Critiques films

Mon grand frère et moi : portrait d’un homme encombrant

Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.

Die My Love : Au bord de soi

Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.

Sorda : des liens au-delà du silence

Après son court-métrage éponyme, Eva Libertad étend l'histoire de "Sorda". Un nouvel opus nécessaire qui interroge la parentalité, dans le bruit du silence.

The Meg 2 : nanar magnifique

The Meg 2, suite d’un premier film plutôt réussi, avec Jason Statham aux prises avec des requins géants préhistoriques, offre un spectacle réjouissant, propre à ravir les amateurs du genre. Le ton légèrement parodique, la qualité des effets spéciaux et le respect consciencieux des codes de ce type de film font de celui-ci un nanar de grande envergure.

Les Avantages de voyager en train : alarme pathologique

Il est toujours préférable de voyager en bonne compagnie, c’est ce qui rend le trajet encore plus savoureux. Une sorte de parenthèse sur la vie qui s'ouvre au départ, et se ferme à l’arrivée. Les Avantages de Voyager en Train démontre que cet instant peut également être chargé en histoires, à la lisière de la réalité et de la folie.

Ninja Turtles – Teenage Years : crise(s) d’adolescence et de reconnaissance animée

Le long-métrage, patronné par Seth Rogen et Evan Goldberg, se pare surtout d'une animation plutôt originale malgré sa similitude – de prime abord en tout cas – avec celle des derniers Spider-Man animés. Dommage que l’humour soit parfois lourd et les images régulièrement trop sombres, laissant un goût de moyen en bouche.

Paula : paternité toxique

Le premier long-métrage d’Angela Ottobah, Paula, explore la thématique d’une paternité toxique, au creux des bois et sur les rives d’un lac. Une œuvre prenante, même si elle se heurte à certaines limites.

Yannick : Malaise dans la salle ou mensonge sur la marchandise, vous avez dit Subjectif ?

Yannick ou comment Dupieux holp-up avec force et brio le cinéma français.

Le Manoir hanté, aussi transparent que ses fantômes

Cher Mr Disney. Suite à de trop nombreuses plaintes sur la qualité de plus en plus médiocre de vos attractions, nous nous sommes permis d'inspecter votre nouveauté : Le Manoir Hanté. Malheureusement, notre franchise qui fait notre réputation risque de vous être douloureuse. Oui, Mr Disney, il est de notre devoir de dire, qu'encore une fois, vous vous êtes foiré. 

Un Coup de maître : de l’artiste, créant et créé

Le septième long-métrage de Rémi Bezançon, Un Coup de maître (9 août 2023), réunit deux monstres sacrés du cinéma, Vincent Macaigne et Bouli Lanners, dans le monde de l’art contemporain et de son marché. En résulte une œuvre à la fois méchante, acérée, mais aussi généreuse et humaine, profondément jubilatoire.

Yamabuki : floraison de conscience

Le repentir est le printemps des vertus. Avec Yamabuki, Juichiro Yamasaki cherche à réduire la distance entre les individus d’une petite bourgade rurale, afin de créer des liens invisibles entre eux. Du drame familial à des séquences d'humour bien senties, les protagonistes ont tous un combat avec leur passé. Et leur désolation est étudiée avec soin, dans un silence onirique qui va peu à peu laisser leur conscience fleurir.

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