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Voyage of Time : Au fil de la vie, un film documentaire de Terrence Malick : Critique

Avec Voyage of Time, Terrence Malick signe un documentaire poétique et provocateur sur l’origine du temps, dont les prémices avaient déjà pu être entraperçues dans The Tree of Life.

Synopsis : Hymne à la nature et à l’univers, Voyage of Time s’interroge sur le rôle de l’homme dans le futur. Après ces temps infinis, quel est le sens de notre passage sur Terre ?

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De l’infiniment petit à l’infiniment grand à travers les âges. C’est ainsi que Terrence Malick nous convie à son documentaire expérimental où il peut librement s’exprimer sur l’origine de la vie et de l’univers, à travers la Terre et l’espace. Un voyage magnifique devant lequel on ne peut rester indifférent.

Mère, je vais raconter ton histoire

The Tree of Life avait déjà donné un léger aperçu de ce qu’était l’univers, de son origine à l’autorité d’un père tout-puissant sur ses fils, en passant par l’ère jurassique. A croire que Terrence Malick n’en avait pas fini avec la séquence – déjà controversée – des dinosaures et les digressions sur la métamorphose de l’univers. C’est comme s’il signait le spin-off et la version longue de cette séquence où il peut enfin laisser libre cours à son art pour nous livrer une succession de plans d’environnements plus somptueux les uns que les autres. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un voyage dans le temps où la caméra n’est jamais figée mais effectue toujours de légers mouvements. A la fois immobile et continue, l’action suit le même rythme que le temps qui passe. Tour-à-tour, l’œil est foudroyé par une beauté indéniable et une puissance émotionnelle remarquable. Ces visions s’avèrent tellement stupéfiantes que l’on s’étonne de pouvoir filmer la nature d’aussi près et avec autant de précision. Plus encore que les prises de vues majestueuses, Terrence Malick nous emmène du plus profond de l’univers au plus près de nous, notamment lorsqu’il laisse des témoignages vidéos bruts capter la misère régnante des quartiers à Los Angeles aux abris de fortune du Tiers-Monde. De ces images découlent l’intérêt fort que Terrence Malick témoigne pour l’espèce humaine à travers l’univers. A l’instar des documentaires de Ron Fricke (Baraka, Samsara), Terrence Malick évoque ainsi les rapports entre l’homme et le temps en s’émancipant des contraintes de la fiction pour écrire à sa manière un poème visuel inédit, grandiose quoiqu’un peu pompeux.

Voyage-of-time-2017-cate-blanchett-terrence-malick-eye-documentaire-filmCar dans toute cette ode à la Nature, quelques points noirs récurrents de sa filmographie persistent. Si les films de Ron Fricke se démarquent par leur assumé silence, Terrence Malick laisse toujours une voix-off guider le spectateur dans cet océan de mysticisme. Ici, la narration est commentée par la voix angélique de Cate Blanchett, qui s’adresse vraisemblablement au divin, l’interrogeant sur la matière même de ce qui nous entoure. C’est d’ailleurs ce qui alourdit le plus cette succession d’images épiques où le texte lyrique se trouve à la frontière entre la poésie méditative et la lourdeur d’un discours pompeux pro-catholique. On restera également perplexe devant l’arrivée des humains dont l’aspect fiction (et kitsch) se fait malheureusement bien trop ressentir face à la subtilité réaliste de ce qui avait été capté jusque-là. Et si la séquence des dinosaures de The Tree of Life vous avait déconcertée, celles de Voyage of Time vous feront le même effet tant les reconstitutions en CGI donnent le sentiment d’un passage obligé mais mal abordé. Au fond, c’est aussi ça Terrence Malick, un jongleur entre l’inouï et l’ennui.

Que l’on aime ou pas Voyage of Time, Terrence Malick est de ces cinéastes qui ne laissent jamais insensibles.

Terrence Malick est l’un des rares à nous laisser autant perplexe. Soit on se retrouve devant l’un des plus beaux et plus existentiels films de l’histoire du documentaire, soit devant l’un des nanars New Age les plus coûteux qui ait jamais existé. La stratégie de distribution du film proposée par Mars Films montre bien que Terrence Malick reste l’un des gourous du cercle cinéphile hexagonal. Avec ce dispositif d’une séance unique, les salles de Voyage of Time ont crée l’événement et attirer les foules (20462 spectateurs sur 235 copies pour la seule séance du soir). Preuve s’il en fallait que le cinéaste continue d’intriguer des cinéphiles de niche, qu’ils soient ses adorateurs ou ses détracteurs. Ce qu’il faut retenir au final de Voyage of Time, c’est que Terrence Malick est et reste néanmoins l’un des artistes les plus singuliers du XXème et du XXIème siècle. Voyage of Time est une œuvre incomparable et un incontournable dans la filmographie du réalisateur texan. Pour ceux qui ont loupé cette unique séance, une version Imax de 40 minutes supplémentaires, et commentée par Brad Pitt, sera distribuée plus tard dans l’année. Et comme le réalisateur n’a jamais été aussi productif que ces six dernières années, son prochain film Song to Song est prévu en salles le 12 juillet 2017.

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Voyage of Time : Au fil de la vie : Bande annonce VOST

Voyage of Time : Au fil de la vie : Fiche Technique

Réalisation : Terrence Malick
Scénario : Terrence Malick
Interprétation : Cate Blanchett (narration)
Photographie : Paul Atkins
Montage : Keith Fraase
Musique : Ennio Morricone
Producteurs : Brad Pitt, Dede Gardner, Nicolas Gonda, Sarah Green, Donald Rosenfeld, Andreas Roald, Sophokles Tasioulis, Bill Pohlad, Grant Hill, Tanner Beard, Mary Bing, Yves Chevalier, Donald Rosenfeld, Ryan Rettig
Sociétés de Production : Wild Bunch, Plan B Entertainment, IMAX Corporation, Sycamore Pictures, River Road Entertainment
Distributeur : Mars Films
Festival et Récompenses : Compétition Internationale Mostra de Venise 2016
Genre : Documentaire
Durée : 90 minutes
Date de sortie : 04 mai 2017 (séance unique en salles)

États-Unis, France, Allemagne – 2016

Sortie DVD de One More Time : un drame musical signé Robert Edwards

Ce mardi 2 mai est sorti en DVD le nouveau film de Robert Edwards, One More Time. Cette oeuvre, à mi-chemin entre le drame et la comédie musicale, connaît des défauts mais révèle également quelques bonnes surprises. Retour sur un film passé inaperçu.

Synopsis : Jude (Amber Heard) est une chanteuse-compositrice-interprète qui part aux Hamptons pour rendre visite à son père Paul (Christopher Walken), un ancien crooner essayant d’obtenir un retour musical.

La passion d’un père et d’une fille

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One More Time n’est au départ, pas un mauvais film. C’est autour d’un scénario pour le moins pertinent que se dessine cette œuvre, aux allures de musical drama. Pourtant, l’intrigue et les personnages, éléments clés de ce film, disparaissent dans un trop plein d’égarement. Amber Heard et Christopher Walken livrent malgré tout une performance audacieuse, dans laquelle ils interprètent, à première vue, des personnages particulièrement originaux. Artiste compositrice et mythique crooner désormais oublié, ces deux figures musicales incarnent cependant un bel idéal. Mais l’histoire stagne. Les minutes passent et le développement des personnages reste inexistant. En décidant de centrer principalement son histoire sur l’univers musical, Robert Edwards oublie le plus important : explorer la dimension psychologique.

One More time, qui se révèle être avant tout un drame familial, aborde pourtant d’audacieuses thématiques : celles de l’espoir et de l’oubli. Robert Edwards touche ainsi du doigt la mélancolie contenue dans ses personnages. Comment revivre de sa passion quand on existe plus ? Comment se faire un nom dans un univers concurrentiel ? Comment devenir quelqu’un ? Même si One More Time n’est véritablement pas le film de l’année, il révèle une évidente réalité en nous montrant l’envers du décors, du monde artistique.

One More Time s’annonçait pourtant comme un film audacieux. En choisissant une démarche vide d’émotion, Robert Edwards fait de ce drame musical, une œuvre véritablement quelconque et sommaire. 

