Naomi Kawase), l’Allemagne (Fatih Akin), les États-Unis (Todd Haynes, Sofia Coppola et Noah Baumbach, qui défendra pour la première fois un de ses films sur la Croisette), le Royaume-Uni (Lynne Ramsay) ou encore la Corée du Sud (Hong Sang-soo, Bong Joon-ho). À noter également la présence de trois réalisateurs français : Jacques Doillon qui s’étendra sur la vie de l’illustre sculpteur Auguste Rodin dans Rodin , Michel Hazanavicius qui se fera l’écho du trublion Jean-Luc Godard dans Le Redoutable et enfin François Ozon qui nous servira une plongée emplie de secrets dans L’Amant Double). Michael Haneke, grand habitué du festival, est en compétition officielle pour la septième fois et sera en lice pour tenter de décrocher sa troisième Palme d’Or après Le Ruban Blanc en 2009 et Amour en 2012. De son coté, Sofia Coppola sera en compétition pour la troisième fois après Marie-Antoinette (sélection officielle en 2006) et The Bling Ring (Un certain Regard en 2013).

Les Jurys du 70ème Festival de Cannes

Jury de la compétition du 70ème Festival de Cannes

Pedro Almodovar : Président – Jessica Chastain : Comédienne – Maren Ade : Réalisatrice
Fan Bingbing : Actrice – Agnès Jaoui  : Actrice – Park Chan-Wook : Réalisateur
Will Smith : Acteur – Paolo Sorrentino : Réalisateur – Gabriel Yared : Compositeur

La Caméra d’or rassemble les premiers films issus de la Sélection officielle, de la Semaine de la Critique et de la Quinzaine des réalisateurs. Elle sera remise lors de la Cérémonie du Palmarès du 70e Festival de Cannes, dimanche 28 mai, au Grand Théâtre Lumière.

Sandrine KIBERLAIN – Présidente Actrice (France) –  Patrick BLOSSIER (AFC) Chef opérateur (France) – Elodie BOUCHEZ Actrice (France) – Guillaume BRAC (SRF) Réalisateur, producteur (France) – Thibault CARTEROT (FICAM) Président M141 (France) – Fabien GAFFEZ (SFCC) Ecrivain, Critique de cinéma (France) – Michel MERKT Producteur (Suisse)

Jury de la Cinéfondation et Courts Métrages

Le Jury aura à décerner trois prix parmi les 16 films d’étudiants d’écoles de cinéma présentés dans la Sélection Cinéfondation.
Les Prix de la Cinéfondation seront annoncés par le Jury, vendredi 26 mai, lors d’une cérémonie Salle Buñuel qui sera suivie de la projection des films primés.

Le Jury devra également désigner la Palme d’or du Court métrage parmi les 9 films sélectionnés en Compétition. La Palme du Court sera remise lors de la cérémonie du Palmarès du 70e Festival de Cannes,

Cristian Mungiu : Président – scénariste, producteur (Roumanie) – Clotilde HESME Actrice(France) – Barry JENKINS Réalisateur, scénariste(États-Unis) –
Eric KHOO Réalisateur, scénariste, producteur (Singapour) – Athina Rachel TSANGARI Réalisatrice, scénariste, productrice (Grèce)

Jury Un Certain Regard

Le Jury Un Certain Regard décernera ses prix parmi les 18 films qui concourent dans cette sélection, lors de la cérémonie de Clôture qui se tiendra samedi 27 mai dans la salle Debussy. Le film d’ouverture est Barbara de Mathieu Amalric (France).

Uma THURMAN – Présidente Actrice (USA)
Mohamed DIAB – Réalisateur (Egypte)
Reda KATEB – Acteur (France)
Joachim LAFOSSE – Réalisateur (Belgique)
Karel OCH – Directeur artistique du Festival International de Karlovy Vary (République Tchèque)

Jury Semaine de la Critique

Kleber Mendonça Filho : Président
Diana Bustamante Escobar : Productrice et directrice artistique du Festival de Carthagène, Colombie
Eric Kohn : Rédacteur en chef de Indiewire, Etats-Unis
Hania Mroué : Directrice du Cinéma Metropolis, Liban
Niels Schneider : Comédien, France

Jury de la Queer Palm créée en 2010 par le journaliste Franck Finance-Madureira

Président : Travis Mathews, réalisateur américain (I want your love, Interior Leather Bar co-réalisé avec James Franco)
Le Jury – Didier Roth-Bettoni : Journaliste
Lidia Leber Terki (The Sex Toy Project, Paris la blanche) : Réalisatrice
Yair Hochner : Réalisateur et directeur du festival de cinéma LGBT de Tel Aviv et de
Paz Lazaro : Responsable de programmation de la section « Panorama » du Festival de Berlin.

Jury L’Œil d’Or

Sandrine Bonnaire : Présidente

L’Œil d’or – Le Prix du documentaire a été créé en 2015 par la Scam, la récompense sera remise le 27 mai prochain à un documentaire présenté dans les sections cannoises (Sélection officielle, Un Certain Regard, Cannes Classics, Séances spéciales et Hors Compétition, Courts métrages, Quinzaine des Réalisateurs et Semaine de la Critique)

EN COMPÉTITION :

Film d’ouverture : Les Fantômes  d’Ismaël d’Arnaud Desplechin (Hors-compétition)

  • In the Fade de Fatih Akin
  • The Meyerowitz Stories de Noah Baumbach
  • Okja de Bong Joon-Ho
  • 120 battements par minute de Robin Campillo
  • Les Proies de Sofia Coppola
  • Rodin de Jacques Doillon
  • Happy End de Michael Haneke
  • Wonderstruck de Todd Haynes
  • Le Redoutable de Michel Hazanavicius
  • The Day After d’Hong Sangsoo
  • Vers la lumière de Naomi Kawase
  • Mise à mort du cerf sacré de Yorgos Lanthimos
  • A Gentle Creature de Sergei Loznitsa
  • La Lune de Jupiter de Kornel Mundruczo
  • The Square de Ruben Östlund
  • L’Amant double de François Ozon
  • You Were Never Really Here de Lynne Ramsay
  • Good Time de Benny & Josh Safdie
  • Loveless d’Andrei Zvyagintsev

Courts Métrages :

Lauréat de la Palme d’or 2007 pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours, le cinéaste roumain Cristian Mungiu, qui succède à la cinéaste japonaise Naomi Kawase, présidera le jury des courts métrages et de la Cinéfondation. Neuf fictions dont une animation Pépé le Morse de la Française Lucrèce Andreae sont en lice pour la Palme d’or du court métrage au Festival de Cannes. Le trophée sera remis par le président du Jury le 28 mai 2017, lors de la Cérémonie du palmarès.

  • Teppo Airaksinen, Katto (Finlande), 15’
  • Lucrèce Andreae, Pépé le Morse (France), 14’
  • Mahdi Fleifel, A Drowning Man (Royaume-Uni, Danemark, Grèce), 15’
  • Alireza Ghasemi, Lunch Time (Iran), 15’
  • Fiona Godivier, Across My Land (États-Unis), 15’
  • Grzegorz Molda, Koniec Widzenia (Pologne), 15
  • Qiu Yang, Xiao Cheng Er Yue (Chine), 15’
  • Andrés Ramirez Pulido, Damiana (Colombie), 15’
  • Julia Thelin, Push it (Suède), 8’

Un Certain Regard

Créée en 1978, cette sélection dérivée de la sélection officielle met en avant un cinéma plus confidentiel et audacieux, en récompensant des cinéastes pour la plupart débutants ou du moins peu connus, leur ouvrant ainsi la porte du succès et de la reconnaissance. Cette année, Un Certain Regard  sera présidé par l’actrice américaine Uma Thurman tandis que l’acteur-réalisateur français Mathieu Amalric ouvrira le bal avec son vrai-faux biopic sur la chanteuse Barbara, également surnommée l’Aigle Noir. Un joli programme en perspective !

Film d’ouverture : Barbara de Mathieu Amalric

  • La novia del desierto (La Fiancée du désert) de Cecilia Atan & Valeria Pivato (1er film)
  • Tesnota (Étroitesse) de Kantemir Balagov (1er film)
  • Aala Kaf Ifrit (La Belle et la meute) de Kaouther Ben Hania
  • L’Atelier de Laurent Cantet
  • Fortunata de Sergio Castellito
  • Las hijas de Abril (Les Filles d’avril) de Michel Franco
  • Western de Valeska Grisebach
  • Directions de Stephan Komandarev
  • Out de Gyorgy Kristof
  • Avant que nous disparaissions de Kiyoshi Kurosawa
  • La Cordiellera de Santiago Mitre
  • En attendant les hirondelles de Karim Moussaoui (1er film)
  • Lerd de Mohammad Rasoulof
  • Walking Past the Future de LI Ruijun
  • Jeune femme de Léonor Serraille (1er film)
  • Wind River de Taylor Sheridan (1er film)
  • Après la guerre d’Anarita Zambrano

Hors-Compétition :

  • Mugen Non Jûnin (Blade of the Immortal) de Takashi Miike
  • How to Talk to Girls at Parties de John Cameron Mitchell
  • D’après une histoire vraie de Roman Polanski
  • Visages, villages d’Agnès Varda & JR

Séances Spéciales : (Hors Compétition)

Cette année, les séances spéciales seront marquées par une orientation politique forte avec plusieurs projets évoquant notamment la crise migratoire.

