Young Ones, de Jake Paltrow : Critique du film

Critique du film Young Ones de Jake Paltrow

Synopsis : Dans un futur proche et violent, l’eau est devenue rare. Elle suscite la convoitise. Dans ce contexte hostile, Ernest Holm vit avec ses enfants Jerome et Mary. Si son fils est admiratif de lui, sa relation avec sa fille, Mary, est beaucoup plus conflictuelle. Ernest tente tant bien que mal de protéger sa ferme et sa famille des bandits. Il espère par ailleurs que ses terres seront à nouveau fertiles. De son côté, Flem Lever fréquente Mary en secret et veut à tout prix récupérer les terres d’Ernest.

L’eau, aussi rare, qu’un scénario

L’eau se fait rare, elle est convoitée, comme les terres fertiles, en attendant le retour des pluies. Ernest Holm (Michael Shannon) est propriétaire d’une des rares terres encore fertiles, il les protège, avec l’aide de son fils Jerome (Kodi Smith-McPhee). Sa fille, Mary (Elle Fanning) est en conflit avec lui, tout en étant amoureuse de Flem Lever (Nicholas Hoult), qui convoite celle-ci et ses terres. Un conflit s’engage entre Ernest Holm et Flem Lever, pour prendre le contrôle de l’eau.

Une tendance se dessine de plus en plus dans le cinéma hollywoodien, l’absence d’un scénario. Certes, c’est une production internationale, loin des majors US, mais elle reste entre les mains d’un réalisateur américain, doué à la caméra mais pas dans l’écriture. Une double casquette, que l’on retrouve de plus en plus dans les autres productions (comme James Gunn pour Les Gardiens de la galaxie).

A partir de là, comment rendre le film intéressant et captivant ? Pas évident et cela va le pénaliser du début à la fin. La trame est classique : la fille aime le mauvais garçon, le père ne veut pas de cette relation, un conflit naît entre eux, qui va au-delà de cette liaison, jusqu’au drame. Le scénario décousu, finit par devenir assommant. Le film en pâtit et devient de moins en moins passionnant. L’histoire étant finalement banale, malgré un contexte différent.

Le film se découpe en trois chapitres : Ernest Holm, Flem Lever et Jerome. On a trois points de vue différents, mais uniquement masculins, la femme étant reléguée à un rôle de potiche. Un choix intéressant dans son découpage, mais gênant en mettant de côté Elle Fanning, qui n’apporte absolument rien, tout comme sa mère Aimee Mullins. En se focalisant sur son trio masculin, Jake Paltrow décide de faire un film d’hommes. Mais même là, il n’y arrive pas. Tout comme dans le rapport père/fils, malgré un début prometteur, il se perd rapidement dans des facilités, qui laisse perplexe.

Le casting reste son point fort, avec l’affrontement Nicholas Hoult/Kodi Smith-McPhee. On attendait Michael Shannon, mais les deux jeunes prennent le dessus sur ce dernier. Certes, Michael Shannon reste un bon acteur, mais se contente de faire le minimum ; sa folie semble disparue, à ce rythme-là, il risque de devenir un acteur quelconque en cédant aux stéréotypes d’Hollywood, en affinant son physique, rendant son jeu transparent.

La révélation Kodi Smith-McPhee offre un peu de fraîcheur dans ce film qui en manque cruellement, au sens propre, comme au figuré. Ce n’est pas un débutant, il était déjà émouvant dans The Road (2009) et on peut actuellement aussi le voir dans La planète des singes : l’affrontement. Il semble un peu simplet au début, avant de faire preuve de maturité, par la force des événements. Nicholas Hoult surprend avec un rôle plus adulte, bien loin des grosses productions, dans lesquels il se complaît, en traînant sa tête de jeune premier. Il étend son registre et vole la vedette à Michael Shannon, ce qui n’est pas une mince affaire. Le robot a son importance. Il est la cause du conflit et il sera encore au milieu de ceux qui vont s’ensuivre. Il est aussi, le seul élément futuriste du film, celui qui donne son côté science-fiction.

