FIFAM 2025 : Laurent dans le vent de Anton Balekdjian, Léo Couture et Mattéo Eustachon

Laurent dans le vent d’Anton Balekdjian, Léo Couture et Mattéo Eustachon fait partie de la compétition de longs métrages du Fifam 2025. Un récit de solitude qui va à la rencontre des habitants d’une station de ski désertée avant d’être envahie de touristes l’hiver.

Laurent dans le vent est un film de collectif, de gens qui se rencontrent et se racontent. Les trois réalisateurs travaillent de concert, apportant leurs spécialités respectives : le son, l’image et le scénario. Deux d’entre eux, présents lors de l’échange après la projection, expliquent qu’ils veulent filmer des gens qu’ils « aiment » et avec lesquels travailler est une évidence. C’est effectivement l’amour pour les personnages qui déborde de Laurent dans le vent. Le film suit un paumé qui débarque dans une station de ski désertée hors saison pour ne plus vraiment en repartir. Il y rencontre des personnages hauts en couleur, on est entre Bruno Dumont pour la fantaisie et Alain Giraudie à l’époque de Rester vertical pour les rencontres, le lien à la nature et le jeu très naturaliste d’acteurs professionnels et non professionnels. Ce joyeux mélange donne un film-portrait assez revigorant (et pas seulement pour la neige). Le film suit la quête de sens d’un être fragile et touchant, Laurent, 29 ans, qui a simplement envie d’aimer et d’être aimé. Pas de travail, ni de domicile, mais qu’importe : Laurent navigue entre des garçons, des filles et les appels de sa grande sœur, au moins aussi perdue que lui.

L’humour et la tendresse font de Laurent dans le vent un film foutraque et touchant. Le temps semble suspendu, celui de garder près de soi ceux qu’on aime, d’accompagner une femme seule vers une fin de vie plus humaine, ou encore de chercher une chèvre blanche magique dans une forêt enneigée. Le rythme du film est volontairement lent, épousant les déambulations de Laurent dans la station. Autour de lui, des figures se dessinent, d’autres phénomènes apparaissent, qui accompagnent tous la sortie du labyrinthe mental de Laurent. Peu à peu, il parvient à trouver sa place, même un peu bancale, et ça fonctionne ; nous finissons même par nous prendre au jeu. Nous voulons, nous aussi, prendre la main de Laurent et être simplement là, sans rien attendre d’autre de la vie qu’un peu d’amour (et pourquoi pas d’eau fraîche). Laurent dans le vent est à la fois un film de rencontres et sur la reconstruction, loin des discours modernes sur la résilience, et ça fait franchement du bien de voir que, même cabossé, l’humain a un fort potentiel de douceur. Le film nous dédouane de faire des choix de vie remplis de défis mais dénués d’émotions. Il ne sera pas question ici d’une grande résolution. La force du film est aussi son lien constant à une nature aussi inquiétante que préservée, habitée par l’homme. Une immensité où les questions de Laurent résonnent et peuvent trouver des réponses inattendues.

Synopsis  : Sans emploi ni logement, Laurent, 29 ans, s’installe dans une station de ski déserte hors saison et s’immisce dans la vie des rares habitants et habitantes qu’il y rencontre.

Fiche Technique: Laurent dans le vent

Genre : Comédie dramatique
Réalisation : Anton Balekdjian, Léo Couture et Mattéo Eustachon
Pays de Production : France
Année de Production : 2025
Durée : 110 minutes (1h50)
Acteurs Principaux : Baptiste Perusat, Béatrice Dalle, Djanis Bouzyani

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Chloé Margueritte
Chloé Marguerittehttps://www.lemagducine.fr/
Diplômée en journalisme de l'ESJ Paris, je suis passée par mille et une péripéties culturelles et littéraires au cours de mes études : théâtres, ciné et prépa avant de débarquer à Paris pour me lancer dans le journalisme et la communication. Passionnée par l'art en général et par le cinéma en particulier, j'écris principalement des critiques et autres analyses filmiques.

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