  • Carré 35 d’Éric Caravacca
  • Une suite qui dérange, Le Temps de l’action de Bonni Cohen & Jon Shenk
  • 12 jours de Raymond Depardon
  • They d’Anahita Ghazvinizadeh
  • La Caméra de Claire d’Hong Sangsoo
  • Promised Land d’Eugene Jarecki
  • Napalm de Claude Lanzmann
  • Démons au Paradis de Jude Ratnam
  • Sea Sorrow de Vanessa Redgrave
  • Le vénérable W. de Barbet Schroeder

Les séances de minuit : (Hors Compétition)

Moins guindées, ces séances de minuit sont souvent l’occasion de faire la part belle à un cinéma de genre divertissant et original, marqué par l’émergence et la reconnaissance croissante du cinéma sud-coréen. Alors que l’an dernier, on avait projeté le huis-clos post-apocalyptique Dernier train pour Busan, cette année encore le festival réitère en programmant deux films sud-coréens ; une tendance d’ailleurs renforcée par la présence de Park Chan-Wook au sein du jury de la sélection officielle. La Corée du Sud, une nation qui a le vent en poupe chez les cinéphiles

  • The Villainess de Byung-Gil Jung
  • The Merciless de Sung-Hyun Byun
  • A Prayer Before Dawn de Jean-Stéphane Sauvaire

Séance des enfants :  Zombillenium d’Arthur De Pins et Alexis Ducord

Évènements 70ème Anniversaire :

  • Premiers épisodes de Top of the Lake – Saison 2 de Jane Campion & Ariel Kleiman
  • 24 Frames d’Abbas Kiarostami
  • 2 épisodes de Twin Peaks – Saison 3 de David Lynch
  • Nos années folles de André Téchiné
  • Djam de Tony Gatlif
  • Come Swim de Kristen Stewart (court métrage)

Réalité Virtuelle (Film / Installation / Exposition)

  • Carne y Arena d’Alejandro Iñarritu (installation de réalité virtuelle)

Séances événements :

Cette année, la Croisette choisit de rendre hommage à Abbas Kiarostami, artiste iranien décédé en 2016, dont les derniers travaux seront présentés lors d’une séance événement. Grande première également, la projection de deux séries (un phénomène qui confirme la montée en puissance du 8ème art, puisque s’est aussi crée plusieurs festivals consacrés au petit écran comme Cannes Séries dès 2018 ou encore le Festival International des séries de Lille). Une orientation qui laisse Thierry Frémaux sceptique mais qui témoigne de l’évolution des mœurs et de nos modes de consommation.

Cannes 2017 : la sélection de la 56e Semaine de la Critique

Après la consécration de Grave l’an passé, quel film fera le buzz cette année ? Impossible de le dire à l’heure actuelle, mais toujours est-il que cette sélection parallèle, fondée en 1962 et organisée par le syndicat français de la critique de cinéma, réserve souvent de belles surprises, en révélant les jeunes cinéastes du monde entier, d’Iñárritu à Jeff Nichols en passant par Desplechin ou Ozon, aujourd’hui habitués des sélections officielles.

LONGS MÉTRAGES :

  • Sicilian Ghost Story de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza – Film d’ouverture
  • La Familia de Gustavo Rondon Cordova (1er film)
  • Los Perros de Marcela Said
  • Oh Lucy ! de Atsuko Hirayanagi (1er film)
  • Gabriel e a Montanha de Fellipe Gamarano Barbosa
  • Ava de Léa Mysius
  • Tehran Taboo d’Ali Soozandeh – Film d’animation (1er film)
  • Makala d’Emmanuel Gras
  • Brigsby Bear de Dave McCary – Film de Clôture

COURTS MÉTRAGES :

  • Selva de Sofia Quirós Ubeda – Costa Rica/Argentine/Chili
  • Möbius de Sam Kuhn – États-Unis/Canada
  • Real Gods Require Blood de Moin Hussain – Royaume-Uni
  • Jodilerks de la Cruz, Employee of the Month de Carlo Francisco Manatad – Philippines/Singapour
  • Los desherrados (Les déshérités) de Laura Ferrés – Espagne
  • Ela – Szkice na Pozegnanie (Ela – Sketches on a Departure) d’Oliver Adam Kusio – Allemagne
  • Tesla : lumière mondiale de Matthew Rankin – Canada
  • Najpiękniejsze fajerwerki ever (The Best Fireworks Ever) d’ Aleksandra Terpinska – Pologne
  • Les enfants partent à l’aube de Manon Coubia – France
  • Le visage de Salvatiore Lista – France

Séances spéciales :

  • Une vie violente de Thierry de Peretti
  • Petit Paysan de Hubert Charuel (1er film)
  • After School Knife Fight de Caroline Poggi et Jonathan Vinel (court-métrage)
  • Coelho Mau (Mauvais lapin) de Carlos Conceição (court-métrage)
  • Les îles de Yann Gonzales (court-métrage)

Cannes 2017 : la sélection de la 49ème Quinzaine des Réalisateurs

Créée après les événements de mai 68 et organisée par la Société des Réalisateurs de Films, la « Quinzaine« , sélection non compétitive totalement indépendante du festival de Cannes, a aussi pour but de permettre la découverte de nouveaux talents. Parmi les cinéastes révélés par la Quinzaine, on peut citer Michael Haneke, les frères Dardenne ou encore Ken Loach, tous devenus depuis des poids lourds de la Croisette ! Cette année, la sélection sera marquée par la présence de plusieurs cinéastes américains « indés » anti-système mais également par la présence de l’Italie avec ses réalisateurs « néo-néo-réalistes ». Parmi les français, on retrouvera Bruno Dumont, qui revient un an après avoir concouru pour la Palme avec Ma Loute. Avec plusieurs comédies, un film zambien ou encore des transfuges du Festival de Sundance, la Quinzaine promet de faire souffler un vent de fraîcheur sur le tapis rouge ! 

LONGS MÉTRAGES :

  • Un beau soleil intérieur de Claire Denis – Ouverture
  • A Ciambra de Jonas Carpignano
  • Cuori Puri de Roberto De Paolis (1er film)
  • Alive in France d’Abel Ferrara
  • L’Amant d’un jour de Philippe Garrel
  • Bushwick de Cary Murnion & Jonathan Milott
  • Cœurs purs de Roberto De Paolis
  • The Florida Project de Sean Baker
  • Frost de Sharunas Bartas
  • I Am Not a Witch de Rungano Nyoni (1er film)
  • Jeannette, l’enfance de Jeanne d’Arc de Bruno Dumont
  • L’Intrusa de Leonardo Di Costanzo
  • La Defensa del Dragon de Natalia Santa (1er film)
  • Marlina Si Pembunuh Dalam Empat Babak de Mouly Surya
  • Mobile Homes de Vladimir de Fontenay
  • Nothingwood de Sonia Kronlund (1er film)
  • Ôtez-moi d’un doute de Carine Tardieu
  • The Rider de Chloé Zhao
  • West of The Jordan River (Field Diary Revisited) d’Amos Gitai
  • Patti Cake$ de Geremy Jasper  (1er film)Clôture

COURTS MÉTRAGES :

  • Agua Mole de Laura Goncalves & Alexandra Ramires
  • Copa-Loca de Christos Massalas
  • Crème de Menthe De Philippe David Gagné & Jean-Marc E. Roy
  • Farpões, Baldios de Marta Mateus
  • La Bouche de Camilo Restrepo
  • Min Börda de Niki Lindroth Von Bahr
  • Nada de Gabriel Martins
  • Retour à Genoa City de Benoit Grimalt
  • Tangente de Julie Jouve & Rida Belghiat
  • Tijuana Tales de Jean-Charles Hue
  • Trešnje de Dubravka Turić

Séance de remise du Carrosse d’Or à Werner Herzog : Bad Lieutenant, Escale à la Nouvelle Orléans (2009). Récompense spéciale décernée depuis 2002 par la Quinzaine, le Carrosse d’Or mettra cette année à l’honneur le cinéaste allemand qui, pour l’occasion, a choisi que le festival projette une de ses œuvres les plus récentes (2009). Herzog succède à Aki Kaurismäki (2016), Jane Campion (2013), Jim Jarmusch (2008) ou encore David Cronenberg (2006).

Séance spéciale :  A Fabrica de Nada de Pedro Pinho

Cinéfondation 2017

Créée en 1998, Cinéfondation, la section cannoise réservée aux courts métrages, issus des nombreuses écoles de cinéma à travers le monde, a retenu 16 films (14 fictions et 2 animations). Trois Prix seront remis le 26 Mai prochain par un jury présidé par le réalisateur roumain Cristian Mungiu. Selon un communiqué de presse du Festival de Cannes « Cristian Mungiu partage avec le Festival une longue et brillante histoire (…). Ses œuvres ambitieuses examinent au scalpel la nature humaine avec une rare intelligence ». Cristian Mungiu est « l’examinateur rêvé pour faire passer le bac du Festival, c’est-à-dire la Cinéfondation et les courts métrages ». Pour Gilles Jacob, président de la Cinéfondation du Festival de Cannes, « la Cinéfondation a toujours donné aux jeunes cinéastes l’aide et la reconnaissance dont ils avaient besoin en tout début de carrière afin qu’ils s’expriment avec courage et qu’ils puissent trouver leur voie ».

  • Heyvan de Bahman Ark, Iran – 15′
  • Atlantída de Michal Blaško, Slovaquie -30′
  • Lejla de Stijn Bouma, Bosnie-Herzégovine – 22′
  • Vazio do lado de fora d’Eduardo Brandão Pinto, Brésil -22′
  • Tokeru d’Aya Igashi, Japon -45′
  • Afternoon Clouds de Payal Kapadia, Inde -13′
  • À perdre haleine de Léa Krawczyk, France -4′
  • Give up the ghost de Marian Mathias, U.S.A-13′
  • Paul est là de Valentina Maurel, Belgique -24′
  • Camouflage d’Imge Özbilge, Belgique -6′
  • Pequeño manifiesto en contra del cine solemne de Roberto Porta, Argentine -14′
  • Wild Horses de Rory Stewart, Royaume-Uni -26′
  • Láthatatlanul d’Áron Szentpéteri, Hongrie -32′
  • Deux égarés sont morts de Tommaso Usberti, France -27′
  • Yin shian bien jian gon lu de Wang Yi-Ling, Taïwan -28′

Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion (ACID)

Présentée à Cannes depuis 1993, cette programmation repose sur la volonté des cinéastes de donner de la visibilité à des oeuvres et auteurs insuffisamment diffusées et favoriser leur accès aux écrans en leur accordant un suivi important. Lucas Belvaux, Serge Bozon, Yolande Moreau ou encore Justine Triet ont été révélés par l’ACID. Plus obscure que les autres sélections, l’ACID met cette année à l’honneur neuf films de tous horizons et consacre une séance spéciale à l’acteur français Vincent Macaigne, qui à ce titre n’a pas caché sa joie sur les réseaux sociaux, notamment Instagram !

