FIFAM 2025 : le palmarès de la 45e édition

Le Fifam 2025 a dévoilé son palmarès ce vendredi 21 novembre, suivi de la diffusion du film Vacances romaines de William Wyler. Un palmarès qui contient plusieurs de nos coups de cœur de cette édition très riche en pépites de cinéma, aussi bien documentaire que de fiction.

On nous avait promis « un jeu d’échelle entre l’intime et le monumental » et nous n’avons pas été déçus. Parmi nos coups de cœur, quelques-uns ont été primés, notamment le magnifique Ce qu’il reste de nous qui a fait battre le cœur du public. Cette fresque historique et humaniste sur l’histoire d’une famille palestinienne mélange à elle seule l’intime de la famille et le monumental de l’histoire d’un pays, d’un exode, d’un génocide, en réussissant le tour de force d’être bouleversant sans être simpliste et larmoyant.

Les visibilités queer mises à l’honneur ont quant à elles retenu l’attention des étudiants avec une mention spéciale pour Pédale rurale. Ce documentaire d’amitié pudique et sensible sur une figure qui refusait de se limiter à son militantisme, préférant une vie libre, avant d’ouvrir son cœur, a sans aucun doute marqué le festival par un personnage attachant, proche de la nature et de l’artisanat dont l’histoire se mêle à celle d’une gay pride du terroir visant à offrir un espace de représentation à tous les queer isolés.

La guerre a marqué le festival, notamment avec des films tels que Still Recording ou À Gaza. C’est finalement le moyen métrage Still Playing qui a été récompensé. Le film nous avait marqué par sa simplicité, suivre le quotidien d’un père et ses enfants à Naplouse au travers de compétitions de robot, tout en racontant la créativité du personnage principal qui tente d’éveiller les consciences à travers un jeu vidéo ultra réaliste. Les réactions filmées de joueurs américains, tantôt choqués, tantôt blasés, nous auront accompagnés longtemps après la projection. Le concepteur du jeu vidéo montré à l’écran en développe un nouveau autour de l’histoire d’une femme qui en fuyant les combats a saisi un oreiller dans la panique, laissant son nourrisson sous les bombes. Une histoire glaçante qui vient heurter de plein fouet l’univers en apparence divertissant du jeu vidéo.

Enfin, l’intime et la famille étaient également à l’honneur d’un festival sensible au « filmer collectif ». La vie après Siham a reçu le grand prix du festival. Le réalisateur Namir Abdel Messeeh a filmé sa famille dans de nombreux films, notamment sa mère. Il lui avait promis de refaire un film avec elle. Après sa mort, il décida de continuer à filmer les traces de son existence dans la vie de ses proches. Notamment son père, qu’il interroge ; ce dernier résiste et se livre. Namir Abdel Messeeh tente de construire un récit à partir de ceux de ses parents, parfois contradictoires, sur leur rencontre, sa naissance ou même la signification de son prénom.

Un film drôle et tendre, souvent déchirant, qui l’emmène jusqu’en Égypte sur les traces de sa tante, qui l’a élevé un temps, et de sa grand-mère, elle aussi décédée. Le réalisateur met également en scène ses enfants et un citronnier qui résiste au passage du temps et les regarde grandir. Une déclaration d’amour à la force du cinéma et à la survivance du lien maternel au-delà de la mort. Le réalisateur pourrait faire siens les mots de Guy de Maupassant : « On aime sa mère presque sans le savoir, sans le sentir, car cela est naturel comme de vivre ; et on ne s’aperçoit de toute la profondeur des racines de cet amour qu’au moment de la séparation dernière ».

Les films de famille ont marqué l’édition du Fifam 2025, racontant à la fois le lien intime et la société dans laquelle il se forme et se transforme. L’image d’archive est au centre de cette réflexion, comme elle est la matière de l’autoportrait commenté par ses ex que propose Chloé Barreau dans Fragments d’un parcours amoureux. Documenter sa vie, la filmer, c’est s’offrir la possibilité de partager son histoire et de faire des allers-retours entre intime et universel pour faire œuvre commune d’humanité.

Le palmarès complet de la 45e édition du festival international du film d’Amiens :

GRAND PRIX LONG MÉTRAGE
La Vie après Siham de Namir Abdel Messeeh

PRIX DU JURY et PRIX DOCUMENTAIRE SUR GRAND ÉCRAN / ACAP / DE LA SUITE DANS LES IMAGES
Songs of Slow Burning Earth d’Olha Zhurba

GRAND PRIX MOYEN MÉTRAGE
Still playing de Mohamed Mesbah

MENTION SPÉCIALE MOYEN MÉTRAGE
Au bain des dames de Margaux Fournier

GRAND PRIX COURT MÉTRAGE
Le 4e Singe de Xin Wang

PRIX DU JURY ÉTUDIANT
Les Fleurs du Manguier d’Akio Fujimoto

MENTION SPÉCIALE ÉTUDIANTE
Pédale Rurale d’Antoine Vazquez

PRIX DU PUBLIC
Ce qu’il reste de nous de Cherien Dabis

Festival

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Chloé Margueritte
Chloé Marguerittehttps://www.lemagducine.fr/
Diplômée en journalisme de l'ESJ Paris, je suis passée par mille et une péripéties culturelles et littéraires au cours de mes études : théâtres, ciné et prépa avant de débarquer à Paris pour me lancer dans le journalisme et la communication. Passionnée par l'art en général et par le cinéma en particulier, j'écris principalement des critiques et autres analyses filmiques.

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