Critiques films

La Bataille de Gaulle – J’écris ton nom : l’ennemi de la Résistance

"La Bataille de Gaulle : J'écris ton nom" referme le diptyque consacré au général. Le film gagne en clarté par rapport à "L'Âge de fer", mais reste pris au piège de son admiration pour De Gaulle. Ses meilleurs moments restent le duel d'égos avec Roosevelt, qui veut placer la France libérée sous tutelle américaine, et l'ascension de Leclerc vers la libération de Paris.

Maspalomas : au Nord-Est d’Eden

Un accident contraint Vicente à quitter le petit paradis pour gays qu'est "Maspalomas", aux îles Canaries, pour une maison de retraite médicalisée à San Sebastián. Ce retour à la "vie d'avant" va le confronter à son passé tout en questionnant son identité. Un film riche, sensible, souvent subtil, servi par une réalisation hélas un peu trop académique mais transcendée par la composition de son acteur principal, José Ramón Soroiz. 

Des Minons et des monstres : Banana Boulevard

"Des Minions et des monstres" replonge dans le Hollywood des années folles, entre références à Chaplin, Keaton et "Chantons sous la pluie". Si Illumination livre une bonne surprise pour ce début d'été, le film peine à transformer ses idées en véritable souffle d'aventure, restant prisonnier d'un confort thématique déjà visible chez d'autres studios.

« Challengers » : un trio nommé désir

Sorti en salle le 24 avril 2024, le nouveau film (très attendu) de Luca Guadagnino fait déjà beaucoup parler de lui. Entre érotisme, sentiments et beauté de l'image, on reconnaît directement le travail du réalisateur italien. Acclamé par la critique pour Call me by your name, puis lynché après le raté de Bones and All, il nous sert avec Challengers, un nouvel opus brillant.

Comme un lundi, misoffervescent parmi tant d’autres

« Vous avez dormi ici ? C’est beau la jeunesse. »

Une affaire de principe d’Antoine Raimbault : contre-enquête

"Une affaire de principe" est le deuxième long métrage d'Antoine Raimbault après Une intime conviction (2017). Attaché une nouvelle fois au principe de vérité et de droit, le film suit José Bové (incarné par Bouli Lanners) et deux de ses collaborateurs dans une contre-enquête au cœur des institutions européennes. Le film doit beaucoup à ses interprètes, notamment Céleste Brunnquell en novice maligne qui nous guide dans les arcanes du contre-pouvoir.

Un homme en fuite : l’île des revenants

Deux frères de cœur se battent pour un rêve commun, celui de voir leur ville natale prospérer. "Un homme en fuite" évoque leur trajectoire, de moins en moins parallèle au fur et à mesure qu’une succession d’injustices les rappelle à l’ordre. Si les intentions d’en extraire une figure mystique sont nobles, ce polar se heurte toutefois à une mauvaise appréciation dans le ton donné aux sujets traités. Ni l’enquête policière au ralenti, ni la révolte sociale qui montre ses crocs, ni la quête de réconciliation entre deux amis d’enfance ne peuvent maintenir à flot cette intrigue, aussi bancale que léthargique.

Que notre joie demeure : le saint et l’assassin

Huit ans après l’attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray, Cheyenne Caron offre avec Que notre joie demeure un double portrait du vieux curé assassiné et de son assassin. Discrètement hagiographique, le film est aussi généreux en ce qu’il donne toute sa place, avec respect et empathie, au jeune auteur de l’attentat ainsi qu’à sa famille. Plein de tendresse et de véracité, attaché à raconter ses personnages à travers leur quotidien à la fois le plus banal et le plus significatif, le film de Cheyenne Caron peine cependant à laisser rentrer, dans une histoire qui pourtant y invitait, le monde et l’outre-monde, l’Histoire et Dieu, et à dépasser ainsi parfois l’anecdote et le simple hommage.

Border Line : examen sans frontières

Un voyage d’affaires, des projets de vacances, un déménagement à l’étranger ? Il existe de nombreuses raisons pour pousser les portes de l’aéroport et s’envoler vers d’autres horizons. Pourtant, l’incertitude règne dans ce lieu de transit, dernier bastion avant de passer la frontière, américaine dans ce contexte. Dans une ambiance anxiogène qui reflète des sentiments bien réels, "Border Line" nous confine dans les coulisses de cet établissement, aménagé comme un pénitencier dont on ne souhaiterait visiter pour rien au monde.

Un Jeune Chaman, de Lkhagvadulam Purev-Ochir : un jeune homme à la croisée des mondes

Premier long-métrage de la réalisatrice mongole Lkhagvadulam Purev-Ochir, Un Jeune Chaman accompagne l’itinéraire du héros à la lisière des mondes qu’il côtoie. Une réalisation sensible et fascinante.

Sky Dome 2123 : les graines du futur

Dans un monde qui connaît de multiples crises, l’humanité choisit de sacrifier son espérance de vie pour sauver la planète. Nous y suivons un homme et une femme, déchirés par le système mis en place et leur désir de vivre leur amour jusqu’à la dernière seconde. Mais peut-on vraiment s’aimer dans ce contexte ? À la force d’une animation somptueuse, "Sky Dome 2123" ne cesse d’émietter des indices de façon à multiplier les interprétations quant à leur trajectoire et leur véritable destination.

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