LONGS MÉTRAGES :

  • L’Assemblée de Mariana Otero
  • Avant la fin de l’été de Maryam Goormaghtigh (1er film)
  • Belinda de Marie Dumora
  • Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête de Ilan Klipper
  • Coby de Christian Sonderegger (1er film)
  • Kiss and Cry de Lila Pinell et Chloé Mahieu (1er film)
  • Last Laugh de Zhang Tao (1er film)
  • Sans Adieu de Christophe Agou (1er film)
  • Scaffolding de Matan Yair (1er film)

Séance spéciale :  Pour le réconfort de Vincent Macaigne

ACID TRIP spécial Serbie : 

Petite nouveauté avec la création de la section « Acid Trip », qui donne cette année la carte blanche à la Serbie à travers une programmation exceptionnelle de deux longs et cinq courts.

  • Requiem pour Madame J. de Bojan Vuletic
  • L’Humidité de Nikola Ljuca
  • Dos Patrias de Kosta Ristic (court métrage)
  • Transition de Milica Tomovic (court métrage)
  • Sortie de secours de Vladimir Tagic´(court métrage)
  • A Handful of Stones de Stefan Ivancic´(court métrage)
  • IF I Had It My Way I Would Never Leave de Marko Grba Singh (court métrage)

De Henri-Georges Clouzot à Andrzej Wajda, Cannes Classics 2017 dévoile une belle édition de films à revoir en version restaurée

Depuis 2004, Cannes Classics se penche sur l’histoire du septième art et ses chefs-d’œuvre, qui ont fait la renommée du Festival. Les festivaliers pourront revivre des moments magiques de cinéma avec Blow-up de Michelangelo Antonioni (Grand Prix international du Festival en 1967), L’Homme de fer d’Andrzej Wajda (Palme d’or en 1981), Le Salaire de la peur d’Henri-Georges Clouzot (Grand Prix en 1953) ou encore la Ballade de Narayama de Shôhei Imamura (Palme d’or 1983). À noter parmi les films projetés en copie restaurée, Belle de jour de Luis Bunuel (1967), L’Atalante de Jean Vigo en 4K, Paparazzi de Jacques Rozier, un film de 18 minutes que le cinéaste viendra présenter lui-même ou encore Madame de M… de Max Ophuls (1953) dans une séance hommage à la légendaire comédienne Danielle Darrieux pour célébrer son 100e anniversaire, avec la dernière interview filmée de l’actrice française.

Comme chaque année, Cannes Classics honorera des documentaires. Après celui du cinéaste Bertrand Tavernier consacré au cinéma français, la Belgique sera à l’honneur avec le film-docu présenté en sélection officielle La Belge histoire du Festival de Cannes de Henri de Gerlache décrit comme « un road-movie joyeux à la découverte du cinéma belge présent à Cannes depuis 70 ans ». Henri Gerlache est l’auteur d’une vingtaine de documentaires, dont celui traitant de l’avion solaire de Bertrand Picard Les Ailes du soleil.

Au programme de cette édition 2017 Cannes Classics, section du festival dédiée à l’histoire du cinéma, 24 séances, ainsi qu’un court métrage et cinq documentaires consacrés au cinéma.

À l’occasion de la célébration de sa 70e édition, une brève histoire du Festival de Cannes

De 1946 à 1992, de René Clément à Victor Erice, seize films ayant marqué l’histoire du Festival.

  • 1946 : La Bataille du Rail (Battle of the Rails) de René Clément (1h25, France) : Grand Prix International de la mise en scène et Prix du Jury International.
  • 1953 : Le Salaire de la peur (The Wages of Fear) de Henri-Georges Clouzot (1952, 2h33, France, Italie) : Grand Prix.
  • 1956 : Körhinta (Merry-Go-Round / Un petit carrousel de fête) de Zoltán Fábri (1955, 1h30, Hongrie) : en Compétition.
  • 1957 : Ila Ayn? (Vers l’inconnu ?) de Georges Nasser (1h30, Liban) : en Compétition.
  • 1967 : Skupljači Perja (I Even Met Happy Gypsies / J’ai même rencontré des Tziganes heureux) d’Aleksandar Petrović (1h34, Serbie) : en Compétition, Grand Prix Spécial du Jury, Prix de la Critique Internationale- FIPRESCI ex-aequo.
  • 1967 : Blow-up de Michelangelo Antonioni (1966, 1h51, Royaume-Uni, Italie, États-Unis) : Grand Prix International du Festival.
  • 1969 : Matzor (Siege / Siège) de Gilberto Tofano (1h29, Israël) : en Compétition.
  • 1970 : Soleil O (Oh, Sun) de Med Hondo (1h38, Mauritanie, France) : Semaine de la Critique.
  • 1976 : Babatu, les trois conseils de Jean Rouch (1h33, Niger, France) : en Compétition.
  • 1976 : Ai no korîda (In the Realm of the Senses / L’Empire des sens) de Nagisa Oshima (1h43, France, Japon) : Quinzaine des Réalisateurs.
  • 1980 : All that Jazz (Que le spectacle commence) de Bob Fosse (1979, 2h03, États-Unis) : Palme d’or.
  • 1981 : Człowiek z żelaza (Man of Iron / L’Homme de fer) d’Andrzej Wajda (2h33, Pologne) : Palme d’or.
  • 1982 : Yol – The Full Version (The Way / La Permission) de Yilmaz Güney, réalisé par Serif Gören (1h53, Suisse) : Palme d’or, Prix de la Critique Internationale-FIPRESCI.
  • 1983 : Narayama Bushikō (Ballad of Narayama / La Ballade de Narayama) de Shôhei Imamura (2h13, Japon) : Palme d’or.
  • 1992 : El sol del membrillo (Le Songe de la lumière) de Victor Erice (2h20, Espagne) : Compétition, Prix du Jury, Prix de la Critique Internationale- FIPRESCI.
  • 1951-1999 : Une brève histoire des courts métrages présentés par le Festival de Cannes. Un programme préparé par Christian Jeune et Jacques Kermabon.

D’autres événements, d’autres films restaurés, d’autres invités

  • Madame de… de Max Ophüls (1953, 1h45, France)
  • L’Atalante de Jean Vigo (1934, 1h28, France) en copie restaurée 35mm
  • Native Son (Sang noir) de Pierre Chenal (1951, 1h47, Argentine)
  • Paparazzi de Jacques Rozier (1963, 18mn, France)
  • Belle de jour (Beauty of the Day) de Luis Buñuel (1967, 1h40, Espagne-France)
  • A River Runs Through It (Et au milieu coule une rivière) de Robert Redford (1992, 2h04, États-Unis)
  • Lucía de Humberto Solas (1968, 2h40, Cuba)

Documentaires sur le cinéma

  • La belge histoire du festival de Cannes (The Belgian’s Road to Cannes) de Henri de Gerlache (2017, 1h02, Belgique)
  • David Stratton- A Cinematic Life de Sally Aitken (2017, 1h37, Australie)
  • Filmworker de Tony Zierra (2017, 1h29, États-Unis)
  • Becoming Cary Grant (Cary Grant – De l’autre côté du miroir) de Mark Kidel (2017, 1h25, France)
  • Jean Douchet, l’enfant agité de Fabien Hagège, Guillaume Namur, Vincent Haasser (2017, 1h30, France)

 

Noma au Japon, un documentaire de Maurice Dekkers : critique

L’aventure gastronomique nipponesque du meilleur restaurant du monde, Noma, est relaté dans Noma au Japon, un film-documentaire réalisé par Maurice Dekkers.

Synopsis : Janvier 2015. Le Noma vient de recevoir pour la 4ème fois le titre de meilleur restaurant du monde. Le chef, René Redzepi, décide de fermer son restaurant de Copenhague pour ouvrir une résidence de deux mois à Tokyo, au Japon. Le but : proposer un menu exceptionnel de plats spécialement conçus pour l’occasion. René Redzepi et sa brigade ont six semaines pour créer de toutes pièces un menu unique et novateur en harmonie avec la culture japonaise, avec des produits et des saveurs qu’ils ne connaissent pas. Une course contre la montre s’engage.

Noma-au-Japon-lars-williams-documentaire-maurice dekkersFort d’une réputation d’excellence, le restaurant danois Noma, s’est lancé un défi titanesque à la hauteur de sa stature : poser ses valises le temps d’un hiver au pays du soleil levant. Mené par le chef cuisinier René Redzepi, c’est toute l’équipe Noma qui participa à l’aventure (63 personnes en tout, comprenant sous-chefs, serveurs, managers, commis et la famille proche). Toutefois, la pression de ce challenge reposa principalement dans les mains des assistants de Redzepi : Lars Williams son bras droit, Rosio Sanchez, Thomas Frebel, Dan Giusti et Kim Mikkola.

Le restaurant pop-up ouvrit ses portes le 9 janvier 2016, au 37ème étage du Mandarin Oriental, un hôtel de luxe à Tokyo. Mais cette expérience ne fut pas sans effervescence. Après deux ans de préparations, l’équipe commença à débarquer au Japon en décembre 2015, avec pour consigne de s’imprégner de la culture japonaise afin de créer un menu innovant et créatif. Ce fut dès lors le début d’une expédition culinaire sur le sol nippon pour nos cuisiniers explorateurs. De la dégustation d’écorces et de champignons dans leurs éléments naturels sur les monts Hakkoda au marchand local de kiwis sauvages, en passant par le marché aux poissons, ce sont des aliments surprenants qui finirent sur la carte du restaurant. Les plats plus exceptionnels les uns que les autres (lotte croustillante -fumée et gelée- arrosée d’une sauce au kiwi sauvage, tarte composée d’oursins de mer frais, etc.) témoignent de l’intense investigation de l’équipe de Redzepi dont le but était de se dépasser mais aussi de rendre honneur à la cuisine japonaise. Servies sur un lit de glace, les crevettes précieusement recouvertes de fourmis vivantes dont on promit des saveurs issues Noma-au-Japon-ants-on-a-shrimp-documentaire-maurice dekkersde la forêt de Nagano, est le premier plat du menu (composé de 14 services) du Noma japonais et un bel exemple de cette prouesse créative et esthétique.

Élu « meilleur restaurant du monde » en 2010, 2011, 2012 et 2014 par la revue britannique Restaurant, Noma, qui compte généralement plus de 100 000 demandes de réservations par mois chez lui, à Copenhague, obtint plus de 60 000 requêtes pour ce restaurant éphémère. Au final, le film-documentaire Noma au Japon est une véritable immersion dans les coulisses d’un des plus grands restaurants du monde. Avec un travail novateur de poids et une implication sans faille des chefs de Noma, on se rend vite compte que ces derniers sont des magiciens qui font de ce restaurant d’envergure, un lieu d’exception où l’art culinaire est le maître mot.

