"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.
Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
Mandela, un long chemin vers la Liberté de Justin Chadwick demeure une épopée émouvante, une ode à l'antiracisme et la non-violence, un témoignage optimiste pour l’humanité : chaque combat n'est jamais perdu d'avance ; « penser c’est dire non » comme l’affirmait le philosophe Alain, et la résistance à l’oppression est un combat intemporel.
Le 1er janvier 2009, un jeune Noir, Oscar Grant, est abattu sur le quai du métro par la police des transports à Fruitvale, Californie. De ce terrible fait divers, Ryan Coogler réalise un témoignage noble, simple d’un jeune homme qui avait ses défauts, ses doutes, ses qualités, sa joie et ses peurs...Fruitevale Station est un film sincère, à la mise en scène intimiste, qui nous emporte dans une histoire bouleversante à la fin terrifiante.
Du sang et des larmes c’est l’enfer couché sur une pellicule qui vous fait sentir le goût du sang dans la bouche, la peur qui vous prend aux tripes, les larmes dans les yeux. Ces soldats en bavent, cette réalité sanglante, cette poussière qui vous enflamme la gorge happe le spectateur frontalement dans une tragédie prenante, un cauchemar apocalyptique.
Jamais le premier soir, une comédie romantique qui s’amuse de tous ces gourous...Une satire sur cette recherche du bonheur systématique dans des livres, des coachings, des séances chez le psy… Une recherche du bonheur éperdue pour un bon nombre de personnes dans une société en crise qui ne voit pas parfois que ce qu’ils cherchent est à la portée de leurs regards.
Walter Mitty est un homme ordinaire, qui n'ose s'évader que dans ses rêves drôles et extravagants, jusqu'au jour ou on lui demande un négatif très important qui ne figure pas dans les archives, Walter trouve la force de sortir de sa bulle et retrouver le fameux cliché égaré du légendaire photographe globe-trotteur Sean O'Connell (Sean Penn).
La Reine des Neiges est un long métrage au scénario contemporain, une féerie hivernale combinant amour et aventure, mais aussi des rebondissements, avec des moments déchirants, d'autres très drôles ainsi que des protagonistes très attachants.
Le Manoir Magique nous plonge dans un univers féerique de gags burlesques ou la 3D est vraiment immersive, on se surprend à vouloir éviter les objets. Une grande réussite visuellement, un moment poétique, pétillant à apprécier en famille au son d’une musique jazzy pop folk anglaise composée par Ramin Djawadi.
"Le Quatrième pouvoir" (2013) de Dennis Gansel, thriller allemand sur le pouvoir des médias s’interrogeait sur la puissance d’un pouvoir en perte de vitesse à l’heure d’un autre contre pouvoir, l’Internet que représente Wikileaks et son apôtre Julian Assange qui d’un seul clique peut tout faire basculer.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.