Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.
A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.
Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.
Avec Crossing Guard, Sean Penn filme le phénomène de l’obsession à travers le personnage de Freddy Gale, interprété par Jack Nicholson, à la fois sur le plan psychologique mais aussi pratique, en mettant en avant les répercussions dans sa vie personnelle, professionnelle, sentimentale ou familiale. Une plaie béante n’arrive pas à se cicatriser. La vengeance est vue comme l’ultime échappatoire.
Si le réalisateur Edouard Salier use de la science-fiction de manière un chouïa artificielle, c'est pour faire de Tropic un drame fraternel intense. Un long-métrage qui parle d'acceptation et de dépassement de soi avec beaucoup de justesse et d'émotions.
Un hiver en été est un film choral magique, presque tactile, impressionniste traversant les destins mélancoliques et mouvants d’une dizaine de personnages en quête d'amour et d'horizon.
The Meg 2, suite d’un premier film plutôt réussi, avec Jason Statham aux prises avec des requins géants préhistoriques, offre un spectacle réjouissant, propre à ravir les amateurs du genre. Le ton légèrement parodique, la qualité des effets spéciaux et le respect consciencieux des codes de ce type de film font de celui-ci un nanar de grande envergure.
Duo aux antipodes, cadre exotique, humour de caractère, avec un être un peu lunaire et lourdaud, confidences authentiquement touchantes, rapprochement inévitable, les ingrédients de La Chèvre sont aujourd’hui connus du cinéma français et d’ailleurs. Malgré certains aspects ancrés dans leur époque, le film séduit toujours en mélangeant aventure rocambolesque et situations comiques souvent irrésistibles.
Il est toujours préférable de voyager en bonne compagnie, c’est ce qui rend le trajet encore plus savoureux. Une sorte de parenthèse sur la vie qui s'ouvre au départ, et se ferme à l’arrivée. Les Avantages de Voyager en Train démontre que cet instant peut également être chargé en histoires, à la lisière de la réalité et de la folie.
Le long-métrage, patronné par Seth Rogen et Evan Goldberg, se pare surtout d'une animation plutôt originale malgré sa similitude – de prime abord en tout cas – avec celle des derniers Spider-Man animés. Dommage que l’humour soit parfois lourd et les images régulièrement trop sombres, laissant un goût de moyen en bouche.
Le premier long-métrage d’Angela Ottobah, Paula, explore la thématique d’une paternité toxique, au creux des bois et sur les rives d’un lac. Une œuvre prenante, même si elle se heurte à certaines limites.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.