Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.
Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.
En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.
Présente dans quatre films à Cinémania 2025, Monia Chokri s’impose comme l’actrice la plus sollicitée du festival. Entre projets français, rôles exigeants et préparation de son prochain long métrage, elle évoque une année dense, son César inattendu et son désir de créer des ponts entre Québec et France.
Double actualité pour Thierry Klifa au Festival Cinémania 2025 : le réalisateur de La femme la plus riche du monde présente son film à Montréal et siège au jury « Visages de la francophonie ». Entretien fleuve avec un cinéaste passionné.
Après le succès de "La Panthère des neiges", le photographe animalier Vincent Munier offre un voyage sensible au cœur des forêts vosgiennes de son enfance. Entre Michel, son père naturaliste et Simon, son fils adolescent, trois générations se transmettent le même regard émerveillé sur le vivant. Un documentaire contemplatif d'une beauté sidérante, qui a remporté le Prix vert au 29ème festival "Les Œillades" d'Albi.
Pour ses 10 ans, le WIPP Festival célèbre la création cinématographique en gestation : 22 projets en développement, pitch-performances, rencontres professionnelles et projections d’œuvres nées au festival. Invités dans le jury professionnel, nous explorons ce lieu unique où scénaristes, producteurs et cinéphiles découvrent les films avant qu’ils n’existent.
Dans "L'Œuvre invisible", Avril Tembouret et Vladimir Rodionov exhument le destin oublié d'Alexandre Trannoy, cinéaste fantôme des années 1950-60 qui a passé trois décennies à préparer des films qu'il n'a jamais achevés. Entre enquête minutieuse et méditation sur l'échec créatif, le documentaire vertigineux transforme l'absence en matière narrative troublante et rend hommage à un artiste bonimenteur effacé de l'histoire du cinéma français.
Avec "Nous, l’Orchestre", Philippe Béziat signe un documentaire passionnant sur la vie collective et la tension intime d’un grand ensemble musical. Loin du simple documentaire théorique, c’est une immersion dans le geste de créer ensemble — ce moment suspendu où l’individu s’efface pour que naisse une seule respiration commune. Un témoignage sensible qui fait vibrer la musique symphonique dans ses interstices, et révèle l’homme derrière l’instrument.
Jérôme Commandeur est venu présenter son nouveau film T’as pas changé au festival Cinémania 2025 à Montréal. Entouré de Vanessa Paradis, Laurent Laffitte et François Damiens, il signe une comédie tendre et grinçante sur les retrouvailles d’anciens camarades de classe. Entre humour, nostalgie et confidences, le réalisateur partage son regard sur la cinquantaine et l’art de trouver l’équilibre entre rires et émotions.
Le Fifam 2025 a dévoilé son palmarès ce vendredi 21 novembre suivi de la diffusion du film "Vacances romaines" de William Wyler. Un palmarès qui contient plusieurs de nos coups de cœurs de cette édition très riche en pépites de cinéma autant documentaire que de fiction.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.