Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.
A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.
Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.
Dans son nouveau long-métrage, Camila sortira ce soir, la réalisatrice argentine Inés María Barrionuevo capte une adolescente à l’âge de tous les possibles, à la fois grisant et douloureux, entre certitudes et doutes.
Rescapé de l’Holocauste, Jack Garfein est The Wild One qui a rapidement apprivoisé les subtilités de la performance d’acteur, avant de révéler d’autres talents qui partagent avec lui ce croisement entre les expériences intimes et ce nouveau refuge qu’est le cinéma.
Le nouveau Kelly Reichardt, Showing Up, est clairement une œuvre mineure de sa filmographie. Inconsciemment, elle y cristallise tous les clichés minimalistes du cinéma indépendant américain entre monotonie et minimalisme poseur. Il n'empêche, son film développe un petit charme indéniable et quelques moments savoureux qui ne compensent pas son côté quelque peu insignifiant qui nous fera vite l'oublier.
L'intérêt de cette adaptation réside essentiellement dans la quête de nos héros. En effet, Edgin (Chris Pine) et Holga (Michelle Rodriguez) partent vers une quête afin de restaurer leur dignité et leur honneur auprès des leurs et non de la richesse. Plus que les biens matériels, les liens familiaux et filiaux sont mis en avant. À travers les différentes backstories des personnages, nous voyons sous leurs dehors des personnes au final bien plus vulnérables qu'elles le laissent paraître. La quête n'est pas l'objet mais le voyage et ce qu'ils apprennent de leurs aventures.
La vie et la mort sont intimement liées à l’adolescence. On s’égare et on se retrouve, tout ça dans le même mouvement que Nos Cérémonies entretient avec une grande sensibilité. Il s’agit autant d’arguments établissant le portrait d’une jeunesse traumatisée que d’une véritable ode à la fraternité et dans toutes ses nuances.
Le plus singulier des cinéastes américains pose un regard désabusé et contemplatif sur la vie quotidienne d’une petite ville frontalière des Etats-Unis et passe en revue différents thèmes humains sensibles. Il en résulte un film inclassable et très caractéristique de son auteur.
Sortie en plein cœur des années 80, l’adaptation cinématographique de la première moitié du livre de Michael Ende, L'Histoire sans fin, se met à hauteur d’enfants en célébrant leur capacité à rêver. Une dichotomie s’opère entre ceux qui ont la tête en l’air et ceux qui ont les pieds sur terre. Le rêve est vu comme une qualité, une force : il s’agit d’imaginer, de s’évader pour trouver l’espoir et agir.
Ce documentaire, signé Karim Aïnouz (présenté en séance spéciale au Festival de Cannes en 2021), est avant tout un voyage initiatique. À travers sa caméra, le réalisateur raconte l'Algérie comme une lettre, presque un poème, à sa mère Iracema. Ce film aborde des sujets intimes tels que le lien ambivalent entre le déracinement et l'appartenance mais également entre la mémoire et le souvenir.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.