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Bande Annonce : Noma au Japon

Fiche Technique : Noma au Japon

Titre original : Ants on a shrimp
Réalisation : Maurice Dekkers
Musique : Nicolas Jaar, Halfdan E, Shigeru Umebayashi
Sociétés de production : BlazHoffski, Dahl TV
Production : Dan Blazer, Nelsje Musch-Elzinga, Marc Blazer, Maurice Dekkers
Montage : Pelle Asselbergs
Distributeur : Urban Distribution
Genre : Documentaire

Pays-Bas – 26 avril 2016

Incarnate, un film de Brad Peyton : critique

Incarnate, où comment une idée de départ assez intéressante peut être massacrée par de piètres choix de mise en scène.

Synopsis : Le docteur Ember possède une capacité étrange et perturbante : il peut entrer dans l’esprit de personnes possédées pour les libérer des entités qui les parasitent. Le Vatican entre en contact avec lui pour s’occuper du cas d’un garçon, Cameron, dont la psyché est emprisonnée par un archidémon.

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Le principe qui sert de point de départ à Incarnate aurait pu donner un film intéressant. Le docteur Ember rentrant dans le subconscient des personnes possédées, le spectateur pense inévitablement à un mélange entre Inception et Insidious. Et le film joue sur les deux références. D’un côté, il y a le rapport compliqué entre rêve et réalité, entre le monde du subconscient et le monde véritable, avec la nécessité d’avoir un objet concret qui permette de savoir de quel côté de la frontière mentale on se trouve. D’un autre côté, le film reprend les codes habituels du film de possession, les démons aux yeux entièrement noirs et à la voix rauque, les personnages qui volent dans la pièce, etc. On entend même un personnage faire une référence directe à L’Exorciste.

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Hélas, si l’idée de départ est intéressante, le résultat final est plutôt lamentable. Les choix artistiques plombent tous les effets potentiels. Ainsi, le cinéaste, Brad Peyton (qui nous avait déjà prouvé son absence de talent avec Voyage au centre de la Terre 2 et surtout San Andreas) décide de ne pas perdre de temps : il cherche à nous faire peur dès la scène d’ouverture en nous montrant tout de suite le démon et la possession du jeune Cameron. Ainsi, tout le travail, absolument nécessaire dans un film d’horreur, d’installation d’une ambiance, d’une atmosphère glauque ou étouffante, est passé à la trappe. Le réalisateur confond vitesse et précipitation et manque complètement son effet. Il lui sera impossible, par la suite, de rattraper cette erreur : Incarnate reste un film poussif dans lequel on s’ennuie et où non seulement l’horreur, mais même l’angoisse sont totalement absentes.

Le scénario cumule des scènes que les amateurs du genre ont déjà vu des centaines de fois. Le scénariste tente bien d’implanter un ou deux retournements de situation, mais c’est tellement cousu de fil blanc que l’effet de surprise ne fonctionne pas et cède la place au ridicule.

Quant aux personnages, ce n’est pas tant leur côté caricatural qui gêne. Dans la production du genre, Incarnate se révèle vite être un des films les plus mal interprétés de ces dernières années. Aaron Eckhart surjoue l’homme blessé qui cherche à se venger en faisant une trogne qui serait hilarante dans d’autres circonstances. Carice Van Houten (qui a quand même quelques belles performances à son actif, comme l’excellent Black Book de Paul Verhoeven) se contente, elle, de ne pas jouer du tout, n’exprimant aucune émotion et se contentant de regarder à la télévision la diffusion de l’exorcisme de son fils.

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Seule nouvelle plutôt positive : le budget relativement restreint du film (estimé à 5 millions de dollars par imdb) empêche le cinéaste de déployer toute une avalanche d’effets spéciaux, et c’est sûrement une très bonne idée. Il faut bien admettre que les rares trucages que l’on voit dans Incarnate sont tellement pitoyables qu’on regrette vite leur présence.

En bref, Incarnate est un exemple de plus de ce type de films qui plombent le genre du cinéma d’horreur, à la fois par la banalité de leur modèle, déjà vu des dizaines de fois, et par leur absence de créativité artistique.

Incarnate : Bande annonce

Incarnate : Fiche Technique

Réalisation : Brad Peyton
Scénario : Ronnie Christensen
Interprétation : Aaron Eckhart (Doncteur Ember), Carice Van Houten (Lindsey), Catalina Sandino Moreno (Camilla), David Mazouz (Cameron), Keir O’Donnell (Oliver).
Photographie : Dana Gonzales
Montage : Jonathan Chibnall, Todd E. Miller
Musique : Andrew Lockington
Production : Jason Blum, Trevor Engelson, Michael Seitzman
Sociétés de production : IM Global, Blumhouse Productions, WWE Studios, Deep Underground Films
Sociétés de distribution : BH Tilt, Universal Pictures
Budget : 5 millions de dollars
Genre : fantastique, horreur
Durée : 91 minutes
Sortie en France : 29 janvier 2017 (Festival de Gérarmer), 19 avril 2017 (VOD)

USA- 2016

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Broadchurch, une série de Chris Chibnall, saison 3 : Critique

Beaucoup crient au parfait retour de l’excellente et captivante meilleure série policière jamais réalisée avec cette saison 3 de Broadchurch, qui, en revenant aux fondamentaux, procure angoisse et fascination.

Synopsis : Trois ans ont passé depuis la mort de Danny Latimer et le procès de Joe Miller, qui l’a vu ressortir libre. Alec Hardy et Ellie Miller ont une nouvelle affaire : Patricia Winterman a été violée lors d’une soirée et les premiers éléments indiquent qu’un prédateur sexuel est dans les environs de Broadchurch.

broadchurch-trish-winterman-cell-saison-3Deux trop longues années ont suffit par nous faire regretter passionnément les enquêtes de Miller et Hardy, le duo le plus électrique et stimulant jamais vu depuis Fox et Mulder, surtout grâce aux interprétations magistrales et sans failles de David Tennant et Olivia Coleman. Si la deuxième saison centrée sur le procès de Joe Miller, le mari du sergent Ellie et présumé coupable de meurtre du petit Dany Latimer sur fond de pédophilie, la troisième s’ouvre sur un autre sujet de société tout aussi tabou, le viol. Trish Winterman joué brillamment par Julie Hesmondhagh (Cucumber, Happy Valley) est une mère de famille qui, perdue au milieu du port, est recueillie par la police et prise en soin, car violée deux jours auparavant. Beth Latimer, dont le deuil semble être fait, travaille à présent dans une agence sociale d’aide aux personnes en crise et prend sous son aile la quadragénaire au regard de chien battu. La fille d’Alec est revenue vivre avec lui, mais est relativement maltraitée par des élèves de son lycée. Ellie est aidée de son père pour s’occuper de ses deux enfants. Mark n’a toujours pas tourné la page et cherche par tous les moyens, quitte à s’éloigner de sa famille, à faire justice. D’autres portraits font parti du puzzle mis en place : la meilleure amie de la victime, employée également dans la même épicerie qui fête ses 50 ans dans un manoir grandiose, et son mari coureur de jupon, le directeur de cette épicerie obsédé par Trish, son ex-mari, le chauffeur de taxi, un adolescent retord, un autre en réserve, un ancien violeur relâché, sans oublier les anciens, l’ex-rédactrice en chef, le prêtre… Ces fils tendus telle une toile d’araignée à la Agatha Christie constitue tout un nouveau microcosme tout aussi puissant et hétéroclite que la première saison. Le doute s’installe sur chacun d’entre eux pour terminer sur une totale surprise comme sait si bien le faire le créateur et scénariste britannique Chris Chibnall.

La splendeur des falaises des plages de West Bay couplée à la composition délicate, poétique et emportée de Olafur Arnald provoque encore chez le spectateur à la fois douce nostalgie et frisson de dépaysement. Entre souvenirs familiers et instabilité émotionnelle suite à cette nouvelle intrigue riche et brillamment écrite, Broadchurch compose une dense enquête autour du regard toujours pesant d’hommes naturellement surprotecteurs, sexistes ou désespérés. À l’exception que toutes ces peintures masculines compose un microcosme homogène, hétéroclite et représentatif de notre société. Même l’inspecteur Hardy, brut et opiniâtre, reste vulnérable face à sa fille victimisée dans son nouveau lycée ou face à la solitude affective. On regrette que les scénaristes n’aient pas donné plus de consistance après le seul date qu’il a eu avec une blonde inconnue tout autant stressée. Sa partenaire de jeu Olivia Coleman témoigne une fois de plus de l’étendue magistrale de son talent. À la fois, sensible pour toutes ces femmes violées (les yeux humides), sincère et tout autant loyale, carrée et intransigeante dans sa profession et plus légère envers son collègue, leurs répliques sont délicieuses et toujours sources de rictus. Il aurait peut-être été trop utopique ou déplacé d’envisager une idylle entre les deux, mais quoiqu’il en soit la fin de la saison rudimentaire et poignante sonne comme une ouverture, malgré la conclusion affirmée du créateur et scénariste Chris Chibnall.

Après s’être attaqué à la pédophilie ou aux erreurs judiciaires, la saison 3 de la série Broadchurch tape tout aussi fort avec le viol. Sans jamais être moralisateur, le message fictionnel qui s’en dégage sonne plus que juste. Atteint de grâce, cette dernière saison ne manquera pas de marquer toute une génération de sériesphiles qui pleure une des meilleurs, si ce n’est « la », série policière dramatique de ces dix dernières années.