One More Time : Bande Annonce

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DU DVD

Titre original : One More Time (When I Live My Life Over Again)
Date de sortie : 2 mai 2017 (en DVD)
Durée : 97 minutes
Acteurs : Amber Heard, Christopher Walken, Kelli Garner, Hamish Linklater
Costumes : Malgosia Turzanska 
Montage : Mollie Goldstein
Décor : James J. Murakami
Directeur artisique: Fletcher Chancey
Produit par : Lucas Joaquin, Saemi Kim, Saerom Kim, Lars Knudsen, Ferne Pearlstein, Jay Van Hoy
Production : Parts and Labor
Sortie : 6 avril 2017

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Editeur : Universal
Edition : Keep Case, PAL, Tous publics
Région : 2
Audio : Anglais Dolby Digital 5.1, Espagnol Dolby Digital 5.1, Français Dolby Digital 5.1
Vidéo : Format 16/9 compatible 4/3, Format cinéma respecté 2.40, Format DVD-9, Film en Couleurs
Sous-titres : Danois, Espagnol, Finlandais, Français, Grec, Mandarin, Néerlandais, Norvégien, Suédois

Prix de vente : 21.90€

 

 

Braquage à l’ancienne, un film de Zach Braff : Critique

Après avoir réalisé le culte Garden State il y a maintenant plus d’une décennie, Zach Braff signe avec Braquage à l’ancienne un film de commande sans la moindre prétention. Une comédie pépère sympathique et attachante dans l’instant, qu’on oublie aussitôt les lumières rallumées.

Synopsis : Trois retraités octogénaires fauchés décident de braquer la banque qu’ils jugent responsable de leurs problèmes économiques.

Une formule bonne pour la retraite

Zach Braff est une figure marquante de la pop culture pour une bonne partie de sériephiles qui ont pu le découvrir dans l’incontournable sitcom Scrubs. Avec son faciès atypique et sa bonhomie communicative, il est devenu un visage attachant du petit écran, qui lui avait permis d’exploser en 2004 lorsqu’il avait réalisé son premier film, Garden State. Avec cette oeuvre générationnelle saisissante et d’une sincérité débordante, il a très vite acquis un statut culte et a été chéri par un grand nombre de cinéphiles. A tel point que l’attente de 10 ans entre ce premier long métrage et son second fut relativement longue. Wish I Was Here s’imposa comme une suite spirituelle à Garden State, mais le cinéma a évolué plus vite que Zach Braff et beaucoup n’y ont pas retrouvé la même pertinence. Non seulement le projet eu du mal à se monter, mais il n’a pas reçu le succès escompté malgré d’excellentes choses comme sa réflexion sur le temps, l’ambition et la famille. Pourtant, ce semi-échec n’a pas mis Braff dans une impasse qui verrait son ascension au cinéma compromise. Au contraire, moins de 3 ans après son précédent film, il se retrouve à la direction du remake de Going in Style, comédie des années 70 de Martin Brest, qui possède le même titre dans sa version originale mais re-titré en France par Braquage à l’ancienne.

Braquage-a-l-ancienne-Alan-Arkin-Morgan-Freeman-Michael-CaineSur le papier, le projet n’a rien de vraiment excitant hormis son casting 5 étoiles et la présence de Braff derrière la caméra. On éprouve une certaine curiosité à savoir comment il s’en sortirait avec un film de pure commande et en découle donc une petite déception de voir qu’il ne transcende jamais ce qu’il a entre les mains. On retrouve cette direction d’acteurs purement braffienne, saupoudrée d’une touche de loufoque et une science respectueuse de la performance d’acteur qui traduit un vrai amour pour son casting. Ici, les performances ne sont clairement pas transcendantes mais on n’avait pas vu Michael Caine, Morgan Freeman et Alan Arkin aussi inspirés depuis un certain temps. Non seulement ce sont des rôles qui leur permettent de sortir de leurs récentes habitudes mais en plus ils semblent vraiment s’amuser et alimentent avec eux l’enthousiasme du spectateur. On retrouve aussi un Matt Dillon un peu trop caricatural et un Christopher Lloyd dans un rôle surprenant mais surtout Joey King, qui après être devenue une habituée du cinéma de Emmerich, semble trouver en Braff son deuxième réalisateur fétiche. Elle est ici légèrement en retrait mais apporte toujours son énergie communicative à ses scènes. Les acteurs donnent un peu de saveur à un récit en pilotage automatique, exploitant sans les réinventer les mécaniques du film de casse et apportant au tout des blagues plus ou moins inventives autour de la vieillesse. A ce niveau, il n’y a vraiment rien de nouveau sous le soleil et, hormis une scène de vol à l’étalage vraiment hilarante, le film ne surprendra jamais et, au mieux, nous fera sourire.

Braquage-a-l-ancienne-Michael-Caine-Joey-KingPour la réalisation, Zach Braff n’est clairement pas des plus inspirés. L’ensemble est très bien tenu même si la photographie est un peu quelconque et que les musiques déçoivent – surtout quand on connait l’amour de Braff pour celles-ci. Ici, les compositions tombent souvent dans un pathos typique de ce genre de comédie US emplie de bons sentiments. Mais le montage se montre habile, Braff instaure un rythme plaisant et signe un film de casse très propre dans son genre. Il utilise les codes avec habilité et, à quelques rares instants, on retrouve son style pour l’humour visuel. Une rupture de ton cocasse entre deux plans, une transition inspirée dans l’enchaînement d’une scène, etc. On perçoit ici et là quelques petites fulgurances avec, par moments, une utilisation plutôt ludique du split screen. Ainsi, sans forcément s’imposer comme un grand avec une mise en scène somme toute convenue, le cinéaste prouve quand même avoir une certaine maîtrise de son art. Son talent créatif est peut-être ici sur off, mais il reste un réalisateur tout à fait solide.

À l’heure où il arrive en France, Braquage à l’ancienne est déjà couronné de succès. Même si c’est loin d’être un grand film, il s’impose comme une comédie plaisante avec laquelle occuper son dimanche soir. Aussi anecdotique puisse-t-il être, il demeure efficace et semble trouver son public. Braquage à l’ancienne s’est déjà remboursé et engendre pas mal de bénéfices au box office et devrait donc assurer à Zach Braff la possibilité de refaire, sans trop de contraintes, des films plus personnels. C’est au final la fonction première de cette oeuvre qui sonnait comme un passage obligé pour le cinéaste après la déception commerciale que fut Wish I Was Here. L’objectif est en partie rempli : faire passer un moment agréable avec un casting attachant à toute la famille. Ça fonctionne et tant pis si cela manque cruellement de génie et de personnalité.

Braquage à l’ancienne : Bande annonce

Braquage à l’ancienne : Fiche technique

Titre original : Going in Style
Réalisation : Zach Braff
Scénario : Theodore Melfi, d’après le film Going in Style écrit et réalisé par Martin Brest
Interprétation : Michael Caine (Joe Harding), Morgan Freeman (Willie), Alan Arkin (Albert), Joey King (Brooklyn, la petite-fille de Joe), Matt Dillon ( l’agent du FBI Hamer), Christopher Lloyd (Milton),…
Image : Rodney Charters
Montage : Myron I. Kerstein
Musique : Rob Simonsen
Décors : Sara Parks
Costume : Gary Jones
Producteur : Donald De Line
Société de production : New Line Cinema, Village Roadshow Pictures, De Line Pictures et RatPac-Dune Entertainment
Distributeur : Warner Bros.
Durée : 96 minutes
Genre : Comédie
Date de sortie : 3 mai 2017

Etats-Unis – 2017

Cannes Soundtrack 2017 : l’union cinématographique et musicale

Du 17 au 28 mai prochain, la septième édition de Cannes Soundtrack aura lieu. Une façon de réunir officiellement l’indissociable : la musique et le cinéma.  

Comment ne pas reconnaître à sa juste valeur, la bande-originale d’un film ? Le cinéma est depuis toujours, un art étroitement lié à la musique. CineSeriesMag s’attache à mettre en avant ce lien indissociable via sa catégorie Musique Films & Séries. C’est l’union de ces deux disciplines qui rendent une œuvre unique. Vincent Doerr (fondateur de l’agence CinéPub) a fait de cette évidence, une réalité.

En 2010 a été créé Cannes Soundtrack, un événement majeur honorant tous les ans, la meilleure bande-originale. L’Award Cannes Soundtrack récompense le meilleure compositeur, figurant parmi les œuvres en compétition pour la Palme d’or. Cette récompense permet de valoriser le travail artistique des compositeurs mais également de reconnaître, dans sa totalité, la qualité d’une œuvre cinématographique.

L’année dernière, le prix a été attribué à Cliff Martinez pour la bande-originale de The Neon Demon, un thriller venimeux signé Nicolas Winding Refn. Particulièrement symbolique, cet award permet de remettre dans la lumière les musiciens souvent dissimulés derrière l’ombre des réalisateurs. Leurs créations musicales apportent aux oeuvres cinématographiques une finesse ultime. 

Pour cette septième édition, dix-neuf films sont en compétition pour remporter l’Award Cannes Sound. Afin de les départager, un jury indépendant composé de vingt-quatre professionnels a été sélectionné. Parmi eux, Renaud Baronian (Le Parisien), Théo Ribeton (Les Inrocks) ou encore Laura Terrazas (Le Figaro).

