Annoncé comme l’une des sensations horrifiques de 2026, Obsession séduit par son atmosphère malaisante, sa mise en scène maîtrisée et l’interprétation impressionnante d’Inde Navarrette, sans être totalement à la hauteur de sa réputation.
Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.
A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.
Solidement ancré dans la comédie, style qui révéla le cinéaste, ce jeu de massacre aussi drôle qu’écœurant est la rencontre improbable entre Armageddon et Idiocracy. Cette œuvre salutaire, suscitant régulièrement l’impression désagréable de réalité dépassant la fiction, pèche sans doute par son ambition déraisonnable. La terrible crise du sens qu’elle dénonce avec férocité renforce en revanche la pertinence du message.
Cet immense classique symbolise une transmission entre deux formes d’art, le cinéma permettant l’épanouissement d’une œuvre théâtrale, ce qui se traduisit en particulier par le jeu de Marlon Brando et Vivien Leigh, inoubliables pour les cinéphiles du monde entier. La confluence des dialogues et de la performance des comédiens en fait une œuvre intemporelle, aussi renversante et bouleversante aujourd’hui qu’il y a 70 ans.
Su nous connaissions le comédie à l'italienne à la Dino Risi, le baroque gargantuesque de Fellini ou encore la pudeur rétro d' Ettore Scola, jamais le cinéma transalpin nous avait proposé de teen movie où l'euphorie grivoise côtoie la mélancolie endeuillée. Avec La Main de Dieu, Paolo Sorrentino met fin au débat et réaffirme la plasticité du cinéma italien.
Chère Léa est le septième long métrage de Jérôme Bonnell. Le film s'inscrit dans la continuité d'une filmographie de l'instant suspendu, du pas de côté. Cependant, il manque cette fois un souffle à cette histoire de séparation qui ne se termine jamais vraiment. En salles depuis le 15 décembre.
Si « Two-Lane Blacktop », film de Monte Hellman, n'a pas su obtenir le succès espéré lors de sa sortie en salles en 1971, cinquante ans plus tard, le film est considéré par certains comme l'un des films cultes des années 1970.
Dans la lignée du film Harakiri, de Masaki Kobayashi (etécrit par le même scénariste, Shinobu Hashimoto, Le Sabre du mal est un chanbara (film de sabre japonais) présentant un personnage de rônin fou, hanté par la violence, habité par un Tatsyua Nakadaï impressionnant.
Prostitution. Bois de Boulogne. Deux termes qui suffisent à eux seuls à évoquer tout un imaginaire, entre mythe et image repoussoir. En choisissant de s'emparer de ces thématiques, Claus Drexel parvient avec Au Cœur du bois à créer un documentaire qui mélange les genres et (re)donne aux travailleur.se.s du sexe une place dans le débat politique actuel.
L’an dernier, la 70e Berlinale attribua l’Ours d’or à Le Diable n’existe pas (Sheytân vodjoud nadârad), que le cinéaste a tourné dans son pays en parfaite illégalité. Récompense n’est pas compensation : tourné « sous le manteau » avec une équipe qui a pris beaucoup de risques, ce film sur la peine de mort en Iran est une réussite majeure.
Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.
En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.
À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.
À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.
Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.