Concours Coby : Gagnez des places du long métrage du réalisateur Christian Sonderreger projeté au Festival de Cannes, le 21 mai, dans la sélection ACID, un magnifique documentaire qui offre un autre regard sur la transformation de Suzanne en Jacob.
SYNOPSIS, INFOS, BANDE-ANNONCE
Dans un village au cœur du Middle-West américain, Suzanna 23 ans change de sexe. Elle devient un garçon : Coby. Cette transformation bouleverse la vie de tous ceux qui l’aiment. En définitive, la chrysalide de Coby devient celle de toute une famille, acculée à s’adapter. Une métamorphose dont l’enjeu dépasse le seul physique s’opère alors sous le regard lumineux et inattendu du réalisateur. « Changer a des conséquences. Ne pas le faire, en a aussi. »
Réalisation et Scénario : Christian Sonderegger
Image : Georgi Lazarevski
Son : Christian Sonderegger
Montage : Camille Toubkis
Montage son : Olivier Laurent
Etalonnage : Aïdan Obrist
Mixage : lorent Lavallé
Produit par Moïra Chappedelaine Vautier (Ciaofilm)
Distribution : Epicentre Films
Genre : Documentaire
Date de sortie : 28 mars 2018
Durée : 1h17mn
Festival : Festival de Cannes 2017
BIO-FILMOGRAPHIE DE CHRISTIAN SONDEREGGER
Christian Sonderegger est diplômé de l’École Nationale Supérieure Louis Lumière. Il exerce à la sortie de l’école le métier d’opérateur et travaille également comme scénariste sur des longs-métrages de fiction. Dans les années 90, il travaille en tant que scénariste pour la société Lazennec Films. En 1998, il fonde la production Ciaofilm et réalise plusieurs courts-métrages primés dans des festivals internationaux. Il poursuit une activité d’assistant réalisateur sur des longs-métrages, réalise des films publicitaires et participe à des documentaires en tant qu’ingénieur du son. Fort de ses expériences, il développe aujourd’hui des documentaires de création et des films de fiction.
Coby (77 min – HD – 2017)
MILLEFEUILLE avec Martine Sarcey et Gilles Segal
(14 min – HD – 2009)
INDÉCENCE avec Chloé Réjon et Marc Robert (20 min – Super 16 mm – 2001)
LA PEUR DU VIDE avec Sami Bouajila et Sacha Bourdo (8 min – 35 mm – 1999)
MODALITÉS DU JEU CONCOURS
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Samedi 24 mars 2018, le festival Cinélatino a dressé le bilan de cette 30ème édition avec une cérémonie de clôture où était présenté le film Benzinho de Gustavo Pizzià. Si l’Argentine repart avec le plus de prix dans la catégorie fiction, il semblerait que le court métrage colombien Palenque est aussi marqué les esprits.
Voici le palmarès des 30èmes Rencontres de Toulouse :
Compétition Fiction :
– Grand Prix Coup de Coeur : ZAMA de Lucrecia MARTEL
– Prix du public La Dépêche du Midi, décerné par le public : ex-aequo CANDELARIA de Jhonny HENDRIX HINESTROZA et SERGIO & SERGUÉIde Ernesto DARANAS SERRANO
– Prix FIPRESCI, remis par la Fédérations internationale de la Presse cinématographique : TEMPORADA DE CAZAde Natalia GARAGIOLA
– Prix Découverte de la critique française, (Syndicat Français de la Critique de Cinéma) : AZOUGUE NAZARÉde Tiago MELO
– Prix CCAS, remis par les bénéficiaires de la CMCAS de Toulouse : CABROS DE MIERDAde Gonzalo JUSTINIANO
– Prix Rail d’Oc, remis par les cheminots : SINFONÍA PARA ANA de Virna MOLINA et Ernesto ARDITO
Compétition Documentaire :
– Prix documentaire Rencontres de Toulouse : A MORIR A LOS DESIERTOSde Marta FERRER CARNÉ
– Prix du public La Dépêche du midi : COCAINE PRISONde Violeta AYALA
– Prix Signis* : PRIMASde Laura BARI
– Prix lycéen du documentaire : PRIMASde Laura BARI
Compétition Court-Métrage
– Prix ‘’Courtoujours’’, remis par les étudiants en partenariat avec le CROUS Occitanie : HOMBRE de Juan Pablo ARIAS MUÑOZ
– Prix Signis* : PALENQUE de Sebastián PINZÓN SILVA
– Prix Révélation : LO QUE NO SE DICE BAJO EL SOLde Eduardo ESQUIVEL
– Prix du public : PALENQUE de Sebastián PINZÓN SILVA
– Prix CCAS : APENAS O QUE VOCÊ PRECISA SABER SOBRE MIMde Maria Augusta V. NUNES
*remis par des professionnels du cinéma membres de l’Association Catholique mondiale pour la communication
Du côté de la plateforme professionnelle qui regroupe Cinéma en développement dont la fonction est de favoriser les liens entre les professionnels en quête de découverte et les réalisateurs et producteurs souhaitant étendre leur réseau et Cinéma en Construction qui aide les films à la recherche de partenaires européens.
– Prix Cinéma en Construction Toulouse :LOS SILENCIOSde Beatriz Seigner
– Prix Spécial CIné+ en construction : LUCIÉRNAGASde Bani Koshnoudi
– Prix des distributeurs et exploitants européens : LOS SILENCIOSde Beatriz Seigner
– Prix BRLAB Cinéma en développement :LOS REYES DEL MUNDOde Laura Mora
– Prix french kiss studio :LA CAZADORA de Suzanne Andrews Correa
De nouvelles informations en provenance des États-Unis ont été dévoilées ces dernières semaines sur le blockbuster de science-fiction The Predator de Shane Black (The Nice Guys, Iron Man 3, Kiss Kiss Bang Bang). Le film est attendu de pied ferme par les fans de films d’action des années 1980 et 1990.
Selon des informations de Bloody-Disgusting, les équipes du film The Predator ont retourné un certain nombre de séquences supplémentaires dernièrement dans la ville de Vancouver. Trois semaines de tournage supplémentaires ont été évoquées pour le courant du mois de mars. Le teaser et les premières images du film devraient également être dévoilés très bientôt.
