"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.
Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
Critique en avant-première de "La vie pure", un film qui retrace le parcours de Raymond Maufrais, explorateur disparu en Amazonie. Depuis la quête de son père, jusqu'à son corps en déclin, rien ne nous est épargné de cette quête existentielle et solitaire. Un film touchant, sorte d'"Into the wild" français.
Après le succès démesuré et incompris de Qu'est-ce qu'on a fait au bon dieu ?, l'heure est à la comédie dite sociale basée sur un comique de situation et un humour sur fond de pseudo-tolérance, noir pour ne pas dire marron (le cinéma français vous propose un large choix de couleurs étron à un prix somme toute attrayant!). [...] Pourquoi Je suis à vous tout de suite, écrit par le duo à la ville comme à la maison Michel Leclerc/ Baya Kasmi, n'est pas une comédie ou pourquoi il manque cruellement son cœur de cible ? Réponse.
Le tout-premier contact extraterrestre a été et est encore le point de départ d'un nombre astronomique de films de science-fiction. Avec The Visit, Michael Madsen tente d'aborder scientifiquement et rationnellement cette rencontre. Le résultat est une lettre adressée à l'humanité, aussi déroutant qu'effrayant.
Mini Héros 3D est un docu-fiction en relief projeté exclusivement à la Géode et qui met en scène deux petites créatures filmées de très près dans deux régions d'Amérique bien distinctes : un petit tamia, de la famille des écureuils, dans la forêt d'Amérique du Nord et une souris sauterelle mangeuse de scorpion dans le désert de l'Arizona.
Ni le ciel ni la terre est un film de guerre sans combat ni manichéisme. Clément Cogitore nous donne à voir un monde friable où plane en permanence le doute et dans lequel l'explication rationnelle faillit.
De très loin le meilleur film de Gilles Legrand, L’odeur de la Mandarine peut sembler désuet sur le fond comme sur la forme mais sait tirer l’avantage des moments d’intimité entre ses deux excellents acteurs, et ce même si leurs personnages disparaissent derrière le discours tenu sur la difficulté de s’épanouir sexuellement sans amour.
Malgré quelques scènes cruellement gores, le film reste une comédie noire loin de l'esprit malsain de ses modèles italiens, mais ne méritait-elle pas mieux qu'une sortie en e-cinéma?
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.