Cinéma

Leaving Las Vegas : le pacte des naufragés

Trente ans ont passé. Las Vegas brille toujours autant, et "Leaving Las Vegas" aussi. Le film de Mike Figgis revient hanter les salles dans une version restaurée en 4K avec la même force d'impact, la même noirceur. On serait tenté de croire que le temps l'a rendu plus supportable. Il n'en est rien. La blessure est intacte, et l’admiration aussi.

L’Être aimé de Rodrigo Sorogoyen : Père et impair

Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen signe un film de tournage aussi fascinant que déchirant, porté par Javier Bardem et Victoria Luengo. Derrière la mise en abyme cinématographique, le cinéaste filme surtout l’attente impossible d’une fille face à un père qui sait voir, diriger, comprendre — mais ne sait pas demander pardon.

L’Abandon : le traitement tout en nuances d’un sujet explosif

Les onze derniers jours de Samuel Paty, qui firent de lui un martyr de la République. Un sujet délicat, commandant d'éviter autant le pathos que la récupération politique. Vincent Garenq relève ce défi, avec un film qui parvient à captiver en tenant bien sa ligne. Estimable, malgré une réalisation sans surprise.

Midsommar de Ari Aster, secte de la vie conjugale

Après le choc Hérédité, Ari Aster nous revient avec un nouveau tour de force. Nous plongeant dans les festivités du solstice d'été dans une communauté en Suède, le cinéaste questionne le délitement d'un couple entrecoupé de rituels païens et de trips hallucinogènes, le tout baigné dans une lumière solaire constante.

Mon Frère de Julien Abraham : une plongée au coeur des centres éducatifs fermés

Après La Cité Rose, Julien Abraham poursuit son travail sur la jeunesse avec Mon Frère, et nous emmène au cœur de la violence des Centres Educatifs Fermés.

Lieux et cinéma: le pont de Brooklyn, un new-yorkais très célèbre

Le pont de Brooklyn, c'est un lieu de pèlerinage, percé de rivets rappelant qu'il est plus vieux que le Titanic. Il acceptera vos selfies quand vous viendrez à votre tour lui taper sur l'épaule, parce que, « tu sais mec, tu me rappelles tel film... »

Lieux et Cinéma : les capitales au cinéma

À chaque coin de rue, un nouveau regard, une nouvelle fenêtre, un nouveau plan et puis un film. Le septième art déambule dans les villes et Le Mag du Ciné s'arrête dans les capitales.

Bonjour, de Yasujirō Ozu : Autant en emporte le vent…

Conjuguant la farce satirique avec le burlesque d'antan, le minimalisme formel avec l'observation attentive du quotidien, Yasujiro Ozu fait de Bonjour l'une de ses œuvres les plus joyeuses et décapantes de sa filmographie. En ressortie le 31 juillet.

Hommage à Julien Dugois

La rédaction rend hommage à son rédacteur et ami Julien Dugois, disparu bien trop tôt le 18 juillet 2019. Pillier du site, passioné acharné, il manquera.

Give me Liberty de Kirill Mikhanovsky : Les joyeuses tribulations de l’autre Amérique

Le deuxième long métrage du Russo-Américain Kirill Mikhanovsky, Give me Liberty est un beau film résolument optimiste et joyeux sur fond d’une réalité pas toujours drôle

Melancholia, de Lars Von Trier : la planète ennemie en elle

Poème tragique et désespéré porté par une Kirsten Dunst impériale et inoubliable, Melancholia est un tableau de chaque instant. Peinture visuelle culte, il dépeint aussi et surtout la dépression avec une fidélité et une franchise particulièrement rares. La mariée n'a ici plus la force de pleurer tandis que la mélancolie vient lui dévorer les entrailles et aspirer toute trace de vie...

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« L’Oiseau chanteur » : violences silencieuses

Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.

« Pour qui sonne le glas » : l’ombre de la guerre

En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.

« L’Odyssée » renaît dans une édition collector

À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.

« Cheyenne » : au cœur des grandes plaines

À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.

« FIFA Connection » : Gianni Infantino, plus que le football ?

Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.