Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.
Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.
En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.
La 29ème édition du festival Les Œillades se déroulera du 18 au 23 novembre et mettra à l'honneur la thématique "Arts et cinéma". Au programme : 31 avant-premières prestigieuses réparties dans les trois salles albigeoises Arcé, Lapérouse et Cordeliers, dont 12 longs-métrages en compétition pour le Prix du Public, 16 séances « Reprises » pour redécouvrir les œuvres qui ont marqué l’année 2025, mais aussi la traditionnelle compétition de courts-métrages, une carte blanche au distributeur Jour2Fête, et une masterclass autour de la musique de film dirigée par le compositeur Michel Petrossian. Cette année, le festival inaugurera sa première nuit du cinéma, conçue autour de trois longs-métrages issus de la sélection.
Joséphine Japy signe un premier film bouleversant sur le handicap et les liens familiaux. Qui brille au combat mêle délicatesse, justesse et émotion dans un portrait de famille lumineux. Porté par Mélanie Laurent et Angelina Woreth, ce drame intime touche au cœur sans jamais forcer.
Entre drôle et sombre, Vie privée surprend par son ton unique. Jodie Foster y livre une performance éblouissante dans son premier grand rôle en français, où l'enquête policière cède le pas à la psychologie du personnage.
"The Ugly", de Yeon Sang-Ho, plonge dans un thriller psychologique intimiste où la marginalisation et le jugement social s’entrelacent. Adapté de son roman graphique, le film explore le destin tragique d’une femme stigmatisée pour son visage, mêlant suspense, drame familial et réflexion sur la laideur et les apparences.
"Hi-Five", la comédie d’action coréenne de Kang Hyeong-chul, mêle humour, pouvoirs extraordinaires et satire sociale. Cinq individus ordinaires découvrent des dons inattendus, mais le film oscille entre farce et naïveté, offrant un divertissement sympathique mais inégal.
"My Missing Aunt" est un documentaire bouleversant dans lequel Yang Juyeon ravive la mémoire de sa tante disparue. Par l’enquête, l’animation et la parole retrouvée, la réalisatrice transforme la douleur en un acte de résistance féministe et fait de la mémoire un espace de réconciliation et de lumière.
Premier film de Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys, "On vous croit" plonge le spectateur au cœur d’une affaire judiciaire bouleversante. Porté par la performance saisissante de Myriem Akheddiou, ce drame minimaliste explore avec justesse la violence domestique et l’injustice institutionnelle, entre réalisme cru et émotion déchirante.
Présenté au festival d’Annecy, "The Square" de Kim Bo-sol explore à Pyongyang une romance interdite sous surveillance. Ce long-métrage animé mêle intimité et huis clos politique, révélant la fragilité humaine, la solitude et l’espoir au cœur d’une ville froide et oppressante, où chaque geste devient un acte de résistance et chaque émotion un trésor fragile.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.