Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen signe un film de tournage aussi fascinant que déchirant, porté par Javier Bardem et Victoria Luengo. Derrière la mise en abyme cinématographique, le cinéaste filme surtout l’attente impossible d’une fille face à un père qui sait voir, diriger, comprendre — mais ne sait pas demander pardon.
Les onze derniers jours de Samuel Paty, qui firent de lui un martyr de la République. Un sujet délicat, commandant d'éviter autant le pathos que la récupération politique. Vincent Garenq relève ce défi, avec un film qui parvient à captiver en tenant bien sa ligne. Estimable, malgré une réalisation sans surprise.
Annoncé comme l’une des sensations horrifiques de 2026, Obsession séduit par son atmosphère malaisante, sa mise en scène maîtrisée et l’interprétation impressionnante d’Inde Navarrette, sans être totalement à la hauteur de sa réputation.
Avec Mamá, tous les éléments du conte d'antan sont réunis [i]. Dès l’ouverture et l’apparition à l’écran du “Once upon a time…”, et durant La première demi-heure du film typique des productions horrifiques espagnoles, le spectateur est plongé dans une fable noire aux méandres angoissants : un accident sous la neige...
Pour son premier film hollywoodien, le réalisateur coréen de reconnaissance mondiale, Park Chan-Wook connu pour Thirst , ceci est mon sang (2009) mais surtout Old Boy (2004), Grand Prix au festival de Cannes, adapte ici le scénario de Wentworth Miller (l’acteur Michael Scofield dans Prison Break). Avec Stoker, le réalisateur retrouve ses thèmes de prédilection : une histoire de famille, de vengeance et de cruauté. Dès les premières minutes, Stocker est un véritable régal pour les yeux.
Après le succès légitime de ses deux premiers longs métrages, A propos d'Elly (2009) et surtout Une séparation (2011), Asghar Farhadi signe ici son premier film français tout en gardant en toile de fond ses thèmes de prédilection. En effet, ce n’est pas l’action qui intéresse le réalisateur iranien, mais bien plus les tourments de la psychologie humaine, la déchirure entre les hommes, le divorce, et les conflits familiaux. Le passé nous plonge ainsi dans un huit clos dramatique au scénario kafkaïen et maitrisé, une ambiance lourde mais stylisée, où tous les spectateurs s’adonnent à une psychologie sombre et manipulatrice liée au conflit des secrets.
Cette poudre aux yeux ne suffit pas à pardonner l’erreur fondamentale de Luhrmann : celle d’avoir privilégier la forme au fond. Ce Gatsby le magnifique est un beau livre d'images, mais vide de la moindre émotion.
Après l'Arkansas et l'Ohio, Jeff Nichols pose ses caméras, sur les rives boueuses du Mississipi, celles de son enfance. Mud, à mi-chemin entre film d'aventures et thriller romantique, nous entraîne dans une Amérique bien loin de la modernité et de l'urbanisation. Le long des rives du Mississipi, la vie se déroule lentement. Le fleuve, symbole du sud des Etats-Unis, verdoyant et fantomatique, immense et sauvage, est admirablement filmé par le réalisateur[1] et devient un véritable personnage à part entière, avec sa dangereuse et trompeuse tranquillité.
Voilà longtemps qu'une comédie française ne nous avait pas fait rire !Le premier long métrage du jeune réalisateur Anthony Marciano est une comédie transgénérationnelle à l’humour potache, un bon antidote à la sinistrose ambiante. Menée tambour battant, comme le démontre la BO réussie et percutante, pop et funky à souhait,le spectateur appréciera les dialogues jouissifs, le scénario truffé de gags, parfois hilarants, comme la séquence d’autodérision avec le sosie de Patrick Bruel en agent immobilier, le délire ado et rafraichissant de Chabat (en très grande forme marquant un retour gagnant dans la comédie), la racaille de Versailles ou la scène finale de traduction pour l’Iranien dans l’auditorium.
Après les séries télévisées Hannibal et Bates Motel, et avant l’arrivée imminente sur le grand écran de Carrie, la Revanche et Texas Chainsaw 3D, les remake du monde horrifique sont décidément à la mode ces temps-ci, essayant tant bien que mal de reconquérir un public en quête de sensations fortes. Le cinéma d’horreur serait-il en manque d’inspiration ?
Premier film de la phase 2 des studios Marvel après la réunion des Avengers, ce troisième volet consacré à l'homme en armure, change la donne puisque cette fois-ci, la réalisation et la plume sont confiées à Shane Black, scénariste de nombreux films d’action dont L’Arme fatale (1987) et réalisateur de l'excellent Kiss Kiss Bang Bang (2005, déjà avec Robert Downey Jr)
Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.
En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.
À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.
À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.
Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.