Les studios de la 20th Century Fox ont décalé la sortie du blockbuster à la rentrée prochaine. Le film était initialement prévu pour le mois d’août. L’ouverture de la chasse pour les aliens aux dreadlocks est donc officiellement prévue pour le 14 septembre 2018 dans les multiplexes américains. Selon des informations d’Allocine, The Predator est attendu en France le 17 octobre prochain. Le film bénéficiera d’ailleurs d’un portage grand spectacle au format 3D, d’après la rédaction de Bloody Disgusting ! Le long-métrage sera converti au format 3D en post-production, dans l’optique de sa sortie en salles aux USA.
Les studios se sont donc accordés un délai supplémentaire afin de ne pas bâcler cette grosse production. Les fans de la franchise peuvent donc espérer découvrir une œuvre à la hauteur des premiers opus. Le réalisateur Shane Black ne risque pas d’oublier les fans de la première heure ! Il avait en effet incarné le soldat Hawkins dans le tout premier volet signé John McTiernan aux côtés d’Arnold Schwarzenegger, Carl Weathers, Kevin Peter Hall, Bill Duke, Jesse Ventura, Sonny Landham ou bien encore Richard Chaves.
Le scénario a été co-écrit par Shane Black avec Fred Dekker (Robocop 3, Les Contes de la crypte, The Monster Squad). Dans ce nouveau film, un groupe de citoyens se retrouve pris pour cible par une espèce extraterrestre. A la manière du nanard Aliens vs Predator – Requiem, à découvrir dans sa version unrated, cette chasse à ciel ouvert menée par un nouvel escadron d’abominables Predators se déroulera dans un environnement urbain, dans la banlieue d’une ville américaine. Le film pourrait dévoiler les raisons exactes pour lesquelles les Predators débarquent sur terre, à la manière des aliens de Bad Taste de Peter Jackson. L’argument de la chasse, des trophées et de la nourriture pourrait bien cacher d’autres secrets ! Le comédien le plus jeune du film, Jacob Tremblay (Wonder, Room) pourrait également percer les mystères de la langue et du dialecte des Predators, de quoi permettre enfin à l’humanité d’avoir un avantage comme lors de la Seconde Guerre Mondiale en décryptant la machine Enigma des nazis et des sous-marins allemands, grâce à Allan Turing (Imitation Game).
Le casting réunit les comédiens Sterling K. Brown, le jeune Jacob Tremblay, Olivia Munn, Boyd Holbrook, Trevante Rhodes, Thomas Jane, Keegan-Michael Key, Augusto Aguilera, Edward James Olmos, Alfie Allen ou bien encore Yvonne Strahovski. Jake Busey, incarnera d’ailleurs le rôle du fils du personnage incarné par son propre père (Gary Busey), vu dans Predator II. La rumeur sur la présence éventuelle de Benicio Del Toro au casting avait également été évoquée il y a de nombreux mois par des médias américains.
Les fans de films d’action et de science-fiction vont donc devoir patienter de long mois avant de pouvoir découvrir The Predator dans les salles. Un carton au box-office pourrait relancer les chances de revoir un nouvel opus de la saga Alien et remettre la franchise Predator sur de bons rails.
Dans une industrie ayant cessé de rêver depuis belle lurette et qui se contente d’appliquer vainement de la nostalgie partout, Ready Player One avait tout du projet opportuniste. C’était sans compter sur Steven Spielberg, dont la lucidité et le recul auront vite fait de transformer ce divertissement en un tour de force technique doublé d’un cri du cœur (subversif) à son public : les rêveurs.
A la vue de Ready Player One, certains ne se priveront pas pour maugréer que Steven Spielberg a joué la carte de l’opportunisme, en transposant à l’écran ce que Stranger Things tente de faire sur Netflix ; a savoir un concentré hardcore de référence aux 80’s pour appâter le chaland et admettre en sous-texte la déchéance d’idée qui sévit sur le milieu. Ce que ces mêmes gens ignorent en affirmant une telle idée, c’est bien deux choses : la première, c’est que Spielberg n’a pas grandi avec les références évoquées dans le best-seller à l’origine du film. Pour certaines, il les a même créées. La deuxième, c’est qu’en bon conteur qu’il est, ses films ne sont pas que de simples divertissements bien troussés. Un constat d’autant plus vérifiable avec son récent Pentagon Papers (tourné pendant la longue post-production de Ready Player One), dont l’existence même agit en réponse aux fake news colportées par Donald Trump. Dès lors, difficile de voir en cette adaptation une quelconque volonté de surfer sur la vague, voire même un regard de fan de la part de Spielberg mais plutôt un regard SUR les fans avides des images qu’il a lui-même façonnées il y a de ça 30 ans avec l’avènement d’Amblin.
Le divertissement Amblin des années 2010’s
Ça n’est d’ailleurs pas un hasard si le film, dans une sobriété étonnante, s’ouvre avec le logo du studio phare de Spielberg. Car derrière, se cache encore l’envie pour le réalisateur de 71 ans de divertir, qui plus est au biais d’une recette ayant déjà fait ses preuves. Amblin, après tout, c’est la figure enfantine qui se rebelle, la camaraderie, l’optimisme, l’espoir, le tout enrobé dans un cocktail fluide et dynamique qui exalte le petit spectateur qui réside en chacun de nous. De quoi directement instaurer sur l’histoire, bien qu’écrite par un tiers – Ernie Cline – un parfum spielbergien. Quasi idiosyncrasique. Après tout, il y est question d’un jeune garçon obligé de mûrir (comprendre ici se rebeller) pour lutter face à une figure totalitaire – IOI – contre laquelle il va user de sa meilleure arme : l’imagination. Mieux encore, la culture populaire. Et dans un sens, ça rejoint toute l’ambition de Spielberg qui, dans un récit que d’aucuns s’accorderaient à dire balisé, cultive le sens de l’oxymore avec une rare acuité. Il mêle dystopie et utopie dans un même élan, étant persuadé que la première n’existe que pour être combattue par la seconde. Un constat d’autant plus vrai à la vue de son premier morceau d’action – une course poursuite motorisée – mettant à l’amende 95% de ce que produit Hollywood.