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Jury Cannes Soundtrack 2017

Howard Shore pour Maps to the Stars en 2014 ou encore Lim Giong pour The Assassin en 2015, des professionnels explorent tous les ans, chaque morceau musical des oeuvres cinématographique en compétition. Hypnotique, émouvante, rythmique ou encore envoûtante, une bande-originale est destinée à faire passer, autrement que par le visuel, un message.

Alors, lequel saura cette année captiver le jury ? En attendant le verdict, on vous laisse savourer une énième fois, l’électrique bande-originale de The Neon Demon.

Les compositeurs en compétition pour  l’Award Cannes Soundtrack :

Michael Abels pour Okja, de Bong Joon-Ho
Carter Burwell pour Wonderstruck, de Todd Haynes
Yves de Mey pour Une femme douce (A Gentle Creature), de Sergei Loznitsa
Jonny Greenwood pour You Were Never Really Here, de Lynne Ramsay
Jeong Hong-jin pour The Day After (Geu-Hu), de Hong Snags
Jed Kurzel pour La Lune de Jupiter (Jupiter’s Moon), de Kornél Mandruczó
Daniel Lopatin alias Oneohtrix Point Never pour Good Time, de Benny & Josh Said
Randy Newman pour The Meyerowitz Stories, de Noah Baumbach
Arnaud Rebotini pour 120 battements par minute, de Robin Campillo
Philippe Rombi pour L’Amant double, de François Ozon
Philippe Sarde pour Rodin, de Jacques Doillon

Les films suivants n’ont pas encore fournis les noms des compositeurs :

Happy End, de Michael Haneke
In the Fade (Aus Dem Nichts), de Fatih Akin
Loveless (Nelyubov), d’Andrey Zvyagintsev
Mise à mort du cerf sacré (The Killing of a Sacred Deer), de Yorgos Lanthimos
Les Proies (The Beguiled), de Sofia Coppola
Radiance (Hikari), de Naomi Kawase
Le Redoutable, de Michel Hazanavicius
The Square, de Ruben Östlund

Colossal, un film de Nacho Vigalondo : critique

Colossal, le nouveau film de Nacho Vigalondo (avec Anne Hathaway), est sorti le 7 avril dernier aux États-Unis,  et sortira ce 27 juilet en France directement en e-cinema. Nouveau bon film à ne pas avoir les honneurs d’une sortie salle, ou fiasco évité de justesse : la réponse en avant première.

Synopsis : Une femme ordinaire découvre qu’elle est mentalement liée à un lézard géant qui menace de détruire Tokyo.

Après un premier long prometteur entre thriller et comédie noire sur fond de paradoxe temporel (Time Crimes), une rom-com extraterrestre déjantée et le thriller expérimental un peu fouilli mais fréquentable Open windows avec Elijah Wood et l’ex-porn star Sasha Grey (50 nuances de Grey aurait eu bien plus de piment avec elle), Nacho Vigalondo revient avec un concept toujours aussi délirant.

Dans Colossal, le réalisateur espagnol, dont c’est le deuxième film américain, dirige un casting trois étoiles. Face à Anne Hathaway, dans le rôle d’une alcoolique paumée, s’affrontent Jason Sudeikis (Comment tuer son boss ?, Les Miller) et le très fringant Dan Stevens (Downton Abbey, The guest) . Si les acteurs et la mise en scène sont au poil, malheureusement, le mélange de comédie romantique, drame et fantastique ne fonctionne à aucun moment. La caractérisation s’étale pendant plus d’une demi-heure sans rendre attachant aucun des personnages qui gesticulent et blablatent dans le vide. Le personnage de Dan Stevens est inexistant et quant aux deux autres, sensés être amis depuis le lycée, rien ne marche. L’arrivée du surnaturel, via essentiellement des images de journaux télévisées (prolongation des écrans utilisés non stop dans son précédent film (Open windows)), lorgne sur la mode des monster-flicks tels que Pacific Rim, Godzilla ou plus récemment Kong Skull Island. Sensée représenter la psyché des deux personnages principaux, la métaphore sur le monstre qui sommeille en nous n’est ni maline, ni un tant soit peu travaillée et l’humour voulu s’avère totalement plat pour ne pas dire affligeant. Dès lors, on assiste consterné à un ramassis de scènes ni drôles, ni impressionnantes, ni même touchantes qui s’étalent sur près de deux heures. Un ennui colossal pour un film à éviter n’ayant même pas l’avantage d’endormir tant la bêtise qui s’affiche énerve.

Dans la pléthore de bons films fantastiques qui finissent en direct to video chez nous (Triangle et Détour de Christopher Smith, The mist de Franck Darabont et sa sortie en salle limitée à deux/trois petits cinéma parisien), Colossal mérite pour une fois son sort ! Espérons que le prometteur Vigalondo se relèvera de cet échec (le film fait un four à l’étranger) et apprendra qu’on ne peut pas forcément obtenir un bon film en mélangeant tout et n’importe quoi, n’importe comment.

Colossal : Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=x3riT3SPwtI

Colossal : Fiche Technique 

Réalisateur : Nacho Vigalondo
Scénario : Nacho Vigalondo
Interprétation : Anne Hathaway, Jason Sudeikis, Dan Stevens, Austin Stowell,Tim Blake Nelson…
Montage : Ben Baudhuin, Luke Doolan
Distributeur : Neon
Sociétés de production : Voltage Pictures, Brightlight Pictures
Genre : Comédie, Science fiction, Action
Durée : 1h30
Nationalités : espagnol, canadien
Première sortie : 7 avril 2017 (États-Unis)

 

Cannes Classics 2017 : Millésime exceptionnel pour la 70ème édition du Festival de Cannes

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À l’occasion de la 70ème édition du Festival de Cannes, Cannes Classics 2017 propose cette année un programme consacré entre autres aux films ayant éblouis la Croisette. Le contenu de ce vibrant hommage aux monuments du cinéma a été dévoilé le 3 mai. Les festivaliers vont pouvoir ainsi profiter de nombreux joyaux du septième art avec notamment Le Salaire de La Peur de Henri-Georges Clouzot, Madame de… de Max Ophüls, La Ballade de Narayama de Shohei Imamura ou bien encore Belle de Jour de Luis Bunuel.

Voilà près de quinze ans que le Festival de Cannes rend hommage aux chefs-d’œuvre du septième art avec la sélection Cannes Classics. Les films mis à l’honneur chaque année témoignent du travail de nombreux artisans de l’ombre, tous animés par la volonté de valoriser le patrimoine cinématographique à l’international. Les efforts nourris des cinémathèques, des archives nationales, des sociétés de production et des ayants droit, qui partagent le même amour et la même passion pour le cinéma à travers le monde, sont ainsi mis en avant dans le cadre de la sélection de Cannes Classics. Les longs-métrages sélectionnés permettent de retracer les plus belles heures de l’histoire du septième art. L’intégralité des films projetés dans le cadre du Festival sont présentés dans des copies restaurées.

Le programme complet de Cannes Classics pour cette édition 2017 est décomposé en 24 séances exceptionnelles. Un court-métrage sera également diffusé ainsi que cinq documentaires. De très nombreux pays sont représentés pour cette 70ème édition du Festival dans le cadre de Cannes Classics. L’intégralité des films sera projetée dans le Palais des Festivals en présence des réalisateurs encore vivants et des équipes qui ont travaillé sur les différentes étapes de la restauration.

Parmi les très beaux hommages de cette sélection, les festivaliers passionnés par l’histoire du cinéma vont pouvoir notamment profiter des projections exceptionnelles de La Bataille du Rail de René Clément, Le Salaire de La Peur de Henri-Georges Clouzot, Blow-Up de Michelangelo Antonioni, L’empire des sens de Nagisa Oshima, All that Jazz de Bob Fosse, L’Homme de Fer d’Andrzej Wajda, La Ballade de Narayama de Shohei Imamura, probablement l’un des plus beaux  films, Belle de jour de Luis Bunuel, Et au milieu coule une rivière de Robert Redford.

Le Festival permet donc de rendre hommage au cinéma de la plus belle des manières avec Cannes Classics.

La sélection officielle de Cannes Classics 2017

1946 : La Bataille du Rail (Battle of the Rails) de René Clément (1h25, France) : Grand Prix International de la mise en scène et Prix du Jury International.

1953 : Le Salaire de la peur (The Wages of Fear) de Henri-Georges Clouzot (1952, 2h33, France, Italie) : Grand Prix.

1956 : Körhinta (Merry-Go-Round / Un petit carrousel de fête) de Zoltán Fábri (1955, 1h30, Hongrie) : en Compétition.

1957 : Ila Ayn? (Vers l’inconnu ?) de Georges Nasser (1h30, Liban) : en Compétition.

1967 : Skupljači Perja (I Even Met Happy Gypsies / J’ai même rencontré des Tziganes heureux) d’Aleksandar Petrović (1h34, Serbie) : en Compétition, Grand Prix Spécial du Jury, Prix de la Critique Internationale- FIPRESCI ex-aequo.

