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Free Party, un film de Fred Gélard : critique

Free Party, moyen métrage réalisé par Fred Gélard (Le Soyeux de la Belette, Microclimat), est une immersion dans le milieu des « teufeurs » et des « rave parties » à la sauvage, autrement dit : « free parties ».

Synopsis : Après une visite imprévue chez son grand-frère Max (Pierre Lottin, Des Morceaux de Moi, Les Horizons Perdus), musicien et marginal vivant dans un camp de « travellers » installés en pleine forêt, Julien (Martin Combes, Paris Je t’aime, Papa, Les Enfants), un jeune homme propret de 18 ans, décide de s’y installer pour un temps. Attiré par cette vie de bohème et par l’impudique Lise (Marion Frizot, Julien va peu à peu adopter leur mode de vie, leur apparence et consommer des hallucinogènes pour accéder à une liberté encore inconnue.

Une mutation physique et sociale :

Après le choc culturel du départ, rencontre entre la norme et l’anti-conformisme, on assiste à une véritable transformation de l’adolescent conventionnel en un jeune fêtard contestataire et libéral. Julien coupe et tond ses beaux cheveux, troque ses vêtements classiques pour un treillis et une veste militaire, bois et se drogue jusqu’à l’excès, jusqu’à la perte de conscience, jusqu’à perdre l’innocence de la jeunesse et la naïveté.

Le film relate une période difficile de l’adolescence, une quête d’identité du jeune avant de prendre définitivement son envol et de quitter un environnement confortable et protecteur. Le jeune Julien va passer par une étape expérimentale, une étape où il « se cherche», où il apprend à s’endurcir par la fugue, le rejet et la douleur (physique et morale). Dans cet apprentissage, il choisit pour modèle son grand-frère, qu’il tente d’imiter par l’allure physique et dont il prend la place de musicien et d’amant auprès de Lise pour s’intégrer à cette communauté.
Avec Free Party, on découvre un système social inhabituel et mystérieux, libre et généreux. Pas étonnant donc qu’il représente pour Julien un fantasme de vie et qu’il réponde à un besoin d’appartenance, un substitut de famille d’accueil temporaire dans cette quête de liberté.

Une quête de liberté

Les mouvements marginaux de nomades et routards symbolisent parfaitement cette vie autre, cette fuite de la société au sein d’un groupe d’individus hors-norme. Free Party est une transition vers l’âge mûr et l’autonomie à travers le rejet de l’autorité.
Julien rejette l’autorité parentale, celle de la mère dont on parle peu et qu’il a choisi de quitter. Il ne lui donne plus de nouvelles mais profère un mensonge à Max concernant un soi-disant message maternel. Car malgré ce besoin grandissant d’évasion, Julien garde un pied dans cette société qu’il peine à abandonner et reste auprès de son frère. Par le biais de la communauté de fêtards, le jeune homme tente de s’échapper, de fuir la réalité de ce monde qui ne lui correspond pas, en consommant toutes sortes de psychotropes, en s’oubliant dans une musique bruyante ou dans les plaisirs de la chair.

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À l’intérieur du groupe, il trouve un semblant de liberté, un fantasme d’indépendance puisque finalement, Julien dépend encore d’une société de consommation, une micro-société régie par ses règles propres et idéalistes (écologiques), par l’argent et par le matériel moderne (musique, véhicules…). Il dépend des drogues et de l’alcool nécessaires à son escapade artificielle, dangereuse et dont on revient dans la douleur.

Ainsi, ce mode de vie ne semble pas le satisfaire ni lui ressembler. De ce retour, il ne veut pas. Julien veut encore s’échapper mais en restant au plus près de la nature comme le suggère la scène finale.
Il refuse l’autorité au sens large, à travers les infractions multiples et la vie de nomade, de traveller. Il refuse l’aide et le rôle de tuteur ou de protecteur que veut prendre son frère. Il veut choisir. Librement. Seul. C’est véritablement une quête utopique que cette recherche de liberté dans un monde où l’on évolue et duquel on dépend malgré nous.
Bien sûr, après ce passage difficile et formateur, ce parcours initiatique, le jeune Julien a mûri. Il est prêt à s’assumer, à partir seul à l’aventure, ou peut-être accompagné d’un chien… Il garde toutefois son portable comme le suggère son numéro de téléphone laissé à Max. La route est longue vers l’El Dorado mais est-ce que vivre c’est être libre ou est-ce que « l’homme est libre mais partout il est dans les chaînes » ?
Sélectionné dans de nombreux festivals de courts métrages nationaux et internationaux, Meilleure Fiction et photographie au Médiawave Film & Music Festival 2015, Free Party aborde un sujet très actuel qui touche particulièrement le jeune public de 18 à 30 ans. Le film traite aussi des dangers des excès, de l’abandon de soi et surtout du déni de la société qui n’apporterait plus à certains ni rêve, ni espoir. Peu de place pour le rêve en effet quand on vit dans la réalité.

Fiche Technique : Free Party

Titre original : FREE PARTY
Date de sortie : 19 juin 2015 en vod sur https://vimeo.com/ondemand/freeparty
Nationalité : Française
Réalisation : Fred Gélard
Scénario : Fred Gélard & Sabine Cipolla
Interprétation : Martin Combes, Pierre Lottin, Marion Frizot, Jeannick Gravelines
Musique : Greg Corsaro
Photographie : Jean Philippe Bouyer
Décors : Daniel Koson
Montage : Elif Uluengin
Production : Dante Desarthe
Sociétés de production : Les Films du Bois Sacré
Budget : 100 000 euros
Genre : Drame
Durée : 37 min
Récompense(s) : Festival International de Contis, ShortShorts Film Festival Mexico, Golden Orchid International Animation & Film Festival U.S.A, Les Pépites du Cinéma, Le Jour le Plus Court Paris, Festival International CinemAvvenire Rome, Médiawave Film & Music Festival Komarom Hongrie Cayman Islands Film festival, Jecheon International Film & Music Festival Corée du sud

Redactrice LeMagduCiné
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