"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.
Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
Un début prometteur est une comédie sur la famille avec Manu Payet et Fabrice Luchini, qui s'enlise dans une certaine facilité décrédibilisant toutes les vaines tentatives d'originalité.
L'utilisation du fantastique, et notamment de fantômes, non pas pour faire peur mais pour rendre le récit émouvant, est un dispositif pour le moins original. Fonctionnera-t-il en occident où le rapport aux morts est loin de celui de la tradition nippone ?
Le drame montagnard Everest qui relate la terrible ascension de deux cordées sur la montagne éponyme sort finalement sur les écrans. Annoncé comme la variation alpine du survival Gravity, que vaut donc ce périple mortel sur les cimes du toit du monde ?
Avec ses trois histoires de personnages solitaires qui se rencontrent et se découvrent, le nouveau film de Samuel Benchetrit (J'ai toujours rêvé d'être un gangster) sera-t-il le nouvel ami du cinéphile ?
Crimson Peak, nouveau film du maestro Guillermo Del Toro, est un conte gothique au visuel irréprochable, mais qui se voit gâcher par un scénario classique.
Un film excessif, sur-dramatisé où le lieu hydrique est comme un monstre. "Les Rois du monde", c'est ça, mais c'est aussi des rois déchus incarnés par Eric Cantona et Sergi Lopez qui tournent tels des animaux autour d'une "reine" incarnée avec force par Céline Sallette.
Enragés est un polar noir de Éric Hennezo, remake du film Rabid Dogs de Mario Bava avec Lambert Wilson, Guillaume Gouix, Virginie Ledoyen et Franck Gastambide et présenté en Séance spéciale du Cinéma de la plage à Cannes Classics
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.