1967 : Blow-up de Michelangelo Antonioni (1966, 1h51, Royaume-Uni, Italie, États-Unis) : Grand Prix International du Festival.

1969 : Matzor (Siege / Siège) de Gilberto Tofano (1h29, Israël) : en Compétition.

1970 : Soleil O (Oh, Sun) de Med Hondo (1h38, Mauritanie, France) : Semaine de la Critique.

1976 : Babatu, les trois conseils de Jean Rouch (1h33, Niger, France) : en Compétition.

1976 : Ai no korîda (In the Realm of the Senses / L’Empire des sens) de Nagisa Oshima (1h43, France, Japon) : Quinzaine des Réalisateurs.

1980 : All that Jazz (Que le spectacle commence) de Bob Fosse (1979, 2h03, États-Unis) : Palme d’or.

1981 : Człowiek z żelaza (Man of Iron / L’Homme de fer) d’Andrzej Wajda (2h33, Pologne) : Palme d’or.

1982 : Yol – The Full Version (The Way / La Permission) de Yilmaz Güney, réalisé par Serif Gören (1h53, Suisse) : Palme d’or, Prix de la Critique Internationale-FIPRESCI.

1983 : Narayama Bushikō (Ballad of Narayama / La Ballade de Narayama) de Shôhei Imamura (2h13, Japon) : Palme d’or.

1992 : El sol del membrillo (Le Songe de la lumière) de Victor Erice (2h20, Espagne) : Compétition, Prix du Jury, Prix de la Critique Internationale- FIPRESCI.

1951-1999 : Une brève histoire des courts métrages présentés par le Festival de Cannes. Un programme préparé par Christian Jeune et Jacques Kermabon.

Les projections spéciales

Madame de… de Max Ophüls (1953, 1h45, France)

L’Atalante de Jean Vigo (1934, 1h28, France) en copie restaurée 35mm

Native Son (Sang noir) de Pierre Chenal (1951, 1h47, Argentine)

Paparazzi de Jacques Rozier (1963, 18mn, France)

Belle de jour (Beauty of the Day) de Luis Buñuel (1967, 1h40, Espagne-France)

A River Runs Through It (Et au milieu coule une rivière) de Robert Redford (1992, 2h04, États-Unis)

Lucía de Humberto Solas (1968, 2h40, Cuba)

La sélection de documentaires

La belge histoire du festival de Cannes (The Belgian’s Road to Cannes) de Henri de Gerlache (2017, 1h02, Belgique)

David Stratton- A Cinematic Life de Sally Aitken (2017, 1h37, Australie)

Filmworker de Tony Zierra (2017, 1h29, États-Unis)

Becoming Cary Grant (Cary Grant – De l’autre côté du miroir) de Mark Kidel (2017, 1h25, France)

Jean Douchet, l’enfant agité de Fabien Hagège, Guillaume Namur, Vincent Haasser (2017, 1h30, France)

Vous pouvez retrouver les autres sélections dans les articles suivants :

Cannes 2017 : Compétition Officielle/Un Certain Regard –  Cinéfondation Sélection Sélection Quinzaine des Réalisateurs Sélection de la Semaine de la Critique  – Sélection ACID

La saison 2 de Stranger Things sera plus sombre et tournée vers l’horreur

Le carton Netflix de Matt Duffer et Ross Duffer se dévoile un peu plus. La deuxième saison de Stranger Things s’annonce bien plus terrifiante que la première.

Après une première saison teintée de mystères, Stranger Things va aller encore plus loin dans la peur si l’on en croit ses acteurs. Finn Wolfhard, l’interprète de Mike a déclaré: « Les personnages vont devoir faire face à des épreuves bien réelles, bien perturbantes… (…) Je pense que cette saison sera bien plus sombre. Bien plus orientée vers l’horreur. Je pense que les gens vont encore plus l’aimer que la première saison.  » La première saison se démarquait déjà par une ambiance angoissante, qui rendait hommage au cinéma des années 80 de Spielberg et Cameron. La série Netflix n’a aussi jamais nié l’influence du travail de Stephen King sur son atmosphère. Approfondir l’horreur n’est qu’une suite logique et pourrait confronter les personnages à de nouvelles et terribles péripéties. Gaten Matarazzo (Dustin) a ajouté: « Ce qu’il y a de bien avec cette saison, c’est qu’on va voir les personnages plus en profondeur, on va rentrer plus dans leurs vies privées et on va voir comment ils surmontent ce qui est arrivé dans la saison 1. Je pense qu’ils sont tous marqués psychologiquement. Ils se sentent seuls parce que leur meilleur ami est de retour mais il n’agit plus comme tel. Il a changé ».

La première saison a été un énorme succès, transposant la bande de copains sur tous les plateaux de télévision. Cet accueil dithyrambique  a rapproché les acteurs de la série. Millie Bobby Brown a raconté à People Magazine les soirées Netflix qu’elle organise avec Noah Schnapp (Will) : “Noah vient chez moi pour des soirées pyjama presque tous les week-ends. On regarde des films qui font très peur sur Netflix comme Hush ou Mister Babadook. De quoi donner de l’inspiration aux jeunes interprètes pour de futures scènes terrifiques. Si l’intrigue reste encore jusqu’ici très mystérieuse, on sait qu’elle reprendra la vie de la bande plus d’un an après les événements de la première saison. Il faut désormais prendre notre mal en patience et attendre le 31 octobre prochain sur Netflix.

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Teaser Stranger Things saison 2 :

Sortie DVD/Blu-ray de trois films d’Akira Kurosawa chez Wild Side

Sortie ce mercredi 3 mai de trois films du maître Akira Kurosawa, Les Bas-fonds, Entre le ciel et l’enfer et Les Salauds dorment en paix chez les éditions Wild Side. Au programme, une plongée dans les retranchements humains du Japon féodal et moderne.

Ce mercredi 3 mai sortent en DVD et Blu-ray trois films d’Akira Kurosawa : Les Bas-fonds (1957), Entre le ciel et l’enfer (1959), et Les Salauds dorment en paix (1960). Et c’est à nouveau chez les éditions Wild Side que la filmographie du maître se refait une jeunesse. On notera à ce propos les qualités d’image et du son formidables d’Entre le ciel et l’enfer et Les Salauds dorment en paix, malgré un contraste un peu trop poussé sur le deuxième. On regrettera l’image touchée par un bruit visuel relativement important et une instabilité lumineuse dans Les Bas-fonds, ainsi qu’un rendu sonore souvent nasillard.

Cette triple dose de Kurosawa est l’occasion de redécouvrir une autre partie de sa filmographie. Une carrière cinématographique qui n’aura eu de cesse de filmer les corruptions et violences d’un Japon féodal afin de mieux réfléchir sur le pays dans sa modernité. Japon qu’il a aussi filmé dans sa contemporanéité. Le premier plan des Bas-fonds (adapté de la pièce éponyme de Maxime Gorki) filme le ciel et des bâtiments en contre-plongée, pour ensuite nous conduire vers un lieu qui semble être plus bas que terre. Nous arrivons ensuite dans un taudis loué par de pauvres diables, tous sympathiques et tous un peu salops, mais surtout, tous sont des rébus de la société. L’un est un ex-taulard, l’autre un voleur apprécié par le propriétaire pour les biens qu’il rapporte ; une jeune femme est une prostituée, l’autre est mourante, et n’est pas aidée par son mari travailleur et pauvre. Le Japon féodal est représenté dans sa souffrance du quotidien, avec un propriétaire avide, un policier relativement corrompu à sa solde, et des individus rejetés réunis par leur dépit commun envers leur existence. Une dernière énergie les unit aussi, dans des séquences de chanson loufoque, mais aussi dans l’intérêt que chacun peut porter à l’autre, même par une engueulade.

En 1959, Kurosawa nous présente les bas-fonds modernes dans Entre le ciel et l’enfer. Si La Nuit des morts-vivants de Romero sort en 1968, on assiste probablement ici à la première fois que des zombies, créatures abruties et abimées par la société de consommation, sont présentés à un écran de cinéma. Lors d’une séquence de traque d’un criminel, des policiers doivent le suivre dans un bouge à drogue. Alors qu’ils progressent, les addicts assoiffés, entre la vie et la mort, approchent le tueur puis ces policiers, les touchant, les entourant, espérant obtenir une dose. Les images sont glaçantes. Si les films de Kurosawa possèdent les sens absolus du suspense, de l’aventure, du drame, ou encore de la comédie qui habitent notre réalité et notre Histoire mises en images par le cinéma, ses œuvres n’hésitent pas à représenter la violence du monde. Une représentation de la violence toute en nuances : elle n’existe pas juste dans les milieux pauvres, elle naît aussi dans l’avidité et la soif de pouvoir des hommes d’affaire d’Entre le ciel et l’enfer, satisfaits de ce qui arrive au personnage juste, incarné par Toshiro Mifune.

