Les Minions, un film de Pierre Coffin et Kyle Balda : Critique

Ce n’est pas vraiment la banana…

Prendre part au succès de la franchise Moi, moche et méchant pour ensuite envahir notre quotidien sous forme de divers produits dérivés… les Minions sont décidément partout ! Et comme si cela ne suffisait pas, voilà que les petites gélules jaunes s’offrent un film rien que pour elles, pour le plus grand plaisir des fans. Mais des personnages connus pour leurs petites apparitions et leurs gags cartoonesques de courte durée peuvent-ils tenir la distance sur un long-métrage faisant 1h30 ? C’est la grande question que tout le monde doit se poser, surtout après être passé par Les Pingouins de Madagascar qui n’est clairement pas resté dans les mémoires malgré l’aura de ses protagonistes. Et malheureusement, c’est la même chose qui se produit ici avec ces chers Minions…

Après, il faut faire la part des choses : les Pingouins de la trilogie Madagascar ont beau être appréciés, ce sont tout de même les Minions qui l’emportent, leur célébrité ayant eu un plus grand impact dans la culture populaire. En effet, il est désormais impensable de rencontrer quelqu’un dans la rue qui ne les connaisse pas, la Terre entière ayant littéralement succombée à leur charme fou. Une simplicité apparente (question look), une personnalité bien à eux (une maladresse et un langage caractéristiques), un humour universel qui fait mouche… voilà d’où ces petits personnages tirent leur charisme sans faille que le public espère retrouver dans ce long-métrage. Si le charme opère toujours au point que Les Minions se présente tel un divertissement sympathique et plaisant à regarder (le rendu visuel se révèle encore plus élaboré que pour Moi, moche et méchant 2), la sauce a tout de même du mal à prendre.

Pourtant, le film avait une base scénaristique plutôt solide (la quête d’un super-vilain à seconder) qui reflétait à merveille l’esprit des Minions. Mais une fois ce postulat posé, le film ne fera qu’enchaîner les séquences sans aucune imagination, ayant l’impression de constamment tourner en rond. La faute étant que Les Minions ne propose aucune trame secondaire digne de ce nom, ne se concentrant que sur ses trois personnages principaux qui ne répondent présents que pour amuser la galerie. De ce fait, le long-métrage livre des protagonistes de seconde zone (Scarlett Overkill, son mari Herb, la famille Nelson…) sans saveur ne parvenant pas à égaler ceux de Moi, moche et méchant. Un constat qui empêche donc le spectateur de se plonger pleinement dans l’aventure et de suivre bêtement (mais non sans plaisir) les situations rocambolesques de ses stars qui manquent d’émotion et de fantaisie.

Mais même du point de vue humoristique Les Minions déçoit. Non pas que le film ne soit pas drôle : l’ensemble peut se vanter d’avoir des séquences totalement loufoques et réussies qui sauront arracher quelques sourires voire de franches rigolades. Mais si ces dernières marchent, c’est parce qu’elles sont à l’image des gags propres aux Minions : courtes et cartoonesques. Malheureusement, pour justifier sa durée de 1h30 et afin de toucher un plus large public (alors qu’il n’en avait franchement pas besoin), le film étire la plupart de ces situations comiques sans exprimer la moindre folie pourtant si caractéristique aux personnages au point d’avoir des airs de déjà-vu. Si les petits gags sont présents, ils ne sont pas assez nombreux pour effacer ce sentiment d’ennui qui s’installe au fur et à mesure que le visionnage s’approche du générique de fin. Un sentiment qui plus est accentué par cette impression d’avoir un film sans queue ni tête, semblant longuet par moment et ne se montrant jamais aussi imprévisible que les scènes de Moi, moche et méchant. D’autant plus que les bandes-annonces se sont montrées un peu trop généreuses, dévoilant la quasi intégralité des scènes dont les plus marquantes. À la limite, les spectateurs riraient plus avec la dose d’humour référentielle livrée dans ce divertissement (la culture hippie, les clichés anglais…). Mais comme Les Minions s’adressent avant tout aux plus jeunes, il est vraiment dommage de remarquer pendant la séance que ce sont plus les adultes qui s’amusent (à cause de cette surabondance de clins d’œil culturels) et non les enfants, ces derniers se plaignant que le spectacle soit « trop long ». Un comble !

La messe est dite : les Minions, comme la plupart des personnages de leur espèce, ne peuvent tenir la distance sur une durée plus conséquente qu’à l’accoutumée. Si le long-métrage se montre sympathique, jamais il n’arrive à retrouver la folie et l’imagination qu’usaient les créateurs pour rendre ces gélules jaunes si attachantes et hilarantes, se contentant de leur charisme populaire et de rien d’autre. Fort heureusement, un troisième opus de Moi, moche et méchant serait actuellement en préparation. Et même si la qualité de cette suite ne soit pas assurée d’avance, il est déjà certain que les Minions sauront retrouver toute leur fantaisie absente de ce spin-off/préquelle. Comme quoi, ce sont les plaisanteries les plus courtes qui sont les meilleures.

Synopsis : Depuis la nuit des temps, les Minions, petit êtres jaunes et maladroits, sont en quête du méchant le plus ambitieux de l’histoire afin de le servir. Mais après des siècles d’isolement et de dépression pour avoir détruit par leur incompétence leurs maîtres, trois d’entre eux appelés Kevin, Stuart et Bob décident de partir à la recherche d’un nouveau méchant. Leur route va ainsi croiser celle de Scarlet Overkill, une élégante et ambitieuse femme qui projette de dominer le monde et devenir la première femme super-méchante…

Les Minions : Bande-annonce

Les Minions :Fiche technique

Titre original : Minions
États-Unis – 2015
Réalisation : Pierre Coffin et Kyle Balda
Scénario : Brian Lynch, d’après les personnages créés par Ken Daurio et Cinco Paul
Doublage : Pierre Coffin (les Minions), Sandra Bullock (Scarlet Overkill), Jon Hamm (Herb Overkill), Michael Keaton (Walter Nelson), Allison Janney (Madge Nelson), Steve Coogan (le professeur Flux et le garde de la Tour de Londres), Jennifer Saunders (la Reine), Geoffrey Rush (le narrateur)…
Date de sortie : 8 juillet 2015
Durée : 1h31
Genre : Animation
Direction artistique : Olivier Adam
Montage : Claire Dodgson
Musique : Heitor Pereira
Producteurs : Janet Healy et Chris Meledandri
Production : Illumination Entertainment
Distributeur : Universal Pictures International

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Sebastien Decocq
Sebastien Decocqhttps://www.lemagducine.fr/
Se droguant avec Jurassic Park, Les Dents de la Mer, Independence Day, E.T. et Indiana Jones à l'âge de 6 ans (même moins pour certains), autant dire que le cinéma était une passion d'emblée. Qui continue à s'élargir au fil des années, à tel point que j'espère un jour en faire mon métier (scénariste, réalisateur, critique... tout est bon !). A mon actif, quelques montages vidéos et un semblant de court-métrage en réserve, je préfère toutefois encore plus m'enfouir dans une salle de cinéma et me laisser transporter par ce que propose le grand écran. Que ce soit un plaisir coupable comme les comédies musicales ou les gros blockbusters d'un certain Michael Bay (je sens la foudre s'abattre sur moi !). Ou bien de véritables chefs-d'oeuvre. Quoiqu'il en soit, du moment que c'est signé par Nolan, Cameron, Spielberg et Burton, je fonce littéralement payer mon ticket.

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