Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Véritable lueur d'espoir, Annabelle 2 : la création du mal redonne des couleurs à la célèbre poupée maléfique après un premier film famélique. Un long métrage parfois cliché et facile mais qui reste d'une efficacité redoutable et inspirant une véritable angoisse.
Le nouveau film du mexicain Michel franco n'est pas un film à l'eau de rose. Pourtant, les Filles d'Avril est ce film, son meilleur à ce jour, qui fait la synthèse entre une mise en scène sèche et sombre qui est la marque de fabrique du cinéaste, et un sujet traité avec plus de douceur et d'empathie que d'habitude.
Sur la liste des blockbusters les plus attendus de l’été, à côté des Dunkerque, Baby Driver et Valerian et La Cité des Mille Planètes, débarque La Planète des Singes : Suprématie. Nouveau volet d’une franchise entamée il y a maintenant 6 ans servant de prequel aux originaux, et appréciée de manière quasi-unanime des critiques et du public, cet opus a la lourde tâche de clôturer dignement la trilogie et d’en assumer l’héritage des années 70. Mission réussie ?
Qui dit films d'été, dit forcément l'emblématique Moonrise Kingdom de Wes Anderson ! Cette romance juvénile toute en subtilité, a le don de nous faire voyager, au beau milieu de Summer's End !
My Cousin Rachel, un roman de l'anglaise Daphne du Maurier qui a déjà été adapté à l'écran dès sa sortie, retrouve une deuxième vie avec cette nouvelle version de Roger Michell, avec une Rachel Weisz résolument plus moderne qui amène le personnage sans doute au-delà des ambitions de sa créatrice. Un film intéressant même s'il semble indécis.
Divisant la presse, Valérian et la cité des mille planètes se présente comme l'un des blockbusters les plus particuliers de la dernière décennie. Un spectacle visuel éblouissant abîmé par un scénario alambiqué et brouillon.
La Colle aurait pu être une comédie française sortant du lot, notamment avec l'ambition de son réalisateur, Alexandre Castagnetti, de vouloir casser certains clichés. Mais son envie et sa passion pour la bande-dessinée ne suffiront pas, le tout se contentant bien trop du strict minimum.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.