Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.
Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.
En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.
Le Sommeil d'or est le premier film réalisé par Davy Chou, venu le présenter le mardi 14 novembre au Fifam. Le documentaire tente de faire revivre un cinéma disparu : celui des années 60 au Cambodge, juste avant le massacre opéré par les Khmers rouges, au pouvoir au Cambodge de 1975 à 1979. Ils mettent fin à un cinéma florissant, et aux rêves des acteurs, réalisateurs, producteurs et spectateurs qui trouvaient dans le cinéma une manière de s'exprimer, et de s'évader. Un film hommage rempli de cinéma, de récits et de trouvailles.
On ne pourra reprocher à l’immense Stéphane Brizé, spécialiste hexagonal du cinéma social sur le monde du travail, de vouloir tenter autre chose. C’est une gageure et il l’avait déjà fait à ses débuts. Il choisit donc d’écrire et de réaliser une comédie romantique à connotation balnéaire (c’est lui qui le dit dans sa note d’intention). Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas une réussite. En effet, Hors saison est triste et terne comme jamais et nous donnerait presque des envies dépressives à la sortie de la salle.
Catherine Corsini est peut-être l’une des réalisatrices en activité les plus prolifiques et âgées du cinéma français, comme elle aime à le rappeler. Elle vient présenter son dernier film Le Retour au festival de films francophones Cinemania. C’est sa troisième venue à Montréal pour cet événement après avoir présenté La Répétition il y a plus de vingt ans, puis après avoir eu l’honneur d’être membre du jury il y a deux ans, tout en présentant La Fracture. On a eu le plaisir de l’interviewer. Portrait...
Brigitte Sy et Damien Bonnard sont venus présenter Le bonheur est pour demain le lundi 13 novembre 2023 au Fifam. Une rencontre faite d'instants présents et de nécessité d'écrire. Le film raconte l'histoire d'amour entre Sophie et Claude, dans les années 90, sur fond de prison. Au casting, deux funambules dont l'une espère toujours voir arriver la joie, jusqu'à ce qu'elle accepte de simplement la savourer.
Dimanche 12 novembre 2023, Nadav Lapid était présent au Fifam pour présenter son film Le Genou d'Ahed. La rencontre avec le public était animée par Ariel Schweitzer, rédacteur aux Cahiers du Cinéma. Un échange forcément traversé par les événements récents dans la Bande de Gaza, mais qui a aussi été l’occasion de parler de cinéma et de choix artistiques. De déchirements également et de contradictions.
Un véritable coup de cœur pour cette impétueuse et obstinée Rosalie. Un superbe personnage de cinéma dont on se souviendra longtemps et auquel Nadia Teresckowicz infuse à la fois toute son innocence, sa force et son obstination. Brodé dans une mise en scène classique et académique de toute beauté, jamais poussiéreuse, le film nous envoûte, nous touche, nous déchire le cœur jusqu’à son final au-delà de tout sublime.
En racontant l'histoire des femmes de sa famille, Lina Soualem fait de Bye Bye Tibériade un témoignage intime, qui se mêle aux destinées de femmes dans l'exil et les choix radicaux qu'une vie impose parfois. Un film pudique et sensible sur une expérience personnelle qui devient collective.
La mécanique des fluides et Les menteuses explorent, à leurs manières bien distinctes, les violences meurtrières et sexuelles faites aux femmes, les deux moyens métrages étaient présentés ce jour en compétition au Fifam 2023.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.