Série Broadchurch : récap et trailer saison 3

Fiche Technique : Broadchurch

Créateur et showrunner : Chris Chibnall
Réalisateurs : Paul Andrew Williams (1, 2, 3, 7 et 8), Daniel Nettheim (4,5), Liz Arnold (6)
Scénaristes : Chris Chibnall
Interprétation : David Tennant : Inspecteur principal Alec Hardy, Olivia Colman : sergent Ellie Miller, Jodie Whittaker : Beth Latimer, Andrew Buchan : Mark Latimer, Julie Hesmondhalgh : Trish Winterman, Sarah Parish : Cath Atwood, Mark Bazeley : Jim Atwood, Lenny Henry : Ed Burnett, Charlotte Lucas : Sarah Elsey, Charlie Higson : Ian Winterman, Georgina Campbell : DC Katie Harford, Mariah Gale : Caroline Hughes, Kelly Gough : Laura Benson, Hannah Rae : Daisy Hardy, Sunetra Sarker : Sahana Harrison, Chris Mason : Leo Humphries, Jim Howick : Aaron Mayford, Richard Hope : Arthur Tamworth, Hannah Millward : Leah Winterman, Sebastian Armesto : Clive Lucas, Becky Brunning : Lindsay Lucas, Deon Lee-Williams : Michael Lucas
Photographie :  Matt Gray et John Conroy
Musique : Ólafur Arnalds
Format : 8 x 45
Date de diffusion : du 27 février au 17 avril 2017
Chaîne d’origine : ITV
Genre : Drame Policier

Angleterre – 2017

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La colère d’un homme patient, un film de Raúl Arévalo : critique

Le mois d’avril serait-il le mois des thrillers espagnols ? Après L’homme aux mille visages d’Alberto Rodriguez, c’est au tour du débutant Raúl Arévalo de débarquer sur le territoire français avec son premier film, La colère d’un homme patient.

Synopsis : Un braquage qui a mal tourné a mené Curro à 8 ans de prison. À sa sortie de prison, il va faire la connaissance de José, un homme silencieux prêt à tout pour se venger.

la-colere-d-un-homme-patient-antonio-de-la-torre-ruth-diazLe thriller a eu son heure de gloire aux derniers Goyas. Si Alberto Rodriguez a confirmé les espoirs posé en lui avec La Isla Minima avec son L’homme aux mille visages, c’est bien le jeune Raúl Arévalo qui a remporté le gros lot avec le Goya du meilleur film, du meilleur scénario original ainsi que du meilleur nouveau réalisateur pour son long-métrage La colère d’un homme patient. Si les deux films partagent donc un genre commun et un beau petit palmarès, ils n’en sont pas moins très différents dans leurs ambitions et leurs constructions. Si L’homme aux mille visages était une reconstitution à la narration très factuelle d’un fait divers ayant ébranlé l’Espagne dans les années 90, le film de Arévalo est un polar brut, qui sous son apparence assez classique fait la part belle à son personnage principal.

Il est très facile de dresser le portrait du film à partir des mots qui composent le titre français. « Patient » dans un premier temps, car outre le fait que le vengeance de José prend 8 ans à se mettre en place, cela peut très bien s’appliquer au rythme qu’impose Raúl Arévalo. En effet, le cinéaste ibère prend son temps à mettre en place le contexte dans lequel va évoluer le film. Après une scène d’introduction montrant le braquage à partir duquel tout va découler, le réalisateur va entreprendre de dresser le portrait du microcosme dans lequel va se dérouler son œuvre. En utilisant un découpage en chapitre ayant des noms simples tels que Le Bar ou la Famille, Arévalo va pouvoir dessiner les caractéristiques de son personnage principal José, un homme taciturne qui a l’air de vivre dans une routine s’articulant autour des parties de cartes au bar de son pote Juanjo, de visite à l’hôpital pour voir son père dans le coma, ou de petit flirt avec Ana la soeur de son ami. Ces petits chapitres très courts oscillant autour de 5-10 minutes vont donc permettre au cinéaste de bien cerner le personnage de José sans  véritablement le faire parler.la-colere-d-un-homme-patient-antonio-de-la-torre-luis-callejo

Ce qui nous amène au deuxième mot important du titre : « L’homme ». Là encore Raúl Arévalo prend un parti pris intéressant en focalisant son récit sur ses personnages. Que cela soit dans sa construction avec, pour en revenir sur l’histoire des chapitres, deux chapitres portant le nom de personnes : Ana et Curro, le mari d’Ana ayant fait de la prison. Mais c’est surtout au travers de sa mise en scène que cette mise en avant de l’homme va être la plus flagrante. Le cinéaste espagnol ne va donc pas hésiter à sacrifier tout sens du spectaculaire pour se placer au plus près de ses personnages. La première séquence du film en est symptomatique. Elle nous place sur la banquette arrière du véhicule de Curro, qui joue le rôle du conducteur attendant le retour de ses complices braqueurs. Au lieu de nous offrir une course poursuite comme bon nombre de thrillers ont le loisir de le faire, Raúl Arévalo va laisser sa caméra sur cette banquette arrière tout le long de la poursuite entre Curro et la police. Résultat on se retrouve avec un plan séquence donnant une forte d’impression d’immersion et nous permettant de vivre ce moment capital pour la vie de Curro au plus près de lui. Ce n’est bien évidemment pas le seul exemple et de nombreux effets du même style vont être utilisés tout au long du film pour garder cette proximité avec ses personnages. Parmi les plus importants on retrouve donc les cadrages très serrés sur les protagonistes, Arévalo n’ayant que très rarement recours au plan large, ou ces longs passages en caméra épaules où le réalisateur va suivre de dos son personnage lors de ses rendez-vous habituels ou de sa croisade vengeresse.

Ce qui nous amène forcément au dernier mot qui est également le titre du dernier chapitre et qui va occuper toute la dernière heure du film : « La colère ». Car oui, La colère d’un homme patient est avant tout un film de vengeance. La vengeance d’un homme sans histoire qui a tout perdu au cours d’un braquage, et qui va tout faire pour faire payer les responsables. Accompagné de Cuarro, José va donc partir en quête de ces hommes et sa vengeance va prendre l’allure d’un road-trip nihiliste où José n’a qu’une seule envie, en finir avec cette histoire. Le rythme imposé par Arévalo est toujours présent, et permet de rendre les rencontres entre José et ses victimes particulièrement pesantes. Cela s’exprime grâce à de longues discussions rendant l’atmosphère lourde par l’insouciance de la victime qui ne sait pas qu’une épée de Damoclès traîne au-dessus de sa tête. C’est alors à ce moment que la colère prend tout son sens avec ces éclairs de violences brutaux qui rompent avec le reste du film. Malgré ces ruptures particulièrement efficaces, la quête vengeresse de José reste des plus classiques.

La colère d’un homme patient offre donc un traitement particulier du thème de la vengeance. Se concentrant avant tout sur les personnages, le cinéaste Raúl Arévalo essaie d’offrir un réalisme des plus saisissants et cela même au travers du grain de l’image. Malheureusement son histoire assez simpliste avec des retournements un peu facile, ainsi que son rythme exigeant empêchent de rendre le film véritablement marquant. 

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La colère d’un homme patient : Bande-Annonce

La colère d’un homme patient : Fiche technique

Titre original : Tarde para la ira
Réalisation : Raúl Arévalo
Scénario : Raúl Arévalo, David Pulido
Interprétation : Antonio de la Torre ( José), Luis Callejo ( Curro), Ruth Diaz ( Ana), Manolo Solo ( Triana), Alicia Rubio (Carmen), Raúl Jiménez ( Juanjo)
Musique : Lucio Godoy
Photographie : Arnau Valls Colomer
Sociétés de production : La Canica films, Radio Telivision Espanola
Durée : 92 min.
Genre : Thriller
Date de sortie : 26 Avril 2017
Espagne– 2016

 

Sortie DVD et Blu-ray de Dragon Inside Me : Un monstre plein d’amour

Ce 9 mai, sort en DVD et Blu-ray Dragon Inside Me, un film fantastique russe adapté d’un célèbre roman local titré « The Ritual ». Une variation très héroïc-fantasy de notre mythe de La Belle et la Bête réalisée par Indar Dzhendubaev et produite par ce cher Timour Bekmambetov !

Synopsis : Dans un village portuaire médiéval, tout le monde vante le courage d’un célèbre « Tueur de dragon » qui a les sauvé quelques années auparavant. Une jeune fille est sur le point d’en épouser le descendant quand elle est enlevée par un immense dragon noir. A son réveil, elle rencontre un charmant jeune homme à qui elle ne cache pas son assurance d’être rapidement sauvée par son fier fiancé.

Le Dragon qui venait du froid

Le nom d’Indar Dzhendubaev ne devrait parler qu’aux plus courageux d’entre vous qui se sont amusés à retenir l’intégralité de l’équipe technique d’Abraham Lincoln : Chasseur de vampires, dont il a cosigné les storyboards. La précision n’est pas anodine puisque c’est Timour Bekmambetov (qui, rappelons-le, a depuis réalisé Ben-Hur et produit Hardcore Henry… mais aussi un La Reine des Neiges 2 réservé au dragon-inside-me-Matvey-Lykovmarché vidéo russe !) qui lui offre l’occasion de signer sa première réalisation. Le projet aurait pu sembler ambitieux puisqu’il s’agit d’adapter un best-seller populaire : un conte pour enfants autour d’une jolie princesse qui tombe amoureuse d’un joli garçon qui se transforme en effrayant dragon.

La malédiction de ce charmant inconnu apparait dans un premier temps comme un frein à leur relation, la jeune femme ayant été bercée par des récits épiques dans lesquels les dragons étaient tous d’impitoyables tueurs d’enfants. Ressort narratif commun à de nombreuses fables romantiques : le syndrome de Stockholm va rapprocher les deux tourtereaux jusqu’à les faire tomber dans les bras l’un de l’autre. Les enjeux sont biaisés et naïfs, mais n’oublions pas que le public-cible reste enfantin, et que le charme opère grâce à des dialogues tout en délicatesse.

Autre point positif à accorder à ce Dragon Inside Me : l’humilité de sa production-design. Alors qu’il aurait pu prendre des atours plus épiques, en particulier dans sa première partie, et multiplier des effets visuels qui piquent les yeux, il restera sobre… jusqu’à sa scène finale délicieusement outrancière. La créature numérique et les décors restent visuellement viables. Ce que l’on retient le plus est le jeu des deux jeunes acteurs principaux et, force est de constater que Matvey Lykov et Mariya Poezzhaeva parviennent à assurer une certaine sensibilité sans tomber dans le surjeu lacrymal. Deux arguments qui éloignent cet étonnant film fantastique du nanar que l’on pouvait craindre.

Sympathique moment à passer en famille, Dragon Inside Me apparait comme une alternative made in Russia aux productions Disney.

