Death House réinvente le cinéma participatif et mobilise les fans d’horreur aux USA

La sortie en salles du film de genre indépendant Death House, signé Harrison Smith et qui réunit des légendes vivantes, connait – malgré de nombreux tumultes – une épopée assez formidable et épique, qui rendrait presque jaloux Lloyd Kaufman et son studio indépendant et trash (Troma).

Harrison Smith et les équipes du film Death House travaillent d’arrache-pied aux USA pour permettre aux fans d’horreur de bénéficier de séances du film tant attendu depuis de nombreux mois. Cette arlésienne pour tous les fans de cinéma d’horreur des années 1980 et 1990 connaît un triste sort suite au carton du blockbuster de la Marvel – Disney, Black Panther. Le succès insolent de la Panthère Noire au box-office US aurait grignoté de nombreux écrans et des marchés parallèles pour les productions de moindre envergure comme Death House. Le succès des uns ne fait donc pas le bonheur des autres, et parvient même à plomber le cinéma indépendant. Death House devait bénéficier d’une sortie étendue dans les salles américaines lors des week-ends du 09 et 16 mars 2018. Malheureusement le carton intersidéral de Black Panther (605 millions de dollars en cinq week-ends d’exploitation pour 3 834 copies) a eu raison des plans de distribution du film de Harrison Smith. Les centaines de copies initialement prévues pour Death House sont malheureusement tombées dans les oubliettes. Les multiplexes ont laissé peu de place au cinéma indépendant et aux petits distributeurs. Entertainment Factory et Hannover House devaient en effet distribuer le film dans de nombreuses grandes villes américaines tout au long du mois de mars. Malheureusement et pour des raisons assez obscures, il n’en a rien été. Les équipes du film tentent toujours d’obtenir une sortie étendue dans les salles obscures, pour le plus grand bonheur des fans de films d’horreur aux USA.

La sortie dans les salles américaines a été limitée à une seule, le Regency Plant Stadium 16, de Van Nuys en Californie au début du mois de mars, le 02. Deux séances étaient programmées chaque soir, à 19h30 et 21h55. Le film est parvenu, sur cette seule salle, à récolter plus de 10 000 dollars grâce au soutien des cinéphiles adeptes de films gores et de cinéma de genre ! Des séances ont également été programmées ce week-end là en Pennsylvanie, à Stroudsburg. Death House a été diffusé à l’occasion du week-end du 16 mars au cinéma Harkins Arizona Mills 25 dans la ville de Tempe en Arizona. Une séance exceptionnelle en présence de l’acteur Kane Hodder, qui a incarné Jason Voorhees à quatre reprises, était même organisée dans la soirée du jeudi 22 mars 2018 au Full Moon Cineplex de Nashville dans le Tennessee.

Le film a d’ailleurs obtenu de bonnes notes auprès des cinéphiles et des fans de cinéma de genre sur les sites américains Imdb et Rotten Tomatoes, suite à ces séances.

Les équipes de Death House tentent dorénavant de mobiliser les fans de films d’horreur et les mordus de cinéma de genre sur les réseaux sociaux. La page Facebook du film permet de mobiliser des internautes, un peu à la manière d’une pétition, afin d’obtenir la sortie de Death House dans un cinéma de sa ville. Philadelphie, Atlanta, Dallas, San Diego, Houston, Jacksonville, Detroit, Portland, Pittsburgh et Chicago sont concernées. Le film devait initialement sortir dans les salles obscures américaines dans ces villes ainsi qu’à New York, Oaks, Saint-Louis, Charlotte ou bien encore Memphis lors des 09, 16  et 23 mars.

Death House réunit une kyrielle de légendes vivantes du cinéma de genre des années 1980 et 1990.  Le casting réunit les personnalités suivantes : Kane Hodder (Vendredi 13 : VII, VIII, Jason va en enfer, Jason X), Tony Todd (Candyman), Dee Wallace (E.T., Hurlements), Barbara Crampton (Re-Animator, From Beyond), Debbie Rochon (Terror Firmer, Tromeo and Juliet), Adrienne Barbeau (The Fog, Creepshow), Bill Moseley (Massacre à la tronçonneuse 2, The Devil’s Rejects), Michael Berryman (La Colline a des yeux), Lloyd Kaufman (les studios Troma), Sid Haig (La maison des 1 000 morts, The Devil’s Rejects), Vernon Wells (Mad Max 2, Commando), Felissa Rose (Massacre au camp d’été), Kenny Ray Powell, Cody Longo, Cortney Palm, Lindsay Hartley (Smallville), R.A. Mihailoff (Massacre à la tronçonneuse 3), Beverly Randolph (Le Retour des morts-vivants) ou bien encore Sean Whalen (Twister, Le sous-sol de la peur).

Death House retrace la tournée de routine de deux jeunes agents du FBI dans les entrailles d’une prison fédérale. Cet établissement accueille les pires criminels de la planète, au cœur de la fameuse « Zone 51 ». Les prisonniers les plus violents seraient maintenus sous contrôle par l’intermédiaire d’un système de réalité virtuelle qui leur donne l’illusion d’étancher leur soif de meurtre et leur pulsion de mort. L’établissement pénitentiaire abrite en réalité en son sein une porte sur l’Enfer ! La plupart des prisonniers ne tarderont pas à créer une émeute. Nos deux agents du FBI, le personnel scientifique et sécuritaire de la prison ainsi que les rares détenus qui ont encore une part d’humanité devront alors faire face à des entités démoniaques capables des pires atrocités. Harrison Smith a écrit le scénario du film sur une idée originale de Gunnar Hansen, l’inoubliable interprète de Leatherface dans le tout premier Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper. Le film est produit par Rick Finkelstein et Steven Chase pour le compte d’Entertainment Factory. Le popcorn et les sodas risquent donc de voler dans les salles américaines tant le niveau de terreur et d’effroi pourrait être grand en cas de succès. Le film s’annonce comme une plongée dans un univers carcéral ultra hostile et fortement déconseillé aux personnes claustrophobes. Harrison Smith a l’intention d’établir une nouvelle franchise horrifique, avec Death House, qui s’étalerait sur six films. Le réalisateur pourrait bientôt se lancer sur le prochain opus, Dawn of 5 Evils.

