R.I.P.D. Brigade Fantôme, un blockbuster bêtifiant

R.I.P.D. Brigade Fantôme : Production Hollywoodienne du muscle, des boobs et des effets visuels

Adapté d’un comic book écrit par Peter M. Lenkov, édité par Dark Horse. R.I.P.D est un mélange entre action et comédie, avec quelques scènes plutôt drôle, même si de toute évidence le scenario ne brille guère par sa construction narrative et qu’il décevra les fans de la bande dessinée.

R.I.P.D  : un blockbuster fantomatique

Le film reprend la recette du Buddy cop comédie, au goût de déjà vu, l’éternel jumelage du jeune flic et du vieux flic, basée sur l’idée d’une alchimie entre deux acteurs principaux comme dans l’arme fatal et maints autres films. Même si Jeff Bridges a une présence certaine, il est plutôt bon dans son rôle de vieux briscard hilarant, mais le film pêche par une construction sans surprises. Quant à Ryan Reynolds, son jeu est plutôt terne et Kevin Bacon incarnant le méchant flic mort vivant n’a jamais vraiment le temps de jouer, d’exprimer son rôle de méchant.

Une fois les premières 45 minutes passées, nos héros doivent stopper l’invasion de la Terre, et bien sur la menace vient d’un portail venant du ciel. Évidemment là aussi un effet au goût de déjà vu, Man of Stell, Transformers 3, Avengers 3, ces éternels portails au-dessus de ses villes américaines aux immenses gratte-ciels, est plutôt esthétique visuellement même si récurrent. Il faut dire que ce type d’effet visuel semble presque attendu par le spectateur, l’idée du ciel qui vous tombe sur la tête est une des peurs ancestrales parfaitement ancrée dans l’esprit.

Reste un constat lui aussi trop répétitif dans le monde des blockbusters et R.I.P.D ne coupe pas à cette tradition hollywoodienne. Comme d’habitude, le scenario est bâclé, les gags ne sont pas toujours au top, même si on peut trouver une où deux scènes assez drôle comme celle de la course poursuite en plein centre ville contre une sorte de bidendum et les avatars de nos chasseurs de fantômes (une bimbo pour Bridges et un vieux chinois pour Reynolds). Notons au passage l’apparition de Robert Knepper que l’on a vu dans Prison Break et plus récemment dans la série Cult, il incarne dans R.I.P.P, le rôle d’une de ses âmes n’ayant plus rien à faire sur terre.

R.I.P.D utilise des parts de recettes en mettant un zeste de Beetlejuice, de Ghostbuster, voir même de Men in Black, un tandem au diapason , admirablement incarné par Will Smith et Tommy Lee Jones, mais qui dans le cas de R.I.P.D tombe à plat. Les répliques, elles aussi tombent dans le vide, les gags n’ont pas été vraiment travaillés…

Ce titre résume parfaitement la longue liste de blockbusters ratés, il serait peut être temps qu’Hollywood se réveille et fasse des scénarios digne de ce nom en présentant de meilleurs produits. L’excuse consistant à penser qu’un film pour plaire aux adolescents, adultes, aux différents types composant la population doit être fade n’est rien d’autre que du mépris, envers cet art mais aussi envers les spectateurs, clairement pris pour des crétins. En mettre plein la vue, en oubliant le scenario, la direction artistique, dangereux pour la diffusion de la culture américaine dans le monde sur le long terme. Ne nous leurrons pas le cinéma est aussi un commerce, mais cela devient alarmant lorsque le côté commercial détruit l’art. Or c’est le cas avec ce déferlement de blockbusters bêtifiants sans aucune originalité, et le problème est qu’ils sont la majorité tandis que les blockbusters dits intelligents comme The Dark Knight, Matrix, Equilibrium sont de plus en plus rares.

En conclusion on pouvait s’attendre à mieux, il y avait de la matière et un budget confortable de 130 Millions de dollars. R.I.P.D est à voir si vous aimez les films au rythme rapides, sans messages, une désinvolture sans prises de têtes à consommer avec modération. Il est en effet divertissant, sympathique d’aller voir un de ses films de temps en temps, mais là, c’est une horde de blockbusters bêtifiants ou même les scènes d’actions ne sont pas à la hauteur.

Synopsis : L’agent Nick Walker, est abattu par son coéquipier et se retrouve dans l’au-delà, engagé par la RIPD, (Rest in Peace Department) une brigade fantôme composée d’officiers morts chargée de chasser les esprits néfastes du monde des vivants. Nick fera équipe avec le vétéran Roycifus….