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dragon-inside-me-jacquette-DVDCaractéristiques techniques du DVD:
Langues : français et russe 5.1 Dolby Digital
Sous-titres : Français
Durée : 103 minutes
DVD 9
Format 2.35
16/9ème compatible 4/3
Couleur

Caractéristiques techniques du BD :
Langues : français et russe 5.1 DTS HD
Sous-titres : Français
Durée : 103 minutes
Blu-ray simple couche
Format 2.35
16/9ème compatible 4/3
Couleur

 Dragon Inside Me : Bande-annonce

Dragon Inside Me : Fiche technique

Titre original : On – drakon
Réalisation : Indar Dzhendubaev
Scénario : Sergey Dyachenko et Marina Dyachenko
Interprétation : Matvey Lykov (Arman), Mariya Poezzhaeva (Mia), et Pyotr Romanov (Igor)…
Production : Timur Bekmambetov
Distributeur : Condor
Durée : 103 minutes
Genre : Aventure, fantastique, romance
Date de sortie du DVD : 9 mai 2017
Russie – 2015

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Feud saison 1, une série de Ryan Murphy : critique

Feud saison 1, la nouvelle anthologie de Ryan Murphy s’est achevée ce dimanche 23 avril. Il est temps de dresser le bilan de cette première saison centrée sur la rivalité de deux grandes actrices des années 40, Joan Crawford et Bette Davis.

Synopsis : Après les années 50, les actrices Joan Crawford et Bette Davis n’arrivent plus à obtenir des rôles dignes de leur statut de star. Crawford découvre un scénario dont le potentiel pourrait lui faire retrouver sa gloire passée. Malgré leur rivalité, les deux actrices vont s’associer avec Robert Aldrich pour réaliser le film Qu’est-il arrivé à Baby Jane afin de prouver au monde entier qu’elles ont autant de talent que ces nouvelles actrices plus jeunes en train de prendre leur place…

Hommage à deux stars mythiques

feud-saison-1-affiche-posterOn ne présente plus Ryan Murphy, enchainant les succès, notamment sur FX. Après American Crime Story, qui rempile pour sa troisième anthologie, le réalisateur poursuit son ascension avec Feud, dont le thème de chaque saison sera de se consacrer à une rivalité célèbre.
Ainsi Feud saison 1, intitulé Bette and Joan, racontera la relation sous tensions de deux des plus grandes actrices de cinéma en leur temps, Joan Crawford et Bette Davis, icônes des années 40. A travers ces deux mythes, il fallait bien un casting d’excellence. Nous retrouvons donc Susan Sarandon dans le rôle de Bette Davis et, la muse de Ryan Murphy, Jessica Lange, qui collabore une nouvelle fois avec le créateur de American Horror Story en reprenant les traits de Joan Crawford.

L’intrigue est bien ficelée, retraçant tous les événements qui ont eu lieu pendant le tournage de Qu’est-il arrivé à Baby Jane, jusqu’aux mésaventures de la production du long-métrage Chut… chut, chère Charlotte. Cependant, Ryan Murphy va encore plus loin dans son analyse. En effet, il ne s’agit pas uniquement de mettre en avant les rancunes entre ces deux talents mais principalement de montrer la souffrance de Davis et Crawford, qui ont tout fait pour rester dans la lumière. Surtout à cette époque où il était difficile pour les actrices, dépassant un certain âge, de rester des vedettes hollywoodiennes. Il s’agit des pionnières à défendre l’idée qu’en dépassant la cinquantaine, elles peuvent toujours jouer des rôles convaincants et aussi puissants que de plus jeunes actrices. Aujourd’hui justement, Susan Sarandon et Jessica Lange font elles-mêmes parties des personnalités reconnues, toujours soutenues et appréciées après toutes ces années.
Elles n’ont plus rien à prouver, et réussissent à représenter ces deux actrices à la perfection. Elles reflètent les différentes facettes de Crawford et Davis sans exagération, nous permettant d’autant plus de nous émouvoir devant les difficultés qu’elles ont du subir.

feud-saison-1-jessica-lange-susan-sarandonComme dans ses précédentes séries, Murphy met les moyens dans l’écriture et la production de Feud pour en faire une anthologie crédible, vers un succès sur le long terme. La photographie et la réalisation de Ryan Murphy nous immerge complètement dans le Hollywood des années 60 et traite avec intelligence du contexte de l’époque où il était plus difficile pour les femmes de s’imposer dans l’industrie du cinéma.
On ressent, tout au long de cette première saison, l’amour qu’il montre pour ces deux femmes mythiques, mais aussi une certaine proximité avec Susan Sarandon et Jessica Lange, créant ainsi un véritable hommage.
Le meilleur épisode de la série sera probablement le dernier retraçant les instants ultimes de Joan Crawford, affaiblie et qui choisit de s’isoler des studios tandis que Bette Davis tente de se reconvertir à la télévision. Ce final assez amer montre à quel point il pouvait être futile pour ces deux actrices de se détester alors qu’elles réalisent finalement qu’elles présentent de vraies similitudes. Toutes deux incomprises, elles ont souffert de leur solitude, et aurait pu être amies comme le révèle la dernière minute.

Feud : Bette and Joan est une réussite. Peut-être moins militante que American Crime Story mais tout aussi importante avec un vrai sujet à traiter. Ryan Murphy s’est fondé un véritable empire depuis la fin de Glee à travers ses trois anthologies diffusées sur le network FX.
La saison 2, focalisée sur la relation entre le prince Charles et sa première épouse Diana Spencer, est prévue pour 2018.

La première saison de Feud a réuni, en moyenne, 1,3 millions de téléspectateurs avec un taux de 0,34 chez les 18/49 ans.

Feud saison 1 : Bande-annonce

Feud saison 1 : Fiche Technique

Créateurs : Ryan Murphy, Jaffe Cohen, Michael Zam
Réalisateurs : Ryan Murphy, Gwyneth Horder-Payton, Helen Hunt, Liza Johnson, Tim Minear
Interprétation : Jessica Lange (Joan Crawford), Susan Sarandon (Bette Davis), Judy Davis (Hedda Hopper), Jackie Hoffman (Mamacita), Alfred Molina (Robert Aldrich), Stanley Tucci (Jack Warner), Alison Wright (Pauline Jameson)
Direction artistique : Jamie Walker McCall
Décors : Florencia Martin
Costumes : Lou Eyrich
Musique : Mac Quayle
Producteurs : Ryan Murphy, Tim Minear, Dede Gardner
Format : 8 épisodes de 50 minutes
Diffusion : FX
Genres : dramatique, anthologie

États-Unis – 2017

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Après la tempête, un film de Hirokazu Kore-Eda : Critique

Continuant de creuser le sillon de son cinéma attaché aux dynamiques familiales et à leurs dysfonctionnements, Hirokazu Kore-Eda livre avec son dernier film, Après la Tempête, une œuvre mineure et convenue.

Synopsis : Malgré un début de carrière d’écrivain prometteur, Ryota accumule les désillusions. Divorcé de Kyoko, il gaspille le peu d’argent que lui rapporte son travail de détective privé en jouant aux courses, jusqu’à ne plus pouvoir payer la pension alimentaire de son fils de 11 ans, Shingo. A présent, Ryota tente de regagner la confiance des siens et de se faire une place dans la vie de son fils. Cela semble bien mal parti jusqu’au jour où un typhon contraint toute la famille à passer une nuit ensemble…

Tel père, tel fils

Le destin d’un film est d’une fragilité inouïe. Le dernier film du japonais Hirokazu Kore-Eda, Après la Tempête, ne déroge pas à ce constat. L’opus est sorti dans le proche sillage de deux autres films très similaires, soit servis par les mêmes acteurs, soit centrés sur la même thématique de la perte et des liens familiaux complexes : d’abord, Les Délices de Tokyo de Naomi Kawase, un film naturaliste interprété magistralement par la grande Kirin Kiki, présente également dans Après la tempête,  puis Harmonium de Kôji Fukada, un faux thriller et vrai drame familial qui n’est vraiment pas sans rappeler l’univers de Kore-Eda, et dont certains acteurs sont également présents dans son film. Cette proximité peut brouiller la lecture de ce nouvel opus, d’où cette évocation d’une certaine fragilité

apres-la-tempete-hirokazu-koreeda-film-critique-hiroshi-abe-kirin-kikiVoilà donc un film, pas tellement différent de ce que son auteur a déjà réalisé, dans sa manière de raconter une histoire familiale très simple, sur la base d’un scénario plutôt ténu, une histoire faite de quotidiens d’où l’écueil et le dysfonctionnement dépassent à peine. Peut-être qu’à la différence des précédents, le cinéaste a davantage encore désossé son dispositif, et l’enfant, qui est souvent le fil conducteur du récit dans ses films, n’est pas le personnage central ici. Ce parti pris de la figure enfantine apportait d’emblée un capital émotionnel substantiel à chacun de ses films.

Ici, la question de la transmission reste très présente, mais l’enfant n’est pas un enfant; c’est un adulte, grand à tous les sens du terme. Ryota, interprété par Hiroshi Abe, celui-là même de Still Walking, l’un des précédents films de Kore-Eda qui en serait le plus proche, l’un des plus remarquables aussi, vient à la fois de perdre son père et d’être quitté par sa femme Kyôko (Yoko Maki, déjà aperçue dans Tel père, tel fils). Récipiendaire quinze ans auparavant d’un vague prix littéraire dont personne ne se rappelle jamais du nom, tant il fut insignifiant, il vivote depuis, incapable d’écrire à nouveau, rongé par l’addiction au jeu, et dont le poste de détective privé lui sert essentiellement à espionner son ex-femme et son sémillant nouveau boyfriend, ainsi que Shingo (Taiyo Yoshizawa), son propre fils. apres-la-tempete-hirokazu-koreeda-film-critique-hiroshi-abe-taiyo-yoshizawaRyota est comme écrasé par sa propre inertie, inapte à la société, reproduisant en cela son propre père, joueur lui aussi, obligé de mettre au clou le peu de biens qu’il possède, et incapable d’extirper sa famille et ses enfants du HLM où il aura vécu jusqu’à son décès (et où Kore-Eda lui-même a également vécu pendant de longues années).