Scène virevoltante si elle en est car conjuguant dans une énergie vivifiante autant trop-plein de références, lisibilité que jouissance, elle est surtout l’occasion pour le natif de Cincinnati de montrer qu’il n’a non seulement pas perdu la main pour divertir la masse mais surtout qu’il a bien l’intention d’éblouir si ce n’est de révolutionner le médium cinéma. Cela se voit dans l’usage qu’il fait de l’OASIS, véritablement monde de tous les superlatifs, ou l’on peut devenir qui l’on veut et qui, à ce titre, embrasse toutes les embardées de son récit sans jamais tomber dans le travers de l’univers puant le fond vert. Mais aussi soigné puisse être la résolution de cet OASIS, il n’est après tout qu’un simulacre servant à alimenter le vrai propos de Ready Player One : le poids des rêves à l’ère du divertissement doudou.
Un cri du cœur subversif de Spielberg à son public
Car là où beaucoup aimeraient y voir un réalisateur trop content d’user des marques établies par ses pairs (King Kong, Last Action Hero, Akira), d’autres y verront un cinéaste soucieux de l’héritage qu’il laisse et plus encore du poids de celui-ci. On l’a dit, Spielberg n’a pas grandi avec les références largement usitées dans son film, au pire il les as crées. Et ce détail a une importance capitale ici en ce qu’il peut oser émettre un regard si ce n’est une critique sur ce courant. Loin de réfuter l’image qu’il a auprès du public (après tout il signe encore une fois un divertissement référentiel et populaire), il met surtout en garde contre ce qui fait la substance de l’OASIS. Il a beau ne pas la dénigrer en terme d’entité, puisqu’il met en scène des personnages de sexualité/nationalité différente du tout venant du blockbuster, mais il délivre un message pour le moins subversif à l’égard de ce qui fait le fonds de commerce de l’OASIS : les souvenirs.C’est d’autant plus vrai à la vue de la première scène d’action du film ou certains piliers de la pop-culture en viennent non pas à agrémenter un décor d’un New-York dystopique mais à inquiéter physiquement voire menacer les joueurs. Là se pose finalement le regard subversif de Spielberg : il est conscient de l’héritage qu’il laisse, d’où le qualificatif de film somme qui plane sur ce Ready Player One, mais il sait tout aussi bien que les souvenirs et les références sont dangereuses à l’heure où le monde n’a jamais été aussi mal. Difficile donc à la fin du visionnage de RPO de ne pas voir dans ce monde de 2045 un univers dystopique dangereusement plausible dans lequel Spielberg, non dénué de malice, invite, voire incite fortement son audience à dépasser ces références. A s’en créer de nouvelles, à regarder vers le futur en somme et non plus le passé. Et finalement à stimuler/développer ce qui est le propre de l’OASIS : les contacts humains. Après tout, comme tous les personnages ont l’air de le dire de manière implicite via leur actions : ceux qu’on aime sont plus importants que ce qu’on aime.
Outre de convoquer un plaisir d’une intensité/fluidité tel qu’il renvoie le reste d’Hollywood à sa propre médiocrité, Ready Player One se double d’une lucidité et d’une générosité qui l’installe non seulement comme l’un des blockbusters les plus euphorisants de ces dernières années mais comme l’un des plus réfléchis et personnels de son auteur. Chef d’œuvre !
Ready Player One : Bande-annonce
Synopsis : 2045. Le monde est au bord du chaos. Les êtres humains se réfugient dans l’OASIS, univers virtuel mis au point par le brillant et excentrique James Halliday. Avant de disparaître, celui-ci a décidé de léguer son immense fortune à quiconque découvrira l’œuf de Pâques numérique qu’il a pris soin de dissimuler dans l’OASIS. L’appât du gain provoque une compétition planétaire. Mais lorsqu’un jeune garçon, Wade Watts, qui n’a pourtant pas le profil d’un héros, décide de participer à la chasse au trésor, il est plongé dans un monde parallèle à la fois mystérieux et inquiétant…
Ready Player One : Fiche technique
Réalisateur : Steven Spielberg
Scénario : Ernest Cline et Zak Penn, d’après Player One d’Ernest Cline
Casting : Tye Sheridan, Mark Rylance, Olivia Cooke, Ben Mendelsohn, Simon Pegg, T.J Miller, Lena Waithe, Hannah John-Kamen, Letitia Wright, McKenna Grace…
Direction artistique : Mark Scruton
Décors : Adam Stockhausen
Costumes : Kasia Walicka-Maimone
Photographie : Janusz Kaminski
Montage : Michael Kahn
Musique : Alan Silvestri
Production : Steven Spielberg, Donald De Line, Dan Farah et Kristie Macosko Krieger ; Adam Somner (associé)
Sociétés de production : Amblin Partners, Amblin Entertainment, De Line Pictures, Farah Films & Management, Reliance Entertainment, Village Roadshow Pictures et Warner Bros.
Société de distribution : Warner Bros.
Format : couleur
Genre : science-fiction
Durée : 140 minutes
Dates de sortie : 28 mars 2018
Selon des informations de Mad Movies, William Friedkin s’apprête à prêcher la bonne parole et à combattre les démons de la pire espèce dans les salles obscures américaines. Le réalisateur de L’Exorciste s’est en effet replongé sur la thématique sensible des possessions démoniaques à travers un documentaire.
Ce projet ambitieux et fascinant s’apprête à sortir près de 45 ans après le classique qui a fait de lui un maître de l’horreur. William Friedkin s’est associé au journaliste Mark Kermode (auteur du livre Dans les coulisses de L’Exorciste) pour ce documentaire hors-norme, The Devil and Father Amorth.
Le cinéaste est allé filmer et capter un véritable exorcisme. Cette aventure extraordinaire a donc bel et bien été pratiquée sur une femme en Italie par le père Gabriele Amorth, le chef exorciste de la cité du Vatican. Le père Amorth est malheureusement décédé en 2016. Ce documentaire a été présenté lors de la dernière édition du festival de Venise notamment.
