Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
La trame de Young Ones est classique : la fille aime le mauvais garçon, le père ne veut pas de cette relation, un conflit naît entre eux, qui va au-delà de cette liaison, jusqu'au drame. Le scénario décousu, finit par devenir assommant. Le film en pâtit et devient de moins en moins passionnant.
Nos étoiles contraires est une romance prodigieuse, une Love Story moderne et sublimée, qui procurera assurément au spectateur un rire mêlé de larmes, un instant d’émerveillement.
Nadav Lapid, nouveau venu dans le jeune cinéma israélien, lance un cri d'alerte salvateur et salutaire. Il dénonce un pays sclérosé et archaïque qui s'est trop longtemps conforté dans son rôle réconfortant de sauveur de la Nation juive.
Avec Casse-tête chinois qui achève sa trilogie, Cédric Klapisch redéfinit de façon moderne le modèle familial dans notre société actuelle, avec bienveillance et légèreté.
Dans Touch of Sin, la mise en scène suit ces personnages au plus près de leurs colères, en évoquant à travers 4 histoires, les multiples facettes de la violence en Chine, la perversité de ce système et la révolte de ses nouveaux indignés...
Alain Resnais met son talent au service de son film, on sent l’artisan qui domine jusqu’à la part de hasard de tout travail de création. Sans dire que chaque pot de fleur a un sens, on sent qu’il maîtrise chaque éclairage...
New York Melody est à voir, mais aussi à écouter. Les mélomanes seront ravis par l’efficacité de la bande originale qui parvient à mélanger pop traditionnel, hip-hop de rue et nouveau rock. Avec joie, le spectateur retrouve un ton bobo, dans les décors vifs des cafés, des rues, et du métro new-yorkais.
Nos pires voisins est une comédie inégale, qui marche sur de vrais moments de folies, mais manque d'un scénario moins basique, de seconds rôles intéressants et d'une réalisation efficace.
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.
À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.
Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?
Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.