On l’observait d’ailleurs, lui et sa maison climatisée postés sur une colline au-dessus de la Basse-Ville. On  regardait d’en bas la demeure, avec avidité. On la jugeait aussi arrogante, dixit les héros policiers. Et pourtant , le criminel sera choqué face au soutien de l’opinion publique pour Toshiro Mifune, héros industriel tragique aimé par tous ses employés et détesté par ses collègues. Son personnage qui aura lui aussi désiré obtenir tout le pouvoir au sein de son entreprise, recommencera tout, de manière modeste, parce qu’il aura privilégié la vie d’un enfant à sa vie d’industriel puissant. L’humanité peut être partout, à l’image de la bêtise et des violences humaines.

« Le suicide, un rituel de la corruption ? »

– peut-on lire sur la une d’un journal dans Les Salauds dorment en paix

Les consciences, qu’elles appartiennent aux pauvres comme aux riches et à leurs serviteurs, sont torturées. Certains dorment en paix alors qu’ils poussent d’autres au suicide, maquillant leurs crimes et assurant leur souveraineté. Mais Kurosawa est un homme d’espoir. Quand bien même le triomphe du bien/juste n’est pas absolu, l’espoir lui survit, et fait se replier le désespoir et ses ténébreux serviteurs.

Les trois éditions sorties ce mercredi 3 mai, comportant des bonus relativement conséquents en plus d’un livre enrichissant forment de véritables invitations à des expériences d’une richesse inouïe. L’invitation à redécouvrir Akira Kurosawa – soit une invitation à (re)découvrir le Cinéma – que propose à nouveau Wild Side ne demande qu’à être acceptée. Et puis, qui n’a pas envie d’une triple dose du brillantissime Toshiro Mifune ?

EXTRAIT – Les Salauds dorment en paix

Les Bas-fonds (1957)

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

Master restauré HD – Format image : 1.33, 16/9ème compatible 4/3 – Noir & Blanc – Format son : Japonais DTS Mono et Dolby Digital Mono – Sous-titres : Français – Durée : 2h01

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray

Master restauré HD – Format image : 1.33 – Noir & Blanc – Résolution film : 1080 24p – Format son : Japonais DTS Master Audio Mono – Sous-titres : Français – Durée : 2h05

Compléments

Kurosawa par Charles Tesson (1h)

Bande-annonce originale

+ un livret de 66 pages accompagnant l’édition, écrit par Frédéric Albert Lévy

Prix public indicatif : 24,99 Euros le Blu-ray+DVD+livret

 

Entre le ciel et l’enfer (1959)

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

Master restauré – Format image : 2.35, 16/9ème compatible 4/3 – Noir & Blanc – Format son : Japonais DTS Mono et Dolby Digital Mono – Sous-titres : Français – Durée : 2h19

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray

Master restauré – Format image : 2.35 – Noir & Blanc – Résolution film : 1080 24p – Format son : Japonais DTS Master Audio Mono – Sous-titres : Français – Durée : 2h23

Compléments

Le suspense selon Kurosawa (37’)

Entre le ciel et l’enfer selon Jean Douchet (17’)

+ un livret de 66 pages accompagnant l’édition, écrit par Frédéric Albert Lévy

Prix public indicatif : 24,99 Euros le Blu-ray+DVD+livret

Les Salauds dorment la nuit (1960)

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

Master restauré – Format image : 2.40, 16/9ème compatible 4/3 – Noir & Blanc Format son : Japonais DTS Mono et Dolby Digital Mono – Sous-titres : Français – Durée : 2h28

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray 

Master restauré – Format image : 2.40 – Noir & Blanc – Résolution film : 1080 24p Format son : Japonais DTS Master Audio Mono – Sous-titres : Français – Durée : 2h31

Compléments

Dans l’ombre du guerrier (26’)

Kurosawa s’attaque à la corruption (36’)

+ un livret de 66 pages accompagnant l’édition, écrit par Frédéric Albert Lévy

Prix public indicatif : 24,99 Euros le Blu-ray+DVD+livret

Plus Jamais Seul, un film d’Alex Anwandter : Critique

Quand la lumière d’une popstar se dissimule derrière l’ombre d’une caméra, voici ce que ça donne. Plus Jamais Seul, sorti ce mercredi 3 mai, est l’œuvre d’Alex Anwandter, un chanteur chilien qui a décidé de briser dans son premier long-métrage, le silence autour de l’homophobie.

Synopsis : Pablo, jeune lycée chilien, est victime d’une agression homophobe. Son père, bouleversé par cet acte discriminatoire, décide de consacrer ses jours à la défense de son fils.

Toucher du doigt l’universel

Créer une fiction à partir d’un épisode réel permettait d’ouvrir la discussion… Alex Anwandter.

andrew-bargsted-plus-jamais-seulEn 2012, à Santiago, un jeune homme est victime d’une agression homophobe dans laquelle il perd la vie. Ce garçon, nommé Daniel Zamudio, était fan d’Alex Anwandter. Profondément bouleversé par cette discrimination sociale, l’artiste a décidé de sortir sa plume, et d’écrire son histoire. Ce drame aux allures biographique, n’en est  pourtant pas un. La première partie centrée sur la vie de ce jeune homme, explore son quotidien, traversé par la découverte de sa passion pour le cabaret, son travestissement, ses émois amoureux… jusqu’au jour où tout bascule. Insultes, humiliation et violence gratuites, ces mots sont ceux d’une agression purement discriminatoire. Plus Jamais Seul retrace le destin de Pablo, jeune lycéen, devenu la victime de son orientation sexuelle. Loin d’être un cas isolé, ce film évoque avant tout un drame universel. Il concerne des milliers de personnes chaque jour et dans le monde.

J’avais le désir d’écrire cette histoire en m’éloignant le plus possible de la réalité, je ne voulais surtout pas faire une biographie. Alex Anwandter.

Survivre à la violence, voici le message que souhaitait faire passer Alex Anwandter. Le changement de point vue qui apparaît à la seconde moitié du film, renforce cette volonté d’attirer le regard sur la reconstruction d’une vie, face à un traumatisme. Après s’être premièrement centrée sur le jeune homme, la caméra change de sujet. Nous y découvrons la quotidien d’un père, partagé entre la solitude et l’espoir.  Cette réalité pourrait être celle de n’importe quelle personne sur terre. Cette universalité, conforme à la volonté d’Alex Anwandter, permet de faciliter l’identification des spectateurs. Détourner le regard ou faire face à la violence ? C’est par le biais du choc émotionnel que le réalisateur espère rendre compte de l’immoralité de la situation, et c’est pour cette raison que la scène de l’agression a notamment été travaillée sur la durée. Nous pourrions penser que Plus Jamais Seul est un film militant, s’engageant fermement dans une lutte anti-discriminatoire. Pourtant, le réalisateur semble avoir contourné cette idée, en décidant d’apporter à son drame, un message de tolérance

andrew-bargsted-jaime-leva-plus-jamais-seulEn dehors de sa beauté morale, Plus Jamais Seul connaît des limites. Une longueur omniprésente dans le scénario plonge le spectateur dans une certaine lassitude. Cette paresse était-elle indispensable pour toucher du doigt la gravité du problème ? Même si la logique voudrait que ce drame s’inscrive dans une certaine lenteur, la redondance du schéma narratif semble quelque peu tuer lémotion. Et pourtant, Plus Jamais Seul reste un film fort. Ce n’est pas seulement une histoire de combat, mais c’est aussi et surtout une histoire de lien, d’homme à homme, de père en fils.

La relation père-fils renvoie à deux générations en effet mais c’est aussi une métaphore de la transmission de la masculinité : être un homme, qu’est-ce que cela implique ? Qu’est-ce qui se transmet dans une lignée d’hommes ? Alex Anwandter.

Désormais rangé dans la catégorie des artistes polyvalents, Alex Anwandter réussit à délivrer à travers Plus Jamais Seul, un message d’espoir sur lequel est inscrit un unique mot, liberté.  

Plus Jamais Seul : Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=OrIGRN6CHaI

Plus Jamais Seul : Fiche Technique

Titre oginal : Nunca vas a estar solo
Réalisateur : Alex Anwandter
Scénariste : Alex Anwandter
Casting : Sergio Hernandez, Andrew Bargsted, Jaime Leva, Antonia Zegers, Benjamin Westfall, Gabriela Hernández, Edgardo Bruna, Astrid Roldan…
Compositeur : Alex Anwandter
Image : Mattias Illanes
Son : Diego Aguilar
Décors : Andrea Contreras
Costumes : Natalia Geisse
Maquillage : Michelle Cervera
Montage : Felipe Galvez, Alex Anwandter
Mixage : Roberto Espinoza
Distribution : Epicentre Films
Une production : 5AM et Araucaria Cine
Genre : Drame, Action
Durée : 1h21
Date de Sortie : 3 Mai 2017

Chili – 2016

Twin Peaks : Canal + va diffuser la nouvelle saison en exclusivité en France !