Fiche Technique : R.I.P.D. Brigade Fantôme

Titre original : R.I.P.D
Réalisateur : Schwentke Robert
Acteurs : Kevin Bacon, Ryan Reynolds, Jeff Bridges, Mary-Louise Parker
Genre : Comédie, Fantastique, Action
Date de sortie : 31 juillet 2013
Durée : 1h36mn
Scénariste : Phil Hay et Matt Manfredi
Collaboration au scénario : David Dobkin

Casting du film R.I.P.D

Jeff Bridges Rôle : Roy Pulsipher et Marisa Miller Rôle : L’avatar de Roy
Ryan Reynolds Rôle : Nick Walker James Hong Rôle : Grand-père Chen/L’avatar de Nick
Kevin Bacon Rôle : Bobby Hayes
Mary-Louise Parker Rôle : Procter
Stephanie Szostak : Rôle : Julia
Robert Knepper : Rôle Stanley Nawlicki

Festival

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Reims Polar 2026 : Mi Amor, noyé dans le bruit

Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.

Newsletter

À ne pas manquer

Signes de vie, de Werner Herzog : à perdre la raison

Exploration à bas bruit des frontières de la rationalité humaine ? Faille spatio-temporelle où l’Homme quitte le sentier d’un destin médiocre ? Pas de doute, le cinéma de Herzog est déjà en place.

Vivaldi et moi : tutti per la musica

Abandonnées par leurs familles dans un orphelinat, des jeunes filles se consacrent à la musique. Nous sommes à Venise en 1716, à l'orphelinat « La Pietà » qui doit son nom à la Vierge Marie. Constituant un orchestre de chambre, chaque dimanche ces musiciennes se produisent anonymement dans une église locale où le public vient les écouter. Si elles ne connaissent pas leurs origines, leur avenir est tout tracé…

Voyage à deux : le désenchantement conjugal

Troisième collaboration entre Stanley Donen et Audrey Hepburn après "Drôle de frimousse" et "Charade", "Voyage à deux" suit un couple à différents moments de sa vie à travers un récit fragmenté. Le film fait de la mémoire amoureuse son véritable moteur narratif, entre instants de grâce et fissures plus discrètes.

« Michael » piétine son icône en moonwalk

Ça y est, il est enfin là. On le craignait, un peu. Il faut dire que les signaux d'alerte se multipliaient. Famille de Michael Jackson trop impliquée, durée courte pour tout ce que le film devrait raconter, monteur de "Bohemian Rhapsody" aux commandes, tout partait mal. Seul miracle au milieu de cette production, Jaafar Jackson, qui semblait taillé pour le rôle. À la sortie, on n'est ni satisfait, ni profondément énervé, tant Michael réussit et échoue lamentablement exactement là où on l'attendait.

Le Réveil de la Momie : ni morte ni réveillée

Lee Cronin tente de ramener la Momie à ses origines : un drame familial hanté par le deuil et la culpabilité. La promesse est tenue pendant près d'une heure, avant que "Le Réveil de la Momie" se perde dans ses propres ambitions contradictoires, incapable de choisir entre le drame viscéral qu'il voulait être et la mécanique Blumhouse qu'il ne pouvait s'empêcher de reproduire. Un rendez-vous manqué, pourtant généreux en ambitions, mais trop avare en courage.

Vivaldi et moi : tutti per la musica

Abandonnées par leurs familles dans un orphelinat, des jeunes filles se consacrent à la musique. Nous sommes à Venise en 1716, à l'orphelinat « La Pietà » qui doit son nom à la Vierge Marie. Constituant un orchestre de chambre, chaque dimanche ces musiciennes se produisent anonymement dans une église locale où le public vient les écouter. Si elles ne connaissent pas leurs origines, leur avenir est tout tracé…

« Michael » piétine son icône en moonwalk

Ça y est, il est enfin là. On le craignait, un peu. Il faut dire que les signaux d'alerte se multipliaient. Famille de Michael Jackson trop impliquée, durée courte pour tout ce que le film devrait raconter, monteur de "Bohemian Rhapsody" aux commandes, tout partait mal. Seul miracle au milieu de cette production, Jaafar Jackson, qui semblait taillé pour le rôle. À la sortie, on n'est ni satisfait, ni profondément énervé, tant Michael réussit et échoue lamentablement exactement là où on l'attendait.

Le Réveil de la Momie : ni morte ni réveillée

Lee Cronin tente de ramener la Momie à ses origines : un drame familial hanté par le deuil et la culpabilité. La promesse est tenue pendant près d'une heure, avant que "Le Réveil de la Momie" se perde dans ses propres ambitions contradictoires, incapable de choisir entre le drame viscéral qu'il voulait être et la mécanique Blumhouse qu'il ne pouvait s'empêcher de reproduire. Un rendez-vous manqué, pourtant généreux en ambitions, mais trop avare en courage.