Le cinéaste confie avoir été terrifié lors du tournage. William Friedkin a également essayé de faire passer toute la compassion ressentie pour la possédée à travers ce documentaire. La sortie de The Devil and Father Amorth est prévue pour le 20 avril 2018 dans les salles obscures américaines. D’après des informations d’Allocine, la durée de ce documentaire est d’01h08. Aucune date de sortie en France n’a pour le moment été annoncée. Ce projet saisissant pourrait être sélectionné au prochain Festival de Cannes.
Bande-annonce du documentaire de William Friedkin, The Devil and Father Amorth, en VO :
La sortie en salles du film de genre indépendant Death House, signé Harrison Smith et qui réunit des légendes vivantes, connait – malgré de nombreux tumultes – une épopée assez formidable et épique, qui rendrait presque jaloux Lloyd Kaufman et son studio indépendant et trash (Troma).
Harrison Smith et les équipes du film Death House travaillent d’arrache-pied aux USA pour permettre aux fans d’horreur de bénéficier de séances du film tant attendu depuis de nombreux mois. Cette arlésienne pour tous les fans de cinéma d’horreur des années 1980 et 1990 connaît un triste sort suite au carton du blockbuster de la Marvel – Disney, Black Panther. Le succès insolent de la Panthère Noire au box-office US aurait grignoté de nombreux écrans et des marchés parallèles pour les productions de moindre envergure comme Death House. Le succès des uns ne fait donc pas le bonheur des autres, et parvient même à plomber le cinéma indépendant. Death House devait bénéficier d’une sortie étendue dans les salles américaines lors des week-ends du 09 et 16 mars 2018. Malheureusement le carton intersidéral de Black Panther (605 millions de dollars en cinq week-ends d’exploitation pour 3 834 copies) a eu raison des plans de distribution du film de Harrison Smith. Les centaines de copies initialement prévues pour Death House sont malheureusement tombées dans les oubliettes. Les multiplexes ont laissé peu de place au cinéma indépendant et aux petits distributeurs. Entertainment Factory et Hannover House devaient en effet distribuer le film dans de nombreuses grandes villes américaines tout au long du mois de mars. Malheureusement et pour des raisons assez obscures, il n’en a rien été. Les équipes du film tentent toujours d’obtenir une sortie étendue dans les salles obscures, pour le plus grand bonheur des fans de films d’horreur aux USA.
La sortie dans les salles américaines a été limitée à une seule, le Regency Plant Stadium 16, de Van Nuys en Californie au début du mois de mars, le 02. Deux séances étaient programmées chaque soir, à 19h30 et 21h55. Le film est parvenu, sur cette seule salle, à récolter plus de 10 000 dollars grâce au soutien des cinéphiles adeptes de films gores et de cinéma de genre ! Des séances ont également été programmées ce week-end là en Pennsylvanie, à Stroudsburg. Death House a été diffusé à l’occasion du week-end du 16 mars au cinéma Harkins Arizona Mills 25 dans la ville de Tempe en Arizona. Une séance exceptionnelle en présence de l’acteur Kane Hodder, qui a incarné Jason Voorhees à quatre reprises, était même organisée dans la soirée du jeudi 22 mars 2018 au Full Moon Cineplex de Nashville dans le Tennessee.
Le film a d’ailleurs obtenu de bonnes notes auprès des cinéphiles et des fans de cinéma de genre sur les sites américains Imdb et Rotten Tomatoes, suite à ces séances.
Les équipes de Death House tentent dorénavant de mobiliser les fans de films d’horreur et les mordus de cinéma de genre sur les réseaux sociaux. La page Facebook du film permet de mobiliser des internautes, un peu à la manière d’une pétition, afin d’obtenir la sortie de Death House dans un cinéma de sa ville. Philadelphie, Atlanta, Dallas, San Diego, Houston, Jacksonville, Detroit, Portland, Pittsburgh et Chicago sont concernées. Le film devait initialement sortir dans les salles obscures américaines dans ces villes ainsi qu’à New York, Oaks, Saint-Louis, Charlotte ou bien encore Memphis lors des 09, 16 et 23 mars.
Death House réunit une kyrielle de légendes vivantes du cinéma de genre des années 1980 et 1990. Le casting réunit les personnalités suivantes : Kane Hodder (Vendredi 13 : VII, VIII, Jason va en enfer, Jason X), Tony Todd (Candyman), Dee Wallace (E.T., Hurlements), Barbara Crampton (Re-Animator, From Beyond), Debbie Rochon (Terror Firmer, Tromeo and Juliet), Adrienne Barbeau (The Fog, Creepshow), Bill Moseley (Massacre à la tronçonneuse 2, The Devil’s Rejects), Michael Berryman (La Colline a des yeux), Lloyd Kaufman (les studios Troma), Sid Haig (La maison des 1 000 morts, The Devil’s Rejects), Vernon Wells (Mad Max 2, Commando), Felissa Rose (Massacre au camp d’été), Kenny Ray Powell, Cody Longo, Cortney Palm, Lindsay Hartley (Smallville), R.A. Mihailoff (Massacre à la tronçonneuse 3), Beverly Randolph (Le Retour des morts-vivants) ou bien encore Sean Whalen (Twister, Le sous-sol de la peur).
Death House retrace la tournée de routine de deux jeunes agents du FBI dans les entrailles d’une prison fédérale. Cet établissement accueille les pires criminels de la planète, au cœur de la fameuse « Zone 51 ». Les prisonniers les plus violents seraient maintenus sous contrôle par l’intermédiaire d’un système de réalité virtuelle qui leur donne l’illusion d’étancher leur soif de meurtre et leur pulsion de mort. L’établissement pénitentiaire abrite en réalité en son sein une porte sur l’Enfer ! La plupart des prisonniers ne tarderont pas à créer une émeute. Nos deux agents du FBI, le personnel scientifique et sécuritaire de la prison ainsi que les rares détenus qui ont encore une part d’humanité devront alors faire face à des entités démoniaques capables des pires atrocités. Harrison Smith a écrit le scénario du film sur une idée originale de Gunnar Hansen, l’inoubliable interprète de Leatherface dans le tout premier Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper. Le film est produit par Rick Finkelstein et Steven Chase pour le compte d’Entertainment Factory. Le popcorn et les sodas risquent donc de voler dans les salles américaines tant le niveau de terreur et d’effroi pourrait être grand en cas de succès. Le film s’annonce comme une plongée dans un univers carcéral ultra hostile et fortement déconseillé aux personnes claustrophobes. Harrison Smith a l’intention d’établir une nouvelle franchise horrifique, avec Death House, qui s’étalerait sur six films. Le réalisateur pourrait bientôt se lancer sur le prochain opus, Dawn of 5 Evils.
