Critiques films

André is an Idiot : le dernier cri d’un condamné

On connaît tous un André. Ce type qui blague sur tout, qui vit à fond, qui remet au lendemain ce qu'il devrait faire aujourd'hui. "André Is an Idiot", prix du public à Sundance 2025, raconte comment cet homme-là a appris, trop tard et avec humour, ce que mourir veut vraiment dire.

La Bataille de Gaulle – J’écris ton nom : l’ennemi de la Résistance

"La Bataille de Gaulle : J'écris ton nom" referme le diptyque consacré au général. Le film gagne en clarté par rapport à "L'Âge de fer", mais reste pris au piège de son admiration pour De Gaulle. Ses meilleurs moments restent le duel d'égos avec Roosevelt, qui veut placer la France libérée sous tutelle américaine, et l'ascension de Leclerc vers la libération de Paris.

Maspalomas : au Nord-Est d’Eden

Un accident contraint Vicente à quitter le petit paradis pour gays qu'est "Maspalomas", aux îles Canaries, pour une maison de retraite médicalisée à San Sebastián. Ce retour à la "vie d'avant" va le confronter à son passé tout en questionnant son identité. Un film riche, sensible, souvent subtil, servi par une réalisation hélas un peu trop académique mais transcendée par la composition de son acteur principal, José Ramón Soroiz. 

Les Feuilles mortes : « Quand on n’a que l’amour… »

À l’approche de l’automne, Les Feuilles mortes, du finlandais Aki Kaurismäki, viennent déposer sur nos écrans une délicate pellicule d’amour et de poésie, sur fond de drame social. Kaurismäki oblige…

Equalizer 3 : voir Denzel et mourir

Ce que dégage Denzel Washington dans Équalizer 3 va au-delà des moyens d’expression convoqués par un Fuqua pourtant en pleine maitrise de son sujet. Ça dépasse ce que le cinéma en tant que langage peut charrier d’outils sémantiques pour traduire une idée. On parle pas d'acting, mais d'autre chose. D’une puissance cosmique qui n’appartient pas à ce que l’homme peut accomplir à la force de sa volonté.

N°10 : Boringman

Après Borgman, son avant-dernier film sélectionné à Cannes, Alex Van Warmerman revient avec N°10. La recette est la même, mais le plat, cette fois-ci, est franchement fade.

Anti-Squat : protection par occupation

Anti-Squat est une société à but lucratif. Son activité consiste à engager des personnes pour occuper des locaux vides plutôt que de risquer qu'ils se fassent squatter. A la recherche d’un emploi dans l’immobilier, Inès postule par Internet

Quand les vagues se retirent de Lav Diaz : l’impossible rédemption

Présenté à la Mostra de Venise en 2022, Quand les vagues se retirent vient de sortir dans nos salles. A travers le portrait d’un lieutenant aux prises avec un dilemme moral, Lav Diaz y dénonce la violence du gouvernement philippin. Un cri de désespoir, entre réalisme documentaire et film noir.

La Guerre des Dieux – New Gods : Yang Jian, tragédie lunaire

Second volet de la saga New Gods, qui n'a rien à voir avec les comics DC de Jack Kirby au passage, New Gods : Yang Jian (La Guerre des Dieux par chez nous) nous initie à un nouvel univers steampunk, rempli de figures mythologique de la culture chinoise. À l'aide d'une animation bien léchée et de séquences épiques qui ne nous font pas regretter l'expérience du grand écran, on peut toutefois avoir des regrets concernant sa narration confuse et son imperméabilité aux émotions.

Fermer les yeux de Victor Erice : la mémoire sur pellicule

Le réalisateur espagnol Victor Erice signe avec Fermer les yeux un drame testamentaire empreint de nostalgie et d'amour du cinéma. En traitant de la mémoire, du vieillissement et du deuil, le cinéaste de quatre-vingt-trois ans signe un film somme sur la puissance de l'image, malheureusement un peu dissous au sein d'une trop longue narration. Si Victor Erice incite à ne pas s'enfermer dans les souvenirs, il en dépeint la force émotionnelle et le rôle essentiel qu'ils jouent pour notre identité. S'il faut "fermer les yeux", c'est bien à cause de la puissance évocatrice de l'image, qui telle une madeleine de Proust, nous ramène à des moments véçus, des émotions trop vives. Malgré ses sujets intéressants, Fermer les yeux ne se révèle pas facilement. Le film prend en effet tout son temps, peut-être un peu trop, à installer son climat, ses personnages, ses silences, ses moments de vie fugaces tels qu'une chanson fredonnée au coin du feu ou la cueillette des tomates au potager. Le film laisse donc en tête de belles images, mais aussi un petit goût de déception face à une œuvre dont le traitement étouffe quelque peu son potentiel dramatique. 

New Gods : Nezha Reborn, tout feu tout flammes

Après deux mois d’exploitation dans les salles chinoises, New Gods : Nezha Reborn a trouvé un second souffle à l’international via Netflix au printemps 2021. Les mythes et légendes du folklore chinois s’ouvrent à nous dans un univers steampunk et cyberpunk, où les divinités se réincarnent afin de poursuivre les combats qu’ils mènent à travers toutes les générations. Entre le film de super-héros et d’arts martiaux, ce nouveau bijou d’animation promet une épopée épique et tragique.

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