Après le succès de "L'été où je suis devenue jolie", Prime Video offre avec "Off Campus" une nouvelle romance destinée aux jeunes adultes. La série relate les histoires d'amour de quatre amis hockeyeurs, partageant leur temps entre les études, les matchs et les conquêtes féminines. Malgré son déroulé très convenu, "Off Campus" compose une romance agréable à condition de l'accepter pour ce qu'elle reste : une série ado qui mise sur le sex-appeal de ses acteurs pour attirer ouvertement le public féminin. Oubliable, mais pas déplaisant.
Après des années de flops et de faux espoirs, Sony surprend tout le monde avec "Spider-Noir", disponible sur Prime Video. Nicolas Cage incarne un Spider-Man vieillissant et désabusé dans le New York de la Grande Dépression. Un polar élégant, une esthétique soignée, et une belle réussite qu'on n'attendait plus vraiment.
Oslo, caniculaire et putride, sert d’écrin à la nouvelle série événement de Netflix : Harry Hole (L'Etoile du Diable). Cette plongée vertigineuse dans l’univers du maître du nordic noir Jo Nesbø tient toutes ses promesses. Scénarisée par l’auteur lui-même, la série emprunte à son œuvre son tempo punk rock, son écriture torturée, sa mise en scène à l'esthétique graphique et ses personnages hantés.
"Les Soprano" est (au moins) une triple immersion : au sein de la mafia du New Jersey, dans la famille nucléaire Soprano, dans l'esprit du parrain Tony. David Chase y portraiture une galerie de personnages hauts en couleurs, appelés à se croiser et à se révéler dans une gradation maîtrisée de la psyché humaine.
Les colères homériques d'Ari Gold, les conquêtes féminines de Vincent Chase, le cœur en guimauve d'Eric Murphy, les ambitions déçues de Johnny Chase, les velléités de Turtle : "Entourage" est plurielle et chorale, portée tant sur l'amitié que sur le système hollywoodien, parfois cynique et souvent hilarante, aussi bien dialoguée que servie en guest stars. Un plaisir, même pas coupable.
Guerre il y a dans Generation Kill, mais très peu de contacts directs. Confinée dans des véhicules blindés sillonnant les parties plus ou moins accueillantes du pays, l’unité dépeinte semble constamment séparée du terrain par une frontière infranchissable. Y compris lors des échanges de feu nourri, où deux territoires (l’Irak, les soldats U.S) semblent entrer en collision sans jamais former un terrain d’affrontement à proprement dit. Ce n’est pas des mondes qui se confrontent, mais deux dimensions parallèles qui se frottent : tout semble s’opérer par interface interposée. Même les morts (et les bavures), pourtant l’inévitable corollaire de la guerre, se trouvent d’abord déréalisés par le dispositif.
Tom Fontana révolutionne la petite lucarne avec "Oz". Dans une unité expérimentale baptisée Emerald City, des détenus vont et viennent dans un espace restreint selon leur bon vouloir. Les gardiens se livrent à une vision panoptique du lieu, le communautarisme va bon train et la perdition s'accroche aux prisonniers comme une seconde peau. C'est radical, politisé et gorgé de testostérone.
The Corner signe la genèse de ce qui constituera le chef d'oeuvre de David Simon "The Wire". La série de HBO auto-adaptée de son enquête sur les "Corner" de Baltimore est un bijou de réalisme brut, de sociologie fine. Un incontournable à voir et à revoir.
Certes, Deadwood, c'est du western. Mais ici, pas de grands héros justiciers chevauchant au soleil couchant vers les décors splendides de Monument Valley. Deadwood, c'est la boue, la crasse aussi bien dans les rues que dans les âmes. Retour sur 36 épisodes qui changent notre vision de la fondation de l'Amérique.
Revoir une série du calibre de Six Feet Under a quelque chose d’à la fois émouvant, pertinent rétrospectivement, et, avons-le, un peu intimidant. Retour, à l'occasion de notre cycle HBO, sur l’une des séries les plus appréciées de tous les temps, aussi brutale émotionnellement que légère et salutaire.
Avec Les Sauvages, co-écrit avec le romancier Sabri Louatach, Rebecca Zlotowski, signe une fresque parfois malhabile, mais amère et pleine d'emphase. Son aspect ultracomptemporain se mêle à une dystopie plutôt réussie. Mais la série assume aussi pleinement son côté fictionnel, car comme l'a déclaré la réalisatrice sur France Culture "le nerf de la guerre dans une série, c'est le scénario". Quitte à se perdre parfois dans une écriture trop littéraire. Heureusement le rythme s'emballe souvent.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
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Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.