Après ce parcours chaotique dans les salles obscures aux USA, Death House devrait néanmoins bénéficier d’une sortie en vidéo à la demande, en DVD et en Blu-Ray. Le film va également débarquer dans les prochains mois sur Netflix aux Etats-Unis. Une sortie en Europe est aussi prévue !
Les équipes de Death House comptent donc sur le soutien et la mobilisation des fans d’horreur sur les réseaux sociaux afin de pouvoir bénéficier de programmations dans des cinémas ciblés dans certaines grandes agglomérations. Ces séances spéciales pourraient être planifiées durant le courant du mois d’avril, lors du week-end du 21 avril notamment. La liste des séances potentielles et des pétitions virtuelles sur Facebook est à retrouver à cette adresse.
Had a great time last night at the screening of DEATH HOUSE. Live intro from director and the great KANE HODDER in attendance. A fantastic performance from fellow animal lover Cortney Palm. @FullMoonNash@HarrisonSmith85@kanehodder1 @cortneypalm5 pic.twitter.com/EBbqhA5aS1
Selon des informations d’Allocine et d’IGN France, le projet de film Kung Fury, adapté du court-métrage rétro et surréaliste sorti en 2015, aura droit à un casting extrêmement impressionnant. L’information, dévoilée il y a quelques semaines, évoquait notamment la présence d’Arnold Schwarzenegger à l’affiche de ce film fou.
Aucun élément n’a malheureusement filtré sur le rôle exact de Schwarzy dans ce projet (simple caméo ou rôle de qualité…). Le long-métrage Kung Fury, actuellement en développement, va notamment réunir Michael Fassbender et David Hasselhoff. David Sandberg, qui a écrit, dirigé et joué dans le court-métrage Kung Fury financé sur Kickstarter, sera également intégré dans l’aventure. Le film devrait donc être assez fidèle et ne pas dénaturer l’esprit du court-métrage originel.
L’action de Kung Fury se déroule à Miami en 1985. Un policier intrépide, qui semble tout droit sorti des jeux vidéo Double Dragon ou Streets of Rage, combat le crime grâce à ses talents en arts martiaux et avec l’aide de ses coéquipiers, les Thundercops, tous plus improbables les uns que les autres. Un des collègues de Kung Fury est lâchement assassiné par un ennemi perfide qui va venir en aide à Adolf Hitler en personne, « Kung Fuhrer », qui poursuit sa quête pour créer l’arme ultime et dominer le monde. Ce court-métrage, complètement frappadingue et à l’esthétique hallucinante, joue à fond la carte de la parodie et du pastiche des films d’action et d’arts martiaux des années 1980.
Kung Fury n’a pas encore de réalisateur désigné officiellement. David Sandberg pourrait se charger néanmoins de la réalisation. Le tournage est, en revanche, bien prévu pour cet été aux Etats-Unis et en Europe. Ready Player One pourrait donc trouver un concurrent sérieux et un peu plus « badass » avec ce projet de film Kung Fury.
Les œuvres cultes des comiques anglais des années 1970 et 1980, les Monty Python, vont très prochainement rejoindre le catalogue de Netflix pour le plus grand bonheur des amateurs de l’humour so British !
Selon des informations de IGN France, un grand nombre de longs-métrages de la troupe légendaire des Monty Python vont rejoindre le catalogue de Netflix dans quelques semaines à peine, le 15 avril prochain !La plateforme de streaming vient donc de faire une sacrée prise de guerre pour le plus grand bonheur de tous les amoureux de l’humour unique de ces trublions du rire. La troupe regroupait John Cleese, Terry Jones, Terry Gilliam, Graham Chapman, Eric Idle et Michael Palin.
Les films emblématiques des Monty Python seront proposés dans les prochains mois sur le catalogue de Netflix. Il sera donc possible de voir ou revoir Sacré Graal ou bien encore La vie de Brian grâce au géant américain de la SVOD. D’autres œuvres majeures de la troupe seront également accessibles comme leur spectacle Monty Python Live (mostly) : One Down, Five to Go de 2014. Ce show sera accompagné de son documentaire sur les coulisses. L’intégralité de la série Flying Circus sera également accessible sur Netflix. L’ensemble de ces œuvres cultes et hilarantes pourrait ne pas être disponible dès le 15 avril 2018 sur Netflix. Ce catalogue serait, en réalité, distillé sur plusieurs jours et plusieurs semaines.
Les fans de Mister Bean et de Benny Hill vont donc être aux anges ! Ils pourront bénéficier de la quasi-totalité des œuvres cultes des Monty Python, à l’heure du tea time ! God save the Queen! Reste à savoir si les Charlots (Gérard Rinaldi, Luis Rego, Gérard Filippelli, Jean Sarrus, Jean-Guy Fechner) auront un jour droit au même privilège et se retrouveront eux aussi sur Netflix ?
Loro, le nouveau projet sulfureux de Paolo Sorrentino, après The Young Pope et Youth, se dévoile peu à peu. Ce long-métrage inédit sera un biopic survolté sur les affres de la vie politique et sexuelle de Silvio Berlusconi.
Le prochain film de Paolo Sorrentino, Loro, vient de dévoiler ses premières images ces derniers jours. Ce film démesuré en deux parties risque de faire couler beaucoup d’encre à l’heure où Hollywood est secoué par les scandales d’abus sexuels avec l’affaire Weinstein et les mouvements balance ton porc et Me Too. Loro va en effet s’attarder sur la vie de Silvio Berlusconi et sur l’ivresse du pouvoir et ses dérives.
