Akira : le marteau de Thor porte chance à Taika Waititi pour l’adaptation du manga culte

Le réalisateur de Thor : Ragnarok, Taika Waititi, serait en négociations pour réaliser l’adaptation du manga Akira, véritable arlésienne à Hollywood. Le nom du jeune comédien, réalisateur, scénariste et producteur Jordan Peele avait été évoqué dans un premier temps sur ce projet titanesque après l’effervescence lors de la sortie de Get Out.

Selon des informations de Deadline et de Comingsoon, le projet d’adaptation live, avec de véritables acteurs, du manga Akira de Katsuhiro Otomo pourrait finalement trouver une issue positive et échapper ainsi définitivement à la phase tant redoutée du development hell.

Le réalisateur de Thor : Ragnarok serait en négociations avec les studios Warner Bros pour réaliser ce film qui s’annonce comme l’une des adaptations de manga les plus difficiles tant les moyens techniques, l’esthétique et les effets spéciaux seront scrutés avec attention par une horde de fans de l’œuvre d’origine. Les récents débats et les critiques sur l’adaptation du manga Deathnote par Netflix seront vite oubliés tant l’adaptation live d’Akira risque de faire couler beaucoup d’encre et d’alimenter des controverses à n’en plus finir. La tâche à relever s’annonce titanesque.

Le manga d’origine a été publié en six volumes entre 1982 et 1990. Katsuhiro Otomo avait lui-même adapté son œuvre dans un film d’animation magistral en 1988. Pour celles et ceux qui sont passés à côté de ce long-métrage culte et cyberpunk, Akira est disponible dans le catalogue français de Netflix.

Selon les médias américains, cette adaptation à Hollywood par Taika Waititi (What we do in the Shadows) devrait être divisée en deux films à la manière du récent Ça, adapté du pavé horrifique culte de Stephen King. Chaque long-métrage sera une transposition de trois tomes du manga Akira. Ces deux films ambitieux devront éviter l’écueil et les polémiques liés aux suspicions de whitewashing en intégrant un casting et des comédiens issus de la diversité ou d’origines asiatiques (notamment pour le rôle du bonze au chapelet avant les sirènes de l’Apocalypse).

L’intrigue devrait bien être calquée sur l’histoire du manga d’origine fort heureusement. Dans une ville futuriste, New Manhattan, le leader d’un gang de motards, doit sauver son meilleur ami qui est devenu le cobaye du gouvernement dans le cadre d’un programme scientifique nébuleux et top secret. Le jeune homme va rapidement se transformer en bombe à retardement. Il a en effet développé de terribles pouvoirs de psychokinésie.

Andrew Lazar (American Sniper) et la compagnie de Leonardo DiCaprio, Appian Way, vont produire le film. Le tournage avait failli débuter en 2012 avec Jaume Collet-Serra (Night Run, La Maison de cire) à la réalisation. Le casting à l’époque devait être notamment composé des comédiens Garrett Hedlund, Kristen Stewart, Ken Watanabe et Helena Bonham Carter.

Le scénariste Marco J. Ramirez (Daredevil saison 2) devait participer à ce projet. Daniel Espinosa (Life) et David F. Sandberg (Lights Out) avaient été évoqués à la réalisation d’Akira avant la possibilité de confier le projet à Jordan Peele. Taika Waititi pourrait donc récupérer la patate chaude. Pas sûr que ce soit un véritable cadeau. Espérons au moins que l’adaptation d’Akira à Hollywood ne soit pas aussi ratée que la version live de Ken le survivant, signée Tony Randel avec Gary Daniels et Malcolm McDowell.

L’échec au box-office américain et international de Ghost in the Shell avec Scarlett Johansson démontre que l’équipe d’Akira et les studios de la Warner n’auront pas le droit à l’erreur. Robert Rodriguez travaille actuellement sur une autre adaptation ambitieuse d’un manga futuriste avec Alita : Battle Angel, basé sur l’œuvre de Yukito Kishiro, Gunm. Reste donc à attendre la confirmation et l’officialisation à Hollywood pour Taika Waititi à la tête des deux volets d’Akira.

