Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Après un décalage de la sortie de près d'un an, il est bon de constater à quel point Sacha Baron Cohen ne s'interdit rien. Tout le monde n'appréciera pas (surtout pas qui subiront l'odieux doublage en français!), mais les amateurs d'humour trash et subversif apprécieront de voir que l'absence d'autocensure permet à cette comédie d'espionnage au pitch convenu de multiplier des scènes dont l'outrance est déjà une référence.
Après Take Shelter et Mud, le nouveau film très attendu de Jeff Nichols nous plonge dans une course-poursuite fantastique à travers le sud des Etats-Unis. Un film d'aventure et de science-fiction aux accents spielbergiens.
Le nouveau film de Dominik Moll, Des nouvelles de la planète Mars, est une des réussites de ce mois de mars 2016. La réalisation intimiste, le scénario touchant et les interprétations soignées et profondes font de ce film un conte fascinant, alliant humour et tendresse, dans lequel on ne peut que se prendre d'affection pour les personnages.
Room, le nouveau long métrage de Lenny Abrahamson, est un film qui frôle la grande oeuvre avec des acteurs remarquables et une histoire qui se tient. Après un démarrage très prometteur, il s'est pourtant perdu en chemin, faute d'une mise en scène maladroite et un manque de parti pris. Critique.
Le scandale provoqué par un médecin nigérian au sein du petit monde du football américain est typiquement ce genre d'histoire dont raffole Hollywood. Mais si le réalisateur du film n'arrive pas à faire preuve d'autant de courage que son personnage pour pointer du doigt la tout-puissante fédération sportive, on ne peut obtenir qu'un piètre résultat insignifiant. Et ce n'est pas la prestation crispée de Will Smith qui va sauver les choses.
Deux ans après sa réalisation, son exposition en festival et les problèmes juridiques qui ont rendus difficiles son exploitation ont permis à ce documentaire d'acquérir une certaine notoriété dans les milieux cinéphiliques. Il est certain que ce qu'il raconte du cinéma, à travers l'exemple de ce projet un peu fou qui n'a jamais pu aboutir, est assez intéressant à découvrir. Il est au moins indispensables aux fans de science-fiction et du cinéma iconoclaste de Jodorowsky.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.