Un film dans la veine de tous les autres donc, et pourtant, le cinéaste peine à le faire vivre. Après la Tempête manque singulièrement de dynamisme, et la mise en scène peu inspirée achève de le rendre peu passionnant. Les incursions dans la vie sociale de Ryota (l’addiction aux courses, le boulot de détective de troisième zone) ne font que diluer encore le récit, plutôt que le renforcer. Évoquant pourtant toujours le cinéma d’Ozu dans cette capacité à faire émerger les mini-drames du quotidien, dans cette part belle laissée au personnage pour respirer, Kore-Eda a du mal cette fois-ci à convaincre. Le personnage de Ryota lui-même n’amène aucune empathie, sans doute par excès de caricature.  Celui de la sœur aînée, une femme sans complaisance vis-à-vis de son frère, pas davantage. L’ex-femme, jolie et résignée manque singulièrement d’étoffe. Et surtout le personnage de Yoshiko, la mère, pourtant la lumière et l’esprit de ce film un peu atone, non seulement est archétypal, mais Kirin Kiki, sans rien enlever à son talent, semble être en pilotage automatique pour un rôle maintes fois joué par elle, notamment dans Still Walking où elle jouait déjà le rôle de la mère de Hiroshi Abe, et également dans le récent Délices de Tokyo. Du coup, on a la fâcheuse impression d’une redite, empêchant d’apprécier pleinement les subtilités de ce personnage d’une mère aimante mais qui n’en pense pas moins. 

apres-la-tempete-hirokazu-koreeda-film-critique-hiroshi-abe-yoko-makiAlors que la presse unanime vante Après la tempête comme étant un des meilleurs films du cinéaste, sans doute par opposition aux précédents qui peuvent paraître un peu trop sirupeux à son goût, sans doute aussi par la thématique du déterminisme familial qu’il développe ici ; force est de constater qu’on s’ennuie vaguement dans ce film très convenu, trop low-key, et qui n’apporte aucune surprise. Ajoutez à cela un visionnage rapproché du Voyage à Tokyo de Yasujiro Ozu, et on se prend à espérer que notre chouchou Hirokazu Kore-Eda reparte d’un bon pied pour nous émouvoir à nouveau, même si c’est au prix de quelques kilos de sucreries doucereuses…

Après la tempête : Bande annonce

Après la tempête : Fiche technique

Titre original : Umi yori mo mada fukaku
Réalisation : Hirokazu Kore-Eda
Scénario : Hirokazu Kore-Eda
Interprétation : Hiroshi Abe (Shinoda Ryôta), Kirin Kiki (Shinoda Yoshiko), Yôko Maki (Shiraishi Kyôko), Satomi Kobayashi (Shinoda Chinatsu), Taiyô Yoshizawa (Shiraishi Shingo)
Musique : Hanaregumi
Photographie : Yutaka Yamazaki
Montage : Hirokazu Kore-Eda
Producteurs : Kaoru Matsuzaki, Hijiri Taguchi, Yose Akihiko, Producteurs délégués : Kuwata Yasushi, Nakae Yasuhito, Matsushita Tsuyoshi
Maisons de production : ProductionFuji Television Network, Production Bandai Visual Co. Ltd. , ProductionAoi Pro Inc
Distribution (France) : Le Pacte
Durée : 117 min.
Genre : Drame
Date de sortie : 26 Avril 2017
Japon – 2017

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Séries Mania 2017 : Nos séries préférées, coups de cœur et curiosités

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Après dix jours de visionnage intensif, voici un choix de séries à découvrir, parmi la foisonnante sélection proposée par la huitième saison du festival parisien Séries Mania, « Clique », « American Gods », « I love Dick »…

Présidé par Damon Lindelof (The Leftovers, Lost), le festival Séries Mania, s’est clôturé le 23 avril 2017 avec la remise des prix. Un festival dense avec 22 pays présentés, des tables rondes, des avant-premières mondiales, et pour la première fois en compétition des webséries. Plus de cinquante séries de tous genres, du drame, des comédies drôles, ou émouvantes, du polar Belge à la Seven, de nouvelles séries nordiques Monster, Bellow the Surface, un conte avec la mini-série Française Aurore réalisée par Laetitia Masson avec Élodie Bouchez, Lolita Chammah et un western contemporain avec Fatale-Station – tous deux diffusés sur Arte cet automne – de la science fiction avec Missions, un thriller judiciaire Apple Tree Yard adapté du roman de Louise Doughty avec Emily Watson et Ben Chaplin, de l’anticipation avec Better Than Us d’Alexander Kessel, un récit dystopique russe dans la lignée des séries comme Westworld ou encore Real Humans Dans un festival embrassant une grande variété d’œuvre de tous horizons, notre sélection non exhaustive s’est portée sur les douze premières saisons des séries qui nous ont marquées ou intriguées et les premiers épisodes des deux séries immanquables Sense8 et The Leftovers.

Nos Coups de cœur

American Gods

« La nouvelle série signée Bryan Fuller, avec Michael Green ici, est un nouveau voyage dans les ténèbres de notre monde, et de notre humanité. Chair, sang, dieux assoiffés de pouvoir et humour noir sont au rendez-vous dans un formidable show maîtrisé et mystérieux. » – Benjamin

Sur Amazon Prime France le 1er mai.

Big Little Lies

« Après les jeunes femmes de la classe moyenne new-yorkaise dans Girls, ce sont les nouvelles riches de Monterey dans Big Little Lies qui démontent l’image de la femme parfaite. La série dépeint des portraits de femmes, faillibles et complexes, qui se libèrent de cette écrasante pression sociale dont elles sont victimes depuis toujours. Accompagnée d’un casting quatre étoiles, David E. Kelley signe une série jouissive et libératrice. » – Perrine

La minisérie d’HBO est diffusée depuis le lundi 20 février sur OCS.

4 Blocks

« Entre Pusher (Refn) et The Sopranos, 4 Blocks, avec sa mise en scène dynamique et nerveuse, nous plonge dans le côté sombre et brutal de Berlin. Un thriller réaliste et sous tension, porté par un casting impeccable. »  – Perrine

4 Blocks sera diffusée en mai en Allemagne.

I Love Dick

« Dear Dick… C’est ainsi que démarre la nouvelle série signée Jill Holoway. Une pépite qui nous fait suivre une jeune quarantenaire paumée nommée Chris, alors passionnée par un certain artiste nommé Dick, pourtant loin d’être un prince charmant. La créatrice de Transparent livre un portrait hilarant et émouvant, à la forme rafraichissante et audacieuse. Porté par un casting formidable – de Kathryn Hahn à Kevin Bacon -, I Love Dick est un show qui va marquer les esprits, et peut-être l’univers des séries. » – Benjamin

https://www.youtube.com/watch?v=N7m8Xu2iwOk

Sur Amazon, à partir du 12 mai.

Fleabag

« Le Journal de Bridget Jones sans pommade romantique, et endeuillé. Qu’est-ce que cela donne ? Fleabag bien sûr, chronique hilarante d’une jeune londonienne instable émotionnellement et professionnellement, mais sexuellement très active. Attention, cette série fait mal aux machos. Un show à ne surtout pas rater. » – Benjamin

Fleabag, saison 1, sur Amazon Prime.

Atlanta

« Atlanta est un portrait honnête et sans filtre de l’Amérique urbaine contemporaine. La série dépeint avec humour et cynisme la communauté afro-américaine dans un pays où le racisme et la violence sont encore bien trop présents. Donald Glover, le créateur de la série, jongle avec brio entre rire et malaise, nous inventant à réfléchir sur les absurdités qu’on observe au quotidien. » – Perrine

https://youtu.be/MpEdJ-mmTlY

La série sera diffusée à partir du 5 mai en France sur le bouquet OCS. 

When We Rise

« When We Rise suit la grande et belle quête de libertés et de reconnaissances de la communauté LGBT aux États-Unis. Des années 70 à aujourd’hui, la série vous fait suivre plusieurs parcours d’hommes, de femmes, de transgenres, luttant pour leurs droits. Une fresque humaniste, qui met en scène leur combat et présente, dans sa grandeur, leurs joies et souffrances ; mais parfois de façon très maladroite : on pense à la musique co-composée par Danny Elfman rappelant certains sons de Cinquante nuances de Gray par exemple. Une belle surprise. » – Benjamin

La mini série ABC en sept épisodes sur l’histoire de la lutte pour la reconnaissance des droits LGBT sera retransmise en France du 1er au 4 mars à 22h15 sur Canal + Séries.

Clique 

« Avec son ambiance électrisante façon Neon Demon, la série nous fait entrer dans la clique de filles cool et mystérieuses que toutes les jeunes femmes rêvent d’intégrer. Entre drame et teenage série, Clique parvient à nous captiver en réussissant à capter la complexité de l’amitié féminine. » – Perrine

https://www.youtube.com/watch?v=Yd2fyrPc6gE

Sur BBC Three, pour l’instant inédite en France.

Suite de l’article avec les séries qui nous ont titillées, intriguées et les immanquables …

Sortie DVD & BLU-RAY de Beauté Cachée : une ode à la vie

Ce mercredi 26  avril est sortie en DVD et BLU-RAY Beauté Cachée, le nouveau drame poignant signé David Frankel. Ce film choral met à l’honneur un Will Smith accablé suite à un événement tragique. Une œuvre qui explore avec émotions, la sombre thématique du deuil.

Synopsis : Alors qu’Howard Inlet (Will Smith), un publicitaire new-yorkais à la réussite exemplaire, peine à faire face à la mort de sa fille et sombre dans une profonde dépression, ses amis imaginent un stratagème de grande ampleur pour lui redonner goût à la vie avant qu’il ne soit trop tard. Ce drame inspirant explore comment même les pertes les plus tragiques peuvent révéler des instants de beauté cachée, et comment l’amour, le temps et la mort s’imbriquent au cours d’une vie pleinement vécue.

De la Mort à la Vie

Il y a de la beauté dans toute chose, même la plus horrible.

beaute-cachee-david-frankel-will-smithÀ la Recherche du Bonheur, Sept Vies ou encore Seul Contre Tous, ces films ont un point en commun : l’incroyable performance d’un acteur, désormais maître de la comédie dramatique. Beauté Cachée, le dernier rôle de Will Smith, en fait désormais partie.

Comment se reconstruire lorsque nous avons tout perdu ? Comment reprendre goût à la vie ? Comment pardonner ? Ces trois problématiques sont nées d’une seule et même thématique, celle du deuil. Détrompez-vous, Beauté Cachée n’est pas un drame larmoyant ressassant la souffrance sociale, au contraire, il est bien plus profond que cela. C’est un message plein d’espoir. En décidant de centrer son intrigue sur le désespoir d’un homme, le challenge de David Frankel semblait perdu d’avance : ce film allait sombrer dans le pathos. Et pourtant ! Dès les premières minutes, le scénario se dessine et promet 1h30 de beauté morale. Le générique, centré sur les dominos annonce de suite la couleur : Beauté Cachée est un drame emplie de métaphores. Cette thématique, bien que surprenante, a une double connotation. Loin du sens où nous l’entendons aujourd’hui, c’est une allusion métaphorique révélant que chaque personnage a une incidence sur les autres et leur histoire. Tout destin est, ainsi, lié.

