"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.
Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.
Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.
À Cannes 2026, Rafiki Fariala évoque la naissance de "Congo Boy", un film nourri par son histoire personnelle, où la musique devient mémoire, souffle et résistance.
On entre dans "Congo Boy" comme on entre dans un souvenir, d’abord par la musique, avant les mots et les images. Celui d'un jeune homme de 17 ans, Robert, réfugié congolais vivant à Bangui, capitale de la République centrafricaine, dont les parents ont été emprisonnés pour avoir tenté de fuir avec de faux papiers. Livré à lui-même avec ses frères et sœurs cadets, il laisse pourtant toujours la porte ouverte à sa vocation : la musique. Et c'est précisément là que réside la force émotionnelle de ce premier long-métrage de fiction de Rafiki Fariala, présenté à Un Certain Regard 2026.
Présenté à Un Certain Regard 2026, "Teenage Sex and Death at Camp Miasma" de Jane Schoenbrun transforme le slasher en laboratoire pop, gore et méta, entre éveil créatif, désir et amour du cinéma bis.
La sélection Un Certain Regard du Festival de Cannes permet de donner la voix à de nouveaux cinéastes en exposant des visions singulières venues du monde entier. Après "Le Mystérieux regard du flamand rose", récompensé l'année dernière, le Chili se trouve de nouveau mis à l'honneur. Dans "Dégel", Manuela Martelli compose un drame à forte consonance politique, qui séduit pour son traitement à hauteur d'enfant, mais dont le rythme s'enlise dans les secrets bien gardés de la neige.
Récompensée l'année dernière par un César pour son rôle d'enquêtrice dans "Dossier 137", sélectionné en Compétition au Festival de Cannes, Léa Drucker foule à nouveau le tapis rouge. L'actrice tout terrain interprète dans "La Vie d'une femme" une chirurgienne épanouie, libre et hyperactive, qui assume pleinement ses choix. En brossant le portrait de ce personnage affirmé par le prisme de ses relations à autrui, Charline Bourgeois-Tacquet compose un drame rythmé au cœur d'un monde hospitalier en déclin. Une bonne leçon de vie qui rend les femmes maîtresses de leur destinée sans les victimiser.
Présenté à la Semaine de la Critique 2026, "Dua" de Blerta Basholli raconte l’adolescence dans un Kosovo au bord de la guerre, entre désir d’émancipation, peur de l’exil et mémoire intime.
Présenté à Cannes 2026, Quelques jours à Nagi est un drame sensible où Kōji Fukada explore l’art, le deuil et la reconstruction dans un Japon rural suspendu.
Après le merveilleux "Planètes" de la précédente édition, la Semaine de la Critique cannoise propose en ouverture un nouveau film d'animation, "In Waves". Une splendide histoire d'amour et d'amitié au creux des vagues qui déferlent sur nous par salves d'émotions. Grâce à son animation sublime et à son traitement sensible de la perte et du deuil, "In Waves" compose une œuvre à la fois lumineuse et mélancolique. Une magnifique ode au cinéma et à la mer.
Avec "Agnès la Chevaleresse", Damien Geffroy se délecte des mythes de l’heroic fantasy. Pièce après pièce, avec une jubilation fortement communicative, il imagine un récit entre satire des histoires chevaleresques, héroïne obstinée et vieux mentor plus porté sur la chopine que sur l’honneur. L’auteur livre aux éditions Fluide Glacial une aventure légère, drôle et souvent irrésistible.
À l'heure où Wall Street commence à façonner le monde moderne, un adolescent en fuite croise la route d'un vagabond qui lui apprend à regarder l'Amérique autrement. Avec "Baby Boxer Banker", premier volet de La Vie extraordinaire d'Arizona Joe, Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour signent un récit d'initiation où l'aventure se mêle à la filiation, la liberté et les promesses contradictoires du rêve américain.
Un escargot super-héros qui met deux semaines à sauver New York, des moutons grégaires militants ou encore une araignée dépressive parce que son costume de super-héros ne trompe personne : avec Bêtes comme nous, MO/CDM bâtit un bestiaire dont les pièges, souvent, relèvent des caractéristiques biologiques des protagonistes. Une idée simple, parfois exploitée jusqu’à l’usure, mais qui donne naissance à un recueil de gags souvent réjouissants.
Avant les flammes et les voitures incendiées, avant les débats télévisés et les certitudes assénées depuis les plateaux, il y avait une ville. Il y avait des habitants, des associations, des schémas existentiels souvent contrariés. Avec "Nanterre avant l’orage", Feurat Alani et Ulysse Gry remontent le cours des événements pour retrouver ce que l’actualité avait englouti : la vie elle-même.
« L’énergie n’est plus fournie désormais par des générateurs… mais par une usine marémotrice souterraine, une ferme solaire… et un champ d’éoliennes off shore. »