Avec "Ray Gunn", Brad Bird ressuscite un projet vieux de trente ans dans un polar animé rétro-futuriste où l’héritage du film noir rencontre une société rongée par le racisme, la corruption et les faux-semblants. Entre virtuosité visuelle, richesse thématique et grand spectacle, le réalisateur des Indestructibles signe un bonbon à l’amertume néo-noir, aussi foisonnant que réjouissant.
Quarante ans après sa sortie hongkongaise, "Peking Opera Blues" arrive enfin dans les salles françaises le 21 octobre, restauré en 4K. Dans le Pékin chaotique de 1913, trois femmes que tout oppose se retrouvent à l’opéra pour une aventure où le vaudeville bouscule le pouvoir. Un classique survolté, tendre et irrésistible, (re)découvert au Festival Lumière 2026, dont Tsui Hark était l'un des grands invités.
Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.
Dernière rencontre du festival de films francophones Cinemania nous concernant et c’est toujours à l’hôtel Humanity de Montréal. Et cette fois, c’est Franck Dubosc qui sera le talent interviewé à l’occasion de sa venue pour présenter "Un ours dans le Jura", son nouveau film en tant que réalisateur et dans lequel il joue. Un film entre comédie noire et polar assez surprenant que nous avons adoré.
Tous les ans au mois de décembre, Arte propose son festival de cinéma européen. Cette année, les internautes peuvent découvrir, du 1er au 31 décembre, douze films du jeune cinéma européen en français, allemand, anglais, espagnol, polonais et italien. Parmi eux se trouve une pépite décalée : "Amanda" de Carolina Cavalli. Le récit d'une amitié naissante, mais pas banale. L'histoire surtout d'une jeune femme dite "borderline" dont l'esprit donne au film son atmosphère, qui ne s'étiole jamais. Le festival est 100% gratuit et en ligne, les internautes peuvent voter pour leur(s) film(s) préféré(s).
Retrouvez notre interview de Romain Duris et Guillaume Senez pour "Une part manquante", dans le cadre du Festival de films francophones Cinemania 2024. Une rencontre courte mais intense.
Épatants de naturel et de sincérité, Mathias Mlekuz et son compère Philippe Rebbot signent un road-movie lumineux, initiatique et profondément humain, où cocasserie et poésie s’entrelacent avec une grande tendresse. Dans cette épopée intime et fraternelle sur le sentier du deuil et de la résilience, le tandem pédale de toutes ses forces pour conjurer le drame de la perte d’un fils, raviver sa mémoire et se réconcilier avec son fantôme. Film coup de cœur du festival du film francophone d’Albi, "À bicyclette !" a remporté le Prix du Public.
"Dans la cuisine des Nguyen" est une comédie pop multicolore, mâtinée de fantaisie et de féminisme, avec au menu la radieuse énergie de Clotilde Chevalier dans le rôle d'une bosseuse forcenée, qui livre ici une vibrante déclaration d’amour à la comédie musicale. Un premier long-métrage à la fois léger et pétillant signé Stéphane Ly-Cuong, que l'on sent très sincère dans sa volonté de représenter la communauté vietnamienne, trop rare à l'écran en France, et qui donne du baume au cœur.
Après « Godard par Godard », la réalisatrice Florence Platarets raconte l’immense héritage cinéphile de Demy dans un passionnant documentaire consacré à l’œuvre de l’enchanteur de la Nouvelle Vague. De « Lola » à « Une chambre en ville » en passant par « Les Demoiselles de Rochefort » ou encore « Model Shop », « Jacques Demy, le rose et le noir » met en lumière la sensualité chromatique de ses comédies musicales impérissables et revient sur les secrets de fabrication d’une filmographie intemporelle, teintée de légèreté psychédélique et de mélancolie hollywoodienne. Un portrait intime qui fait à la fois l'analyse et la synthèse de Jacques Demy, et laisse entrevoir une part d’ombre derrière la légende.
La réalisatrice canado-suisse Léa Pool porte à l’écran l’adaptation du roman « Ör » de l’auteure islandaise Auður Ava Ólafsdóttir. "Hôtel Silence" met en scène Sébastien Ricard dans le rôle d’un homme au bord du précipice, rongé par une détresse existentielle, et dont les profondes cicatrices intérieures répondent aux traumatismes enfouis d’un peuple anonyme meurtri par la guerre. Un drame sensible et lumineux sur les blessures et les errances de l’âme humaine et la force de vivre, encore.
Le FIFAM 2024 a dévoilé son palmarès lors de la cérémonie de clôture, suivie de la projection de Dracula de Francis Ford Coppola. Entre le 15 et le 22 novembre, 127 films ont été projetés, les spectateurs ont pu croiser une soixantaine d'invités et découvrir 8 film en avant-première. La figure du vampire a régné sur le festival, avec également de très beaux films présentés dans la sélection "afrofurismes et futurismes africains", notamment Neptune Frost. Parmi les films en avant-première, nous avons repéré Les Reines du drame qui sort en salles le 27 novembre 2024.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.