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Canal + vient de signer un coup de maître ! La saison 3 tant attendue de Twin Peaks sera accessible en France en exclusivité sur la chaîne dès la fin du mois de mai. Le grand retour de David Lynch derrière la caméra s’annonce d’ores et déjà culte ! Faites chauffer les thermos de café et préparez vos boîtes de donuts ! Après près de vingt-cinq ans d’attente, le voile sera définitivement levé sur les mystères de la chambre rouge et sur l’agent Dale Cooper.

M6, Arte, TF1, le service public et OCS n’ont plus que leurs yeux pour pleurer ! Le très décrié Vincent Bolloré, pour ses décisions contestées et sa modification en profondeur du groupe Canal +  à travers les Guignols de l’Info, la mort du Grand Journal, le départ de Yann Barthès ou bien encore la grève à iTélé, risque de retrouver le sourire. La saison 3 de Twin Peaks, diffusée en exclusivité dans l’Hexagone sur les antennes de la chaîne cryptée, va en effet redonner des couleurs aux audiences du groupe Canal. Même si le téléchargement illégal et le streaming de mauvaise qualité sont toujours tenaces, les mordus de séries risquent de craquer pour un abonnement à Canal + avec la diffusion de la suite de la série culte des années 1990. Le programme télévisé fera son grand retour sur la chaîne câblée Showtime le dimanche 21 mai prochain aux USA. Les débuts de la saison 3 seront diffusés dès le lendemain en France et en exclusivité sur Canal + et Canal + Séries le lundi 22 mai.

La série culte et décalée de David Lynch, avec Kyle MacLachlan dans le rôle-titre, a essaimé des générations entières de fans qui n’en pouvaient plus d’attendre le « comeback » de ce programme phare des années 1990 et de sa transposition cinématographique (Twin Peaks Fire Walk With Me). Pour celles et ceux qui auraient vécu dans une cave depuis ces trente dernières années, les deux saisons de Twin Peaks sont accessibles sur Netflix France et certaines plateformes de vidéo à la demande pour un visionnage express de rattrapage avant la diffusion sur Canal +. Canal Play proposait la série dans son catalogue également.

Le grand retour de Twin Peaks pour cette saison 3 sera également célébré à l’occasion d’une soirée événement dans le cadre de la 70ème édition du Festival de Cannes. Une projection spéciale en avant-première mondiale sera orchestrée sur la Croisette. On imagine la folie et l’excitation de Didier Allouch et Laurent Weil qui devraient faire vivre l’événement sur Canal + à l’occasion de la couverture du tapis rouge du 70ème Festival de Cannes. Cette soirée événement estampillée Twin Peaks s’annonce donc digne des meilleures pages du gonzo journalisme à la télévision, sur les antennes du groupe Canal +. La retransmission de ce red carpet surréaliste avec une potentielle interview de David Lynch aux bras de la sublimissime Monica Bellucci (maîtresse de cérémonie à Cannes cette année et présente au casting de la saison 3 tant attendue) risque d’être un grand moment de télévision. La présence de l’humoriste et du comédien Jérôme Commandeur à leurs côtés avait déjà dynamité la cérémonie des Oscars en février dernier, pour le meilleur et pour le rire ! Espérons que l’agent Dale Cooper (l’acteur Kyle MacLachlan) ne soit pas plongé dans une transe psychotique à la vue du tapis rouge devant le Palais des festivals et des Congrès de Cannes ! Une bonne partie de l’équipe et du casting de rêve de la saison 3 de Twin Peaks devrait faire le déplacement sur la mythique « French Riviera ». La présence de David Lynch en France permettrait de donner une saveur supplémentaire à la cuvée 2017 cannoise.

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Cette nouvelle salve de 18 épisodes d’une heure sera donc visible sur Canal + à 24h d’intervalles avec la diffusion aux États-Unis. L’intrigue reprendra vint-cinq ans après la découverte du corps de Laura Palmer (la comédienne Sheryl Lee). Aucun détail du scénario n’a véritablement fuité pour le moment. L’agent Dale Cooper occupera à nouveau un rôle central après les terribles révélations de la fin de la saison 2. Kyle MacLachlan a obtenu un Golden Globe en 1991 pour ce rôle dans la série. Une pléiade de nouveaux acteurs vont renouveler le casting et rejoindre de nombreuses têtes connues des deux premières saisons. L’atmosphère sonore particulière et la bande-son seront confiées à nouveau au compositeur Angelo Badalamenti. La série a été écrite par Mike Frost et David Lynch. Le réalisateur de Mulholland Drive et de Blue Velvet a réalisé l’intégralité des 18 épisodes de la série, un gage de qualité indéniable aux yeux de tous les fans de la série originale.

Le grand retour de Twin Peaks risque en tous les cas de permettre de ringardiser les conversations devant la machine à café ou entre amis sur Breaking Bad, Walking Dead ou Game of Thrones. Le côté décalé et le ton particulier de la série lié au génie et à l’humour corrosif de Lynch risque de surprendre les spectateurs modernes qui auraient raté le tourbillon Twin Peaks dans les années 1990. Plus qu’une vingtaine de jours à patienter donc pour découvrir ENFIN les secrets enfouis et les derniers mystères de la ville de Twin Peaks, dans l’Etat de Washington. Après 25 ans d’attente, certains spectateurs risquent de verser quelques larmes en découvrant le générique de Twin Peaks sur les antennes de Canal +.

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https://twitter.com/seriescanalplus/status/859679384093040640

 

Interview d’Anaïs Volpé, une artiste à l’univers organique

Il y a un mois, sortait HEIS (Chroniques), un projet crossmédia réalisé par Anaïs Volpé. Nous avons rencontré cette réalisatrice : une artiste polyvalente et un nouvel espoir du cinéma français. 

I. Le projet HEIS

On est dans le réel  frénétique des questionnements de la vie. On est dans un moment où le cerveau saigne de trop de pensées. Donc cela donne naissance à une forme de film un peu moins classique que ce que l’on a l’habitude de voir. 

Pourquoi avoir choisi de réaliser ce projet en trois volets ? Quelles étaient vos intentions ?

A la base, je n’ai pas choisi de faire ce projet en trois volets. Au commencement, c’était destiné à être une série de plusieurs épisodes. 
Puis une fois la série terminée j’ai voulu pousser un peu plus la matière que j’avais, et tenter de transformer cette série en long-métrage. 
J’ai donc tourné à nouveau, pas mal de choses et j’en ai fait un long-métrage. Une fois ce long-métrage terminé, je me suis rendue compte qu’il était finalement devenu complémentaire avec la série et j’ai trouvé intéressant de ne pas annuler la série. Puis à ce même moment là, j’avais l’occasion d’être exposée dans une galerie d’art avec des photos que je faisais en freelance pour des magazines chinois et anglais à côté, et plutôt que d’exposer ces photos, j’ai préféré continuer de pousser la matière du projet sur lequel j’étais actuellement (Heis, donc) et de leur proposer une installation artistique en lien avec la série et le long métrage. Ils ont accepté.
C’est à ce moment là HEIS est devenu un projet en trois volets. 
Au final, les trois volets du projet peuvent se regarder ensemble ou indépendamment. Ils sont complémentaires mais peuvent tout à fait vivre seuls. De plus, on peut découvrir le projet dans l’ordre que l’on veut, il n’y a pas d’ordre de préférence. Cela a demandé beaucoup de travail au niveau de la narration pour rendre cela possible.

HEIS est pour moi un ovni cinématographique. Beau aussi bien esthétiquement que moralement, quelle place accordez-vous à l’art, dans  vos réalisations ?  

La place que j’accorde à l’art dans mes réalisations? Je dirai que cela dépend vraiment du propos du film. J’aime quand la forme utilisée sert le propos du film, sinon cela à tendance à m’embrouiller pour rien. 
Pour ce film, comme cela parle, entre autres, de la génération Y, j’avais très envie que sur les parties qui parlent de cette génération, il y ait une abondance d’images et de sons. De plus, c’est filmé avec différents supports. Je voulais mettre en avant cette sur-sollicitation visuelle dans laquelle nous nous trouvons chaque jour (notamment avec les réseaux sociaux). Par exemple aujourd’hui, on peut discuter avec quelqu’un dans la rue puis scroller Instagram, Facebook etc… et se prendre des vagues d’images/d’informations. Je voulais donc que dans le film cela soit un peu pareil. Il y a des scènes de la vie de tous les jours et des moments entre ces scènes de vie, où l’on est dans le cerveau du personnage de Pia. On accède à ses pensées accompagnées de beaucoup d’images et sons. On est dans le réel  frénétique des questionnements de la vie. On est dans un moment où le cerveau saigne de trop de pensées. Donc cela donne naissance à une forme de film un peu moins classique que ce que l’on a l’habitude de voir. 
Pour mon prochain film cela sera différent. Cela moins « ovni » je pense, car le propos le permet moins et cela deviendrait alors du gadget de faire une forme similaire…cela ne serait pas intéressant. 
L’art (plus spécifiquement l’art plastique) reste malgré tout très important pour moi, et je pense que cela se sentira surement dans le reste de mes prochains films mais de manière plus discrète ou plus frontale en fonction de l’histoire du film. 

