Cinémania 2025 : Rue Málaga – Filmer l’âge avec panache.

Dès les premières images du film où l’on voit cette septuagénaire espagnole faisant son marché dans les rues de Tanger, on sent que l’on va voir quelque chose de frais et de coloré. Rue Malaga nous enivre par ses premières minutes et le parfum que le film dégage ne nous quittera plus durant deux heures merveilleuses. Carmen Maura y resplendit et la vieillesse n’avait pas été montrée sous un si beau jour depuis des lustres. Il fallait bien le talent de Maryam Touzani, déjà à l’œuvre sur le sublime Le bleu du caftan pour nous charmer à ce point avec cette œuvre douce et délicieuse sur les racines, la pugnacité et l’amour à tout âge. Une petite merveille aussi exotique que chaleureuse qui nous touche en plein cœur et que seule une fin qui dénote un peu vient entacher.

Synopsis: Une Espagnole âgée vivant à Tanger résiste à la décision de sa fille de vendre sa maison et redécouvre les sentiments romantiques et la sensualité…

Dès les premières images du film où l’on voit cette septuagénaire espagnole faisant son marché dans les rues de Tanger, on sent que l’on va voir quelque chose de frais et de coloré. Rue Malaga nous enivre par ses premières minutes et le parfum que le film dégage ne nous quittera plus durant deux heures merveilleuses. Carmen Maura y resplendit et la vieillesse n’avait pas été montrée sous un si beau jour depuis des lustres. Il fallait bien le talent de Maryam Touzani, déjà à l’œuvre sur le sublime Le bleu du caftan pour nous charmer à ce point avec cette œuvre douce et délicieuse sur les racines, la pugnacité et l’amour à tout âge. Une petite merveille aussi exotique que chaleureuse qui nous touche en plein cœur et que seule une fin qui dénote un peu vient entacher.

Des effluves d’épices qui émanent d’un marché. Des doigts qui caressent des pousses végétales. Les couleurs des tissus qui enchantent le regard. Les mains qui s’affairent à la cuisine et les odeurs qui s’en dégagent et traversent l’écran. En quelques plans sur une rue animée et commerçante de la vieille ville de Tanger et l’appartement du personnage principal, Maryam Touzani pose le décor avec volupté. Et la septuagénaire (bientôt octogénaire) incarnée par la grande Carmen Maura s’y balade le sourire aux lèvres, les yeux pétillants, le cœur conquis avec l’âme qui s’y abandonne. Les premières scènes de Rue Malaga encapsulent tout un monde. Et une vie. Celle de Maria.

On est donc happé par les séquences inaugurales du long-métrage et on sent que quelque chose de beau va s’y dérouler. On s’y abandonne durant deux heures avec un plaisir non feint. Si l’arrivée de la fille qui va vouloir vendre l’appartement de sa mère augure du pire, c’est la renaissance de Maria ensuite qui va nous combler de bonheur pour ne nous quitter qu’à la fin de la projection. Rue Malaga est une œuvre qui fait du bien, aux contours presque exotiques et qui a l’originalité de marier les cultures marocaines et espagnoles avec panache. Le film se déroule à Tanger en pleine terre arabe mais on y parlera espagnol quasiment tout du long et on y sentira fortement l’influence ibérique. Un pont entre deux continents et un cœur partagé entre deux cultures.

L’une des plus grandes actrices espagnoles, qui a été la muse de cinéastes aussi hétéroclites que Pedro Almodovar (le chatoyant Volver) ou Alex de la Iglesia (le jubilatoire et féroce Mes chers voisins), livre une de ces performances magnifiques qui couronnent le règne d’une actrice au crépuscule de sa vie. Elle nous offre sur un plateau une composition solaire et enjouée d’une vieille dame qui n’a pas renoncé à la vie et qui, au contraire, l’embrasse encore de toutes ses forces. C’est d’ailleurs le meilleur aspect du film quand on la voit malicieuse tentant de rester vivre dans son appartement malgré l’absence de revenus ou quand elle (re)découvre l’amour en bas de la rue. Maura est fabuleuse et il est fort probable que des prix viennent récompenser ce film remarqué à Venise et Toronto.

Les séquences qu’elle partage avec l’antiquaire du coin, joué par le ténébreux et charmant Ahmed Boulane, sont délicieuses. Rares sont les cinéastes à filmer l’amour et les ébats entre personnes du troisième voire quatrième âge de manière aussi poétique et pudique sans jamais être malaisants. Mais Maryam Touzani s’y connaît en douceur puisqu’elle nous avait enchantés il y a trois ans avec le tout aussi beau Le bleu du caftan qui parlait d’homosexualité dans la casbah. Sont évoqués ici également le pouvoir de nos racines et l’importance de garder du lien avec la terre qui nous a vu naître.

Rue Malaga a peut-être un peu de mal à se conclure et il épouse un peu le tragique de manière inutile sur sa dernière ligne droite en plus d’une fin ouverte. On aurait préféré que le long-métrage continue dans sa veine pleine de fraîcheur et d’humour parfois. Mais on ne s’en formalisera pas outre mesure. En effet, on sourit beaucoup devant la pugnacité de Maria pour garder son appartement et ses combines. Tout comme ses échanges avec une sœur ayant fait vœu de silence nous amusent beaucoup. Touzani nous fait le cadeau d’une œuvre aussi chaleureuse et pétillante que son personnage principal, un feel-good movie coloré qui est aussi une ode à la vieillesse. Une petite pépite.

Bande-annonce Rue Málaga (titre original : Calle Málaga)

Fiche technique Rue Málaga (titre original : Calle Málaga)

Réalisatrice : Maryam Touzani
Scénaristes : Maryam Touzani, Nabil Ayouch
Casting : Carmen Maura, Marta Etura, Ahmed Boulane, María Alfonsa Rosso, Miguel Garcés
Image : Virginie Surdej
Montage : Teresa Font
Musique : Freya Arde
Son : Nassim El Mounabbih
Pays de production : France, Espagne, Maroc, Allemagne, Belgique
Durée : 1h56
Genre : Drame
Distributeur France : Ad Vitam
Date de sortie France : 18 mars 2026
Date de première mondiale : 29 août 2025 (Mostra de Venise)

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3.5

Festival

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