Sortie DVD et Blu-ray de Dragon Inside Me : Un monstre plein d’amour

Ce 9 mai, sort en DVD et Blu-ray Dragon Inside Me, un film fantastique russe adapté d’un célèbre roman local titré « The Ritual ». Une variation très héroïc-fantasy de notre mythe de La Belle et la Bête réalisée par Indar Dzhendubaev et produite par ce cher Timour Bekmambetov !

Synopsis : Dans un village portuaire médiéval, tout le monde vante le courage d’un célèbre « Tueur de dragon » qui a les sauvé quelques années auparavant. Une jeune fille est sur le point d’en épouser le descendant quand elle est enlevée par un immense dragon noir. A son réveil, elle rencontre un charmant jeune homme à qui elle ne cache pas son assurance d’être rapidement sauvée par son fier fiancé.

Le Dragon qui venait du froid

Le nom d’Indar Dzhendubaev ne devrait parler qu’aux plus courageux d’entre vous qui se sont amusés à retenir l’intégralité de l’équipe technique d’Abraham Lincoln : Chasseur de vampires, dont il a cosigné les storyboards. La précision n’est pas anodine puisque c’est Timour Bekmambetov (qui, rappelons-le, a depuis réalisé Ben-Hur et produit Hardcore Henry… mais aussi un La Reine des Neiges 2 réservé au dragon-inside-me-Matvey-Lykovmarché vidéo russe !) qui lui offre l’occasion de signer sa première réalisation. Le projet aurait pu sembler ambitieux puisqu’il s’agit d’adapter un best-seller populaire : un conte pour enfants autour d’une jolie princesse qui tombe amoureuse d’un joli garçon qui se transforme en effrayant dragon.

La malédiction de ce charmant inconnu apparait dans un premier temps comme un frein à leur relation, la jeune femme ayant été bercée par des récits épiques dans lesquels les dragons étaient tous d’impitoyables tueurs d’enfants. Ressort narratif commun à de nombreuses fables romantiques : le syndrome de Stockholm va rapprocher les deux tourtereaux jusqu’à les faire tomber dans les bras l’un de l’autre. Les enjeux sont biaisés et naïfs, mais n’oublions pas que le public-cible reste enfantin, et que le charme opère grâce à des dialogues tout en délicatesse.

Autre point positif à accorder à ce Dragon Inside Me : l’humilité de sa production-design. Alors qu’il aurait pu prendre des atours plus épiques, en particulier dans sa première partie, et multiplier des effets visuels qui piquent les yeux, il restera sobre… jusqu’à sa scène finale délicieusement outrancière. La créature numérique et les décors restent visuellement viables. Ce que l’on retient le plus est le jeu des deux jeunes acteurs principaux et, force est de constater que Matvey Lykov et Mariya Poezzhaeva parviennent à assurer une certaine sensibilité sans tomber dans le surjeu lacrymal. Deux arguments qui éloignent cet étonnant film fantastique du nanar que l’on pouvait craindre.

Sympathique moment à passer en famille, Dragon Inside Me apparait comme une alternative made in Russia aux productions Disney.

[irp]

dragon-inside-me-jacquette-DVDCaractéristiques techniques du DVD:
Langues : français et russe 5.1 Dolby Digital
Sous-titres : Français
Durée : 103 minutes
DVD 9
Format 2.35
16/9ème compatible 4/3
Couleur

Caractéristiques techniques du BD :
Langues : français et russe 5.1 DTS HD
Sous-titres : Français
Durée : 103 minutes
Blu-ray simple couche
Format 2.35
16/9ème compatible 4/3
Couleur

 Dragon Inside Me : Bande-annonce

Dragon Inside Me : Fiche technique

Titre original : On – drakon
Réalisation : Indar Dzhendubaev
Scénario : Sergey Dyachenko et Marina Dyachenko
Interprétation : Matvey Lykov (Arman), Mariya Poezzhaeva (Mia), et Pyotr Romanov (Igor)…
Production : Timur Bekmambetov
Distributeur : Condor
Durée : 103 minutes
Genre : Aventure, fantastique, romance
Date de sortie du DVD : 9 mai 2017
Russie – 2015

[irp]

Festival

Festival Lumière 2026 : Ray Gunn, le miracle de Brad Bird

Avec "Ray Gunn", Brad Bird ressuscite un projet vieux de trente ans dans un polar animé rétro-futuriste où l’héritage du film noir rencontre une société rongée par le racisme, la corruption et les faux-semblants. Entre virtuosité visuelle, richesse thématique et grand spectacle, le réalisateur des Indestructibles signe un bonbon à l’amertume néo-noir, aussi foisonnant que réjouissant.