Un teaser du film a été dévoilé à la mi-mars. Les amateurs de la filmographie de Sorrentino reconnaîtront sa patte et son style unique à travers ces images fugaces sur la descente aux enfers de Silvio Berlusconi et sur son amour immodéré pour la gente féminine. Le chef du gouvernement italien avait notamment été impliqué dans le scandale majeur des soirées bunga bunga. Le nom de l’acteur George Clooney avait même été associé à ces soirées libertines et débridées. Cette affaire avait débouché sur le scandale du Rubygate. Silvio Berlusconi avait été accusé d’avoir incité une jeune femme, mineure aux moments des faits, à la prostitution. A l’époque, Ruby Rubacuori (de son vrai nom Karima El Mahroug) s’était retrouvée à la une de tous les tabloïds italiens et européens.
Le film de Paolo Sorrentino pourrait donc s’aventurer sur le terrain glissant, sulfureux et controversé de Welcome to New York d’Abel Ferrara, librement inspiré de l’affaire DSK, avec Gérard Depardieu et Jacqueline Bisset. Paolo Sorrentino s’était déjà attaqué à une figure politique, Giulio Andreotti, dans Il Divo. Le titre de ce nouveau biopic est un jeu de mots combinant « l’or » et « eux ». Le film devrait notamment s’attarder sur l’entourage de l’homme politique le plus fascinant de ces trente dernières années en Italie. Toni Servillo (La Grande Bellezza, Il Divo) a eu la lourde tâche d’incarner Silvio Berlusconi.
Selon des informations d’Allocine, Loro sera divisé en deux segments, en deux longs-métrages. Cette décision aurait été prise par Paolo Sorrentino à l’issue du tournage. Il s’était confié en septembre 2016 sur les difficultés de ce projet :
Faire un film sur Berlusconi […] est une histoire complexe et il n’est pas toujours possible de faire le film que l’on veut.
Les deux volets de Loro doivent sortir le 24 avril et le 24 mai 2018 en Italie. Aucune date de sortie en France n’a pour le moment été dévoilée. Loro pourrait se retrouver également en bonne position pour la course à des prix prestigieux lors de la future édition du Festival de Cannes. Loro a effectivement des chances de se retrouver sélectionné ou programmé dans le cadre du 71ème Festival de Cannes.
Avec La Prière, Cédric Kahn retrouve les Alpes pour raconter sans jugement ni parti pris la reconstruction humaine et sociale d’un jeune toxicomane. Un des meilleurs films de son auteur.
Synopsis : Thomas a 22 ans. Pour sortir de la dépendance, il rejoint une communauté isolée dans la montagne tenue par d’anciens drogués qui se soignent par la prière. Il va y découvrir l’amitié, la règle, le travail, l’amour et la foi…
Only God forgives ?
De même que le récent l’Apparition de Xavier Giannoli n’est pas vraiment un film sur la religion, ou pas que, La Prière, le nouveau film de Cédric Kahn, malgré un titre encore plus enfermant, ne saurait pas non plus être cantonné à cela : un film sur la prière. Situé dans les mêmes magnifiques paysages de montagne que ceux de Roberto Succo, un des films les plus intéressants du cinéaste, il est plutôt une réflexion sur la construction ou la reconstruction d’un homme.
Thomas (excellent Anthony Bajon), est un jeune toxicomane qui rejoint une communauté de frères catholiques après une overdose qui a failli lui être fatale. On le découvre dans la voiture qui l’y conduit, les yeux meurtris et rivés au sol, ou lançant brièvement des éclairs d’hostilité au conducteur, le curé qui l’a ramassé dans la rue. Un trajet en voiture qui en précèdera plusieurs autres comme un gimmick, dans différentes situations le surprenant toujours de profil, dubitatif ou très motivé aux croisées des chemins, morose ou en joie selon l’occasion.
On découvre presque à la manière d’un documentaire la vie dans cette communauté, faite de prière, d’efforts physiques, et de…prière. Le début du film est très impressionnant, grâce en très grande partie à une prestation impeccable du nouvel arrivant Anthony Bajon, une prestation qui lui vaudra d’ailleurs l’Ours d’Argent du meilleur acteur à la Berlinale : la révolte de son corps d’abord par rapport au manque, une scène empreinte de réalisme, et dominée par l’empathie de ses compagnons à son chevet, d’autres « tox » évidemment passés par là ; puis la révolte de son esprit par rapport à cette institution qui lui semble quasi-sectaire avec son trop de règles, son trop d’efforts, son trop peu d’intimité, mais également son trop de gentillesse, son trop de sollicitude, et peut-être aussi son trop de prière. Car la thérapie offerte par la « maison », c’est la prière à marche forcée, sans temps mort, les lectures pieuses entrecoupées de chants pieux, les demandes de miséricorde divine succédant aux séances d’excuses publiques. Anthony Bajon jette toutes les forces de son jeu dans des scènes incroyables d’authenticité, de vigueur, de violence. Des préambules qui permettent à Cédric Kahn de situer le contexte sans parti pris ni jugement.
Mais lorsque, quelque part au milieu du film, nous voyons Thomas et Pierre (Damien Chapelle), son binôme, ou son « ange gardien » dans le langage de la communauté, s’acharner à creuser un énorme trou, pour mieux le reboucher aussitôt, on ne peut s’empêcher de se questionner sur la pertinence de ladite thérapie. L’effort physique pour engourdir le corps, la prière pour étourdir l’esprit, le remplacement d’une addiction par d’autres socialement acceptables : est-ce là le sens de ce qui se passe là-haut dans la montagne, ou au contraire ces nouvelles « occupations » ne sont-elles pas des objectifs en soi ? Peut-on apprendre la prière et apprivoiser la foi comme n’importe quelle discipline scolaire ? Jusqu’où peut-on se mentir à soi-même ? Toutes ces questions traversent l’esprit du spectateur sans le plomber, sans faire de La Prière un film à thèses, tant le rythme du film est soutenu, la direction d’acteurs très précise, et même si la mise en scène est toujours aussi âpre que dans les autres films du cinéaste, avec toujours ce sentiment d’urgence en filigrane (comme dans Roberto Succo, Une Vie meilleure, les Regrets et comme avec tous ces personnages complexes, brûlants et passionnés).