L’amour, l’amitié ou encore la famille sont des thèmes omniprésents dans HEIS, pourquoi ce choix ? Quelle importance ces mots ont-ils pour vous ?

anais-volpe-interview-heisLe personnage de PIA dans le film est confronté à plusieurs difficultés en même temps: l’amour, l’amitié, la famille. Comme parfois dans la vie lorsqu’on traverse des « séries » de soucis/choix/dilemmes, et que tout arrive en même temps. 
Ces mots, ces questionnements sont importants pour moi comme pour beaucoup de gens il me semble. 
La famille est même certainement le sujet qui me pose le plus de questionnements, je le trouve plus compliqué et beaucoup plus « sans réponse ». Dans le film, la question/la problématique principale est « le devoir de rester proche de sa famille ou le droit de s’en émanciper, même si cela nous éloigne d’elle? » et chacun des personnages est amené à devoir se poser la question. Personne ne semble avoir la réponse exacte. Un peu comme dans la vie.

Avez-vous voulu dépeindre le quotidien de millions de jeunes et parents, autrement dit la réalité de nombreuses familles ? Ou bien est-ce une part de votre propre vie ?  

Je ne pense pas avoir voulu dépeindre le quotidien de millions de parents quand j’ai fait le film. Je voulais parler d’une famille en particulier. Avec des choses que je connaissais bien. Mais au vu des nombreux retours des spectateurs que nous avons chaque jour qui s’identifient énormément à ces problématiques je me rends compte que ça à l’air d’être beaucoup le cas ailleurs. 
Pour ce qui est de l’autobiographie et de la fiction, il y a des deux! Le squelette de mon film est une fiction. Mais il y a, au travers de cette fiction, beaucoup de choses que j’ai vécues. Je me sers pas mal du personnage de PIA pour exprimer ce que j’ai pu ressentir entre mes 17 ans (lorsque je suis arrivée à Paris) et mes 24ans (lorsque j’ai commencé à écrire le film). 
Je ne voulais pas exposer ma vraie vie pour que cela ne soit pas trop personnel et donc que cela ne parle qu’à moi. Il fallait que je puisse énormément « fictionnaliser » mon histoire pour aussi m’éclater et prendre moi-même un peu de recul sur ce que j’avais vécu. Donc il y a énormément de fiction dans ce film aussi. Et à la fois, énormément de choses de ma vie personnelle là dedans.

Le droit de partir ou le droit rester, voici la question fondamentale de ce long-métrage. Avez-vous vous-même été confrontée à ce choix difficile ? 

Bien sur! C’est cette fameuse question qui me semble très dure. Elle n’a pas de réponse exacte.
Je me la suis posée à 17ans quand je suis partie de ma famille qui vit à Toulouse pour venir vivre à Paris. Et c’est une question que je me pose encore car je ne peux pas rentrer voir souvent ma famille, mes proches… et parfois j’ai la sensation de perdre des moments essentiels de vie. Et à la fois, j’ai aussi envie et besoin de rester à Paris car c’est ici que je m’épanouis. Parfois il m’est arrivée de ne pas pouvoir voir ma famille pendant un an, à cause du travail ici. 
Donc forcément j’avais envie de mettre une de mes problématiques personnelles dans ce premier film.

Comment qualifierez-vous la société d’aujourd’hui

C’est une question très complexe car il y aurait tant de choses à dire. Cela serait trop compliqué de répondre brièvement, pour éviter de faire trop de raccourcis sur un tas de sujets que je pourrais évoquer.
Mais je dirai que dans notre société il me semble qu’il nous faut faire énormément de sacrifices pour accéder à des choses très simples et normales. Il faut vraiment se défoncer pour avoir un petit peu de résultats.

La partie long-métrage a connu un grand succès dans les festivals de cinéma. Pensez-vous que ce succès est en partie dû au fait qu’un large public peut se retrouver dans cette histoire ?  

J’étais vraiment contente de voir les réactions des gens en sortant des séances lors des Festivals puis de la sortie du film en France. Avec l’équipe du film nous avons eu l’occasion de pouvoir beaucoup échanger avec un tas de personnes qui sortaient du film…et c’est toujours très enrichissant. C’est vrai que dans l’ensemble beaucoup de gens se sentent très proches de ces problématiques (la famille, l’équilibre personnel, la réussite professionnelle, l’amitié, l’amour….) et beaucoup d’entre eux ont l’impression que c’est un film qui parlent d’eux. C’est très intéressant, nous avons des gens de toutes cultures, tous âges qui nous disent « mais c’est ma vie! » donc visiblement c’est un film qui rassemble plus qu’il ne divise, d’après les témoignages des gens. Peut-être que c’est ce qui a aidé en Festivals oui.

II. Qui est Anaïs Volpé ? 

Je crois que j’ai juste besoin de sortir des choses de moi sinon j’implose. Réaliser, écrire…c’est ma « chiale » à moi…c’est un peu l’illustration du crédo « tout ce qui est dehors n’est plus dedans »

Parlez-nous un peu de vous ?

Je suis arrivée à Paris à 17 ans, je suis née à Toulouse. Quand je suis anais-volpe-interview-portraitarrivée ici, j’ai commencé des études de théâtre que j’ai du arrêter assez vite, et j’ai beaucoup « jobé » en tant qu’hôtesse d’accueil dans des cafés/hôtels et en tant que téléopératrice, pendant plusieurs années. 
En parallèle, j’ai décroché des projets dans le théâtre en tant que comédienne, c’était ma passion et j’ai adoré cette période. Une année, j’ai eu l’occasion d’être admise notamment aux « ateliers du lundi » au théâtre national de la Colline. Un atelier qui permettait à quelques jeunes comédiens de travailler tous les lundi au Théâtre National de La Colline avec plusieurs metteurs en scène. C’était vraiment cool, parce que c’est la première fois de ma vie que je réussissais un concours. Juste avant ça j’avais toujours tout raté, parfois à très peu d’être admise, et ça m’avait pas mal épuisée psychologiquement. Beaucoup d’efforts pour peu de résultats, toujours la 4ieme place. 
Après ça, il y a 5 ans, j’ai appris le montage un peu par hasard, via des Tuto Youtube et ça a été un révélation. J’ai eu une vraie passion pour le montage. J’adore ça. J’ai alors commencé à faire des petits films avec des iPhone qu’on me prêtait à droite à gauche et je montais ça dans mon coin, le soir quand je rentrais chez moi.
Jusqu’à ce que ces petits films tournent sur Internet, et dans quelques festivals et un jour, quelqu’un d’une chaine TV m’a contacté et m’a beaucoup encouragé à faire une série de ces petits films.
Au même moment j’étais en train de finir mon premier court-métrage « Blast », un film de 20minutes, que je commençais à envoyer en Festivals.
Puis j’ai eu une grosse fatigue. J’ai fait une sorte de burnout, j’ai décidé d’arrêter totalement l’Art et j’ai signé un CDI dans une brasserie en tant que serveuse. Au bout de quelques mois, j’ai reçu un mail comme quoi « Blast » était sélectionné dans un Festival. Et l’ironie du sort c’est que le film a remporté le Prix du Jury et que grâce à ça j’ai été invitée par l’Ambassade de France en Chine pour présenter mon film là bas fin 2013. Une fois sur place j’ai gagné une bourse de l’Institut Français de Pékin afin de m’aider sur mon prochain projet et je suis restée plusieurs semaines là-bas. C’est donc à Pékin que j’ai commencé à écrire et tourner le projet HEIS

Quelles sont vos influences à la fois cinématographiques et artistiques ? 