Mais Beauté Cachée, c’est aussi l’émotion, à sa juste valeur.beaute-cachee-helen-mirren-keira-knightley-jacob-latimore C’est la preuve qu’avec de simples choses du quotidien, une vie peut retrouver son sens, sa voie. L’Amour, le Temps et la Mort sont les trois principales thématiques de ce drame. En se retrouvant personnifiées, elles révèlent une à une leurs failles, mais également leur force. Chaque personnification entretien un rôle strictement défini, et dans lequel le dialogue occupe une place centrale. Les mots ont, dans ce film, bien plus d’importance que les actes.

En centrant son discours autour de la mort, Beauté Cachée délivre un message subliminal : il révèle que, quelque soit la tournure que prend notre vie, elle finit par toujours avoir un sens.

Beauté Cachée : Bande Annonce

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DU DVD

Titre original: Collateral Beauty
Date de sortie: 26 avril 2017 (en DVD)
Durée : 1h36
Musique: Theodore Shapiro
Costumes: Leah Katznelson
Montage: Andrew Marcus
Décor : Kara Zeigon
Directeur de la photographie: Scott Dougan
Produit par: Anthony Bregman, Bard Dorros, Kevin Scott Frakes, Allan Loeb, Michael Sugar
Production: Warner Bros.
Sortie : 21 décembre 2016

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BONUS

  •  UNE FABLE MODERNE : Découvrir Beauté Cachée
  •  L’équipe du film révèle comment Beauté Cachée a changé leur vision de la vie.

Prix de vente conseillé en DVD : 14.99€

Prix de vente conseillé en coffret BLU-RAY : 19.99€

 

XX : L’horreur 100 % girl power !

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Les amateurs de films d’horreur à sketches risquent bien de se laisser séduire par XX. Ce long-métrage est le fruit du travail conjoint de cinq réalisatrices talentueuses à Hollywood.

Les Américains ont pu célébrer la semaine de la Saint-Valentin cette année avec une séance assez terrifiante ! XX a conquis le marché U.S. avec une sortie limitée en salles le 17 février dernier. Le long-métrage, découpé en quatre segments, était disponible le même jour à la demande sur les plateformes d’Amazon ou d’Apple. XX a également bénéficié d’une projection au Festival de Sundance. Les fans d’horreur, dépités par V/H/S ou The ABC’s of Death mais qui attendent avec impatience le grand retour des Contes de la crypte et qui ont été marqués par le cultissime Creepshow, pourraient donc bien patienter sagement et profiter avec bonheur de la sortie française de XX. Une commercialisation directement en vidéo risque d’être programmée dans le courant de l’année 2017 dans l’Hexagone.   

Ce film est composé de quatre histoires horrifiques, toutes réalisées par des femmes. Les réalisatrices ont bénéficié de beaucoup de liberté pour ce projet. Les quatre différents sketchs d’une vingtaine de minutes ont tous été écrits par des femmes, confiés à des réalisatrices et proposent un rôle principal féminin. Ce signal fort envoyé par l’équipe du film XX est à saluer. Après les polémiques sur le manque de diversité, la faible parité et le manque de reconnaissance envers les réalisatrices à Hollywood lors des récentes cérémonies des Oscars, ce film de genre pourrait donc s’avérer comme un projet féministe prometteur qui tente de saluer et de rendre hommage au talent des femmes dans l’industrie cinématographique. D’ailleurs, d’autres cinéastes comme Jennifer Lynch (Surveillance), Mary Harron (American Psycho), les sœurs Wachowski ou bien encore Antonia Bird (à qui le film est dédié suite à sa disparition en 2013) ont bien failli participer à ce projet d’après des sources proches de la production. La multiplication de projets de ce type pourrait peu à peu changer la donne et faire bouger les lignes à Hollywood. De plus en plus de vocations pourraient ainsi émerger grâce à des projets comme XX. Le faible taux de nominations de femmes pour l’Oscar du meilleur réalisateur et de la meilleure réalisatrice est vivement critiqué et dénoncé par de nombreuses actrices engagées.

Jovanka Vuckovic, productrice et réalisatrice sur XX, s’est récemment confiée à la rédaction de L’Ecran Fantastique sur les motivations de ce projet fascinant avec Todd Brown, producteur pour XYZ Films :

J’ai eu l’idée en même temps que Todd Brown d’essayer de parvenir à offrir la chance à des femmes de faire quelque chose de bien, plutôt que de me contenter de me lamenter face au fait qu’on ne propose pas de postes à des femmes. Nous en avons donc créé, et les avons offerts à des réalisatrices. Même au sein des divers sketches, nous avons incité les réalisatrices à s’entourer autant que possible de techniciennes. Et j’en suis fière. Les femmes n’ont pas les mêmes possibilités que les hommes dans le monde du cinéma… Tout est parti de ce constat.

Les cinéastes Roxanne Benjamin (Southbound), Annie Clark (la pop star surnommée St. Vincent), Karyn Kusama (Girlfight, The Invitation, Jennifer’s Body) et Jovanka Vuckovic (The Captured Bird) ont travaillé sur cette œuvre singulière. Les quatre histoires sont reliées par une séquence animée en stop motion confiée à la réalisatrice Sofia Carrillo. Ce film de genre, segmenté en quatre sketches horrifiques, va bénéficier d’une sortie en Blu-Ray sur le sol américain le 23 mai prochain selon des informations de Bloody Disgusting.

XX – bande-annonce et présentation du film par les réalisatrices :

One Kiss, un film d’Ivan Controneo : critique

Entre le bouleversant Le monde de Charlie et le poignant Elephant, One Kiss relate une histoire bien trop proche de la réalité pour n’être qu’une fiction. Et pourtant, ce film bénéficie d’une certaine fantaisie à tous les niveaux. Ivon Cotroneo ferait-il du néoréalisme « contemporain » avec son nouveau récit ?

Synopsis : Blu, Antonio, et Lorenzo sont trois adolescents doté d’une singularité qui les éloigne de la population générale de leur lycée. Libérés, renfermés, et extravertis, ces trois jeunes italiens vont s’unir autour d’une amitié peu commune pour affronter les moqueries et l’intolérance de leurs camarades et de certains professeurs. Jusqu’au jours où les sentiments et les envies personnels viennent tout compliquer…

Ivon Cotroneo n’en est pas a sa première tentative de réalisation mais pourtant, il serait plus juste de le considérer en tant qu’écrivain dans un premier lieu. Il a publié plus de 5 romans depuis 1999 notamment Un bacio, l’œuvre sur laquelle est basé One Kiss. Comme Stephen Chbosky, l’auteur et réalisateur de The Perks of Being a Wallflower (Le Monde de Charlie), Cotroneo porte son projet d’un art à un autre en faisant honneur à son propos et sa manière de raconter ses protagonistes.

Blu est vue comme une paria de la société car elle vit ouvertement sa sexualité et n’a pas peur de faire face à ses assaillants. Si elle se fait violemment lynchée en public, les autorités ne semblent pas très alertées, ni même les parents qui sont très absents de sa vie quotidienne. Antonio, jeune homme affligé d’un grand manque de confiance en lui, qui lutte par ses propres moyens pour pouvoir exister dans l’ombre de ses parents surprotecteurs, ne semble pas pouvoir affronter ses tourments de la même manière que la combative Blu.

Le lien qui vient unir ses deux âmes perdues n’est autre que Lorenzo, l’éternel optimiste qui refuse d’abdiquer face aux cruelles insultes de ses camarades de classe face à son homosexualité. Il tempère la volcanique Blu et éveille Antonio, et à trois ils représentent une jeunesse actuelle, trop expérimentée pour être enfantine mais pas assez mature pour tout comprendre toute seule.

Le réalisateur n’hésite pas à nous montrer l’entièreté des éléments sollicités pour raconter cette histoire réaliste. Sa réalisation reste assez claire et n’est pas engagée dans un parti pris quelconque. Si le thème est d’actualité et que la bande son et les fantaisies habitent le film, les paysages et les décors restent très organiques et froids. On est dans une ville ouvrière de l’Italie populaire et les habitants y apparaissent sans filtre ou effets de style incongrus. On y retrouve cette volonté du temps du néoréalisme des années 50 où il fallait montrer pour dénoncer et assumer pour convaincre.

Ce qui éloigne ce film de ce genre, respecté mais longtemps perdu, serait ces moments « clip vidéo » où Lorenzo s’invente une réalité pour mieux vivre la violence de son quotidien. Dans ses moments là, Cotroneo nous laisse apercevoir une autre facette de son récit où il nous convainc qu’il ne suffit que d’un simple geste fait différemment ou d’une écoute bien placée pour éviter un moment de souffrance inutile. Si cela s’approche plus d’un genre fantaisiste, il serait tout de même bon d’envisager une volonté du réalisateur de dépeindre un réalisme alternatif où il montre pour dénoncer et assume pour convaincre.

En conclusion, One Kiss n’est pas aussi onirique et lumineux que Le monde de Charlie et il n’est pas aussi pessimiste et symbolique qu’Elephant. Cependant One Kiss s’inspire de ses prédécesseurs pour se faire une place dans ce qui serait le top 10 des meilleurs « coming of age movies » internationaux ( films d’apprentissages ). Des œuvres importantes pour une génération qui grandit trop vite et avec un milieu très peu sécurisant.

One Kiss : bande annonce

One Kiss : Fiche technique

Réalisation : Ivan Controneo
Scénario : Ivan Controneo, Monica Rametta
Interprétation : Rimau Grillo, Ritzberger, Valentina Romani, Leonardo Pazzagli
Photographie : Luca Bigazzi
Montage : Ilaria Fraioli
Musique : Mika, Stag
Producteurs : Francesca Cima
Société de production : Indigo Film, Titanus, Lucky Red, Rai Cinema, Friuli Venezia Giulia Film Commission
Distribution : TLA Releasing ( France ), Lucky Red ( Italy )
Genre : comédie dramatique
Durée : 101 minutes
Date de sortie : 26 avril 2017

Italy – 2016

Auteur : Pascal J-H.C Topige