Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.
Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.
En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.
Lors du Fifam 2025, plusieurs moyens métrages sont diffusés dont "Fanny à la plage" de Raphaëlle Petit-Gille et "La Fille à la recherche de la cabane" de Phane Montet, Mona Schnerb. Deux portraits d'hommes et de femmes entre monde moderne et traces du passé.
Présenté dans le cadre de la carte blanche à l'actrice Agathe Bonitzer, "The Watermelon Woman" de Cheryl Dune nous plonge dans une enquête sur une actrice noire des années 1930 souvent réduite à des rôles stéréotypés. L'occasion d'une plongée dans l'histoire des femmes effacées de l'histoire.
Dans le cadre de la compétition courts métrages, le FIFAM 2025 a sélectionné "Hyena" d'Altay Ulan Yang, Loynes" de Dorian Jespers, "Burning Night" de Demon Wong et "Dieu est timide" de Jocelyn Charles. Des univers sombres et habités au programme de ces courts exigeants et passionnants.
Avec "La Danse des renards", Valéry Carnoy signe un premier long-métrage nerveux qui raconte un jeune athlète dans sa confrontation aux regards des autres et interroge avec acuité la fabrique de la masculinité contemporaine. Le réalisateur belge se débarrasse ici des clichés du film sportif pour conduire son récit vers un terrain intérieur : la douleur insondable de Camille, interprété par le magnifique Samuel Kircher, devient un symptôme de l’injonction à la virilité qui gouverne l’internat. Cadré avec une rigueur presque clinique, l’espace du centre d’entraînement traduit ici l’emprise d’un système où l’identité se construit par la performance et s’effondre au moindre échec.
Dans "Sauvons les meubles", son premier long-métrage porté par Vimala Pons et Yoann Zimmer, Catherine Cosme observe le délitement d’une fratrie dysfonctionnelle, tissant une toile émotionnelle d’une grande finesse autour de Lucile et de son frère Paul, appelés au chevet de leur mère mourante. Ce retour dans la maison familiale est une plongée intime, où le temps suspend son vol, et les silences forment autant de secrets à dévoiler. Un drame intime qui mêle avec finesse comédie grinçante et tragédie familiale, dépassant la simple chronique pour devenir une réflexion subtile sur l'incommunicabilité, la mémoire et la possibilité de réconciliation.
L’arrivée d’une jeune institutrice républicaine dans un petit village des Hautes-Alpes vient soudain bouleverser les codes d'un monde rural archaïque, enclave presque hors du temps où légendes, superstitions et peur de la montagne se mêlent aux tensions politiques d’une fin de siècle. Porté par la présence minérale de Galatea Bellugi, qui incarne Aimée avec une intensité vibrante, "L’Engloutie", premier long-métrage de Louise Hémon en compétition au festival Les Œillades d'Albi, se déploie comme une envoûtante fable hivernale à la sensualité brumeuse, dans laquelle la campagne enneigée, pièce maîtresse d’une troublante énigme, ensevelit toutes les certitudes et fait vaciller la frontière poreuse entre lumière et ténèbres.
Dans le cadre de sa compétition moyens métrages, le Fifam 2025 présente "I love and hate Russia" de Daria Obukhova et "Still Playing" de Mohamed Mesbah. Ces films mettent en scène deux mises en abymes déroutantes, l'une par les réseaux sociaux, l'autre via les jeux vidéos.
Le mardi 18 novembre, Chriss Itoua est venu présenter ses deux films "Muanapoto" et "Grands garçons" au Fifam 2025. Ces deux courts métrages sont des dialogues familiaux, l'un avec sa mère, l'autre avec son frère. Des dialogues qui déjouent les clichés et les attentes autour du coming out ou de la représentation de jeunes hommes noirs dans la ville. Le travail de Chriss Itoua est soutenu par la médiathèque idéales des banlieues du monde, à l'initiative de la réalisatrice Alice Diop. L'objectif ? Déjouer les imaginaires dominants et proposer des contres récits. Rencontre.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.