"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.
Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
Huitième film d'Eric Toledano et Olivier Nakache, Une année difficile est l'événement du mois d'octobre dans le paysage cinématographique français. Avec une méthode et une approche bien rodées, les auteurs, avides de remises en cause sociétales et écologiques, dévoilent une œuvre abordant le monde avant les confinements.
Qu'est-ce qu'une bonne fin de vie si ce n'est quitter ce monde l'esprit apaisé ? Une femme sur le toit est sur le point de prendre une décision radicale, mais est-ce un acte réfléchi ou bien désespéré ? Le drame d'Anna Jadowska fourmille d'interrogations élémentaires concernant les femmes du troisième âge en Pologne, de toute évidence, en perte de repères et d'affections. Il est à présent l'heure de rendre les comptes de toute une vie, où le dernier geste pèse plus que l'on croit dans la balance, cruelle et sans concession.
Voulant rendre hommage tout en modernisant la formule, David Gordon Green accouche d’un film très hétérogène et frustrant, ne sachant jamais sur quel pied danser.
Connaissant son amour pour le patrimoine cinématographique français, il était sans doute écrit que Woody Allen tournerait un jour un film dans la langue de Molière. Il aura finalement attendu d’avoir atteint l’âge vénérable de 87 ans pour franchir le pas, et encore cette initiative est-elle due en grande partie à son statut de paria dans son pays natal… Tourner dans une langue étrangère est un obstacle de taille, au-dessus duquel le metteur en scène new-yorkais a pourtant bondi avec l’agilité de ses vingt ans.
Les vétérans de la castagne et des courses-poursuites improbables rempilent dans ce qui ressemble à un chant du cygne. Si ça ne semble pas être dans les tuyaux de Stallone et de sa bande testostéronée, il est grand temps d’y songer car Expendables 4 arrive au point de non-retour. Paresseux, bruyant, exaspérant… les qualificatifs ne manquent pas pour définir ce flop à la hauteur de notre déception !
S’il faut parfois mentir à soi-même pour rêver un peu, c’est bien toute la tragédie de Lydia, incapable de dissocier ses désirs de la réalité. Dans une effroyable escalade de mensonges, Iris Kaltenbäck nous immerge alors dans l’immense solitude de son personnage, qui tente d’atteindre le pinacle de son déni à tout prix, Le Ravissement. Un titre aussi ambivalent que son héroïne !
Le Consentement est un grand livre, sa fidèle adaptation cinématographique fera date. Séduction, emprise et destruction en règle d’une très jeune adolescente par un écrivain célèbre aux mœurs dépravées dans une époque étonnamment permissive. Un film indispensable à mettre sous (presque) tous les yeux... avec avertissement.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.