Malgré une épiphanie plus ou moins miraculeuse que le jeune Thomas expérimente dans les cimes, dans des séquences qui font la part belle à la majesté des Alpes, La Prière est moins un film mystique qu’une œuvre avec une vraie dimension sociale, où on assiste à la reconstruction des jeunes en souffrance si ce n’est en errance, par la lente mais solide émergence de l’amitié, de l’amour, de l’altruisme, mais également du doute, toutes choses enfouies durant des années sous des grammes d’opiacées ou des litres d’alcool. La prière évoquée dans le titre semble alors être un catalyseur, qu’elle soit sincère ou qu’elle soit une béquille utilisée de manière roublarde pour essayer d’avancer tant bien que mal. Les scènes fortes que le cinéaste a imaginées, celle où Thomas par exemple se retrouve avec la Mère Supérieure de l’institution comme s’il était devant son thérapeute, celle de la blessure miraculeusement guérie au sommet de la montagne, et surtout celle de fin, toutes contribuent à illustrer brillamment l’articulation de la prière dans le cheminement de Thomas et de ses compagnons.
Cédric Kahn est un cinéaste exigeant qui gratte jusqu’à l’os la substance de son matériau pour livrer dans un écrin non dénué d’esthétique des films secs, sans fioritures, permettant au spectateur de se plonger intensément dans les histoires qu’il propose. Les résultats ne sont pas toujours à la hauteur de son ambition, mais La Prière est une très bonne surprise qui fait partie du haut de son panier.
La Prière – Bande-annonce
La Prière – Fiche technique
Réalisateur : Cédric Kahn
Scénario : Fanny Burdino, Samuel Doux, Cédric Kahn, d’après une idée originale d’Aude Walker
Interprétation : Anthony Bajon (Thomas), Damien Chapelle (Pierre), Alex Brendemühl (Marco), Louise Grinberg (Sybille), Hanna Schygulla (Soeur Myriam)
Photographie : Yves Cape
Montage : Laure Gardette
Producteurs : Sylvie Pialat, Olivier Père
Maisons de production : Les Films du Worso, Arte France Cinéma, Coproduction / Auvergne Rhône-Alpes Cinéma, Tropdebonheur Productions, Versus Production
Distribution (France) : Le Pacte
Récompense : Ours d’Argent du Meilleur acteur pour Anthony Bajon – Berlin
Durée : 107 min.
Genre : Drame
Date de sortie : 21 Mars 2018
Considéré (à tort) comme un énième biopic consacré au célèbre président américain, Lincoln est surtout le moyen pour Spielberg de dresser le portrait d’une icône dont il évite constamment l’hagiographie via une approche en proie à un humanisme et une rêverie poussés à leur extrême. Admirable.
On l’avait subrepticement évoqué dans Amistad, entendu dans Il Faut Sauver le Soldat Ryan et maintenant on le voit carrément ici : Steven Spielberg a toujours apprécié Abraham Lincoln. Il faut dire que l’homme politique véhicule, depuis sa disparition, une image en phase avec le leitmotiv de Spielberg ; celle d’un autodidacte devenu par la force des choses président d’une nation morcelée qu’il aura su fortifier à l’aide d’une bonne dose de charisme, palabres et espoirs. En clair, celle d’un homme qui, par la force des mots et des histoires (tout l’apanage du rêveur en somme), aura su marquer son temps et faire passer un amendement décisif dans la constitution de son pays : celui ayant trait à l’abolition de l’esclavage. Et un peu à la manière du récent Les Heures Sombres de Joe Wright qui se penche sur une période restreinte pour mieux capturer l’essence de ce que fut Winston Churchill, Spielberg capture 4 mois de la vie de Lincoln : les 4 derniers.
Une ode au storytelling
Embringué dans une crise constitutionnelle, morale et militaire sans précédent, c’est peu dire qu’Abraham Lincoln fut soumis à la pression entre les mois de Janvier & Avril 1865. Une pression d’ailleurs perceptible via la myriade d’enjeux déployés par Spielberg qui, non content de raconter un morceau d’histoire préfère l’intime au gigantisme. Résultat : on raconte d’abord l’histoire de Lincoln, ce dernier ayant le champ libre pour ensuite nous raconter l’Histoire avec un grand H. Une démarche osée qui fait primer l’homme sur l’icône et permet à Spielberg d’éviter l’hagiographie, qu’on était pourtant en droit de craindre. Ainsi se profile une démarche nettement plus humaniste car en privilégiant l’homme que Lincoln fut tout en mettant en pleine lumière ses tourments personnels, on se retrouve avec une icône fissurée, brisée. Rongé par la mort d’un fils et par les conflits qui l’opposaient à son aîné, embarrassé par une vie de couple parfois conflictuelle, Lincoln est dépeint comme un simple quidam ayant hérité d’immenses pouvoirs et de rêves autant si ce n’est plus grands. Et son rêve à lui, c’est clore la guerre civile et abattre l’esclavage. Une double mission qu’il va, par excès de confiance, tacher de résoudre via la tenue d’un seul vote, capital, au Congrès. S’engage alors tractations politiques, discussions de couloirs, magouilles et autres corruptions en pagaille pour tenter de corrompre les réfractaires nichés au cœur du parti démocrate, alors ouvertement esclavagistes. Une succession de scènes qui ne vaudrait sans doute rien si Spielberg, fidèle à son style, y déployait des merveilles de storytelling, donnant à voir quantité de détails, de silences, d’inflexions dans la voix, dans le propos, etc…
Un casting époustouflant
Mais aussi bon puisse être le fond, la forme, elle, est comme toujours d’une simplicité paradoxale chez Spielberg. Essaimant un discours pourtant très riche, il le synthétise, quitte à parfois tomber dans un manichéisme un peu grossier ou pire à éluder certains faits historiques notables. Une synthèse ceci dit salvatrice en ceci qu’elle allège les longues sessions de dialogues échues à son casting dithyrambiques partagé entre un Daniel Day Lewis repoussant encore une fois la notion de jeu, une Sally Field déterminée ou un Tommy Lee Jones aux airs de roc que rien ne semble affecter. C’est bien simple, rarement on aura senti un casting plus enthousiaste, plus investi, plus en phase avec le ton du métrage. Sans doute étaient-ils conscients qu’en s’alignant dans le tiercé de Spielberg, ils avaient toutes les chances de décoller (on pense à Adam Driver, Dane Dehaan, Michael Stulhbarg). Toujours est-il qu’entre une mise en scène inspirée, malicieuse et d’une simplicité folle et un casting incroyable, Spielberg réussit l’exploit de raconter qui était Lincoln via le prisme de sa plus grande réussite, et ce sans occulter ses plus grands échecs.