Ça va faire un peu cliché, mais avant de parler de références artistiques, je dirai que la première chose qui m’inspire et m’influence dans mon travail c’est tout simplement: la vie. 
Tout ce que je vis de fort, dans le positif ou le négatif, généralement ça se retrouvera dans ce que je vais créer ensuite. Ce qui m’a blessée ou encouragée j’ai souvent ce besoin de le sortir de moi au travers de quelque chose d’artistique. 
Je suis pas mal curieuse, j’aime aller au musée quand je peux, ou regarder des comptes cool sur Instagram qui peuvent m’inspirer visuellement. Et après tout cela s’accumule dans mon inconscient et ça créé un magma d’influences je suppose. Aujourd’hui on encaisse tellement d’informations bonnes et mauvaises par jour, c’est toujours inspirant.
Je suis aussi très inspirée par la musique, ça m’aide énormément à écrire un scénario. Je ne peux pas vivre sans musique. C’est ma base.
D’ailleurs quand je monte un film, je monte beaucoup plus avec mes oreilles qu’avec mes yeux. Le rythme sonore c’est ce qui m’importe le plus.
Pour le film « Heis (chroniques) » j’ai par exemple été ultra inspirée par les sons du groupe « Chkrrr » qui ont apporté une autre dimension au film pendant le montage. Je suis très contente de cette collaboration. 
Après, en général, mes influences sont très larges et autant complémentaires qu’absurdes, elles peuvent aller du « cinéma d’auteur » à « Internet » en passant par « la télé réalité » et « les films mainstream ». 
J’adore regarder des films, mais par manque de temps on ne peut pas dire que je sois une grande cinéphile…disons que, comparé aux vrais cinéphiles j’ai beaucoup de lacunes. Souvent on me balance des noms de films qui sont de grands classiques et que je n’ai jamais vu. Et je lis vraiment très peu car j’ai d’énormes problèmes de concentration. 
Je regarde beaucoup de séries en ce moment par exemple, j’adore les séries addictives …ça me fait toujours oublier l’heure, j’adore.
En tout cas ce qui m’inspire, c’est surtout tout ce que je ne veux pas garder pour moi et que j’ai besoin de vomir dans un film ou un scénario.

Sur quoi travaillez-vous actuellement ? 

Je suis en train d’écrire deux scénario de long-métrage. 
L’un des deux a été sélectionné au « Script Station » de la Berlinale cette année, donc j’étais contente d’être invitée là bas pour pouvoir travailler avec des Script Doctors sur ce scénario en particulier.
L’autre scénario est moins écrit mais déjà plus en développement, je l’écris beaucoup dans ma tête pour l’instant et je vais bientôt me poser pour pouvoir tout mettre sur le papier. 
C’est encore un peu frais pour dire comment la suite va se passer mais je peux dire que je vais réaliser mon second film bientôt, en étant accompagnée par un producteur et que je suis très contente de cette collaboration. J’ai vraiment hâte de tourner ce prochain film.

Ressentez-vous à travers votre travail, le besoin de vous exprimer ? 

Oui, tout à fait. J’en ai besoin. Et même si demain, j’étais amenée à ne pas pouvoir vivre de ce métier, je pense que je ferai toujours mes trucs à côté de mon travail, je crois que c’est dans le sang. Même quand je veux arrêter, il y a toujours quelque chose qui me rattrape et au final je n’arrête jamais.
Je crois que j’ai juste besoin de sortir des choses de moi sinon j’implose. Réaliser, écrire…c’est ma « chiale » à moi…c’est un peu l’illustration du crédo « tout ce qui est dehors n’est plus dedans ». J’en ai besoin comme ceux qui ont besoin de courir tous les jours. Ça fait partie certainement de mon équilibre, j’ai visiblement besoin de balancer ma nostalgie, mes craintes, mes angoisses, mes espoirs. Et ça évolue en fonction de mon âge, en fonction de ce que j’ai vécu sur les derniers mois, en fonction du contexte qui évolue avec nous, de la tournure que prend la société etc…
Et allez savoir, peut-être qu’un jour je ne ressentirai plus du tout ce besoin et que du coup je ne ferai plus de films. Je serai dans autre chose. On verra bien !

Si vous deviez choisir un mot pour définir votre univers, quel serait-il ? 

Organique

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Adieu Mandalay, un film de Midi Z : critique

Faire cohabiter la fiction et l’aspérité politique peut devenir un casse tête cinématographique. C’est avec son style naturaliste, proche du documentaire, que Adieu Mandalay de Midi Z pointe son regard sur le destin de deux clandestins (Lianqing et Guo) qui passent en catimini les frontières en friche de la Birmanie pour essayer de s’épanouir sur les terres de la Thaïlande.

A partir de ce duo, qui va voir naître un couple, dont les envies semblent malheureusement unilatérales et bien distinctes, Midi Z va construire sa trame et définir par ce biais le mot clandestin. Ce fil rouge va se voir conjuguer au thème principal qu’est la liberté. La démonstration que nous offre le réalisateur ne révolutionne pas la vision même de la clandestinité et le rouage de la jungle mondialisée mais dévoile les conséquences de la déshumanisation des rapports humains. Premièrement, le cinéaste nous présente le clandestin comme étant une personne tributaire de l’environnement duquel il essaye de s’extirper, où l’insécurité financière est quotidienne.

Que cela soit pour passer les frontières ou pour essayer de trouver un premier emploi sans permis de travail, Lianqing est au cœur d’un système où règne la corruption d’autorités locales vénales. Le début du film est schématique et n’est qu’une succession de situations où Lianqing doit passer d’un point A vers un point B. Adieu Mandalay est très factuel dans son processus d’écriture et ne tourne jamais autour du pot. Et c’est dans ces moments-là que l’aspect fictionnel se fait étroit.

Le cinéma de Midi Z n’est pas sans rappeler celui de Tsai Ming-Liang : un cinéma chinois austère qui joue sur la répétitivité et la puissance du temps où la minutie du travail sur le cadre amplifie la fragilité de la condition de vie de personnages en pleine quête d’identité. Fait de plans fixes qui cloisonnent son univers et la folie qui grandit en son sein, Adieu Mandalay incorpore son humanité avec parcimonie. L’émotion, qui se veut subtile et fugace, n’est à première vue, pas la caractéristique première de ce long métrage. Mais par cette froideur naturaliste, qui se propage dans la plonge d’un restaurant ou la chambre d’un hôtel de luxe qui suinte la mort, Midi Z nous immisce avec plus de force dans l’engrenage mécanique et routinier du chemin de croix de ces clandestins qui ne savent pas si le lendemain leur sourira. Ils travaillent, mangent, dorment, cherchent des papiers, payent des commissions. Puis les choses se répètent, encore et encore. Ce n’est que lors de brèves mais sublimes scènes de transport à l’arrière d’une camionnette ou d’un van que Adieu Mandalay respire, lève les yeux au ciel et permet à ses personnages de ressentir une once de liberté dans le creux de leur main.

Mais de cette répétition, l’émancipation à la fois du récit et des personnages s’accroit pour nous faire comprendre l’envie de chacun. Les objectifs de vie et la motivation ne sont pas les mêmes, surtout entre Guo et Lianqing : lui veut gagner assez d’argent pour commencer un petit commerce en Birmanie et elle, rêve d’un peu plus grand. Et cette incertitude sur un futur assez flou est la raison même de l’affaiblissement de la proximité des liens entre les personnages, qui sont pour la plupart du temps hiérarchiques ou d’ordre de créancier. C’est pourquoi le film, et Midi Z, accentuent l’enfermement spatial des personnages et leur isolement émotionnel à la fois par le cadre esthétique et le mutisme évident.

A l’image du couple que forment Lianqing et Guo qui s’avère inexistant. Lui est amoureux, elle froide comme la pierre. Il pense à eux, elle réfléchit à partir. La beauté ne coule pas de source mais elle est bien présente. Dans ce couple qui n’en est pas un, c’est la dureté et la tristesse de deux individualités qui s’opposent. Au travers de la pugnacité de Lianqing, Adieu Mandalay n’est pas simplement un film sur les clandestins, mais c’est aussi et surtout une œuvre qui observe le combat des femmes dans leur cheminement face aux obstacles qu’elles doivent endurer, notamment « l’animalité » des hommes. Adieu Mandalay est à la fois la chronique d’un système qui mène ses jeunes gens à leur perte, habituellement servant de chair à canon et le portrait extrêmement compassionnel d’une dérive humaine qui aboutira à des éclaboussures de sang inévitables.

Adieu Mandalay : Bande Annonce

Synopsis : Liangqing et Guo, deux jeunes birmans, émigrent clandestinement en Thaïlande. Tandis que Liangqing trouve un emploi de plonge dans un restaurant de Bangkok, Guo est embauché dans une usine textile. Sans papiers, leur quotidien est plus que précaire et le jeune couple ne partage pas les mêmes ambitions : si Guo veut gagner assez d’argent pour retourner en Birmanie, Liangqing est prête à tout pour obtenir un visa de travail et échapper à sa condition.

Adieu Mandalay : Fiche Technique 

Réalisation: Midi Z
Interprètes: Kai Ko, Wu Ke Xi
Photographie : Tom Fan
Musique : Giong Lim
Montage : Matthieu Laclau
Production : Patrick Mao Huang
Société de Production : Seashore Images Production
Société de Distribution: Les Acacias
Genre : Drame Social
Durée : 108 minutes

Date de sortie : 26 avril 2017