Cinémania 2025 : Monia Chokri, championne du nombre de films au festival avec 4 !

Monia Chokri à Cinémania : quatre films et l’art de l’équilibre

Hasard du calendrier, choix volontaire du festival ou tapis rouge à une actrice québécoise consacrée récemment ? Peut-être tout cela à la fois ! En tout cas, le fait est que Monia Chokri, récemment césarisée pour sa réalisation « Simple comme Sylvain », était à l’affiche de quatre films dans les différentes sélections du festival cette année. Trois français et un québécois, tous sortis en rafale entre novembre et décembre. Elle y obtient le titre informel de femme la plus occupée du festival – juste devant Laurent Lafitte et ses trois films. Une fatigue perceptible lors de notre rencontre, peut-être, mais une disponibilité précieuse.

« Une envie d’aller respirer dans d’autres créativités »

Face à une telle concentration de projets, la première question s’impose : s’agit-il d’un choix délibéré ou d’un concours de circonstances ?

« Non, c’est juste que j’ai eu l’espace, ça faisait quelques années que j’étais plutôt sur la réalisation et puis ces propositions sont arrivées par hasard quand j’en avais fini avec « Simple comme Sylvain » et sa promotion hors Québec… Tous ces films-là se sont tournés entre mai et décembre de l’année dernière, ça s’est enchaîné naturellement et j’avais cette envie-là d’aller respirer dans d’autres créativités que la mienne. »

Elle cite, avec un enthousiasme non dissimulé, les désirs précis qui ont guidé chaque « oui » : ne pas passer à côté du film d’Alice Girard (« Des preuves d’amour »), collaborer avec Nathan Ambrosini (« Les Enfants vont bien ») ou s’immerger dans l’univers d’Anna Cazenave Cambet (« Love me tender »).

Portraits sérieux, tournages joyeux

Parmi cette sélection, deux films la voient en premier rôle sur des terrains sensibles : l’adoption pour les couples homosexuels et l’euthanasie. Des sujets qui, pourtant, ne se sont pas ressentis comme des fardeaux sur les plateaux.

« Dans le film d’Alice, il y a quand même énormément d’humour… je ne le percevais pas vraiment comme un film sérieux, complexe ou pesant. Dans le film de Brigitte Poupard, c’était un sujet lourd oui mais c’était une ambiance tellement joyeuse sur le tournage… que ça m’a aidé. »

Et d’ajouter, coupant court à toute projection autobiographique : « Non, pas du tout. Je n’ai jamais eu d’agresseurs dans ma famille, je n’ai pas d’enfant avec une femme… Je n’ai pas demandé d’aide médicale à mourir. Donc c’est tout à fait nouveau pour moi. »

Premier ou second rôle, même engagement

De la mère de famille dans « Les enfants vont bien » à l’employée fantasmante dans « Love me tender », l’investissement change-t-il selon l’importance du rôle à l’écran ?

« C’est juste une question de temps sur le tournage… Mais reste que quand on est là, ce qu’on donne a la même valeur. Moi j’ai le même engagement dans tous ces films-là… j’en ai pris aucun avec plus de légèreté parce que je n’étais pas un rôle principal. »

Tourner en France : une immersion stratégique

Ce retour intensif devant la caméra en France n’est pas un hasard. Il précède et nourrit son prochain projet de réalisation, qu’elle tournera justement de l’autre côté de l’Atlantique.

« C’était intéressant de tourner en France, car mon prochain film, je vais justement le tourner là-bas… D’ailleurs, des personnes de ces équipes vont travailler avec moi sur mon film, donc ça c’est vraiment bien. »

Intitulé « Ni le jour, ni la nuit », ce film racontera l’histoire d’un couple animant une matinale radio depuis dix ans, dont l’équilibre est brisé par une trahison. Un mélange de drame et de comédie, à l’image de son parcours.

Le vertige du César et les frontières invisibles

Difficile de ne pas évoquer l’éléphant dans la pièce : son César de la meilleure réalisation, remporté face à Christopher Nolan notamment. Un souvenir encore vif d’émotion.

« Je ne m’y attendais pas du tout… J’étais persuadée que ça allait être Nolan. Ça m’a mis du temps à réaliser… C’est vertigineux… Le succès comme l’échec, de toute manière. »

Entre le Québec et la France, elle ne perçoit finalement qu’une différence tangible : « On tourne plus d’heures par journée au Québec donc c’est plus fatigant. Sinon, créer et faire des films, ça n’a pas de frontières ni de langues. » Son avenir ? Elle le voit en collaboration, et surtout, avec des femmes : « J’aimerais beaucoup travailler avec Justine Triet ou Rebecca Zlotowsky. Avec beaucoup de femmes, en fait. »

On termine la rencontre et on la remercie!

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