Insaisissables, de Louis Letterrier : Critique du film

Insaisissables : Magie et Robins des Bois des temps modernes

Les Quatre Cavalier, des magiciens surdoués, sont réunis par une mystérieuse tête pensante, afin de dérober banques et assureurs et remettre leur butin aux pauvres. Deux agents spéciaux du FBI et d’Interpol sont déterminés à déjouer leurs plans avant qu’ils ne mettent à exécution leur promesse de réaliser des braquages encore plus audacieux. Ils font appel à Thaddeus (Morgan Freeman), spécialiste reconnu pour expliquer les tours de magie les plus sophistiqués. Alors que la pression s’intensifie, et que le monde entier attend le spectaculaire tour final des Cavaliers, une gigantesque chasse à l’homme commence.

Après une succession de blockbuster passable (L’Incroyable Hulk, 2008), voire pitoyable (Le Choc des Titans, 2010), le réalisateur français Louis Leterrier [i], issu de l’écurie Besson, revient avec un thriller estival qui nous en met plein les mirettes en jouant avec l’art du subterfuge.

Insaisissables de Louis Letterier est en effet un film à grand spectacle. Entre Las Vegas, Paris, New York et la Nouvelle-Orléans, les aventures des Robins des bois prestidigitateurs tiennent le spectateur en haleine, grâce notamment à une course-poursuite effrénée et à des tours de magie époustouflants et d’une grande beauté visuelle, entre mentalisme et tours de passe-passe, petite escroquerie, et autres tours de cartes sans pareil. Avec Insaisissables, le show est assuré, à grand coup d’effets spéciaux : la carte choisie apparaît sur un immeuble, une fille entre dans une bulle de savon et flotte dans les airs, des billets de banque volent au-dessus des spectateurs après le braquage de la banque de France qui met en scène José Garcia…

insaissables magie

Insaisissables est un pur divertissement qui n’existe et n’est construit que pour faire plaisir à son public. Doté d’un casting cinq étoiles, quoique inégal, ce thriller amusant et à tiroirs multiples propose un divertissement aussi léger que jubilatoire. Les comédiens sans livrer la performance du siècle, ont visiblement un certain plaisir à jouer ensemble : les Quatre Cavaliers tout d’abord, un hypnotiseur déshonoré joué par Woody Harrelson (Tueurs nés, 1994, Bienvenue à Zombieland, 2012), un illusionniste de rue, Jesse Eisenberg (The Social Network, 2010, également Bienvenue à Zombieland), un artiste de l’évasion Isla Fisher (Serial Noceurs, 2005, Confessions d’une accro du shopping, 2009) et un pickpocket, Dave Franco.

On retrouve également l’étoile montante Mark Ruffalo (Hulk, Avengers) en agent du FBI, et son acolyte d’Interpol, jouée par une Mélanie Laurent (Je vais bien, ne t’en fais pas, 2006, Inglourious Basterds, 2009, La Rafle, 2010) un peu trop transparente et souriante. Enfin, Morgan Freeman dans son rôle de Thaddeus, un magicien qui cherche aussi à coincer les quatre robins des bois de la magie, et Michael Caine en riche producteur. La bande son de Brian Tyler (Fast and Furious, Iron man 3, 2013) accompagne parfaitement l’évolution des personnages haut en couleur et des différentes scènes d’actions.

Insaisissables est avant tout un film d’action, avec des cambriolages et une magnifique course poursuite dans New York. On peut regretter qu’il souffre de nombreuses invraisemblances, dont un twist final téléphoné, et que l’intrigue soit reléguée au second plan : on aurait aimé sans doute en savoir un peu plus sur la secte de l’œil, par exemple. Ce film, même si c’est un parti pris, n’est pas à la hauteur du Prestige de Christopher Nolan (2006), ou de L’illusionniste de Neil Burger (2006). Malgré cela, Insaisissables demeure un divertissement sympathique, au charme et à la fraîcheur indéniables, qui saura plaire en cette période estivale au grand public, après une série désastreuse de blockbuster ratés.


[i] Louis Leterrier a d’abord travaillé avec Luc Besson (les 2 premiers Transporteurs, 2002 et 2005 et Danny the Dog, 2005) avant de faire ses premières armes à Hollywood (L’Incroyable Hulk, 2008, Le Choc des Titans, 2010).

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