Festival Lumière 2026 : Peking Opera Blues, Tsui Hark en maestro

Quarante ans après sa sortie hongkongaise, "Peking Opera Blues" arrive enfin dans les salles françaises le 21 octobre, restauré en 4K. Dans le Pékin chaotique de 1913, trois femmes que tout oppose se retrouvent à l’opéra pour une aventure où le vaudeville bouscule le pouvoir. Un classique survolté, tendre et irrésistible, (re)découvert au Festival Lumière 2026, dont Tsui Hark était l'un des grands invités.

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Newsletter

À ne pas manquer

Clayface : le visage de l’autre

"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.

Héros (2007) : Une séquestration sur les nerfs

Et c'est peut-être là que le film trouve sa plus belle idée : faire de la solitude un personnage à part entière, invisible mais omniprésent, qui hante chaque recoin de l'appartement. Pierre Forêt ne cherche pas tant à être aimé qu'à être enfin entendu, et c'est cette nuance qui donne au personnage sa fragilité touchante. On en sort avec l'impression étrange d'avoir ri à des choses qui ne font pas rire, et d'avoir pleuré à des choses qui ne font pas pleurer non plus. Tout le paradoxe de ce Héros, et sans doute sa plus grande force.

L’Île des souvenirs : jamais deux sans toi

Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.

Minotaure : nourrir l’ogre

Exilé en France, Andreï Zviaguintsev est de retour, neuf ans après le mémorable Faute d'amour. Reprise de La Femme infidèle de Chabrol, cette chronique d'un adultère virant au drame fait écho à la Russie de 2022 qui entamait alors son "opération spéciale". Analyse d'un film aussi riche que stimulant.

Les Misérables (2026) : Victor Hugo sous anesthésie

Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
Julien Dugois
Julien Dugoishttps://www.lemagducine.fr/
Sans jamais avoir voulu me prétendre du statut pompeux de cinéphile, je suis un dévoreur acharné de films, de tous genres, de tous horizons. J’admets vouer un culte aux œuvres de Kubrick, Chaplin, les frères Coen, Kurosawa et Jarmusch, pour ne citer qu’eux. De cette passion, devenue addiction, est née mon envie de passer un diplôme en audiovisuel pour poser un regard plus professionnel sur ce que je vois, mais aussi de rédiger des critiques. A l’origine, je n’écrivais que pour moi, me faisant des fiches pour combler ma mémoire défaillante, mais j’essaie aujourd’hui d’étoffer mes écrits pour être lu de ceux avec qui j’aimerai partager mon avis et débattre intelligemment.

Le Cuirassé Potemkine (1925), de Sergueï Eisenstein : de la propagande au firmament du septième art

Le talent d’Eisenstein fut initialement mis au service de la machine propagandiste soviétique. Un siècle plus tard, le temps a débarrassé ce film de toute la dimension polémique attachée au régime criminel. Ne reste aujourd’hui plus que la substantifique moelle du génie de son metteur en scène.

Le Grand Duel (1972), de Giancarlo Santi : pour quelques plans de Leone

Non dépourvu de plans géniaux – notamment son duel final – et illuminé par le magnétisme de Lee Van Cleef, le film est néanmoins écrasé par le modèle leonien, dont tous les codes sont scrupuleusement respectés. Les suppléments sont généreux et sympathiques… mais eux aussi très imparfaits.

A Prairie Home Companion (2006), de Robert Altman : adieu d’un maître, élégie du Midwest

Film testamentaire qui ne cède jamais au sentimentalisme, A Prairie Home Companion est un pot-pourri du cinéma de l’auteur de John McCabe : personnages multiples, nostalgie, valeurs du Midwest, amour de la musique. A travers un récit dédié à l’ultime émission d’un show radio, c’est en réalité au cinéma qu’Altman rend hommage avec cette œuvre profondément humaine.