L’Europe n’est pas en reste avec les projets douteux d’adaptations de manga. Des projets complètement barrés s’apprêtent à voir le jour en France et en Belgique pour être plus précis. Philippe Lacheau a récemment officialisé son projet pour Nicky Larson (City Hunter). Une autre version live est attendue par le réalisateur de Dikkenek, Olivier Van Hoofstadt, avec Albator, le corsaire de l’espace. Alexandre Aja n’a pas non plus complètement renoncé à mettre en scène les aventures de Cobra et un match épique de Rugball. L’adaptation la plus culte dans l’Hexagone restera à n’en pas douter, Lady Oscar, par Jacques Demy, en 1978, et le film Interstella 5555 des Daft Punk.

taika-waititi-akira-live-action-katsuhiro-otomo-thor

Festival

Festival Lumière 2026 : Ray Gunn, le miracle de Brad Bird

Avec "Ray Gunn", Brad Bird ressuscite un projet vieux de trente ans dans un polar animé rétro-futuriste où l’héritage du film noir rencontre une société rongée par le racisme, la corruption et les faux-semblants. Entre virtuosité visuelle, richesse thématique et grand spectacle, le réalisateur des Indestructibles signe un bonbon à l’amertume néo-noir, aussi foisonnant que réjouissant.

Festival Lumière 2026 : Peking Opera Blues, Tsui Hark en maestro

Quarante ans après sa sortie hongkongaise, "Peking Opera Blues" arrive enfin dans les salles françaises le 21 octobre, restauré en 4K. Dans le Pékin chaotique de 1913, trois femmes que tout oppose se retrouvent à l’opéra pour une aventure où le vaudeville bouscule le pouvoir. Un classique survolté, tendre et irrésistible, (re)découvert au Festival Lumière 2026, dont Tsui Hark était l'un des grands invités.

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Newsletter

À ne pas manquer

Clayface : le visage de l’autre

"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.

Héros (2007) : Une séquestration sur les nerfs

Et c'est peut-être là que le film trouve sa plus belle idée : faire de la solitude un personnage à part entière, invisible mais omniprésent, qui hante chaque recoin de l'appartement. Pierre Forêt ne cherche pas tant à être aimé qu'à être enfin entendu, et c'est cette nuance qui donne au personnage sa fragilité touchante. On en sort avec l'impression étrange d'avoir ri à des choses qui ne font pas rire, et d'avoir pleuré à des choses qui ne font pas pleurer non plus. Tout le paradoxe de ce Héros, et sans doute sa plus grande force.

L’Île des souvenirs : jamais deux sans toi

Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.

Minotaure : nourrir l’ogre

Exilé en France, Andreï Zviaguintsev est de retour, neuf ans après le mémorable Faute d'amour. Reprise de La Femme infidèle de Chabrol, cette chronique d'un adultère virant au drame fait écho à la Russie de 2022 qui entamait alors son "opération spéciale". Analyse d'un film aussi riche que stimulant.

Les Misérables (2026) : Victor Hugo sous anesthésie

Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
Gabriel M.
Gabriel M.https://www.lemagducine.fr/
Passionné de cinéma et de séries. Nostalgique des séances mythiques au cinéma Grand Ecran Italie 2 et des rencontres-projections cultes organisées par l’équipe de Panic Cinema (Lloyd Kaufman, Joe Dante, Uwe Boll). Admirateur de la qualité immersive des séances au Max Linder Panorama. De nombreux réalisateurs ont marqué mon expérience de cinéphile : Kubrick, Jarmusch, Romero, Carpenter, Argento, Fulci, Lynch, Cronenberg, Verhoeven, Cameron, Tsui Hark, John Woo ou plus récemment Julie Delpy et Guillaume Nicloux.

Le Robot Sauvage : critique du classique Disney par DreamWorks

Pour ses 30 ans, DreamWorks présente Le Robot Sauvage, un porte-étendard d’une industrie de l’animation en crise. Signé Chris Sanders, le studio transcende la simple rivalité historique avec Disney.

Papillon : l’enfer tropical

Avec "Papillon", Franklin James Schaffner plongeait le spectateur dans l’atrocité du bagne de Cayenne et brossait le portrait éblouissant d’une grande figure héroïque, injustement condamnée à perpétuité, et obsédée par l’évasion. Ou quand une idée fixe, une détermination farouche, constitue le sens d’une vie. Une réussite majeure du septième art, qui aborde les thèmes de l’endurance, de l’abnégation et ce qui peut lier deux hommes au-delà de leurs épreuves et souffrances communes.

« Le Mag du Ciné » recrute !

« Le Mag du Ciné » est à la recherche de rédacteurs-chroniqueurs passionnés, motivés et à qui il serait loisible de contribuer régulièrement (c'est-à-dire à raison d'au moins deux articles par mois) à ses diverses rubriques.