Après ce parcours chaotique dans les salles obscures aux USA, Death House devrait néanmoins bénéficier d’une sortie en vidéo à la demande, en DVD et en Blu-Ray. Le film va également débarquer dans les prochains mois sur Netflix aux Etats-Unis. Une sortie en Europe est aussi prévue !

Les équipes de Death House comptent donc sur le soutien et la mobilisation des fans d’horreur sur les réseaux sociaux afin de pouvoir bénéficier de programmations dans des cinémas ciblés dans certaines grandes agglomérations. Ces séances spéciales pourraient être planifiées durant le courant du mois d’avril, lors du week-end du 21 avril notamment. La liste des séances potentielles et des pétitions virtuelles sur Facebook est à retrouver à cette adresse.

https://twitter.com/dotdblog/status/977032950335397890

https://twitter.com/kanehodderfan/status/977053680804515840

https://twitter.com/yanbirch/status/970369360962379776

Festival

Festival Lumière 2026 : Ray Gunn, le miracle de Brad Bird

Avec "Ray Gunn", Brad Bird ressuscite un projet vieux de trente ans dans un polar animé rétro-futuriste où l’héritage du film noir rencontre une société rongée par le racisme, la corruption et les faux-semblants. Entre virtuosité visuelle, richesse thématique et grand spectacle, le réalisateur des Indestructibles signe un bonbon à l’amertume néo-noir, aussi foisonnant que réjouissant.

Festival Lumière 2026 : Peking Opera Blues, Tsui Hark en maestro

Quarante ans après sa sortie hongkongaise, "Peking Opera Blues" arrive enfin dans les salles françaises le 21 octobre, restauré en 4K. Dans le Pékin chaotique de 1913, trois femmes que tout oppose se retrouvent à l’opéra pour une aventure où le vaudeville bouscule le pouvoir. Un classique survolté, tendre et irrésistible, (re)découvert au Festival Lumière 2026, dont Tsui Hark était l'un des grands invités.

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Newsletter

À ne pas manquer

Clayface : le visage de l’autre

"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.

Héros (2007) : Une séquestration sur les nerfs

Et c'est peut-être là que le film trouve sa plus belle idée : faire de la solitude un personnage à part entière, invisible mais omniprésent, qui hante chaque recoin de l'appartement. Pierre Forêt ne cherche pas tant à être aimé qu'à être enfin entendu, et c'est cette nuance qui donne au personnage sa fragilité touchante. On en sort avec l'impression étrange d'avoir ri à des choses qui ne font pas rire, et d'avoir pleuré à des choses qui ne font pas pleurer non plus. Tout le paradoxe de ce Héros, et sans doute sa plus grande force.

L’Île des souvenirs : jamais deux sans toi

Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.

Minotaure : nourrir l’ogre

Exilé en France, Andreï Zviaguintsev est de retour, neuf ans après le mémorable Faute d'amour. Reprise de La Femme infidèle de Chabrol, cette chronique d'un adultère virant au drame fait écho à la Russie de 2022 qui entamait alors son "opération spéciale". Analyse d'un film aussi riche que stimulant.

Les Misérables (2026) : Victor Hugo sous anesthésie

Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
Gabriel M.
Gabriel M.https://www.lemagducine.fr/
Passionné de cinéma et de séries. Nostalgique des séances mythiques au cinéma Grand Ecran Italie 2 et des rencontres-projections cultes organisées par l’équipe de Panic Cinema (Lloyd Kaufman, Joe Dante, Uwe Boll). Admirateur de la qualité immersive des séances au Max Linder Panorama. De nombreux réalisateurs ont marqué mon expérience de cinéphile : Kubrick, Jarmusch, Romero, Carpenter, Argento, Fulci, Lynch, Cronenberg, Verhoeven, Cameron, Tsui Hark, John Woo ou plus récemment Julie Delpy et Guillaume Nicloux.

Le Robot Sauvage : critique du classique Disney par DreamWorks

Pour ses 30 ans, DreamWorks présente Le Robot Sauvage, un porte-étendard d’une industrie de l’animation en crise. Signé Chris Sanders, le studio transcende la simple rivalité historique avec Disney.

Papillon : l’enfer tropical

Avec "Papillon", Franklin James Schaffner plongeait le spectateur dans l’atrocité du bagne de Cayenne et brossait le portrait éblouissant d’une grande figure héroïque, injustement condamnée à perpétuité, et obsédée par l’évasion. Ou quand une idée fixe, une détermination farouche, constitue le sens d’une vie. Une réussite majeure du septième art, qui aborde les thèmes de l’endurance, de l’abnégation et ce qui peut lier deux hommes au-delà de leurs épreuves et souffrances communes.

« Le Mag du Ciné » recrute !

« Le Mag du Ciné » est à la recherche de rédacteurs-chroniqueurs passionnés, motivés et à qui il serait loisible de contribuer régulièrement (c'est-à-dire à raison d'au moins deux articles par mois) à ses diverses rubriques.