Dans un écrin mâtiné d’un clair-obscur à la symbolique polysémique, Steven Spielberg déploie avec Lincoln, une ode au storytelling passionnante et incarnée épousant les affres d’une personnalité pleine de contradiction, entre faiblesse et adulation. Chef d’œuvre !
Bande-annonce : Lincoln
Lincoln – Fiche Technique
Réalisation : Steven Spielberg
Scénario : Tony Kushner, John Logan et Paul Webb, d’après le livre Team of Rivals de Doris Kearns Goodwin
Casting : Daniel Day-Lewis, Sally Field, Tommy Lee Jones, Joseph Gordon-Levitt, Tim Blake Nelson, James Spader, Jackie Earle Haley, Lee Pace, Jared Harris, Hal Holbrook, John Hawkes, Walton Goggins, Adam Driver, Dane Dehaan…
Direction artistique : Curt Beech et David Crank
Décors : Rick Carter et Jim Erickson
Costumes : Joanna Johnston
Photographie : Janusz Kamiński
Montage : Michael Kahn
Musique : John Williams
Production : Kathleen Kennedy et Steven Spielberg
Sociétés de production : DreamWorks SKG, Reliance Entertainment, Participant Media, Amblin Entertainment, Parkes/MacDonald Productions, Touchstone Pictures
Société de distribution : Touchstone Pictures (États-Unis), 20th Century Fox (le reste du monde)
Budget : 65 000 000 de dollars américains
Format : couleur – 35 mm – 2,35:1 – son Dolby Digital
Genre : historique
Durée : 150 minutes
Dates de sortie : 30 janvier 2013
À l’occasion des 30 ans du festival Cinélatino et des 50 ans de la Quinzaine des Réalisateurs, les deux événements s’associent pour proposer une séance spéciale du tout premier film d’ouverture de cette Quinzaine : La Primera carga al machete, présenté lors de la première édition en mai 1969.
Les quelques mots d’Edouard Waintrop, délégué général de la Quinzaine des Réalisateurs, avant la séance :
« Ce film, ça tombait bien parce que ça racontait l’insurrection cubaine notamment des ouvriers agricoles contre l’empire espagnol en 1868, c’est à dire cent ans avant 68 donc c’était quelque chose qui pouvait pas mieux tomber. Grâce à cette incapacité de Pierre Henri Deleau de dédouaner un film, il a fait mieux, il a fait un vrai événement avec l’ouverture de la Quinzaine. On avait vu déjà des films cubains en France mais jamais dans ces conditions extrêmement favorables. Le film a eu un énorme succès à Cannes, il en a eu un après à Paris. Alors à l’époque, les énormes succès c’est pas ceux d’aujourd’hui où si vous faîtes pas 2 millions d’entrée, vous êtes pas un succès. À l’époque, quand on faisait 35 000 entrées à Paris, c’était énorme, surtout quand c’était un cinéaste totalement inconnu. (…) Le film a été fait dans l’esprit de son réalisateur comme si le cinéma avait existé au temps des daguerréotypes, si vous ne connaissez pas, c’est la première photographie et grosso modo on y voyait surtout du noir et du blanc et rien entre les deux donc c’est des images extraordinairement contrastées, il y a quasiment pas de gris. Le film est donc filmé comme s’il y avait une télévision d’ailleurs, plus même qu’un cinéma, c’est à dire que c’est déjà à l’épaule pour bien suivre les combats. (…) Et puis c’était le film qui avait ouvert la Quinzaine des Réalisateurs qui, elle-même, était complètement adossée à un mouvement mondial du cinéma qui recoupait complètement le mouvement politique de la jeunesse, c’est-à-dire à tort ou à raison aussi bien à Varsovie, qu’à Buenos Aires, pas obligatoirement dans le même sens. Il y avait quand même des contradictions entre les aspirations des cinéastes d’Europe de l’Est qui voulaient en finir avec le communisme et celles de beaucoup de jeunes cinéastes européens ou latino-américains qui pensaient que la liberté ce serait le communisme. Mais, en tout cas, tout le monde voulait changer les choses et ils pensaient que le cinéma allait les aider. (…) Quand on parlait de cinéma, on parlait de politique à l’époque et ça, ça a été un des premiers films qui a servi à faire cela. »
La Primera carga al machete, film cubain réalisé par Manuel Octavio Gomez
synopsis : Sous la forme d’une chronique documentaire, le film reconstruit des fragments de la lutte cubaine pour l’Indépendance de 1868, en particulier la première charge à la machette menée par Máximo Gómez, où elle est devenue une arme décisive face au joug colonialiste.
Dès les premières images, c’est l’impression d’une peinture en noir et blanc qui se dégage de la pellicule. Filmé en 35mm et avec une photographie particulière puisque les scènes ne laissent parfois se distinguer que quelques tâches, les couleurs sont à la limite même du négatif. La forme choisie par Manuel Octavio Gomez est assez intéressante par le mélange des genres des images. La caméra suit les bruits et les conversations, ce qui dynamise totalement le film en plus de la vivacité du sujet et celle avec laquelle les hommes en parlent. Le réalisateur filme les débats entre plusieurs personnes qui sont présentées en amont et les témoignages touchants des cubains, parfois même assez violents. La bascule entre les personnes et l’immersion de la caméra dans les scènes de chaos forment un tout très vivant. La réussite de ce film se trouve aussi dans le travail du son, surtout musicalement grâce aux choix des mélodies lors des scènes qui capturent les atrocités de la lutte, et aux intermèdes musicaux tout à fait géniaux. On imagine facilement pourquoi ce film avait sa place à la Quinzaine l’année suivant 68.
Fiche Technique
Réalisation : Manuel Octavio Gomez
Scénario : Alfredo L. Del Cueto, Julio García Espinosa, Manuel Octavio Gómez, Jorge Herrero