Une version plus soft que The Rover, autre film d’anticipation dans un monde désertique et violent. Un cinéma pessimiste, qui est le reflet d’un monde en crise, au futur incertain. Intéressant dans sa démarche, décevant dans la forme et le fond.

Fiche technique – Young Ones

2014 – Royaume-Uni, Afrique du Sud et Irlande
Réalisation : Jake Paltrow
Scénario : Jack Paltrow
Distribution : Nicholas Hoult, Kodi Smith-McPhee, Michael Shannon, Elle Fanning, Aimee Mullins, Christy Pankhurst, Alex McGregor, Robert Hobbs, David Butler, Andy McPhee
Direction artistique : Sharon Lomofsky
Décors : Emilia Roux
Costumes : Diana Cillers
Montage : Matt Mayer
Musique : Nathan Johnson
Photographie : Giles Nuttgens
Son : Julian Slater
Production : Michael Auret et Tristan Lynch
Sociétés de production : Quickfire Films, Spier Films et Subotica Entertainment
Sociétés de distribution : Potemkine Films, Screen Media Films et Signature Entertainment
Genre : Science-fiction
Durée : 90 minutes
Date de sortie française : 13 août 2014

Auteur : Laurent Wu

 

 

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Newsletter

À ne pas manquer

Lydia et le vaisseau des tempêtes : les constellations embrumées

"Lydia et le vaisseau des tempêtes", nouveau film d'animation québécois, adapte librement les romans d'Yves Meynard. Entre mers de brume et astromagie, Lydia y affronte le deuil et l'apprentissage pour retrouver son frère disparu, dans une belle aventure familiale attachante.

Cotton Queen : au bout du fil

Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.

Une affaire turque : Famille, je vous tais

Dans "Une affaire turque", Hüseyin Aydin Gürsoy filme moins un thriller qu'une faille : celle d'un homme pris entre deux mondes qui ne lui pardonnent pas d'appartenir à l'autre. Avec une mise en scène sensible, le cinéaste ausculte les stigmates invisibles du transfuge, et fait de Lionel Erdogan un héros fracturé dont le vrai combat n'est pas judiciaire, mais existentiel.

« Spider-Man : Brand New Day » s’entoile encore trop dans le MCU, malgré d’excellentes qualités

"Spider-Man : Brand New Day" marque le meilleur retour du tisseur au cinéma depuis la trilogie de Sam Raimi, porté par des effets pratiques bluffants et un Tom Holland toujours parfait. Mais le film reste plombé par un cahier des charges Marvel étouffant et le retour discutable de Zendaya en MJ.

Le Triangle d’or : sous le palais, la cage

Une jeune femme est embauchée dans un palace saoudien du XVIe arrondissement de Paris. Sa mission : servir la favorite du prince. Les deux femmes, auxquelles s’ajoute le majordome de la demeure, vont s’apprivoiser, réunis par leur condition de captifs volontaires. Un premier long-métrage réussi signé Hélène Rosselet-Ruiz. 

Lydia et le vaisseau des tempêtes : les constellations embrumées

"Lydia et le vaisseau des tempêtes", nouveau film d'animation québécois, adapte librement les romans d'Yves Meynard. Entre mers de brume et astromagie, Lydia y affronte le deuil et l'apprentissage pour retrouver son frère disparu, dans une belle aventure familiale attachante.

Cotton Queen : au bout du fil

Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.

Une affaire turque : Famille, je vous tais

Dans "Une affaire turque", Hüseyin Aydin Gürsoy filme moins un thriller qu'une faille : celle d'un homme pris entre deux mondes qui ne lui pardonnent pas d'appartenir à l'autre. Avec une mise en scène sensible, le cinéaste ausculte les stigmates invisibles du transfuge, et fait de Lionel Erdogan un héros fracturé dont le vrai combat n'est pas judiciaire, mais existentiel.