CINÉMANIA 2025 : L’Âme Idéale – L’amour et la mort en duo

Voilà une comédie romantique totalement inattendue sur bien des points. Sur ce vers quoi elle va nous emmener en premier lieu. Et sur ce vers quoi elle va nous surprendre dans son traitement ensuite. Et, surtout, dans l’alchimie entre ces deux têtes d’affiche, véritablement évidente et qui impulse toute la projection entre moments légers et d’autres plus touchants. C’est d’ailleurs sur son versant émotionnel que L’Âme idéale nous a conquis sans jamais forcer. Alice Vial nous propose donc une comédie romantique (et un brin fantastique) qui nous comble et nous charme en nous prenant de court avec une belle leçon de vie à la clé.

Synopsis: Elsa, 40 ans, célibataire, a renoncé aux histoires d’amour. Un don un peu spécial la garde à distance des autres : elle peut voir et parler aux morts. Pourtant un soir elle rencontre Oscar, un homme drôle et charmant, qui lui fait espérer à nouveau que tout est possible. Mais au moment où elle commence enfin à tomber amoureuse, Elsa réalise que leur histoire n’est pas aussi réelle que ce qu’elle pensait…

Au début, on se demande quelle direction va bien pouvoir prendre ce premier film finalement très réussi et touchant d’Alice Vial. Peut-être même qu’on a presque un peu peur au début. On pense atterrir dans une comédie romantique lambda (c’est-à-dire très codifiée) et puis apparaît très vite l’argument fantaisiste et/ou fantastique qui apporte toute l’originalité au film. En effet, le personnage principal a le don particulier de voir les morts. Dès lors, on a un peu peur que L’Âme idéale prenne la direction de la comédie franchouillarde option merveilleuse (et kitsch) un peu lourde comme le récent Anges & Cie de triste mémoire. Sauf que pas du tout et la suite va vite nous enchanter et emprunter des chemins très convaincants.

Certes, le long-métrage ne se départit jamais d’une certaine légèreté et quelques séquences usent du comique propice à une telle situation puisque l’un des deux personnages principaux est mort et que personne ne peut le voir, ce qui crée de nombreux quiproquos réussis et drôles. Cependant, le scénario va toujours préférer la tendresse et un romantisme tout sauf niais pour nous séduire. On parle ici de l’importance de vivre, du fait de s’affirmer tel que l’on est et aussi de notre regard sur la mort. Sans rentrer dans des considérations profondes et philosophiques sur le sujet, L’Âme idéale va souvent nous émouvoir et nous happer par la justesse de son propos.

Et pour qu’une telle histoire – qui se base sur une rencontre et les sentiments qui vont en découler – fonctionne, il fallait un duo d’acteurs qui fasse fonctionner la magie propre à tout film sentimental. Et c’est le cas. Jonathan Cohen nous prouve encore une fois qu’il excelle autant sur le registre dramatique que sur le versant comique auquel il nous a habitués. On a presque l’impression parfois que le comédien est bridé et que son tempérament d’électron libre va déborder et verser dans la gaudriole, mais ce n’est jamais le cas. Il nous procure beaucoup d’émotions par son jeu sobre et touchant. En face de lui, quelle bonne idée de confier le rôle-titre féminin à la comédienne québécoise, découverte dans le César du meilleur film étranger l’an passé, Simple comme Sylvain, Magalie Lépine-Blondeau. Elle est sublime, charmante et d’un naturel confondant. Mais, surtout, l’alchimie avec Cohen est indéniable et leur complicité crève l’écran à chaque instant.

On aime être surpris par un film et celui-ci, sans avoir de rebondissements ou de twists comme un film de suspense, y parvient. De nombreuses séquences sont vraiment bouleversantes et parcourues d’une émotion qui fait du bien, qui réchauffe les cœurs. C’est dynamique, bien filmé et bourré de moments poignants jusqu’à un dénouement appréciable qui évite la sensiblerie. Le comique de situation se révèle délicat et trouve toujours l’équilibre pour ne pas tomber dans le ridicule. L’addition de ces deux solitudes nous déchire le cœur et on vibre autant pour l’histoire d’amour que lors du décryptage de ces deux solitudes et de leur environnement (les soins pour elle et la musique pour lui). À ce titre, les séquences de concert ou celles à l’hôpital avec Anne Benoît sont très belles, presque envoûtantes pour certaines. Alors on sourit beaucoup, on rit un peu mais on est surtout véritablement touchés par ce premier film tout en douceur et qui fait du bien.

Bande-annonce : L’Âme Idéale

Fiche Technique : L’Âme Idéale

Réalisateur : Alice Vial
Scénario : Alice Vial, Jean-Toussaint Bernard
Casting principal : Jonathan Cohen, Magalie Lépine-Blondeau, Florence Janas, Jean-Christophe Folly, Anne Benoit, Soufiane Guerrab
Production : Les Films entre 2&4, Gaumont
Distributeur France : Gaumont Distribution
Pays : France
Année de production : 2025
Durée : 1h35
Genre : Comédie romantique, Fantastique
Date de sortie : 17 décembre 2025
Image : Julien Poupard
Musique : Olivier Marguerite
Décors : Julie Plumelle
Costumes : Marlène Gérard
Montage : Christel Dewynter